LE BOUT DU MONDE ET MORRE
Sortie par l'emplacement de la porte Notre-Dame, récemment détruite et ainsi nommée de ce qu'elle avoisinait une église dite Notre-Dame de Jusan-Moutier, remplacée par la caserne de gendarmerie (voy. p. 97). Bel aspect du flanc oriental de la citadelle : les abris sous roche de cette partie abrupte mériteraient d'être fouillées. -- Faubourg Tarragnoz (Terraniolum, petite langue de terre). — Débouché du tunnel de 380 mètres, percé sous la citadelle de Besançon de 1878 à 1882, pour la traversée plus rapide des bateaux de transport. Usines d'horlogerie, moulin de Tarragnoz, ancienne propriété du chapitre métropolitain, premier établissement d'une papeterie en Franche-Comté dans la première moitié du xve siècle. — Emplacement d'une porte avancée de la ville dite porte Malpas, récemment démolie : une étroite banquette de rocher dominait en cet endroit un point très profond de la rivière, appelé le Gouffre de Saint-Étienne ; ce serait là, suivant une légende, que les reliques du premier
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martyr, noyées par des voleurs, auraient été miraculeusement retrouvées. — Ile de Mal pas avec sa gracieuse couronne d'arbres variés. — Casamène (Condamina, domaine) : usine à gaz et ateliers divers. — Sur l'autre
L'ile Malpas et la citadelle
rive du Doubs, Velotte et ses cultures maraîchères. — On quitte la route de Lyon pour prendre un instant celle d'Ornans et entrer dans le vallon latéral de Beure, que l'on a justement nommé « une corbeille de fruits ; » nombreux sujets de tableaux pour les artistes ; au fond de ce vallon est le pittoresque cirque des rochers du Bout-du-Monde, qui relient la montagne d'Arguel à celle de Mercurot (Morquirol, disent les chartes du xme siècle). Cette crête est longée par un ruis-
seau qui forme, dans une anfractuosité du cirque, une cascade de dix mètres de haut ; une portion du ruisseau est dérivée à gauche pour le service de moulins qui triturent les produits des carrières de gypse situées audessus du cirque. Sur la droite, une autre cascade moins importante est fournie par le ruisseau qui descend d'Arguel. Bel aspect du piton naturellement bastionné qui supportait le château fort d'Arguel. — Gravir sur la gauche un sentier qui aboutit aux usines à plâtre : puits d'extraction d'un gypse commun. — Suivre le sentier ombragé et fleuri qui passe entre les vignes et le ruisseau de Mercurot : capricieux cours d'eau, agrémenté de mille détails de nature. — On passe en vue des casernements du fort de Fontain : peu après le ruisseau vous quitte, et vous avez bientôt le choix de rentrer en ville par la Chapelle-des-Buis et Trôchatey, ou d'opérer votre descente par Morre ; dans ce dernier cas, vous passez au pied des rochers qui portaient les fourches patibulaires de la seigneurie d'Arguel, ce qui a fait donner à une de ces crêtes le nom de Cimetière des pendus. — Morre (Maïodurum à l'époque celtique), à l'entrée de l'un des grands tunnels du chemin de fer de Besançon à la frontière suisse. Dans les champs qui entourent ce village, les barons comtois arrêtèrent, en 1298, les préliminaires d'une paix qui fit passer, pour quelques années, la province sous la domination du roi de France. « C'était, suivant l'expression d'un éloquent orateur (Mgr Besson), comme les fiançailles d'un mariage encore éloigné. » — Gorge sauvage, appelée ï Enfer de
Cascade du Bout-du-Monde
Morre : un ruisseau s'y déverse en cascade. — Riante perspective de la vallée du Doubs, entre Chailluz et Montfaucon. — Rentrée à Besançon par le défilé de la Porte Taillée (voy. p. 181), flanc oriental de la citadelle et faubourg Rivotte; vestiges du canal d'Arcier près de la maison de l'octroi ; entrée des bateaux sous la citadelle ; pont et viaduc du chemin de fer de Besançon en Suisse; porte de Rivotte (voy. p. 180).