PÉRIODE CONTEMPORAINE
Dans l'organisation uniforme que la France reçut du premier Empire, Besançon retrouva quelques-unes des prérogatives de son ancienne situation de capitale du territoire franc-comtois. Les trois départements, taillés dans la ci-devant province, formèrent le diocèse archiépiscopal (0, le ressort de la cour d'appel et celui de l'Académie universitaire de Besançon; cette ville fut en outre le chef-lieu d'une division militaire (1804).
Lors de l'invasion de 18 14, 160,000 Autrichiens entrèrent par Bâle pour venir bloquer toutes les places de l'Est. Besançon, avec moins de 7,000 hommes de garnison et une garde urbaine de 3,000 hommes, résista vaillamment, sous les ordres du général Marulaz, à un corps de 15,000 hommes que commandait le prince de Lichtenstein. Le blocus dura près de quatre
(1) En 182 1, le département du Jura a été détaché du diocèse de Besançon pour la reconstitution d'un diocèse de Saint-Claude.
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mois; la ville subit même un bombardement nocturne qui, dans l'espace de deux heures, fit pleuvoir sur elle environ 400 obus. Les hostilités ne cessèrent qu'à l'arrivée des décrets qui déclaraient Napoléon déchu du pouvoir. Bientôt après, la ville de Besançon faisait un accueil enthousiaste au comte d'Artois, témoignant ainsi de sa joie d'être affranchie des levées d'hommes qui, depuis dix ans, épuisaient la nation française (18 14).
Un événement commercial coïncida dans notre contrée avec les débuts du régne de Louis-Philippe : le canal du Rhône au Rhin reçut son achèvement. De la période du second Empire datent nos premières lignes de chemin de fer et l'essor de la fabrique d'horlogerie de Besançon; une exposition, organisée en 1860 par la Société d'émulation du Doubs, contribua beaucoup à faire connaître les produits de cette belle industrie (1833-1860).
La chute du second Empire fut, comme celle du premier, déterminée par une guerre qui amena l'étranger non loin des murs de Besançon. Le général prussien .Werder, venant de bombarder Strasbourg, franchit les Vosges en chassant devant lui une petite armée française que commandait le général Cambriels. Celui-ci se réfugia sous Besançon. Werder avait pour mission d'occuper la Bourgogne, à l'effet de relier les opérations du siège de Belfort à celles du blocus de Paris. Pour n'être pas inquiété dans sa marche par la vallée de l'Ognon, il fit une pointe sur Besançon. Le passage de l'Ognon à Cussey lui fut disputé par de jeunes troupes qui ne
reculèrent que pied à pied. Un instant, les Prussiens occupèrent le village d'Auxon-Dessus; mais un millier de zouaves d'Afrique, qui débarquaient du chemin de fer, les débusquèrent à la baïonnette. Le lendemain, l'ennemi essaya vainement de s'établir à Châtillon-le- Duc, puis de tourner cette position pour surprendre Besançon : la fusillade de nos tirailleurs détermina son éloignement (22-23 octobre 1870). Quelques jours après, l'armée de l'Est quittait le territoire de Besançon pour se fondre dans l'armée de la Loire.
Cette armée de l'Est devait nous revenir, forte de 120,000 hommes, sous le commandement du général Bourbaki, avec mission de débloquer Belfort. Ce mouvement fut exécuté en plein hiver, dans les conditions les plus déplorables. Refoulés à Villersexel, les Prussiens nous opposèrent, derrière la Lizine, une résistance insurmontable. Alors commença une misérable retraite dans •la direction de la frontière suisse, spectacle tellement navrant, que. le général Bourbaki tenta de se suicider à Besançon pour n'en plus être le témoin (187 1).
L'amputation que subit la France, à la suite du traité de Francfort, rendit à la trouée de Belfort sa vieille importance stratégique, et l'ancienne capitale des Séquanes devint en conséquence l'un des principaux éléments de la défense du territoire national. Les établissements militaires y furent notablement augmentés et des forts détachés environnèrent la place, qui eut ainsi un vaste périmètre de ravitaillement. Pendant cette période de transformation, le commandement du 7e corps
d'armée fut exercé à Besançon par le général duc d'Aumale, l'érudit et valeureux héritier de la maison de Condé. En même temps, la population urbaine, accrue d'un flot d'émigrés venus d'Alsace, atteignit le chiffre de 57,000 habitants. La nécessité urgente de nouvelles habitations provoqua de nombreuses constructions dans le pourtour de la ville,, principalement dans la région des Chaprais.
