‹ Betes, Hommes Et DieuxChapitre 15 sur 45 · LA RIVIERE DU DIABLE · texte numérisé non relu

LA RIVIERE DU DIABLE

Nous laissions derrière nous la forêt d’Ulan Taiga et les monts Darkhat Ola. Nous avançâmes rapidement car les plaines mongoles commençaient ici et nous n’avions plus d’obstacles montagneux. A certains endroits, il y avait des bouquets de mélèzes. Nous traversâmes quelques torrents très rapides, mais sans profondeur et faciles à passer à gué. Après deux jours de voyage à travers la plaine de Darkhat, nous commençâmes à rencontrer des Soyotes qui conduisaient leurs troupeaux rapidement vers le nord-ouest, dans la région de Orgarkha Oola. Ils nous firent part de nouvelles désagréables.

Les bolcheviks du district de Irkoutsk avaient traversé la frontière de Mongolie, capturé la colonie russe de Khatyl sur la rive méridionale du lac Kosogol, et s’étaient dirigés au sud, vers Muren Kure, colonie russe qui se trouvait auprès d’un grand monastère lamaïste, à quatre-vingt-dix kilomètres au sud du lac. Les Mongols nous disant qu’il n’y avait aucune troupe russe entre Khatyl et Muren Kure, nous décidâmes de passer entre ces deux points pour atteindre Van Kure, plus à

l’est. Nous prîmes congé de notre guide Soyote, et, après avoir envoyé trois éclaireurs en reconnaissance, nous avançâmes. Du haut des montagnes entourant le lac Kosogol, nous admirâmes le splendide spectacle de ce vaste lac alpin, serti comme un Saphir dans le vieil or des collines environnantes, rehaussé de sombres et riches forêts. Le soir, nous approchâmes de Khatyl avec de grandes précautions, et nous nous arrêtâmes sur le bord du fleuve qui coule en descendant du Kosogol, le Yaga ou Egingol. Nous trouvâmes un Mongol qui consentit à nous mener de l’autre côté du fleuve gelé par une route sûre, entre Khatyl et Muren Kure. Partout, le long des rives, se trouvaient de grands obos et de petits autels dédiés aux démons du fleuve.

— Pourquoi y a-t-il tant d’obos ? demandâmes-nous au Mongol.

— C’est la rivière du Diable, dangereuse et rusée, répliqua le Mongol. Il y a deux jours, un train de charrettes fit craquer la glace et trois d’entre elles furent englouties avec cinq soldats.

Nous commençâmes à traverser. La surface de la rivière ressemblait à une épaisse couche de verre, claire et sans neige. Nos chevaux avançaient avec précaution, mais quelques-uns tombèrent et se débattirent avant de se remettre debout. Nous les menions par la bride. Tête baissée, tremblant de tout leur corps, ils tenaient leurs yeux apeurés sans cesse fixés sur la glace. Je regardai et compris leur frayeur. A travers la couche de glace transparente, épaisse de trente centimètres environ, on pouvait voir très clairement le fond de la rivière. Sous la lumière de la lune, les pierres, les trous et les herbes aquatiques étaient visibles, même à cette profondeur qui atteignait dix mètres et plus. Le Yaga roulait ses flots furieux sous la glace à une vitesse terrifiante, marquant son cours de longues lignes d’écume et de bouillonnements. Soudain je sautai et m’arrêtai comme fixé sur place. Sur la surface de la rivière éclata un coup de canon suivi d’un second, puis d’un troisième.

— Plus vite, plus vite ! s’écria le Mongol nous faisant signe

de la main.

Un nouveau coup de canon suivi d’un craquement retentit tout près de nous. Les chevaux se cabrèrent et tombèrent, plusieurs se cognant la tête contre la glace. Une seconde après la glace s’ouvrit en un trou large de deux pieds, si bien que je pouvais suivre la fêlure le long de la surface. Aussitôt, par l’ouverture, l’eau jaillit sur la glace avec violence.

— Dépêchons-nous, dépêchons-nous! s’écria le guide.

Nous eûmes beaucoup de peine à faire sauter cette fente à nos chevaux et à continuer plus loin. Ils tremblaient, n’obéissaient plus, et seul le fouet leur faisait oublier leur terreur et les forçait à avancer.

