ACTE I
et la rigueur dont paraît s'armer votre majesté Je n'entrerai
point dans une discussion à laquelle mon âge et ma position me rendent étrangère.... Soumise âmes devoirs, j'obéis à mon père, je respecte ma souveraine, je n'accuse personne ; et si l'on m'accuse, je laisserai à ma seule conduite le soin de me défendre ! (Faisant la révérence.) Pardon, madame.
La Reine. — Eh quoi ! me quitter déjà pour courir auprès de votre reine?
Christine. — Non, madame. . . . mais d'autres soins. . . .
La Reine. — C'est juste. .. . je l'oubliais; je sais qu'il y a aujourd'hui aussi une fête chez votre père ; il y en a partout. Un grand dîner, je crois, où doivent assister tous les ministres?
Christine. — Oui, madame.
Koller. — Dîner politique !
La Reine. — Qui a aussi un autre but ; vos fiançailles
Christine, troublée.— 0 ciel !
La Reine. — Avec Frédéric de Gœlher que nous venons de voir, le neveu du ministre de la marine. . . Est-ce que vous l'ignoriez? Est-ce que je vous l'apprends?
Christine. — Oui, madame.
La Reine. — J'en suis désolée. . . car cette nouvelle a vraiment l'air de vous contrarier.
Christine. — En aucune façon, madame ; mon devoir et mon plus ardent désir seront toujours d'obéir à mon père.
(Elle fait la révérence et sort.)