L'esprit provincial s'est conservé vivace à Besançon, et l'on peut répéter, des citoyens de l'ancienne république bisontine, ce que Montglat disait, au xvne siècle, des défenseurs de la république comtoise : « Ils sont si amateurs de leur franchise, qu'ils hasarderont leurs biens et leurs vies pour la maintenir, et aimeroient mieux perdre tout ce qu'ils ont au monde que de changer de domination ; ce qui fait qu'il est plus difficile qu'on ne pense de les assujettir, d'autant qu'on ne le peut faire qu'à coups d'épée et qu'il faut abattre le dernier de cette nation avant que d'en être le maître. » (Mémoires.)
DESCRIPTION ET STATISTIQUE
Situation. — La ville de Besançon est située au 47e degré i3 minutes 45 secondes de latitude et au 3e degré 42 minutes 3o secondes de long-itude (méridien de Paris). Sa partie la plus ancienne, sur la rive gauche du Doubs, est dans une presqu'île circulaire formée par un contour de la rivière et adossée à un massif rocheux (la citadelle) qui appartient à la chaîne du Lomont, la quatrième des arêtes de la barrière des Monts-Jura. Sur la rive droite du Doubs, la partie nord de la ville est assise sur des pentes dont le point culminant se nomme Charmont. La citadelle est entourée d'un cirque de montagnes qui toutes la dominent : le mont de Bregille, à l'est, et celui de Chaudane, à l'ouest, n'en sont séparés que par la largeur du Doubs, et, vers le sud-est, elle se relie par un isthme au plateau de Trochâtey qui a pour limite transversale la montagne des Buis. La banlieue comprend cinq groupes principaux d'habitations : Bregille, les Chaprais, Saint-Claude, Saint-Ferjeux et Velotte. La région basse de la ville est à environ 200 mètres au-dessus du niveau de la mer; la plate-forme de la citadelle en est à 368 mètres. Besançon se trouve à 4o6 kilomètres au sud-est de Paris par le chemin de fer, et à 32.5 kilomètres à vol d'oiseau.
Climat. — Le site de Besançon appartient au climat rhodanien, qui se distingue par la beauté de l'automne. L'hiver, froid ou pluvieux, commence en novembre pour ne finir souvent que vers le 10 mai. Il y a pourtant des intermittences printanières, mais il est rare qu'elles ne soient pas fatales à la végétation, car celle-ci en reçoit un avancement prématuré,
trop fréquemment suivi de gelées tardives. Le vent qui détermine ces gelées se nomme à Besançon la traverse ou vent de Langres : il vient du nord-ouest et procure alternativement des giboulées et des éclaircies. Les deux courants d'air qui régnent le plus habituellement sont le vent du; nord-est, vulgairement appelé la bise, qui amène le beau temps, et le vent du sud-ouest, autrement dit le vent, qui donne la pluie et les ourag-ans. En raison du voisinage des hautes montagnes, la moindre pluie occasionne un abaissement considérable dans la température. Quand les étés sont secs, la chaleur y est g-énéralement très intense. Besançon a donc un climat rigoureux et à variations brusques. « Si toute l'eau tombée du ciel pendant Tannée, dit Joanne dans sa Géographie du Doubs, restait sur le sol sans être absorbée par lui ou évaporée par le soleil, elle fournirait dans les douze mois de Tannée une nappe d'eau de 65 à 70 centimètres à Besançon et à Montbéliard. *
Superficie et aménagement du territoire. — Le territoire de la commune de Besançon occupe une superficie totale de 6,460 hectares. La plus grande partie, 2,425 hectares, se compose de terres labourables cultivées en céréales ou en prairies artificielles. 4i3 hectares sont affectés à des cultures maraîchères, à des verg-ers ou à des jardins, et u3 hectares à des prairies naturelles. Les vignes, échelonnées g-énéralement sur les coteaux, occupent une surface de 602 hectares,, et les bois, dont la majeure partie se compose des forêts communales de Chailluz, Rognon et Chaudane, ont une étendue de i,853 hectares.
Il existe encore une surface de 450 hectares en pâtures; friches et autres terrains incultes, et le surplus de la superficie est occupé par le Doubs, les voies et les places publiques, les fortifications, etc.