Quand nous fûmes sains et saufs sur l’autre rive, et au milieu des bois, notre guide mongol nous raconta comment la rivière s’ouvre parfois de cette façon mystérieuse et laisse de grands espaces d’eau claire. Les hommes et les animaux qui se trouvent alors sur la rivière sont condamnés à périr. Le courant froid et rapide les entraîne sous la glace. Le craquement se produit quelquefois sous le cheval même ; celui-ci, essayant alors de sauter de l’autre côté, tombe dans l’eau, et les mâchoires de glace, se refermant brusquement, lui coupent net les deux jambes.

La vallée du Kosogol est un cratère de volcan éteint. On peu en suivre les contours du haut de la rive occidentale. Cependant la puissance infernale agit toujours, et proclamant la gloire du démon, force les Mongols à bâtir des obos et à offrir des sacrifices sur ses autels. Nous passâmes toute la nuit et toute la journée du lendemain à fuir vers l’est pour éviter une rencontre avec les Russes, et chercher de bons pâturages pour nos chevaux. Vers neuf heures du soir nous vîmes briller un feu à quelque distance. Mon ami et moi, nous nous y portâmes, pensant que c’était certainement une yourta mongole près de laquelle nous pourrions camper en sécurité. Nous fîmes près de deux kilomètres avant de distinguer le gourpe de yourtas. Mais personne ne vint à notre rencontre, et, chose plus étonnante encore, nous ne fûmes pas entourés par les chiens mongols, noirs, féroces, aux yeux de feu. Pourtant

nous avions vu le feu de loin, il devait donc y avoir quelqu'un. Nous mîmes pied à terre et nous approchâmes. De la yourta sortirent précipitamment deux soldats rouges, l’un d’eux fit feu sur moi mais me manqua, blessant seulement mon cheval au dos à travers la selle. J’abattis le rouge d’un coup de pistolet, et l’autre fut tué d’un coup de crosse par mon compagnon. Nous examinâmes les corps : dans les poches nous trouvâmes des papiers militaires du second escadron de défense intérieure communiste. Nous passâmes la nuit à cet endroit. Les propriétaires des yourtas s'étaient enfuis évidemment, car les soldats rouges avaient rassemblés et mis dans des sacs tout ce qui appartenait aux Mongols. Ils se préparaient probablement à partir, car ils étaient tout équipés. Nous y gagnâmes deux chevaux que nous trouvâmes dans les fourrés, deux fusils, deux pistolets automatiques et des cartouches. Dans les sacoches, nous trouvâmes des approvisionnements précieux : du thé, du tabac, des allumettes et des cartouches.

Deux jours plus tard nous approchions de la rive de l’Uri, quand nous rencontrâmes deux soldats russes, des cosaques d’un certain Aftaman Soutounine qui faisait campagne contre les bolcheviks, dans la vallée de la Selenga. Ils portaient un message de Soutounine à Kaïgorodoff, chef des antibolcheviks de la région de l’Altaï. Ils nous apprirent que les troupes rouges étaient disséminées tout le long de la frontière russomongole, que les agitateurs communistes avaient pénétré jusqu’à Kiakhta, Oulankhim et Kobdo et avaient persuadé les autorités chinoises de livrer aux autorités soviétiques tous les réfugiés de Russie. Nous sûmes que dans le voisinage d’Ourga et de Van Kure, des engagements avaient lieu entre les troupes chinoises et les détachements du général russe antibolchevik, le baron Ungern Sternberg et du colonel Kazagrandi qui se battaient pour l’indépendance de la Mongolie extérieure. Le baron Ungern avant été deux fois battu, si bien que les Chinois avaient établi une espèce d'état de siège à Ourga, soupçonnant tous les étrangers d’avoir des relations avec le général russe.

Nous vîmes que la situation était totalement changée. La route vers le Pacifique nous était fermée. Après avoir très attentivement réfléchi à ce problème, je décidai qu’il ne nous restait plus qu’une seule possibilité d'évasion. Il nous fallait éviter les cités mongoles dont l’administration était chinoise, traverser la Mongolie du nord au sud, franchir le désert au sud de la principauté de Jassaktu Khan, pénétrer dans le Gobi à l’ouest de la Mongolie intérieure, passer aussi rapidement que possible les quatre-vingt-dix kilomètres de territoire chinois de la province de Kansu et atteindre le Tibet. Là, j’espérais découvrir un des consuls anglais et avec son aide, parvenir à quelque port anglais dans l’Inde. Je me rendais très bien compte de toutes les difficultés qu’entraînait une telle entreprise mais je n’avais pas le choix. Il ne restait plus qu’à tenter cette dernière chance, périr sous les balles des bolcheviks ou à languir dans un cachot chinois. Quand je fis part de mon projet à mes compagnons, sans leur cacher en aucune façon tous les dangers de cette folle entreprise, tous me répondirent aussitôt : “Conduisez ! Nous vous suivrons !”

