ASILE DÉPARTEMENTAL
Le populaire appelle cette maison Bellevaux : elle occupe, en effet, l'emplacement d'un immeuble que possédait à Besançon l'abbaye cistercienne de Bellevaux. Au siècle dernier, on y avait installé trois institutions charitables : l'Aumône générale, fondée en 1708 pour «- soulager les pauvres dans leurs maisons et familles, et faire absolument cesser dans la ville la mendicité et la fainéantise; » l'hôpital de Saint-Jean l'Aumônier, ou des mendiants, établi en vertu de la déclaration royale du 18 juillet 1724; enfin le pénitentiaire du Bon-Pasteur, institué en 1747 pour renfermer les vagabonds et les filles de mauvaise vie.
Les constructions actuelles datent de 176 1. On y a ajouté, en 1865, une jolie maison qui a sa façade sur le quai de Strasbourg et sert de logis au directeur de l'asile départemental.
Par décret impérial du 29 août 1809, la maison de Belle vaux fut attribuée au département. On y reçut dès lors, en les confondant dans les mêmes locaux, les condamnés à la détention, des personnes atteintes de maladies contagieuses ou incurables, des aliénés des deux sexes, des indigents et des enfants abandonnés, des filles-mères admises pour faire leurs couches.
En 1856, on établit une ligne de démarcation bien nette entre l'asile et la prison. L'asile, qui a repris son ancien vocable de Saint-Jean l'Aumônier, continue à être ouvert aux indigents, aux enfants de pauvres etfde détenus, aux malades atteints d'affections cutanées et vénériennes, aux femmes et filles en couches. Cette population hybride constitue un nombre de quatre à cinq cents personnes entretenues par le département, la ville de Besançon, l'Association de patronage, les départements voisins et même de simples particuliers.
La section correctionnelle est actuellement installée à la prison de la Butte.
Une école de maternité est annexée depuis 18 19 à l'hospice de Bellevaux.
La chapelle de l'établissement a pour décoration une grande peinture cintrée de Flajoulot, qui représente saint Jean l'Aumônier distribuant ses revenus aux pauvres.
MONUMENTS CIVILS. 2.x;