Population. — En 1289, la population de Besançon né dépassait pas 12,000 habitants. En 1687, elle était de 14,209; en 1709, de 16,929. Au début de ce siècle, elle atteignait le nombre de 28,436. En 1867, elle comprenait 46,961 habitants;
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en 1877, 54,4o4 ; en 1881, 57>oô7; en 1886, 56,5n ; en 1891, 56,5o9; en 1896, 58, 010. D'après le dernier recensement {1901), elle se chiffre de la manière suivante : Total de la population normale ou
municipale 48,178 habitants
Population flottante (garnison, maisons d'éducation, hospices, etc.) .... 7,088 —
Total général 55,266 habitants
Différence en 1901 (avec 1896) :
Sur la population normale, en moins. . 1,000 habitants
Sur la population totale, — . . 2,744
La population est donc stationnaire depuis vingt ans, et l'augmentation due à l'immigration des Alsaciens-Lorrains et à l'accroissement des établissements militaires ne s'est pas maintenue.
Ressources et dettes communales. — La moyenne des recettes ordinaires de la ville (centimes additionnels ordinaires, revenus du domaine communal, droits d'octroi, subventions et rétributions diverses) a été pour les trois derniers exercices (1898-1900) de 1,588,875 fr. 45.
La moyenne des sommes affectées au service de la dette a été, pendant le même laps de temps, de 366,293 fr.
Le capital de la dette communale à la fin de 1899 était de 6,076,000 fr.
Langage. — Le patois de Besançon dérive du latin, comme le langage français lui-même : il se rattache aux dialectes de l'ancienne langue d'oïl. Dans cet idiome, de plus en plus délaissé de nos jours, on avait composé des Noëls, et un petit drame populaire, appelé la Crèche, qui se joue encore chaque année pendant les mois de décembre et de janvier.
Agriculture. — Quand Besançon était peuplé de j4,ooo habitants, on comptait parmi eux 6,000 vignerons. Toute la banlieue était alors couverte de vignes, et de grands espaces
étaient cultivés de la même manière dans l'intérieur de la ville. Le vin était la principale source des revenus et l'unique objet du commerce des habitants : aussi la municipalité défendait-elle, sous les peines les plus graves, d'introduire dans les vignes du territoire certains gros plants qui auraient pu porter atteinte à la réputation du vignoble. La facilité des arrivages de vin du Midi, par le canal du Rhône au Rhin, jeta quelque discrédit sur cette culture traditionnelle. Néanmoins, la population s'étant augmentée, le produit des vignes redeviendrait largement rémunérateur s'il ne fallait pas compter avec des périodes d'années stériles et avec l'invasion du phylloxéra. Depuis quelques années, le greffage des plants américains a apporté à cette situation une amélioration incomplète.
Le vin du cru est toujours fort recherché à Besançon ; mais les vignerons disparaissent : ceux qui pourraient se former préfèrent demandera l'industrie un salaire plus régulièrement et plus facilement obtenu. Pour ce motif et par le fait du développement des constructions de la banlieue, le vignoble de Besançon diminue d'année en année. Ses produits les plus estimés sont les vins rouges de Trôchatey (pineau noir) et les vins blancs de Ragot (pineau blanc ou luisant). Le raisin rouge appelé bregin, très répandu dans le vignoble, donne un vin robuste de la catégorie des bons ordinaires.
En raison inverse de la réduction du vignoble, la culture maraîchère se développe. Les terrains d'alluvion qui bordent le Doubs lui sont éminemment favorables. Limitée jadis au vallon desChaprais, elle s'est étendue aux terrains deVelotte, puis à ceux des Prés-de-Vaux qui ne sont pas occupés par des usines. Les fruits et les légumes provenant de ces terrains sont généralement de belle qualité ; ils sont consommés sur place ou exportés dans les centres industriels de la frontière franco-suisse.
Industrie et commerce. — L'horlogerie est pour Besançon l'industrie par excellence et la principale source du mouvement des affaires. Établie dans cette ville en 1798, cette fabrication n'y a eu son plein développement qu'à partir de i85o; long-
DESCRIPTION ET STATISTIQUE. 41
temps elle a été presque seule à alimenter, pour la vente des montres, le marché français. Comme toutes les industries de luxe, elle est exposée à ressentir le contre-coup des crises qui troublent Fétat social. C'est ainsi que la fabrique bisontine, après avoir fait contrôler, en 1882, 493,933 montres (dont 172,706 en or), tant pour l'intérieur que pour l'exportation, avec une recette fiscale de 992,371 fr., a successivement rétrogradé : en i884, à 457,407 pièces (dont 137,922 en or), pour une recette de 813,776 fr. ; en 1880, à 43 1 , 7-53 pièces (dont i35,2io en or), pour une recette de 763,441 fr. ; en 1886, à 368,353 montres (dont 113,592 en or), pour une recette de 627,385 fr. ; en 1887, à 345,ooi pièces (dont io4,o5o en or), pour une recette de 58o,o34 fr. La prospérité de cette industrie tend à renaître, témoin les chiffres des dernières années :
En 1897, 342,838 pièces (dont 98,906 en or), 497,008 fr.de recette.
