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CHAPITRE II

État de la Bretagne. — Prétentions rivales du comte de Montfort et de

Charles de Blois au duché.

Dans la première partie de l'année 1341, Jean 111 surnommé le Bon, duc de Bretagne, assista avec Philippe de Valois, comme étant un des grands vassaux de la couronne de France, au siège de Tournai, que faisait en ce moment Edouard III, roi d'Angleterre. Par l'entremise de Jeanne de Valois, comtesse douairière de Hainaut, sœur du roi de France et belle-mère d'Edouard III, une trêve d'un an fut conclue entre la France et l'Angleterre. En conséquence, le siège fut levé et les troupes se retirèrent. Le duc de Bretagne reprit donc le chemin de ses États; mais il tomba malade en route et mourut a Caen en Normandie, le 30 avril 13&1 (1).

Comme Jean ne laissait pas d'enfants, sa mort fut une cause de nombreuses calamités, non-seulement pour la Bretagne, mais encore pour la France. Son père, Arthur II, avait été marié deux fois. De son premier mariage avec Marie, fille de Gu\\ comte de Limoges, il avait eu deux fils, le duc défunt Jean

(1) Les Chroniques de sire Jean Froissart, publiées par Buclion, 3 vol. in-8*. T. I, liv. I, part, i, p. 127.

el Guy de Bretagne,- comte de Penthièvre. Ce dernier avait épousé Jeanne d'Avangour, dont il eut seulement une- fille, qui fut mariée à Charles de Châtillon, le plus jeune fils de Guy, comte de Blois, et de Marguerite, sœur de Philippe de Valois, roi de France. De son second mariage avec Yolande de Dreux, Arthur eut un fils, qui fut Jean de Bretagne, comte de Montfort (i).

Charles de Blois prétendit à la succession du duché, comme devant lui revenir du chef de sa femme et par droit de représentation (2) ; mais Jean de Montfort lui opposa sa qualité de plus propre parent (3). Le duc défunt avait craint les prétentions de ce dernier, et c'était pour cela qu'il avait marié sa nièce à Charles de Blois, dans l'espérance que son oncle, le roi de France, l'aiderait à soutenir ses droits contre son rival (4).

Les craintes qu'avait eues le feu duc de Bretagne ne tardèrent pas à se réaliser; car le comte de Montfort, à peine informé de la mort de son frère, se rendit à Nantes, où, par son influence sur les habitants, il se fit reconnaître comme souverain

f\) Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, par dom Pierre-Hyacinthe ilorice, 2 vol. in-folio. Paris, 1730. T. 1, pp. 229, 242, 243.

W L'auteur anonyme do la Chronique de Bertrand Du Guesclin ajoute que telle avait été uusm la volonté expressément déclarée du feu duc, d'accord en cela avec les barons et avec le comte de Monltbrt luimême; mai* ceci demande confirmation, le testament du duc n'ayant pu être retrouvé, et, d'autre part, le prince de Montfort ayant déclaré, en posant son droit à la couronne ducale, que, lorsque les amis de Charles de Bloi- pressèrent le <!uc, à son lit de mort, de faire Charles son héritier, il s'écria : « Par Dieu, qu'on me laine en paix, je ne vueil pat charger mon orne. > — Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne, par Morice, t. I, col. 1419. Ces Mémoires sont ordinairement ci lés sous le nom A' Actes de Bretagne.

(3) Guillaume de Saint- André, v. 125, dans les Actes de Bretagne, 1. 11, col. 306, et à la fin du second volume de Cuvelier, édit. Char*

(4) Froissarf» liv. I, part i, p. 128.

et reçut de la population foi et hommage en qualité de duc de Bretagne*

Lorsque les habitants de Nantes et ceux des environs lui curent prôté serment, et après s'être concerté lui-même avec la comtesse, sa femme, sœur du comte Louis de Flandre, il résolut de tenir une cour et de soumettre ses prétentions à une assemblée plus nombreuse et plus autorisée. En conséquence, il adressa aux barons et chevaliers de Bretagne, aux conseils des villes et cites, et à tous ceux qu'il désirait voir assister à l'assemblée, l'invitation de venir lui prêter foi et hommage comme à leur souverain légitime.

