BOURREL
» Bien le bonjour à vos chers parents. »
La seconde est bien plus encore d'un excellent homme. Jugez-en.
« Paris, 12 avril 1882.
» Monsieur,
» Je redoutais beaucoup la séparation de votre regretté chien de vous tous. Est-ce à elle qu'on doit attribuer la reprise de terribles crises qui lui ont donné la mort?
» En grande partie, je le crois, quoiqu'il existât chez lui des lésions nerveuses inguérissables peutêtre.
» La paralysie du train postérieur s'étant accentuée, il était fort à craindre que votre bel animal
ne restât perclus, infirme, et que le dénouement qui me fait de la peine, en considération du grand attachement que vous portiez à votre chien, ne soit la meilleure solution.
» Il y avait à craindre, en effet, que la cure ne pût jamais être complète.
» Veuillez agréer, monsieur, mes salutations dévouées.
» Bourrel, »
Quel brave cœur, n'est-ce pas, ce Bourrel?...
Pendant que je prends copie de ces deux documents, mademoiselle Mallarmé m'apprend qu'elle a eu un chat-huant nommé Glair-de-Lune. Clairde-Lune, avec le fromage blanc de sa face, avec son bonnet de plumes à la Marie-Stuart et la couleur écorce claire de son ventre et de ses ailes, était, paraît-il, un «joli» chat-huant. Gomme tous les chats-huants, il avait — tournant continuellement sa tête de gauche à droite et de droite à gauche — des mouvements de mime antique. Primitivement, ce chat-huant passait ses jours en une cage à la porte d'un marchand d'oiseaux installé en face d'un lycée. Les petits élèves de ce lycée martyrisaient le pauvre Glair-de-Lune, et cela navrait mademoiselle Mallarmé, qui obtint de son
père qu'on achetât, pour six francs, le pauvre nyctalope. On l'emmena à Valvins, en Seine-et-Marne, où il vécut quelque temps dans un poulailler. Un jour, M. Paul Arène l'y vit et le demanda à mademoiselle Mallarmé pour M. Charcot.
Depuis ce temps, on est sans nouvelles de Glairde-Lune.
Scrupules. — Bêtes et gens. — Bérénice, les canards et l'âne. —
— Ce que Philippe découvre dans le jardin d'une petite fille.
— Les compagnons de Petite-Secousse. — M. Barrés et ses phoques. — Les frères des chiens et les nôtres. — La jambe du gardien. — Un cri de propriétaire. — Le fils de Frimousse. — Le métier de Jenny, la tortue. — Fatougay.
— Je ne connais pas le chameau. — Les écuries de l'homme.
Je m'étais fait, a priori, une idée passablement fausse du caractère extérieur de M. Maurice Barrés, et je balançai assez longtemps avant de me décider à lui faire passer ma cartede modeste et temporaire historiographe des animaux de lettres.
Je craignais, à vrai dire, qu'il n'estimât fort médiocre ma préoccupation, qu'il ne m'accusât, tout d'abord, de me dépenser en une agitation vaine;
19 i BÊTES ET GENS DE LETTRES
et j'avais peur aussi qu'il ne m'en voulût de venir troubler son subtil réveil du matin, d'interrompre inopportunément sa constante recherche de l'unité de sa vie ; et, surtout, peur de ne lui apparaître personnellement que comme un bien maussade instant de l'intelligence humaine.
Certes, je ne vise point à me donner plus d'importance qu'en l'occasion il n'est convenable, mais, à tout prendre, l'objet que j'ai entendu poursuivre n'est ni aussi vain, ni aussi mince, il me semble, que certains se sont plu à me le faire entendre : montrer la place que peut occuper l'animal au foyer et dans l'œuvre de l'écrivain, est-ce, en effet, tant que cela dépourvu de signification?
Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé auprès de M. Maurice Barrés un accueil affable et d'une très charmante simplicité.