En 1898, 355,893(dont 110,572 en or), 519,291 fr.de recette.
En 1899, 4oo,o4i pièces (dont 124,572 en or), 588,3i5 fr. de recette.
Deux industries se sont établies depuis peu aux Prés-de- Vaux : l'une pour la fabrication du papier; cette usine occupe une superficie de 1,200 mètres et elle possède une machine à vapeur de la force de 2,000 chevaux ; elle occupe près de 5oo ouvriers et peut fabriquer 3o,ooo kilogrammes de papier par jour. La matière employée par cette papeterie est la pâte de bois mécanique, fabriquée à l'usine même et mélangée à une certaine quantité de pâte chimique provenant de l'usine de Novillars.
La seconde usine, installée aussi aux Prés-de-Yaux, a été construite en 1892, pour la fabrication de la soie artificielle avec de la cellulose, et l'exploitation des brevets de l'inventeur, M. de Chardonnet. Cette usine, arrêtée au début par des difficultés techniques, semble sortie de la période de tâtonnements et d'essais et est actuellement en bonne voie.
11 nous reste encore à citer les fabriques de chaussures, lacets, ganses élastiques, vêtements et pâtes alimentaires de M. Martin-Brey, à Casamène, la tricoterie et la fabrique de tuiles mécaniques aux Chaprais-Besançon, la fabrique de
chaussures u là Butte, l'importante scierie pour lames de parquets de M. Dubôurg et la fabrique de vitraux d'art de M. Beyer.
En 1899,1a ville de Besançon a fait l'acquisition delà source de la Loue, qui pourra être employée comme force motrice pour les diverses industries.
Foires et marchés. — Il existait traditionnellement six foires à Besançon ; lundi après la Purification, lundi après Quasimodo, lundi après l'Ascension, deuxième lundi de juillet, lundi après la Saint-Louis, lundi après la Saint-Martin. Depuis 1872, il y a foire le second lundi de chaque mois; les cuirs ne sont admis qu'aux foires de février, avril, août et novembre. La réunion trimestrielle des maîtres de forges en syndicat a lieu le deuxième jeudi des mois de février, mai, août et novembre. Il y a marché public le mardi et le vendredi de chaque semaine. Un marché spécial de vannerie se tient le jour de la fête de saint Antoine (17 janvier), autour de l'ancienne église qui était dédiée à ce patriarche de la vie monacale. Ces foires et marchés, très fréquentés jadis, vont en. s'amoindrissant : la facilité de plus en plus grande des communications tend à en réduire les transactions aux denrées de consommation immédiate.
Chemins de fer, canal, tramways. — Besançon communique avec l'extérieur par quatre lignes de chemins de fer : celles de DoleàBelfort;de Besançon à Mouchard-Salins-Pontarlier; de Besançon à Yesoulavec embranchement surGray; de Besançon-MOrteau-Locle. Cette dernière ligne, inaugurée en août i884, a motivé la construction d'une deuxième gare, qui est reliée à la première par une voie de raccordement. La plus ancienne gare, construite par Alfred Ducat, fut ouverte au mois de mai 1 855 ; elle est située au nord de la ville, en dehors des fortifications, sur un point élevé d'où on a un bel aspect du site de Besançon. Ce point s'appelle la YioHc en raison du passage d'une petite voie antique qui servait à relier deux grandes routes romaines, celle de Vesontioà An>-entoratum 'Strasbourg ;■) et celle deYesontio
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à Andematumnum (Langres). La seconde, garé se trouyq à l'est de la presqu'île de Besançon, entre le Doubs et le ha-, meau de Bregille, à Tune des extrémités de la promenade Micaud. On ne comprend pas qu'elle se nomme gare de la Mouillure, vu que le petit affluent du Doubs portant ce nom est beaucoup plus rapproché de là gare supérieure que de celle-ci. Au sortir de cette seconde gare, ia voie ferrée traverse le Doubs sur un viaduc et longe le flanc oriental de la citadelle, sur une corniche taillée à mi-côte de cette pente rocheuse. La corniche se continue avec de petites interruptions souterraines, sur les pentes orientales de l'isthme qui relie la presqu'île de Besançon aux plateaux dont les étages, vont grandissant jusqu'à la frontière suisse.