En attendant le terme fixé pour la réunion de la cour, le comte de Montfort, avec un certain nombre de gens d'armes, se rendit à Limoges, pour prendre possession des trésors du feu duc, qui y étaient conservés. II entra dans la ville en grande pompe et fut bien reçu du clergé et des habitants, qui lui firent hommage.

Les trésors lui furent livrés sans difficulté, et après avoir passé quelques jours dans l'endroit et gagné les bonnes grâces de la population par des présents et des promesses, il retourna à Nantes, afin de se trouver en mesure avant la réunion de l'assemblée, pour laquelle on avait fait de grands préparatifs.

Lorsque le jour fixé pour la réunion fut arrivé, personne de rang ou de marque ne s'élant présenté, pour répondre ù l'invitation, si ce n'est un simple chevalier, messire Hervey de Léon, le désappointement, la colère et la mortification du comte de Montfort furent à leur comble. Malgré son dépit contre ceux qui avaient dédaigné de se rendre à son appel, il donna trois jours de fêtes aux habitants de Nantes et aux gens du voisinage, et il se mit activement ensuite à rassembler des soldats, cavaliers et fantassins, pour soutenir son droit par les armes et châtier les rebelles à son autorité. Il fut appuyé do toutes les

ET SON ÉPOQUE. 2i

personnes présentes, du clergé, des chevaliers et des bourgeois; et il engagea à son service et paya libéralement quiconque se présenta, soit noble ou roturier, jusqu'à ce qu'il eût réuni de plusieurs contrées une force considérable de cavalerie et d'infanterie (i).

Tandis qne le comte de Montfort parcourait la Bretagne, prenant des villes et des châteaux et gagnant des adhérents à sa cause, Charles de Blois ne faisait absolument rien, confiant qu'il était dans l'aide de son oncle, le roi de France. Le comte de Montfort, ayant rassemblé de grandes forces, résolut de diriger une attaque sur Brest, château très-fort situé sur la côte et commandé par un vaillant chevalier, messire Gauthier de Clisson, cousin d'Olivier, seigneur de Clisson. Le château fut vigoureusement attaqué, en effet; mais il fut énergiquement défendu, et le brave châtelain repoussa avec indignation toutes les propositions qu'on lui fit de se rendre.

L'attaque se prolongea plusieurs jours avec des chances douteuses, jusqu'à ce qu'enfin messire Gauthier de Clisson fût mortellement blessé à la herse du château. La garnison, nonobstant la perte de son chef, défendit intrépidement les murs, dont les assaillants s'étaient approchés en jetant de forts madriers à travers les fossés qui entouraient le château. Les assiégés répondirent à cette attaque en lançant sur l'ennemi des pierres, du feu et des vases remplis de chaux vive; mais à la fin ils durent se rendre, sur la promesse du pardon et Iassmance que leurs personnes et leurs biens resteraient saufs.

Après s'être emparé du château et y avoir établi pour commandant un châtelain de son parti, le comte de Montfort vint mettre le siège devant Rennes, qui était en ce moment commandé par messire Henri de Spinefort (4). Cet officier, tandis

(I) Froissart, liv. I, part, r, pp. 128, 129.

22 BERTRAND DU GUESCUN

que le comte de Montfort était campé près de la ville, fit une sortie, au point du jour, contre les quartiers des assiégeants; mais l'attaque fut doublement malheureuse, car le chevalier fut pris et ce fut par lui que le comte de Montfort parvint à se rendre maître de la ville (1). En effet, Henri de Spinefort étant très-populaire auprès de la bourgeoisie de Rennes, le comte menaça de le pendre devant les portes de la ville, si celle-ci ne se rendait sur-le-champ. Cette menace fut cause de grandes discussions parmi les différentes classes de la population. Le peuple qui aimait beaucoup son capitaine et qui, d'ailleurs, était trop mal pourvu pour soutenir un siège, adhéra tout de suite à la proposition ; mais les habitants aisés, beaucoup mieux approvisionnés que les autres, refusèrent leur assentiment et se réunirent avec leurs partisans , au nombre de deux mille, pour s'opposer à la reddition de la place. Le peuple, voyant cela, les attaqua d'abord d'épithètes injurieuses, puis en vint aux voies de fait, chassa les bourgeois de leurs propriétés et en massacra plusieurs. La basse classe ouvrit ensuite les portes de la ville et la livra au comte de Montfort, à qui tous les habitants, grands et petits, rendirent foi et hommage, le reconnaissant pour leur seigneur.

