NOTRE-DAME
(Église succursale)
Une église paroissiale avait été fondée par l'évêque Ternat, au vnc siècle, dans le quartier de Chamars, sous l'inyocation de saint Marcellin. L'archevêque Hugues II la rebâtit à la fin du xie siècle et l'érigea en abbaye bénédictine avec saint Vincent pour patron. Au point de vue paroissial, son nom était Saint-Marcellin. La Révolution française ayant anéanti une autre église paroissiale qui s'appelait Notre-Dame (0, on transféra ce vocable à Saint-Vincent, lorsque le culte fut rétabli.
L'abbaye de Saint- Vincent, qui avait comme dépendance l'église bâtie sur le tombeau des apôtres saints Ferréol et Ferjeux, tenait le second rang parmi les bénéfices monastiques du diocèse. Depuis l'année 1611, elle fut occupée par des religieux appartenant à la congrégation de Saint-Vanne et de Saint-Hidulphe, et devint une des bonnes écoles d'érudition de cette branche de l'ordre de Saint-Benoît : l'histoire de la province doit beaucoup aux travaux que firent dans ce monastère D. Prosper Lévêque, D. Ferron, D. Berthod, D. Coudret, D. Sornet et D. Grappin.
L'église desservie jadis par ces savants religieux a encore six lourdes colonnes à chapiteaux romans des
(1) L'emplacement de cette église est occupé par les écuries de la gendarmerie : la porte de la ville qui en est voisine continue à s'appeler Porte de Notre-Dame.
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dernières années du xie siècle : leurs bases sont enterrées dans le sol et leurs fûts sont en partie masqués par d'affreux pilastres qui soutiennent les retombées de la principale voûte, refaite au xvne siècle. Deux chapelles latérales remontent au premier quart du xvie siècle : leurs voûtes sont à compartiments formant étoile.
Le choeur a été décoré, au commencement de ce siècle, d'une colonnade grecque en hémicycle par l'architecte Lapret. Une percée centrale'permetde voir, au delà de l'hémicycle, l'intérieur d'une gracieuse chapelle éclairée par une coupole qui est l'œuvre de l'architecte Ducat : cet édicule abrite une statue de la Vierge en marbre blanc, sculptée par Raymond Gayrard et donnée par le gou-
vernement de Napoléon III. Le maître-autel, en marbre blanc, a été exécuté d'après les dessins de l'architecte Ducat.
Quelques bons tableaux sont dans cette église : un Saint Bruno en adoration, de l'école française du xvne siècle ; une Vierge aux anges, que l'on attribue à Schedone (de Modène) ; Jésus et les disciples d'Emmaùs, œuvre de l'école flamande ; une Sainte Philomène, par Edouard Baille, de Besançon.
Des peintures murales de M. Aubert, rappelant par leur composition celles de Saint- Vincent de Paul de Paris, décorent la grande nef. Elles sont encore inachevées.
Les fenêtres des basses nefs encadrent des vitraux peints, exécutés à Bordeaux en 1879 : l'un d'eux représente la défaite des huguenots sur les remparts de Besançon, en 1575. Six de ces verrières ont pour couronnement le blason d'un abbé de Saint-Vincent de Besançon, Pierre de Montfort (1 492-1501); Antoine de Montecut, aumônier de Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint (1 521-15 32); François Bonvalot, ambassadeur de Charles-Quint en France (1534-1560); Antoine Perrenot, cardinal de Granvelle (1560-1586); Louis de Madruce, cardinal-évêque de Trente (1589- 1600); Guillaume Simonin, archevêque de Corinthe et suffragant de Besançon (1608- 1630); Joseph Saunier, évêque d'Andreville et suffragant (1 630-1 681); François-Gaspard de Grammont, évêque d'Andreville et suffragant (1 701- 1727).
Le maigre frontispice en pierre polie, appliqué contre
la façade, date de 1720. La tour des cloches ainsi que la porte d'entrée de l'ancienne abbaye avaient été édifiées sous la prélature d'Antoine de Montecut, vers 1525. La flèche du clocher, achevé en 1568, fut enlevée par un terrible ouragan le 29 janvier 1645 et projetée dans le jardin du palais Granvelle; elle n'a pas été reconstruite.
SAINT-FRANÇOIS-XAVIER (Église succursale)
Un riche célibataire, nommé Antoine-François Gauthiot d'Ancier, voulut, en 1629, éviter les dangers d'une peste qui régnait alors à Besançon. Il s'enfuit à Rome et y mourut, après avoir fait un testament par lequel il instituait ses héritiers universels les Jésuites de Besançon, à charge par eux de bâtir une église contiguë à leur collège.
