SAINT-MAURICE
(Église succursale)
Par un testament en date du 26 janvier 1549, Nicolas Perrenot de Granvelle, garde des sceaux de Charles- Quint, et Nicole Bonvalot, sa femme, avaient fondé à Besançon un collège pour l'éducation de la jeunesse. Cet établissement, installé dans une maison voisine de l'église Saint-Maurice, périclita bientôt à cause de l'insuffisance de ses revenus. Ceux-ci furent cédés, par les héritiers des Granvelle, à la congrégation de l'Oratoire, qui dut, en échange, entretenir un cours public de théologie. Les Oratoriens obtinrent de plus, en 1646, l'administration de la paroisse Saint-Maurice : la municipalité leur donna droit de cité par un traité du 20 mai 1647 ; leur cours de théologie fut inauguré le 4 novembre suivant.
La fondation de l'église, placée sous le vocable de saint Maurice, remontait, suivant la tradition, à l'épiscopat de saint Silvestre, c'est-à-dire à la seconde moitié
l4ô BESANÇON.
du ivc siècle. Plusieurs des enfants du garde des sceaux Granvelle, entre autres le célèbre cardinal, y avaient été baptisés.
L'édifice actuel fut bâti, de 1712 à 171 4, par le P. Etienne Dunod, curé de la paroisse, oncle de l'historien, qui y employa non seulement sa fortune personnelle, mais encore celle des époux Denis Chandiot, ancien cogouverneur municipal, et Suzanne de Lisola, nièce du diplomate de ce nom. La consécration en fut faite le 30 mars 17 19, par François -Gaspard de Grammont, évêque d'Aréthuse, suffragant de l'archevêque de Besançon. L'architecture imite celle des églises des Jésuites.
Le chœur, revêtu de belles boiseries sculptées, est dominé par une gloire, également en bois, qui représente l'Assomption de la Vierge : cet ensemble, qui date du xvme siècle, décorait jadis l'église de l'abbaye cistercienne de la Charité. On voit aussi, dans le chœur, une table Louis XV et un tabouret de chantre.
Dans le tombeau du maître-autel sont des ossements qui avaient été trouvés en 1670 devant l'autel de l'ancienne église dédiée à saint Donat : on les considérait comme ceux de plusieurs personnes de la famille de ce saint évêque. Dans une châsse sont des reliques de Pévêque martyr saint Antide, vénérées autrefois à l'église abbatiale de Saint-Paul. Saint-Maurice possède, de son propre fonds, une croix formée de deux rondins de palmier appointés aux quatre bouts : ce souvenir de quelque glorieux pèlerinage ne se montrait
que dans un étui de bois doré percé de cinq lunettes.
L'une des chapelles latérales de l'église est dédiée à Notre-Dame du Scapulaire ; le petit tableau qui s'y trouve provient de l'église des Grands-Carmes : c'est une Vierge avec l'enfant Jésus, peinture italienne imitée de la Notre-Dame de Grâce qui passait pour un ouvrage de saint Luc.
De l'ancienne église provient une inscription tumulaire, encastrée dans la muraille contre laquelle s'empilent les chaises : on y lit les noms et alliances de la vieille famille bisontine des Sarragoz, depuis 1480 jusqu'en 1701.
Du même côté, plus haut que la chapelle du Scapulaire, un monument en marbre blanc, oeuvre de Mlle Anna Maire, reproduit les traits et rappelle les vertus de l'abbé Claude-Ignace Busson, mort a Besançon le 29 décembre 1859.
Dans la nef, vis-à-vis de la chaire, on a récemment placé un Christ en croix, œuvre de M. Enders.
Dans la sacristie de Saint-Maurice, deux objets peuvent être vus avec intérêt : une chasuble richement ouvragée qui avait été faite pour saint François de Sales, comme en témoigne son chiffre plusieurs fois répété dans la broderie; un calice de vermeil, finement ciselé à Strasbourg, en 1784, pour la chapelle de l'hôtel de ville de Besançon ; sous la coupe se trouvent les armoiries de la ville et la devise vtinam.