Le comte de Montfort réussit encore à s'emparer de beaucoup d'autres places importantes. Il mit le siège devant Hennebon, ville située à l'embouchure du Bavet, et l'une des mieux fortifiées de toute la Bretagne; mais ne pouvant la prendre de force, il y arriva par la ruse. En cela il fut secondé par Henri de Spinefort, dont le frère, Olivier, était gouverneur de la ville et du château. Feignant d'appartenir toujours au parti de Charles de Blois, messire Henri de Spinefort obtint d'être introduit dans la place avec une troupe armée de six cents hommes ; il fit son

(I) Histoire de Bretagne* par îkloiice, U 1, p. 247. Froissart, liv. I, paît, i, p. t30, l'appelle Penne for t.

frère prisonnier, et par ce moyen s'empara de la ville et du château. Les châteaux d'Auray et de Guy-la-Forêt, et les villes de Vannes et de Carhaix (1) tombèrent aussi entre les mains du comte, qui s'en empara de vive force ou par stratagème. Près de la dernière de ces villes, il fit camper ses troupes, qui désolèrent tout le pays d'alentour, emportant toute chose, u si il n'était trop chaud ou trop pesant (2) . »

Le comte de Montfort, tirant avantage de l'indolence de son rival, infesta et soumit toute la province, se faisant partout proclamer duc de Bretagne. Après avoir placé des garnisons dans les villes et les forteresses, il s'en vint sur la côte et s'embarqua à Coredou (3) pour l'Angleterre. A son arrivée, il se rendit d'abord à Windsor, où il trouva Edouard 111, à qui il omit de Jui faire hommage de son duché de Bretagne et de le tenir de lui comme de son suzerain contre le roi de France et toutes autres personnes. Edouard fut ravi de cette offre, car il comprit tout de suite que la possession de la Bretagne comme fief serait pour lui d'un grand avantage dans l'attaque qu'il méditait contre Philippe, *et qu'il ne pourrait avoir plus belle entrée au royaume de France (4) » que par ce point-là, quoique les prétentions du comte de Montfort «nu duché de Bretagne fussent précisément le contre-pied de celles qu'il élevait lui-mime à la couronne de France. Édouard s'empressa donc d'accepter l'offre du comte de Montfort et reçut son hommage pour le duché (5).

(1) Le texte anglais porte Craais, mais c'est une vieille dénomination aujourd'hui perdue.

(2) Froissait, t. II, chap. cl («Mit. de 1824).

(3) Froissart dit Credo, mais Duchon conjecture avec beaucoup de Traisemblance que c'est Coredou, village sur le bord d'une petite anse à l'ouest de Saint-Pol de Léon. Le texte anglais que nuus traduisons porte par erreur Coredon. «

',}) Fro:>sart, t 11, chap. cm (édition de \8U). (S) Froissart, t. II, chap. cm (édition de 1824). — Quelques doutes existant sur l'époque où i nt lieu c?i hommaco; mnis Froissart le ra-

24 BERTRAND DU CUESCLIN

Lorsque Charles de Blois, qui se considérait comme l'héritier légitime du duché de Bretagne, du chef de sa femme, eut appris que le comte de Montfort avait envahi toute la province et mis garnison dans les villes et les forteresses, il se plaignit à son oncle, le roi de France. Le roi Philippe tint, en conséquence, conseil avec les douze pairs pour .aviser à ce qu'il y aurait à faire, et d'après leur avis il cita le comte de Montfort à comparaître à Paris un jour donné, pour répondre aux charges élevées contre lui. Le comte hosita d'abord à obéir à la citation, mais à la fin il se décida a partir, et, avec une troupe de plus de quatre cents hommes à cheval, il alla à Paris, où le roi de France, les douze pairs, Charles de Blois et un grand nombre de barons étaient réunis pour le recevoir. Le comte de Montfort plaida sa cause avec beaucoup d'à-propos devant l'assemblée et nia le fait, dont l'accusait le roi de France, d'avoir relevé le duché de Bretagne du roi d'Angleterre. A l'issue de cette entrevue, le roi de France lui ordonna d'attendre quinze jours à Pqris, jusqu'à ce que les pairs et les barons eussent jugé la cause. Il y consentit; mais appréhendant que le jugement ne fût contre lui et craignant d'être retenu prisonnier jusqu'à ce qu'il eût livré les villes et châteaux de Bretagne, dont il s'était emparé, il sella son cheval et, suivi de peu de monde, il quitta Paris avec tant de mystère, qu'il était arrivé dans le duché avant que le roi eût avis de son départ. Il alla d'abord à Nantes, où il avait laissé la comtesse; et comme la guerre paraissait maintenant inévitable, il visita ses