Par suite des longs procès auxquels donna lieu cet héritage, les Jésuites durent attendre un demi-siècle avant de se mettre à construire. La première pierre de leur église fut posée, le 8 avril 1680, par le maire de la ville Jean-Baptiste Mareschal, qui mit sous cette pierre une pièce d'or de quatre pistoles. La construction ne fut terminée qu'en 1688. Le plan, tracé par le P. de Hoyé, jésuite, est imité de celui du Gesù de Rome. « Ce qui le caractérise, dit l'architecte Delacroix, c'est la croix latine entourée de petites chapelles latérales, dont les murs de séparation servent
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de contreforts à la poussée des voussures de la nef. » Au centre de chacune des bandes de rinceaux qui décorent les frises sculptées en pierre, on voit un faucon prenant son vol : c'était l'emblème héraldique des Gauthiot d'Ancier. Ce même blason était jadis au-dessus de la porte d'entrée de l'église; il surmontait un cartouche portant une inscription commémorative de la munificence de Gauthiot d'Ancier.
Ce qui frappe surtout dans l'intérieur de cette église, c'est un luxueux retable doré qui fait corps avec le maître-autel et s'élance jusqu'cà la voûte. Quatre colonnes de stuc et autant de pilastres en marbre coquillier supportent l'entablement. Les statues agenouillées de saint Ignace et de saint François-Xavier surgissent au premier plan. D'autres saints de la Compagnie de Jésus sont représentés dans des médaillons. Le Père éternel écarte les nuages pour donner essor au Saint-Esprit. Un ange, qui domine toute la décoration, fait briller le monogramme du Christ. Cet ouvrage, achevé en 17 19, avait été exécuté à Paris, au moyen d'une libéralité de Marie-Françoise Tharin, douairière de Joseph Boisot, conseiller au Parlement de Franche-Comté; il avait coûté plus de 20,000 livres. Le tableau qui occupe le centre est une Présentation au temple que l'on attribue à Pietro de' Pietri.
Parmi les tableaux qui ornent les chapelles, nous mentionnerons : un Repos de la sainte Famille en Egypte et un Jésus parmi les docteurs, deux bonnes toiles qui sont signées P. C. F. A., 1759, c'est-à-dire Placido
Costanzi fecit anno 1759. Le peintre Placido Costanzi était directeur de l'Académie de Saint-Luc, à Rome, quand le statuaire bisontin Luc Breton fut couronné, en 1758, au Capitole : ce fut sans doute par l'entremise de ce lauréat que les Jésuites de Besançon commandèrent à l'artiste romain un tableau qui est dans la chapelle intérieure du lycée et représente la Purification, tableau peint en 1758, plus les deux toiles que nous venons de mentionner comme ayant été peintes par le même artiste l'année suivante.
Signalons encore un Saint François de Paule ressuscitant un enjant, toile qui provient vraisemblablement du couvent des Minimes et que l'on attribue à l'un des Restout ; un Saint François d'Assise à mi-corps, bonne peinture espagnole qui est signée : 1676.
RO. Trois tableaux d'une remarquable pu- Église Saint-François-Xavicr
reté de lignes et de sentiment ont été peints, en 1879, pour cette église, par Edouard Baille, de Besançon ; ils représentent l'Annonciation, F Apothéose de saint François- Xavier et la Révélation du Sacré Cœur de Jésus.
Dans la sacristie, on conserve un calice, précieusement ciselé, qui provient de la célèbre abbaye bénédictine de Luxeuil; sur la coupe et le pied sont des médaillons, reliés par des ornements du meilleur style, qui englobent les figurines des évangélistes et des principaux Pères de l'Eglise latine; sous le pied, une très fine inscription est conçue en ces termes : Sti Pétri Luxoviensis. 1636.
Cette église avait été originairement dédiée à saint Joseph; mais l'importance qui y fut donnée au culte de saint François-Xavier, l'un des fondateurs de la Compagnie de Jésus, fit oublier le vocable primitif. Jusqu'à la Révolution française, ce ne fut d'ailleurs qu'une grande chapelle à l'usage du collège et, encore aujourd'hui, l'administration du lycée dispose de l'une des tribunes qui prennent jour sur le chœur.
SAINT -MARTIN DES CHAPRAIS (Église succursale de la banlieue)
Cette église était primitivement située tout près du confluent du petit ruisseau de Bregille avec la rivière du Doubs. Elle occupait l'emplacement d'une abbaye de filles, fondée au vne siècle et rapidement éteinte; l'empereur Charles le Chauve avait annexé les propriétés de
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ce monastère au domaine des archevêques de Besançon. L'église, sous le vocable de saint Martin, était paroissiale pour les habitants du petit village de Bregille, tributaires du château que les archevêques avaient fait construire sur le monticule -qu'occupe aujourd'hui le fort de Beauregard.
Cette modeste église fut détruite en 1814, dans l'intérêt de la défense de la place qui allait subir un blocus. On la reconstruisit, d'après un plan de l'architecte Lapret, dans la région des Chaprais, tout à côté du cimetière. Elle fut bâtie entre les années 1820 et 1825.
Le développement rapide du quartier des Chaprais a fait surgir le projet de construction d'une église plus vaste et mieux située. Un terrain en bordure sur l'avenue Carnot a été récemment acheté à cet effet.