Une circonstance était nettement en notre faveur. Nous ne craignions pas la faim, car nous avions du thé, du tabac, des allumettes, des chevaux, des selles, des fusils, des manteaux et des bottes que nous pouvions facilement faire servir de monnaie d'échange. Nous commençâmes donc à établir l’itinéraire de la nouvelle expédition. Nous partirions vers le sud, laissant à notre droite la ville d’Ouliassoutai et nous dirigeant vers Zaganlouk, puis nous traverserions les terres arides du district de Balir, dans la région de Jassaktu Khan, le Naron Khoulou Gobi et irions vers les montagnes de Boro. Là, nous pourrions faire une longue halte pour nous remettre de nos fatigues et reposer nos chevaux. La seconde partie de notre voyage serait à travers la partie occidentale de la Mongolie intérieure, par le petit Gobi, les territoires des Torguts, les monts Khara, Kansou, où il nous faudrait choisir une route à l’ouest de Soutchéou. De là, nous pénétrerions dans le domaine de Koulou-Nor puis vers le sud jusqu'aux sources du Yangtsé. Au delà de ce point,

mes notions devenaient vagues, mais cependant je pus vérifier, grâce à une carte d’Asie appartenant à un des officiers, que les chaînes de montagnes à l’ouest des sources du Yangtsé séparaient le bassin de ce fleuve de celui du Brahmapoutra, dans le Tibet proprement dit, où j’espérais trouver l’aide des Anglais.

cu LA MARCHE DES FANTOMES

a ds fut notre voyage de l’Ero à la frontière du Tibet. Environ dix-huit cents kilomètres de steppes recouvertes de neige, de montagnes et de déserts, que nous franchîmes en quarantehuit jours. Nous nous cachions des habitants, nous faisions de courtes haltes dans les endroits les plus désolés, notre seule nourriture, pendant des semaines entières, consistait seulement en viande crue, glacée, afin d’éviter d’attirer l’attention en allumant des feux. Toutes les fois que nous avions besoin d’acheter un mouton ou un bœuf pour notre service du ravitaillement, nous n’envoyions que deux hommes sans arme qui se faisaient passer auprès des indigènes pour des ouvriers employés chez des colons russes. Nous craignions même de chasser, bien que nous eussions rencontré un grand troupeau d’antilopes d’au moins cinq mille têtes. Derrière Balir, sur les terres du lama Jasaktu Kahn qui avait hérité du trône après avoir empoissonné son frère à Ourga, sur l’ordre du Bouddha vivant, nous rencontrâmes des Tartares russes nomades qui avaient amené leurs troupeaux de l’Altai et de l’Abakan. Ils nous accueillirent avec beaucoup de cordialités, nous donnèrent des

bœufs et trente-six paquets de thé. Ils nous sauvèrent aussi d’une mort inévitable en nous avertissant qu’à cette saison il était absolument impossible aux chevaux de traverser le désert de Gobi où il n’y avait aucun pâturage. Nous dûmes acheter des chameaux en échangeant nos chevaux et une partie de nos provisions. Un des Tartares, le lendemain, amena à leur camp un riche Mongol avec qui il conclut l’affaire. Il nous donna dix-neuf chameaux et prit en échange tous nos chevaux, un fusil, un pistolet et la meilleure selle cosaque. Il nous recommanda vivement de visiter le monastère sacré de Narabanchi, le dernier monastère lamaïste sur la route de Mongolie au Tibet. Il nous dit que nous offenserions le saint Houtouktou, le Bouddha Incarné, si nous ne visitions pas son fameux sanctuaire des Bénédictions, où tous les voyageurs allant au Tibet offraient toujours des prières. Notre Kalmouck lamaïste se joignit aux instances du Mongol. Les Tartares me donnèrent des grands hatyks de soie pour les déposer comme présents et nous prétèrent quatre magnifiques chevaux. Bien que le monastère fût à quatre-vingt-dix kilomètres, à neuf heures du soir j’entrai dans la yourta du saint Houtouktou.