conte avec beaucoup de détails, et Du Tillet dit que ce fut là le motif pour lequel le roi de France somma celui d'Angleterre d'avoir a comparaître devant les douze pairs à Paris. Recueil des Traictez d'entre les roys de France et d'Angleterre, p. 52, verso. — Rymer cite un traité entre Edouard 111 et le comte de Montfort et un don condiiionncl du comté de Richmond à ce dernier; mais l'acte est daté du 24 septembre 1341 et, par conséquent, postérieur à la décision du parlement de Conflans. Fœdera. conventioncs, litterœ, etc., cura Thomœ Rymer, Londini, 1821, vol. II, part ir, p. 1176.

forteresses, fortifia les garnisons, mit à la tète des capitaines sûrs, et réunit les approvisionnements nécessaires pour un siège de durée (1).

Le roi de France fut très-contrarié de la fuite du comte de Montfort, car il en prévit toutes les conséquences ; mais il n'y fut fait aucune allusion dans les débats du parlement. Les deux parties furent pleinement entendues devant celte assemblée. II fut représenté, du côté du comte de Montfort, qu'il était le plus proche parent de Jean III, dernier duc de Bretagne, et par conséquent son légitime héritier; que la comtesse de Pcnlhièvre, femme de Charles de Blois, n'étant qu'une nièce, était d'un degré plus éloigné ; que la Bretagne était soumise à la coutume générale du royaume de France, et qu'en conséquence les duchés, comtés ou baronies ne pouvaient échoir à des femmes, tant qu'il existait des descendants maies. A l'appui de ces principes, on invoqua l'autorité des lois divine, morale et naturelle ; la loi civile, le digeste et le code ; le droit féodal et le droit canonique ; la coutume de France et les décisions des cours.

Il fut répliqué, du côté de Charles de Blois, que, d'après la coutume de Bretagne, l'aîné succédait à tous les fiefs ; que, si l'alné mourait sans enfants, les droits de l'alné passaient au frère cadet ; que les enfants de l'alné, soit mâles ou femelles, représentaient leurs parents, à l'exclusion des oncles, et que cetfe eoulume régnait, non-seulement en Bretagne, mais encore en Anjou, dans le Maine, la Tourainc, le Bcrry et en d'autres provinces. La cour, après avoir pleinement entendu les plaidoiries des deux parts, rendit à Conflans, le 7 septembre 1341, un arrêt, par lequel elle statuait « que la demande de Charles était admise, et la demande du comte non admise (2).»

(1) Froissait, liv. I, t. I, pp. 131, 135.

(2) Extrait de l'escrit de Jean de Mont fort contre Chai les de Blois, dans les Actes de Bretagne, t. I, col. 1415; et Arrest de Conflans, 1 1, col. 1421.

