‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 35 sur 119 · SAINT-CLAUDE · texte numérisé non relu

SAINT-CLAUDE

(Église succursale de la banlieue)

En dehors des villages de Bregille, de Saint-Fer jeux et de Velotte, qui avaient chacun leur église, toutes les habitations de la partie nord du territoire de Besançon étaient anciennement de la paroisse de Sainte-Madeleine. Quand, par suite de l'annexion française, la banlieue de Besançon fut mieux protégée, les maisons y devinrent plus nombreuses et l'établissement d'une chapelle auxiliaire s'ensuivit.

En vertu d'un règlement de l'archevêque, accepté par la municipalité, chaque ménage des hameaux de la

banlieue fut imposé, à partir de 1708, pour la desserte, par un vicaire résidant, de la chapelle nouvellement bâtie près de la Grange-Martin, appelée la chapelle de Saint-Claude.

En 1761, les ermites du reclusage de Saint-Léonard se transportèrent près de la chapelle de Saint-Claude : ils y ouvrirent une école et un pensionnat à l'usage des enfants de la banlieue.

Une ordonnance royale, en date du 13 décembre 1836, érigea en circonscription paroissiale le territoire desservi par la chapelle de Saint-Claude : celle-ci fut alors remplacée par une petite église qui elle-même a été abandonnée en 1857, lorsque

la ville eut fait bâtir au lieu dit les r.

Justices, sur l'emplacement des anciennes fourches patibulaires, un édifice beaucoup plus impor- m tant. L'architecte Delacroix, qui a fourni les dessins de cette construction nouvelle, a adopté un style gothique indépendant de toute tradition. Le clocher, en forme de pyramide élancée,

est très har- Église Saint-Claude

Mî%L

MONUMENTS RELIGIEUX. l57

diment greffé sur le portail. Pour éviter les contreforts extérieurs, la naissance des voûtes a été prise très bas, de sorte que l'intérieur de l'édifice a le caractère d'une vaste crypte amplement éclairée.

SAINT-FERJEUX

(Eglise succursale de la banlieue)

Cette église est bâtie sur la grotte qui, après avoir servi de retraite aux saints Ferréol et Ferjeux pendant leur apostolat, fut donnée comme sépulture à leurs corps martyrisés. En 370, un merveilleux hasard fit découvrir ces reliques, et l'évêque saint Anian engloba la grotte dans une église. La sœur de l'évêque-historien Grégoire de Tours y vint en pèlerinage pour demander la guérison de son mari. En 1063, l'archevêque Hugues Ier transféra dans la basilique métropolitaine de Saint-Jean la plus grande partie des reliques des apôtres du diocèse, et son successeur Hugues II fit de l'église de Saint-Ferjeux une dépendance de l'abbaye bénédictine qu'il avait fondée sous le vocable de saint Vincent.

Le 12 juin 1636, comme les Français assiégeaient la ville de Dole et ravageaient la province de concert avec les Suédois, l'abbé de Saint-Vincent ramena solennellement à Besançon les reliques qui se trouvaient encore dans la grotte de Saint-Ferjeux. Quelques jours après, l'église et le village étaient incendiés par une troupe de cavaliers français.

La communauté de Saint-Vincent laissa l'église en

ruine pendant vingt-trois ans : elle réclamait, pour reconstruire cet édifice, le concours de la caisse municipale. Or, il se trouva que cette caisse avait recueilli, en 1659, 12,000 livres qui résultaient de la confiscation des biens de Léonarde Bregille, veuve Maigrot, brûlée comme sorcière à la requête de l'Inquisition : 1,650 fr. de cette aubaine furent appliqués à la reconstruction de l'église de Saint-Fer jeux. Quelques portions de l'an-

Basilique de Saint-Ferjeux (extérieur)

cienne église purent être réemployées, particulièrement la porte d'entrée en arc aigu qui remontait au début du xvie siècle.

Durant la guerre de 1 870-1 871, le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, avait mis cette ville sous la protection des saints apôtres Ferréol et Ferjeux. Aucune

MONUMENTS RELIGIEUX. l5g

attaque de vive force n'ayant été dirigée contre la place, ce prélat ouvrit une souscription pour remplacer l'église alors existante par un monument de plus noble importance.

Le nouvel édifice, savamment étudié par l'architecte Ducat, a été conçu dans le style roman du xne siècle.

Basilique de Saint-Fer jeux (crypte)

Sous le chœur est une crypte^ qui a deux magistrales entrées latérales; a l'un et a l'autre des étages, cinq chapelles rayonnent autour de l'abside. Des peintures murales, exécutées par des artistes franc-comtois, doi-

[6o BESANÇON.

vent se dérouler le long des frises de la grande nef. A côté de l'église subsistent les bâtiments de l'ancien prieuré relevant de l'abbaye de Saint- Vincent, où les Bénédictins, avant la Révolution, tenaient un collège.

SAINT-HIPPOLYTE DE VELOTTE (Succursale de la banlieue)

Cette église était une dépendance du chapitre métropolitain : elle avait été comprise dans la dotation de celui de Saint-Etienne, reconstituée par l'archevêque Hugues Ier en 1049. Elle n'eut jamais d'importance comme édifice.

On y a relégué un tableau représentant le martyre des saints Ferréol et Ferjeux qui décorait l'une des chapelles de l'église de Sainte-Madeleine. Pourtant, le peintre chargé de faire un tableau neuf ne trouva rien de mieux que de copier à peu près l'ancien. Celui-ci a pour signature : I. E. Baudot invertit et pinxit. 1668.

Non loin de Velotte, entre les montagnes de Rognon et de Planoise, est un rocher conique qui aurait, au dire des voyageurs, une certaine analogie avec le Calvaire : on a consacré cette ressemblance par la plantation de trois croix.

MONUMENTS RELIGIEUX. IÔI

Page 1