Le Doubs est navigable sur tout son parcours à travers le territoire de Besançon : aussi le canal du Rhône au Rhin, en exercice dans cette ville depuis le ier janvier i833, y suivait-il toutes les courbures de la rivière. Mais on a jugé utile d'abréger cette circulation au moyen d'une perforation transversale du roc de la citadelle. Cette galerie, bordée d'un quai de cheminement, a une longueur de 38o mètres. Commencée le i5 septembre 1878, elle a été inaugurée le 3o avril 1882. ;
Depuis février 1897, la compagnie des tramways électriques de Besançon a successivement mis en exploitation, sur le territoire de la commune, sept lignes : de la gare de la Viotte à la place du Transmarchement, au faubourg Tarragnoz et à la porte Rivotte ; de Saint-Claude à la porte Rivotte ; de la fontaine de Flore (Chaprais) à la préfecture ; de la place Jouffroy au cimetière des Chaprais et à Saint-Ferjeux.
Services publics. — Besançon, place forte de première classe, est le siège des grands services publics dont voici la nomenclature : Commandement militaire du 7e corps d'armée (Ain, Jura, Doubs, Haute-Saône, Haute-Marne et territoire de Belfort) ; école et direction d'artillerie; direction du génie pour le 7e corps d'armée; — archevêché (Doubs et Haute- Saône), métropolitain des évêchés de Nancy, Verdun, Saint- Dié et Belley ; — église consistoriale protestante du rite calviniste ; — synagogue israélite administrée par un grand rab-
bin ; — cour d'appel (Doubs, Jura, Haute-Saône et territoire de Belfort) ; — préfecture (Doubs) ; — Académie universitaire (Doubs, Jura, Haute-Saône et territoire de Belfort).
Hommes connus. — Le cardinal de Granvelle (Antoine PerRenot), ministre de Philippe II dans les Pays-Bas, viceroi de Naples, chef du conseil politique d'Espagne (i5i7-i586).
— Goudimel (Claude), auteur de la musique protestante des psaumes, maître de Palestrina (1520-1572). — Boissard (Jean- Jacques), antiquaire (1528-1602). — Les érudits Jean-Jacques, Pierre-François et Jules Chiflet (1 588- 1676). — Mairet (Jean), auteur de la première tragédie régulière en langue française (1604- 1686). — L'abbé Bullet (Jean-Baptiste), l'aventureux reconstructeur de la langue celtique (1699- 1775). — Nicole (Nicolas), architecte de l'église de Sainte-Madeleine à Besançon (1701-1784). — Nonnotte (Donat), peintre, créateur de l'école gratuite de dessin de Lyon (1708- 1780). — Fourier (Charles), créateur de la doctrine phalanstérienne (1 722-1837).
— Pajol (Claude-Pierre), le héros du combat de Montereau (1722-1844). — Breton (Luc), sculpteur, l'un des fondateurs de l'enseignement du dessin à Besançon (1731-1819). — Le général du génie d'Arçon (Jean-Claude-Éléonor Le Michaud), inventeur des batteries flottantes (1733-1800). — Suard (Jean- Baptiste), secrétaire perpétuel de l'Académie française (1734- 181 7). —Paris (Pierre- Adrien), architecte du roi Louis XVI, directeur de l'Académie de France à Rome, bienfaiteur de la ville de Besançon (1745- 18 19). — Le maréchal Moncey (Bon- Adrien-Jeannot, duc de Conegliano) (1754- 1842). — Le général Lecourbe (Claude-Jacques), défenseur de Belfort en i8i.5 (1759-1815). — Droz (Joseph), de l'Académie française, moraliste et historien (1 773-1850). — Le bibliographe Weiss (Charles), l'un des principaux auteurs de la Biographie Michand (1 779-1866). — Nodier (Charles), de l'Académie française, brillant conteur (1780-1844). — Hugo (Victor), le plus grand poète du xixc siècle (i8o2-i885).— De Bernard (Charles), romancier (i8o5-i85o). — Gigoux (Jean), peintre d'histoire (1806-1894). — Proudhon (Pierre-Joseph), le fougueux apôtre du socialisme (i8oo-i865). — Wey (Francis), linguiste et cri-
DESCRIPTION ET STATISTIQUE
tique d'art (1812-1882). — Clésinger (Jean-Baptiste), sculpteur (1814-1883). — Baron (Henri), peintre (i8iô-i885). — Parmi les artistes vivants, nés à Besançon et jouissant à Paris d'un renom mérité, on peut citer les peintres Tony Faivre et Théobald Chartran, les sculpteurs Jean Petit et Just Becquet.
(antiquité païenne)