ACTE III èl
Christine.— Eh ! mon Dieu, qu'y a-t-il?
Goelher. — Un complot tramé contre nous.
Falkensexeld. — Et dont je voulais t'éviter la connaissance ; un homme s'est introduit dans l'hôtel.
Goelher. — Les gardes qui étaient postés dans la première cour disent en avoir vu se glisser trois.
Eantzau. — D'autres disent en avoir vu sept ! .... de sorte qu'il pourrait bien n'y avoir personne.
Falkenskield. — Il y en avait au moins un et il était armé ; témoin le pistolet qu'il a laissé tomber dans la seconde cour en s'enfuyant; du reste, et si, comme je le pense, il a cherché asile dans ce pavillon, il n'a pu y pénétrer que par cet escalier dérobé, et je suis étonné que tu ne l'aies pas vu.
Christine, avec émotion. — Non, vraiment.
Fale^nskield. — Ou que du moins tu n'aies rien entendu.
Christine, dans le plus grand trouble. — Tout-à-1'heure, en effet, et pendant que j'étais à lire, j'ai cru entendre traverser cette pièce ; on se dirigeait vers le salon, et c'est là sans doute
Goelher. — Impossible, nous en venons : et s'il n'y avait pas des soldats au bas de cet escalier, je croirais qu'il y est encore.
Falkensexeld. — Peut-être bien ! voyez, Koller.
(Faisant signe à deux soldats, qui ouvrent la porte à droite et disparaissent avec Koller.*)
Eantzau, à part, sur le devant du théâtre à droite. — Quelque maladroit, quelque conspirateur en retard qui n'aura pas reçu contre-ordre et qui sera venu seul au rendez-vous !
Koller, rentrant et restant au fond. — Personne !
Eantzau, à part. — Tant mieux !
Koller.— Et je ne conçois pas par quel hasard ils ont changé de plan.
Eantzau, à part, souriant, —Le hasard ! les sots y croient tous!
* Christine, Gœlher, Falkenskield, Eantzau,
Falkenskield, a Gœlher et à quelques soldats, montrant Vappartement à gauche. — Il n'y a plus que cet appartement,
Chkistine. — Le mien ! y pensez-vous?
Falkenskield. — N'importe, entrez-y !
(Gœlher, Koller et quelques soldats se présentent à la porte de la chambre, qui s'ouvre tout-à-coup et Éric paraît.)