CHEMINS GAULOIS
Jusqu'au xvie siècle, la sortie de Besançon, dans le sens des montagnes jurassiques, se fit par le plateau rocheux qu'occupe aujourd'hui la citadelle. Le vieux mur {munis antiquus, disent les chartes), qui bordait l'escarpement méridional du mont, était percé d'une porte appelée de Varesco, parce qu'elle regardait le canton de la Séquanie qui, lors de l'invasion burgonde, était échu à la peuplade des Varasques.
On voit encore, sur l'esplanade qui sépare les deux
premiers fronts de la citadelle, les ornières produites parles voitures qui pratiquaient cet itinéraire.
Au delà de la porte, la voie faisait une descente assez raide, puis franchissait l'isthme suivant une direction qui était à peu près celle des piles récemment détruites du Pont de secours. La culée méridionale de cet ouvrage laisse voir les restes d'un vieux chemin pavé, construit par-dessus la route romaine, qui recouvrait elle-même en cet endroit le chemin celtique.
Celui-ci tirait droit au col de VArbrot de la Borde pour franchir la montagne des Buis, tandis que la voie romaine, plus savamment étudiée, décrivait des lacets pour arriver au même point. La séparation des deux tracés se voit à cinq cents mètres environ du chemin couvert qui relie le fort de Tousey à celui de Trochâtey.
Là on remarque deux ornières parallèles de om30 de profondeur, nettes et polies comme par la main d'un marbrier. Aucune roue de plus de om05i de largeur de jante n'aurait pu y entrer; et les chars qui empruntaient cette voie ne pouvaient la suivre sans que les roues fussent appelées dans l'ornière et sans que la largeur des roues et du train de voiture fussent de dimensions prescrites et rigoureusement observées. Les mêmes caractères se trouvent au col de VArbrot.