ACTE V. SCÈNE 1. US
remarquer votre trouble et votre effroi... Ne fallait-il pas donner à penser que vos chagrins vous empêchaient de paraître a cette fête ?
CHRISTINE
Mon père !
FALKENSKIELD, reprenant d'un air détaché. Qui du reste était superbe... Une magnificence S un éclat! et quelle foule dorée se pressait dans ces immenses salons!... Je ne veux pas d'autres preuves de 1 affermissement de notre pouvoir ; nous avons enfin fixe la fortune, et jamais, je crois, la reine n'avait été plus séduisante ; on voyait rayonner un air de triomphe et de p aisir dans ses beaux yeux... Avez-vous remarqué le baron de Gœlher ?
^ CHRISTINE
Non, monsieur.
FALKENSKIELD.
Comment non ? il a ouvert le bal avec la reine et paraissait plus fier encore de cette distinction que de sa nouvelle dignité de ministre, car il a été nommé... 11 succède décidément à monsieur de Rantzau, qui, en arîve^ ^"""^^ ^"^"^ ^'^^ ^^^nd la fortune
CHRISTINE
Tout le monde n'agit pas ainsi.
FALKENSKIELD.
Non... il a toujours tenu à se singulariser ; aussi nous ne lui en voulons pas ; qu'il se retire, qu'il fasse place a d autres, son temps est fini; et la reine, qui cramt son esprit... a été enchantée de lui donner pour successeur... ^
CHRISTINE
Quelqu'un qu'elle ne craint pas.
zST^^"" ' un aimable et beau cavalier comme mon
CHRISTINE
Votre gendre !
,j5 BERTRAND ET RATON.
FALKENSKIELD, d'un air sévèrc, et regardant Christine. Sans doute.
CHRISTINE, timidement.
Demain, mon père, je vous parlerai au sujet de monsieur de Gœlher.
FALKENSKIELD.
Et pourquoi pas sur-le-champ ?
CHRISTINE
Il est tard, la nuit est bien avancée... et puis, je ne suL pas encore assez remise de l'émotion que j'ai éprouvée.
FALKENSKIELD.
Mais cette émotion, quelle en était la cause ?
CHRISTINE
nVii T>our cela, ie puis vous le dire. Jamais je ne m'?tai; Uoivée plus seule, plus isolée qu'au milieu de fette ête et en voyant le plaisir qui brillait dans tous 2 veux cette foule si joyeuse, si animée, je ne pouvais croKù'à quelques pas de là. peut-être, des mfortunes SmTssdent dan; les fers... Pardon, mon pere, c'était S fort que moi; cette idée-là me poursuivait sans Eesse Quand monsieur d'Osten, s'est approche de struSnséï qui était piès de moi, et lui a parle a voix basse e n'2ntendais ?as ce qu'il disait; mais Struensee KgnaU de l'impatience, et, voyant la reine qui venîÙ à lui il s'est levé en disant : " C'est inutile mon- Sr ïamis de pitié pour les crimes de haute trahison ; nri'ôibUez pas " Le comte s'est incliné, puis, regardant rrei'ne't Struensée, il a dit : '< Je ne l'oubliera, grmonseigneur, et bientôt peut-être je vous le rappellerai."
^ FALKENSKIELD.
Quelle audace !
CHRISTINE
Cet incident avait rassemblé quelques V^rs^^^^ autour de nous, et j'entenda s <^°«f^^^,î",f ^ "^~Te '' mots: "Le ministre a raison ; il faut un exemple... " Soit, disaient les autres, mais le condamner a mort ... Le condamner ! ! ! à ce mot un froid mortel s est glisse