D'ailleurs, en relisant le Jardin de Bérénice, avant de me mettre en présence de son auteur, j'acquis la certitude qu'aucun lettré plus que lui n'eut l'âme douce aux animaux, aux « pauvres animaux », qu'il comprend, j'en suis sûr, dans la catégorie de « ceux de qui la beauté fut humiliée », seuls êtres qu'il déclare vouloir gratifier de sa pitié sincère. En ce volume délicieux, troisième du Culte du Moi, les bêtes jouent un rôle vraiment
considérable, et quand elles n'y sont point directement acteurs, elles y deviennent, dans la phraséologie de M. Barrés, l'un des termes de fréquentes comparaisons. Ainsi, au chapitre sixième du livre, Philippe nous raconte que, M. Charles Martin lui ayant été présenté, ils surent avoir vis-à-vis l'un de l'autre une courtoise attitude, et il ajoute : « Quand on est né chien et qu'on rencontre une personne née chat, il est toujours flatteur de sentir qu'on fait voir en ce moment le plus beau résultat de la civilisation, en ne se jetant pas l'un sur l'autre. » Ainsi, devant la détresse des yeux que tourne vers lui Bérénice agonisante, il s'écrie : « Ah ! ce regard où de pauvres hommes et de pauvres bêtes nous avouent le bout de leurs forces ! » Et, de même, quelques lignes plus bas : « Elle eut la mort d'un pauvre animal qui pour finir se met en boule dans un coin de la maison de son maître, mais d'un maître dont il est aimé. »
Avant de rapporter la conversation que j'eus avec M. Maurice Barrés, je ne puis résister à la tentation que j'ai de reproduire ici deux ou trois pages du Jardin de Bérénice, pages magnifiques en lesquelles apparaît toute la beauté et la grandeur touchante du rôle que M. Maurice Barrés a confié à de très humbles animaux.
« Ah! Simon, si tu étais là et que tu visses Bérénice, ses canards et son âne échangeant, cellelà, des mots sans suite, ceux-ci, des cris désordonnés d'enfants, et ce dernier, de longs braiements, témoignant chacun d*un violent effort pour se créer un langage commun et se prouvant leurs sympathies par tous les frissons caressants de leurs corps, tu serais touché jusqu'aux larmes. Isolées dans l'immense obscurité que leur est la vie, ces petites choses s'efforcent hors de leur défiance héréditaire. Un désir les porte de créer entre eux tous une harmonie plus haute que n'est aucun de leurs individus.
» Viens à Aiguës-Mortes, et tu découvriras entre ce paysage, ces animaux et ma Bérénice, des points de contact, une part commune. Il t'apparaîtra qu'avec des formes si variées, ils sont tous en quelque façon des frères : des réceptacles qui mourront de l'âme éternelle du monde. Ame secrète en eux et pourtant de grande action. Je me suis mis à leur école, car j'ai reconnu que cet effort dans lequel tous ces êtres s'accordent avec des mœurs si opposées, c'est cette poursuite même, mon cher Simon, dont nous nous enorgueillissons, poursuite vers quelque chose qui n'existe pas encore. Ils tendent comme nous à la perfection.
» Ainsi, ce que j'ai découvert dans le misérable jardin d'une petite fille, ce sont ces assises profondes de l'univers, le désir qui nous anime tous!
» Ces canards, mystères dédaignés, qui naviguent tout le jour sur les petits étangs et venaient me presser affectueusement à l'heure des repas, et cet âne, mystère douloureux qui me jetait son cri délirant à la face, puis, s'arrêtant net, contemplait le paysage avec les plus beaux yeux des grandes amoureuses, et cet autre mystère mélancolique, Bérénice, qu'ils entourent, expriment une angoisse, une tristesse sans borne vers un état de bonheur dont ils se composent une imagination bien confuse, qu'ils placent parfois dans le passé, faisant de leur désir un regret, maïs qui est en réalité le degré supérieur au. leur dans l'échelle des êtres. C'est la même excitation qui nous poussait, toi et moi, Simon, à passerd'une perception à une autre. Oui, cette force qui s'agite en nos veines, ce moi absolu qui tend à sourdre dans le moi déplorable que je suis, cette inquiétude perpétuelle qui est la condition de notre perpétuel devenir, ils la connaissent comme nous, les humbles compagnons que promène Bérénice sur la lande. En chacun est un être supérieur qui veut se réaliser.
