ARCIER
On peut aller à Arcier par chemin de fer (ligne de Belfort) : dans ce cas, il faut descendre à la station de Roche; là un bac vous transporte sur l'autre rive du Doubs, à Arcier. — Pour faire la route à pied, mieux vaut suivre, en le remontant, l'itinéraire du canal romain qui amenait à Vesontio les eaux de la source d'Arcier (0. Vous sortez alors par la Porte Taillée et vous prenez la vieille route qui est immédiatement audessus du chemin de halage des bateaux. — La première maison que l'on rencontre est voisine d'une source à plusieurs orifices dite de Saint-Léonard. Il y avait là un ermitage qui dépendait de l'abbaye de Saint-Vincent de Besançon : le religieux qui l'occupait s'appelait le reclus de la rivière; on le distinguait ainsi de celui qui vivait dans une cellule analogue sur la citadelle et qui se nommait le reclus de Saint -Etienne. L'ermitage de Saint-Léo-
(1) Presque tous les dimanches et quelquefois dans la semaine, service de bateau à vapeur jusqu'à la Malate et même jusqu'à Arcier.
nard eut un instant pour hôte, entre 1713 et 171 4, frère Jacques Baulot, du hameau de l'Étandonne, paroisse de Beaufort (Jura), qui avait eu une réputation européenne comme lithotomiste. — Plus loin, au débouché de Y Enfer de Morre, un petit groupe d'habitations s'appelle la Ma-
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Sources d'Arcier. i
late : là était la maladerie de la seigneurie de Montfaucon ; on voit encore, encastré dans la maison de l'ancien hospice, le blason sculpté de la maison de Nassau, héritière de celle de Chalon, qui elle-même était aux droits des Montfaucon. Pour franchir le vallon de la Malate, le canal romain était porté sur une arcade dont on voit les restes : de là le nom à' Arc des Malades qu'avait retenu cet emplacement ; l'un des flancs du vallon, celui qui supporte le vieux chemin venant de Morre, s'appelait pour le même motif Mont-d' Arc. On longe ensuite, au pied de Montfaucon, le lieu dit Vaussevin (en latin Vallis Servinï), lesPendeurs, coin de terre assigné aux exécuteurs des hautes oeuvres de la justice de Montfaucon. Sur tout le parcours restes de l'aqueduc romain d'Arcier; on voit sur la gauche, de l'autre côté du Doubs, le joli village de Chalezeule (Calisola), au pied du bois de ce nom, et on arrive à la presqu'île verdoyante de Chalèze (Calesia), dont les droits seigneuriaux alimentaient au XIe siècle la cuisine des archevêques; puis le chemin se trouve de nouveau compris entre le . cours du
Doubs et des CÔteS boisées ; Sources d'Arcier. 2
rencontre de l'ancien moulin de la Cana, alimenté jadis par le morceau de canal antique le plus longtemps conservé. — Voici Arcier dans son cirque rocheux grandiosement ombragé,, avec un tapis vert qui a le Doubs pour bordure. La grande source se déversait à l'état de
nature par deux cab vernes superposées; elle ne débite plus au dehors que le trop- ■ plein du bassin intérieur de captage : il 'i en résulte, en temps j de grandes eaux, une fort belle cascade.
Au-dessus de la
Sources d'Arcier.
caverne haute, on a placé une inscription commémorative du retour à Besançon des eaux d'Arçiêr. Au temps des Romains, le premier tronçon du canal était porté sur des arceaux : c'est là l'origine du nom d'Arcier. Une autre chute d'eau, moins importante, s'appelle la source Bergeret; elle a le mérite d'être vierge de tout remaniement ; ses eaux, fraîches et limpides, dorment dans des cuves naturelles, avant défaire courir des filets d'argent sur le velours des rochers écroulés. Pour revenir d'Arcier on traversera le Doubs en barque pour aller prendre le chemin de fer à la station de Roche.