‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 12 sur 119 · CANAL DARCIER · texte numérisé non relu

CANAL DARCIER

Sur le pourtour immédiat de Besançon, il n'existe qu'une source assez abondante pour abreuver une grande ville : c'est le bief de la Mouillère, qui malheureusement émerge au-dessous du niveau de la plupart des habitations. Il avait donc fallu, pour avoir une source suffisante comme hauteur d'émergement et comme volume de liquide, emprunter le cours d'eau qui débouche par les cavernes d'Arcier, à une distance de dix kilomètres de Besançon.

Sur ce parcours, l'édilité romaine de Vesontio avait construit un aqueduc qui amenait en ville les eaux de la source. Dans la plus grande partie de son itinéraire, le canal reposait sur des flancs de montagne : en trois points seulement, il était établi sur des arceaux ; de là viennent les dénominations d'Jrcier et des Arces, ce dernier vocable affectant une petite vallée qui dépendait jadis de la Maladerie des seigneurs de Montfaucon.

L'aqueduc, qui existe encore sur environ moitié du parcours total, n'est pas antérieur à Marc-Aurèle, puisque l'on a trouvé dans sa maçonnerie une monnaie de cet empereur; mais l'ouvrage pourrait bien être contemporain de ce prince et même avoir été fait sous ses auspices.

L'architecte Delacroix a donné sur la construction de cet aqueduc des détails techniques dont une section de la maçonnerie reconstituée au musée permet de constater l'exactitude.

Le canal entrait en ville par la Porte Taillée, percée faite dans l'un des contreforts rocheux de la citadelle ; il côtoyait ensuite le pied de cette montagne et allait en ligne droite jusqu'à la rue du Chambrier. Là, il s'infléchissait pour gagner la place Saint-Jean et verser ses eaux dans un bassin qui faisait corps avec le théâtre de Vesontio.

Ce bassin, retrouvé en 1871, à l'occasion des fouilles du théâtre, est en partie visible dans un souterrain du square archéologique : il avait douze mètres de diamètre; une croûte de solide béton le rendait imperméable.

MONUMENTS ANCIENS. -g

Au niveau du fond, sa margelle était percée de trous carrés tournés vers la ville, par où l'eau s'engageait dans les canaux de distribution. Les pierres supérieures de la même margelle portaient des échancrures en demicercle qui donnaient passage au trop-plein.

Sur le flanc occidental du théâtre, l'emplacement du bassin souterrain était marqué au dehors par des sculptures représentant des divinités aquatiques. Quelquesuns de ces reliefs sont au musée des antiquités; d'autres, plus récemment trouvés, font partie de la décoration du square.

Les embranchements des canaux de distribution aboutissaient, dans le Champ-de-Mars, à un égout collecteur. Une fontaine monumentale paraît avoir existé en cet endroit, car on y a trouvé, lors d'un creusage fait en 1876, le corps en bronze doré d'un dauphin.

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