v La tristesse de tous ces êtres privés de la
beauté qu'ils désirent, et aussi leur courage à la poursuivre les parent d'un charme qui fait de cette terre étroite la plus féconde chapelle de méditation. Sous cette diversité de ruines, de landes, d'animaux et de jeune femme, un diamant luit, qui m'éclaire l'harmonie de ce petit coin et qui m'éclairera le monde.
» Cette lumière cachée, c'est l'inconscient, c'est le feu qui entrelient l'univers de toute éternité.
» Je ne pouvais mieux le percevoir que dans cette campagne dénudée d'Aigues-Mortes, où, les choses fugitives étant rares, il semble que nous soyons moins détournés de l'essentiel. Dans cette région de sel, de sable et d'eau, où la nature, plus dure, moins abondante qu'ailleurs, semble se prêter plus complaisamment à l'observation, comme un prestidigitateur qui décompose lentement ses exercices et simplifie ses trucs pour qu'on les comprenne, cette petite fille toute d'instinct, ces animaux très encouragés à se faire connaître m'ont révélé le grand ressort du monde, son secret.
» Combien la beauté particulière de cette contrée nous offrait les conditions d'un parfait laboratoire, il semble que tous, parfois, nous le reconnaissions, car il y avait des heures, au lent coucher du soleil sur ces étangs, que les bêtes, Bérénice et
moi, derrière les glaces de notre villa, étions remplis d'une silencieuse mélancolie. »
Et suivent d'autres pages, encore superbes et plus ferventes, que je voudrais tant citer de même ! Mais le souci des proportions me ramène. Et, malgré tout, il est indispensable, je le crois, de reproduire aussi ces quelques lignes qui précèdent de beaucoup les pages qu'on vient de lire, lignes en lesquelles on voit entrer en scène l'âne et les canards de Bérénice et qui montreront quel peu banal amoureux des bêtes s'enferme en l'enveloppe tant soit peu froide et sceptique de M. Maurice Barrés :
« Singulière fille ! elle me montra, qui jouait dans son jardin, un de ces ânes charmants de Provence, aux longs yeux résignés, et des canards, un peu viveurs et dandineurs, qui des étangs revenaient pour leur repas du soir. Je reconnus cette générosité d'âme, jadis devinée sous son masque trop serré d'enfant. Pourquoi toujours rétrécir notre bonté, pourquoi l'arrêter au chien et au chat? En moi-même, je félicitai Petite-Secousse d'avoir précisément choisi l'âne -et le canard, pauvres compagnons, à l'ordinaire sevrés de caresses et même de confortable, parce que, sur leur maintien philosophique, ils sont réputés se satisfaire
de très peu de chose. Leur volonté amortie de brouillards, leur entêtement de besoigneux, elle comprenait tout cela, sans dédain ni répugnance. »
— Les bêtes, m'a dit le jeune maître, sont des êtres qui désirent et qui souffrent. Je lis des poèmes dans les yeux de certaines bêtes. J'ai parlé du regard des petits ânes, et, dans le même genre de bonté, je vous signalerai le regard des phoques. Oui, les yeux de l'âne et ceux du phoque expriment la bonté. Les phoques, surtout, avec leurs petites moustaches, sont fort attendrissants.
— N'ai-je point ouï dire, demandaije alors à M. Barrés, que vous avez, chez vous, un de ces amphibies ?
