MONT-DE-PIETE
On fait généralement naître le premier établissement de ce genre au milieu du xve siècle, dans la ville de Pérouse. Suivant notre vieux chroniqueur Gollut, les bourgeois" de Salins auraient réalisé la même idée un siècle plus tôt, afin de combattre « l'avarice impitoyable des Juifs et des Lombards qui estoient espanchés par la Franche-Comté et ruinoient toutes les bonnes maisons. » Toutefois, le Mont de Salins ne paraît pas avoir eu longue existence.
En ce qui concerne Besançon, c'est une ordonnance royale du 17 septembre 1823 qui a créé le Mont-de- Piété, et cet établissement a été ouvert le 9 novembre 1824. Les premiers fonds lui furent fournis par les hospices, et il demeura sous leur tutelle jusqu'en 1862, époque à laquelle une commission spéciale fut préposée à son administration. Le taux de l'intérêt des sommes prêtées sur gages avait d'abord été fixé à 12 % ; il a été réduit à 9 % par arrêté du 15 septembre 1852; il est actuellement, depuis le Ier janvier 1899, de 6 %. La durée des prêts avait été originairement limitée à six mois; a partir du Ier janvier 1855, elle a été portée et est restée fixée à un an.
Le Mont-de-Piété est établi dans la partie neuve des bâtiments de l'ancien hôpital du Saint-Esprit. Cette construction, d'un caractère assez monumental, tut commencée, en 173 1, par le corps de logis qui est adossé au
quai ; les plans en avaient été donnés par l'architecte Jean-Joseph Gazelot. Les deux ailes qui s'y rattachent se construisirent de 175 i à 1754, d'après les dessins de l'architecte Jean-Claude Colombot. Le frontispice a été conçu par l'architecte Longin, et le groupe en pierre qui le surmonte, posé en 1755, est l'œuvre des sculpteurs Devosge, de Gray, et Perrette, de Silley : il représente la Charité qui tient dans ses bras des enfants demi-nus et jette des regards miséricordieux sur d'autres qui viennent à elle.