Fort de cet arrêt en sa faveur, et avec l'appui du duc de Normandie, fils aîné du roi de Fiance , d'une foule de princes du sang e! autres barons, eî deleursgens, Charles de Blois quitta Paris pour aller reprendre la province de Bretagne sur son rival. En alternant la frontière du duché, les forces du duc de Normandie se montaient à cinq mille hommes pesamment armés, et ti ois mille Génois, commandés par Antonio Doria et Charles Grimaldi, sans compter un corps considérable de troupes légères. Avec cette armée, le duc mit le siège devant Chûteauceaux (i) , château très-fort situé, sur la Loire et regardé comme la clef de la Bretogne de ce côté. Il était bien approvisionné, et défendu par une forte garnison d'hommes d'armes. A ce siège, le duc de Normandie perdit beaucoup de monde, surtout de Génois, qui, pour faire montre de bravoure au début de leur engagement, s'exposèrent témérairement au danger ; et durant plusieurs jours on ne fit aucun progrès, car la garnison repoussa avec une égale habileté et une égale bravoure les assauts suMous les points. Les assiégeants, voyant que, dans les décharges de flèches et autres traits, ils s'exposaient sans résultat suffisant, réunirent quantité de fascines et de planches épaisses, pour combler les fossés du château, ce qui leur permit d'avancer jusque près des murs. La garnison repoussa ce genre d'attaque en lançant des flèches sur les assiégeants et en leur versant des niasses de chaux vive et des tisons enflammés. Enfin, les assaillants dressèrent des chats (2), pour se garantir des projectiles lancés d'en haut, et ainsi à couvert, ils purent faire brèche aux murs. Les assiégés, pensant qu'il ne leur était plus possible de résister avec chances de succès, rendirent le chAteau,

fl) Froissa rt, t. II, cliap. eu, écrit Ckantoceaux,

(2) Joinville dit, dans ses Mémoires sur saint Louis, seconde partie : « Le roy eut conseil en lui de faire faire une chaussée par à travers la rivière, pour passer aux Sarraziu*. Et pour ^irdcr ceux qui feraient la dite chaussée, il fit faire deux naffraiz (beffrois) qu'on appelle cha$chatals. » Et Du fange, dans la note au pas-a^e précédent, fait obser-

à la grande joie des chefs français, qui regardèrent cela comme on débat de bon augure pour leur entreprise fl).

Apres la reddition de Chàteauceaux, le duc de Normandie et Charles de Blois attaquèrent Quonquefon, villè située à cinq lieues environ de Nantes, qui, après une courte résistance, fut prise, pillée, brûlée, et dont les habitants furent passés au fil de l'épie. Ils assiégèrent ensuite la ville de Nantes, et « plantèrent tout autour leurs tentes et pavillons aussi bellement et ordonnément que vous savez que Français savent faire. » Le comte de Monlfort, qui commandait alors dans la ville, la défendit avec sa bravoure ordinaire, mais non pas avec sa bonne fortune accoutumée ; car les bourgeois, craignant que la ville ne pût pas résister à l'attaque des assiégeants et ne fût ensuite livrée au pillage, ouvrirent traîtreusement leurs portes au duc de Normandie, et le comte de Montfort fut fait prisonnier. De Nantes le comte fut envoyé à Paris et enfermé dans la tour du Louvre (2).

ver rue « le chat était proprement une machine faite à guise de galerie couverte, que l'on Mlaeliail aux murailles, et sous laquelle ceux <jui les devaient sappor étaient à couvert » Dans son Giossarium, au mut i.atusr le même Du Cange définit ainsi celte machine : Catti tunt rntœ, tive plutei, sub qui bus miles in movem [élis, quem catlum vulgo dicimus, in subessis nul insidiis lai et. » [!) Froissart, liv. I, t. It p. 13(i.

(2) Froissart affirme, liv. I, t. I, p. 13*, qu'il mourut en prison; mais il a été évidemment trompé. — Du Tillet «lit que, en vertu d'une . des clauses du traité conclu entre les rois de France et d'Angleterre, il fut mis en liberté le I" septembre 1343, à certaines conditions, entre autres, de ne pas retourner en Bretagne, conditions qu'il n'observa pas; qu'il mit le siège devant Quimper-Corentin et fut obligé de le lever, et qu'il mourut bientôt après. Recueil des traictez, etc., p. o4, veru, et Inventaire, p. C2, verso* — Guillaume de Saint-André, vv. 285-2S8, dit qu'il s'évada du Louvre, déguisé en pauvre marchand; qu'il passa en Angleterre, où il lit un traité avec les Anglais et mourut bientôt aprùs.

« Mais touk's foi* par pouvres pens

u Fut-il mis hors de liens

'( Et délivré raoult sapement

t: En puise d'un poure marchant. »

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