— Ah ! oui, la légende de Monsieur Barrés et ses phoques ! s'exclama-t-il en souriant. Légende absurde, du reste, et qui a cours depuis ma conférence au Théâtre d'Application sur Le Jeune homme moderne. M'adressant à tous ceux qui se sentent faibles devant la vie, je leur dis, entre autres choses, que si notre Moi sent trop de sécheresse, il faut rentrer dans l'instinct, aimer les humbles, les misérables, ceux qui font effort pour croître. Venait alors la fameuse phrase sur les phoques : « Au soleil incliné d'automne qui nous fait sentir l'isolement aux bras même de notre
maîtresse, courons contempler les beaux yeux des phoques et nous désoler de la mystérieuse angoisse que témoignent dans leur vasque ces bêtes au cœur si doux, les frères des chiens et les nôtres. » Là-dessus, des dames se levèrent et partirent. Comme je disais que dans les renseignements les plus logiques et les plus éloquents il y a moins de force pour nous convaincre que dans les renseignements même fournis par la nature (c'est-à-dire que la nature est meilleurs pédagogue qu'aucun livre), et comme je venais de parler de MM. La visse et de Vogue, elles s'imaginèrent que je manquais à ces messieurs. Crainte frivole !... Quant aux phoques, ce sont des animaux très affectueux, pleins d'attachement pour leurs gardiens...
— Vous m'étonnez beaucoup. Les phoques du Jardin d'Acclimatation n'ont-ils pas, un jour, cassé une jambe à leur gardien ?
— C'est exact. Mais une enquête a établi que ce gardien avait pris l'habitude de vendre le poisson destiné à l'alimentation des phoques. Ceux-ci, exaspérés par la faim, avaient cherché un moyen de signifier à l'homme qu'il, eût à leur restituer leur ration dans son intégralité. Au surplus, on donna raison aux phoques, puisque le gardien fut révoqué. Cette histoire rappelle assez bien celle du
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chien de Montargis... A propos de chien, voulezvous voir le mien? Tenez, regardez dans le jardin. Voyez cet énorme danois. C'est Porthos. Est-il assez gros, hein ? Je ne dirai pas que c'est le plus gros danois de Paris, parce que ce serait comme un cri de propriétaire... Mais, je le pense. J'ai aussi un caniche, le nommé Simon, dont le père, Frimousse, a été célébré par Lemaître dans un « billet du matin ». C'est très glorieux pour Simon à qui je ferai, quelque jour, porter au cou ce billet collé sur parchemin... Ah ! j'ai aussi une tortue, Jenny.
— Elle est grosse?
— Non, petite. Cette tortue, d'ailleurs, meurt fréquemment. On la remplace.
— Et c'est toujours Jenny ?
— Toujours. Jenny a pour métier d'irriter Simon, qui voudrait bien jouer avec elle, mais qui ne le peut, à cause d'une barrière qui les sépare, dans le jardin.
— Ce sont là toutes vos bêtes ?...
— J'ai aussi un perroquet. Il ne m'intéresse pas, et je ne le vois jamais. A en croire madame Barrés, c'est une bête charmante.
— Et, pas de chat ?
— Si, Fatougay.
— Vous n'en dites rien ?
— Je n'aime que les bêtes malheureuses ; or, le chat a l'air satisfait. S'il est satisfait, tout est pour le mieux, et il ne mérite pas mon attention... Qui, les seules bêtes malheureuses m'intéressent. Il y a, chez les hommes, une tendance à tirer d'elles le summum. Ainsi, sous prétexte que ce pauvre âne se résigne fort bien à manger des chardons, on ne lui donne que des chardons à manger. Je ne connais pas le chameau, mais voilà encore une bête que je plains de tout mon cœur : on sait que le chameau est très sobre, et qu'à la rigueur, il peut jeûner quinze jours durant, et on en profite pour ne lui donner de nourriture que tous les quinze jours.
— Oh ! oh ! fis-je, en riant.
— Vous ne me croyez pas ? mettons que j'exagère un peu, mais un peu seulement. Madame Séverine m'expliquait, un jour, qu'il y a, à son sens, cinq catégories de protection à organiser : celles des enfants en bas âge, de la maternité, des gens sans travail, etc., etc. Je lui en proposai une sixième qui serait la protection des bêtes ; ce fut son avis.
