‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 14 sur 157 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

RANTZAU, L^ REINE ; ÉRIC, paraissant à la porte du fond et causant avec les huissiers de li chambre.

LA REINE

Eh ! mais ! c'est le fils de mon marchand de soieries, monsieur Eric Burkenstaff. . . Approchez. . . approchez ... que me voulez-vous ?.. . parlez sans crainte! {^Bas à Rantzau.) Il faut bien essayer de se rendre populaire !

ÉRIC

J'ai accompagné au palais mon père qui apportait des étoffes à la reine Mathilde, ainsi qu'à vous, madame ; et pendant qu'il attend audience... je venais... c'est bien téméraire à moi... solliciter de votre majesté une faveur...

LA REINE

Et laquelle }

ÉRIC

Ah!... je n'ose... c'est si terrible de demander... surtout lorsque, ainsi que moi, l'on n'a aucun droit !

RANTZAU

Voilà le premier solliciteur que j'entende parler ainsi; et plus je vous regarde, plus il me semble, jeune homme, que nous nous sommes déjà rencontrés.

LA REINE

Dans les magasins de son père... au Soleil-d'or... Raton Burkenstaff... le plus riche négociant de Copenhague.

RANTZAU

Non... ce n'est pas là. ..mais dans les salons de mon farouche collègue, monsieur de Falkenskield, ministre de la guerre...

ÉRIC

Oui, monseigneur... j'ai été pendant deux ans son secrétaire particulier; mon père l'avait voulu; mon père, par ambition pour moi, avait obtenu cette place par le crédit de mademoiselle de Falkenskield, qui venait souvent dans nos magasins ; et au lieu de me laisser continuer mon état, qui m'aurait mieux convenu sans doute...

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