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des notaires. Avant le départ du roi, un receveur des rentes du diocèse de Burgos lui demanda ce qu'il devait faire du château, dont il élait gouverneur, quand le prince aurait quitté la ville.
« Il faut le défendre, dit Pierre en s'éloignant.
— Mais, seigneur, reprit Rui Perez, le receveur, je n'ai pas le pouvoir de le défendre, puisque vous abandonnez la cité. »
Pierre ne daigna pas lui répondre. Quelque grande, néanmoins, que fût son impatience de partir, il ne put, en un moment où il lui importait surtout de se concilier l'affection de ceux de ses sujets qui lui étaient restés fidèles, quitter Burgos sans un nouvel acte de vengeance et de cruauté sanguinaire; quelques instants avant de partir, il fit exécuter Juan Fernandez de Tovar, dont le seul crime était d'être le frère de don Ferrand Sanchez de Tovar, qui avait admis dans la ville de Calahorra, impossible à défendre, Bertrand Du Gucsclin et Henri de Transtamarc.
Le 28 mars 1366, Pierre quitta Burgos, accompagné d'une faible escorte de chevaliers et écuvers castillans, parmi lesquels élait l'historien Ayala, et d'un corps de six cents cavaliers maures commandés par Mohammcd-EI-Cabcssani, que lui avait envoyés le roi de Grenade. Avant de partir, le roi avait adressé aux gouverneurs des forts qu'il avait dans le royaume d'Aragon l'ordre de les abandonner et de les détruire par le feu ou autrement, et de venir le rejoindre avec leurs troupes. Les forts furent abandonnés, suivant ses instructions; mais, tandis que quelques-uns des chefs avec leurs hommes obéissaient aux ordres de Pierre de venir le rejoindre, les autres seTetirèrent auprès d'Henri. Pendant qu'il faisait route pour l'Andalousie, Pierre fut rejoint par le grand-maitre de Saint-Jacques et quelques autres nobles; mais telle était son impatience d'arriver à Séville ou la démoralisation dans laquelle le jetait son changement de fortune, qu'on ne put obtenir de lui qu'il prêtât la
moindre attention aux affaires les plus importantes, ni môme qu'il passât la revue de certaines compagnies qui venaient grossir ses rangs. Informé par un de ses officiers que plusieurs capitaines anglais, qui avaient appartenu au parti de son frère, désiraient traiter avec lui, a il ne voulut entendre parler de rien. » A Tolède môme, il ne fît que passer : Une resta, en effet, que le temps nécessaire pour renforcer la garnison et nommer don Garcia Alvarez, maître de Saint-Jacques, au gouvernement de la ville.