TEMPLES
« Les Gaulois, écrivait César, honorent avant tout le dieu Mercure, dont on voit chez eux de nombreuses représentations ; ils le regardent comme l'inventeur des arts, comme le guide des voyageurs, comme l'inspirateur des financiers et commerçants. Après lui, ils vénèrent Apollon et Mars :.... l'un parce qu'il guérit les malades...., l'autre parce qu'il préside aux choses de la guerre. »
Nos inscriptions confirment ce dire du conquérant des Gaules : en effet, la plupart des formules votives sorties du sol de Vesontio sont adressées à Mercure et à Apollon, tandis que le nom de Champ de Mars, affecté à un quartier de la ville, dit assez que nos aïeux avaient accordé un temple au dieu de la guerre.
Au-dessus de cette religion locale planait le culte des trois divinités capitolines, Jupiter, Minerve et Junon : un temple splendide, sorte de cathédrale officielle, s'élevait en leur honneur au centre de la ville.
Les anciens couronnaient volontiers de temples les
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montagnes qui avoisinaient les villes : Besançon, dominé de tous côtés par des hauteurs, avait pu facilement obéir à cette coutume.
Sur la plate-forme du rocher qui servait de citadelle, on vit, jusqu'à la construction de la forteresse moderne, quatre colonnes cannelées, de style corinthien, ayant appartenu au porche d'un temple. Comme Athènes, Vesontio avait un temple dans son Acropole ; et de même qu'aujourd'hui encore, on vend des chouettes sur les degrés du Parthénon, en souvenir de ce que ce monument était voué à Minerve, de même, au moyen âge, une foire aux aigles se tenait autour de nos colonnes de la citadelle, en mémoire probablement de ce que l'édifice dont elles provenaient avait été dédié à Jupiter.
La sommité de Chaudane, dont le nom celtique était Caledunum, portait un autel celtique dédié à Mercure et à Apollon, dont l'inscription dédicatoire nous a été conservée.
Dans l'intérieur de la ville, il y avait plus d'un temple voué à Mercure. Une inscription rencontrée en 1679, près de l'amphithéâtre, rappelle le souvenir d'un de ces édifices. Cette inscription date du 111e siècle de notre ère, époque à laquelle, sous l'influence des mères et des femmes d'empereurs originaires de l'Orient, il y eut dans le monde occidental une invasion de cultes plus ou moins magiques, la plupart ayant à leur tête des prêtresses. L'une de celles-ci, Geminia Titulla, originaire d'Orange, est qualifiée Mater sacrorum sur une '
épitaphe trouvée en 1633, dans l'un des cimetières antiques du nord de Besançon.