‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 19 sur 157 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

RANTZAU ; FALKENSKIELD, sortant de la porte à droite,

FALKENSKIELD, entrant en rivant, Struensée a tort ! il est trop haut maintenant pour avoir rien à craindre et il peut tout oser. {^Apercevant Rantzau,) Ah ! c'est vous, mon cher collègue ; voilà de Texactitude !

Contre mon ordinaire... car j'assiste rarement au conseil.

FALKENSKIELD.

Et nous nous en plaignons.

RANTZAU

Que voulez-vous ! à mon âge...

FALKENSKIELD.

Cest celui de Tambition, et vous n'en avez pas assez.

RANTZAU

Tant d'autres en ont pour moi!... De quoi s'agit-il aujourd'hui }

FALKENSKIELD.

La reine présidera le conseil, et l'on s'occupera d'un sujet assez délicat. Il règne dans ce moment un laisseraller, une licence...

RANTZAU

A la cour ?

FALKENSKIELD.

Non, à la ville. Chacun parle tout haut sur la reine, sur le premier ministre. Moi, je serais pour des moyens forts et énergiques. Struensée a peur ; il craint des troubles, des soulèvements, qui ne peuvent exister, et en attendant l'audace redouble: il circule des chansons, des pamphlets, des caricatures.

RANTZAU

Il me semble cependant qu'attaquer la reine est un crime de lèse-majesté, et dans ce cas-là la loi vous donne des pouvoirs...

FALKEXSKIELD.

Dont il faut user. Vous avez raison.

RANTZAU

Un bon exemple, et tout le monde se taira. Vous avez entre autres un mécontent, un bavard, homme de tête et d'esprit, et d'autant plus dangereux, que c'est l'oracle de son quartier.

FALKEXSKIELD.

Et qui donc ?

RANTZAU

On me l'a cité ; mais je me brouille avec les noms... Un marchand de soieries... au Soleil- d'Or.

FALKENSKIELD.

Raton Burkenstaff ?

RANTZAU

C'est cela même !... Après cela, est-ce vrai ? je n'en sais rien, ce n'est pas moi qui l'ai entendu...

FALKENSKIELD.

N'importe, les renseignements qu'on vous a donnés ne sont que trop exacts ; et je ne sais pas pourquoi ma fille prend toujours chez lui toutes ses étoffes.

RANTZAU, vivement.

Bien entendu qu'il ne faudrait lui faire aucun mal... un ou deux jours de prison...

Mettons en huit.

RANTZAU, froidement.

Comme vous voudrez.

FALKENSKIELD.

C'est une bonne idée.

RANTZAU

Qui vient de vous ; et je ne veux pas auprès de la reine vous en ôter l'honneur.

FALKENSKIELD.

Je VOUS en remercie, cela terminera tout. Un service à vous demander...

RANTZAU

Parlez.

FALKENSKIELD.

Le neveu du comte de Gœlher, notre collègue, va

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