— Mais, que faites-vous de la Société protectrice des animaux?
— Bah ! elle n'en rotège guère que deux : le
cheval et le chien. Croyez-moi, les écrits de Fourrier, de Toussenel et du marquis de Chenille font bien plus qu'elle pour la protection des bêtes. En somme, je suis de l'avis de Michelet, quand il pense que c'est une profonde tristesse de voir comme l'homme a fait ses écuries dures et abusives. S'il y avait mis plus de douceur et plus de confortable, il y aurait pu recevoir toute la bestialité.
Le maître d'armes de M. Maurice Barrés entra, tenant un plastron et des fleurets. Je me levai aussitôt et pris congé.
La souffrance des bêtes. — Les deux modes de sympathie de M. Haraucourt pour elles. — Sonnet du Cheval de fiacre. — M. Blanc, coq de salon. — Les bêtes de Sarah Bernhardt. — • M. Caïman au ministère du Commerce.
— Que pensez-vous de l'intrusion des bêtes dans la littérature ?
— A cette question je ne vois guère d'autre solution que celle-ci : c'est que, chacun n'ayant dans la vie littéraire d'autre tâche à remplir que celle d'être sincère, chacun est le seul maître de donner aux êtres qu'il met en. scène le rôle et l'importance que son caractère propre le porte à leur donner.
» Quant à moi, mon instinct me mène à constater, peut-être trop souvent, la perpétuelle inanité
des efforts et la grande misère des résultats-; et je ne vois guère les bêtes qu'à travers ma compréhension de leurs souffrances. C'est une théorie qui n'est point neuve et qui a servi en latin comme en grec, même en arabe... Mais, quoi? on n'invente rien, on éprouve.
» Plus on comprend, plus on souffre. La plus féconde aptitude à souffrir dans la nature serait celle de l'homme, puis celle de la bête ; les plus heureux seraient les plantes et le règne minéral, enfin. — Le Nirvana de l'Inde !...
» Quoi qu'il en soit, et bien que les bêtes n'aient pas toutes les causes de souffrance que nous avons ajoutées à la nature, elles n'ont pas non plus les consolations vagues que nous avons su inventer, et c'est pour elles qu'il faudrait dire, selon le proverbe arabe : mieux vaut être assis que debout, etc..
» A cause de cela je les aime, et je le leur prouve de deux façons. La première, en ne les tuant jamais (je ne chasse point, ce qui ne m'empêche pas de manger du gibier), et je ne me souviens pas d'avoir — même quand j'étais gosse — enfoncé dans le derrière d'une mouche la moindre plume de papier. En revanche, je me souviens d'avoir adressé force injures à celles qui me réveillent, le matin, en me chatouillant les narines : je les
admoneste, et, à la troisième sommation, je les attrape, je me lève, et... je les mets dehors.
» La deuxième façon dont je prouve mon amour aux bêtes, c'est en écrivant pour elles des alexandrins sans nombre, qu'elles ne liront jamais, — ce qui, d'ailleurs, n'a pas encore offensé ma vanité d'artiste ou diminué ma pitié de confrère en souffrance... Lorsque vous aurez une heure à perdre, faites-moi l'honneur d'ouvrir L'Ame nue, et vous y trouverez toute une ménagerie de bêtes à deux ou quatre pattes auxquelles cette fraternité adresse d'innombrables déclarations : Le Crapaud, le Cheval de fiacre, les Faibles, les Bêtes, les Ephémères, la Mort des Rois, etc.; il y en a tant que je ne me les rappelle plus...
Rentré chez moi, je me suis hâté d'ouvrir l'Ame nue (pour la seconde fois, d'ailleurs), et j'y ai vu qu'en effet, M. Haraucourt, poète, possède un cœur des plus pitoyables aux bêtes. On en jugera par la lecture de ce sonnet, que je ne puis me retenir de citer à cette place :