C'était un homme d’âge moyen, tout rasé, petit et maigre, du nom de Jelyo Djamarap Houtouktou. Il nous reçut très cordialement et se montra très satisfait de recevoir les hatyks que j'offrais, ainsi que de voir que je n’ignorais rien de l’étiquette mongole. Mon Tartare, en effet, avait mis beaucoup de temps et de patience à me l’enseigner. Le Houtouktou m'’écouta très attentivement, me donna des conseils précieux pour le voyage et m’offrit un anneau qui, depuis, m’a ouvert les portes de tous les monastères lamaïstes. Le nom de ce Houtouktou est hautement estimé, non seulement dans toute la Mongolie, mais dans le Tibet et dans le monde lamaïste de la Chine. Nous passâmes la nuit dans sa splendide yourta et le lendemain matin nous visitâmes les sanctuaires où se tenaient des services solennels accompagnés de musique de gongs, de tam-tams et de sifflets. Les lamas aux voix graves entonnaient les prières tandis que les ordres mineurs répondaient aux antiennes. La phrase

sacrée : “Om ! Mani padme Hung !” revenait sans cesse aux répons.

Le Houtouktou nous souhaita bon voyage, nous offrit un grand hatyk jaune et nous accompagna jusqu’à la grille du monastère. Quand nous fâmes en selle, il nous dit :

— Rappelez-vous que vous serez toujours les bienvenus ici. La vie est compliquée et tout peut arriver. Peut-être serez-vous obligés plus tard de revenir dans notre coin de Mongolie ; ne manquez pas de passer par Narabanchi Kure.

Cette nuit-là, nous rejoignîmes les Tartares et le lendemain nous continuâmes notre voyage. Comme j'étais très fatigué, le mouvement lent et souple du chameau me berça et me reposa. Toute la journée, je somnolai, m’endormant parfois tout à fait. Ce fut désastreux car, mon chameau remontant le bord escarpé d’une rivière pendant un de mes sommes, je tomba, me heurtai la tête contre une pierre, perdis connaissance, et trouvai, reprenant mes sens, mon manteau couvert de sang. Mes amis m'entouraient, et la crainte se lisait sur leurs visages. On me banda la tête et nous repartîmes. Je n’appris que longtemps après, par un docteur qui m’examina, que je m'étais fendu le crâne pour avoir fait ainsi la sieste.

Nous franchîmes les chaînes orientales de l’Altaï et du Karlig Tag, sentinelles extrêmes que la chaîne des Tian Chan pousse à l’est vers le Gobi ; puis nous traversâmes du nord au sud toute la largeur du Khouhou Gobi. Il faisait un froid intense et heureusement les sables gelés nous permettaient d’avancer plus rapidement. Avant de traverser les monts Khara, nous échangeâmes nos montures au bercement endormeur pour des chevaux, et dans cette transaction les Torguts nous volèrent honteusement, en bons “chands d’abits” qu’ils sont.

Contournant les montagnes, nous arrivâmes dans le Kansou. C’était une manœuvre dangereuse, car les Chinois arrêtaient tous les réfugiés, et j’avais peur pour mes compagnons russes. Nous nous cachions pendant le jour dans les ravins, les forêts et les buissons, faisant des marches forcées pendant la nuit. Il nous fallut quatre jours pour traverser le Kansou. Les quelques

paysans chinois que nous rencontrâmes étaient d'apparence pacifique et très hospitaliers. Ils marquaient surtout de l’intérêt au Kalmouk, parce qu’il parlait un peu le chinois, et à ma trousse médicale. Partout nous trouvâmes beaucoup de maladies de peau.

Comme nous approchions des Nan Chan, montagnes au nord-est de la chaîne des Altyn Tag (les monts Altyn Tag étant eux-mêmes la branche orientale du système montagneux du Pamir et du Kharakhoroum), nous rattrapâmes une importante caravane de marchands chinois allant au Tibet et nous nous Joignîmes à eux. Pendant trois jours nous suivîmes les sinuosités sans fin des ravins de ces montagnes ou en franchîmes les cols. Nous remarquâmes que les Chinois savaient franchir les meilleures pistes dans ces endroits difficiles. Je fis tout ce trajet dans un état à demi conscient. Nous nous dirigions vers un groupe de lacs marécageux qui alimentent le Koukou-Nor et tout un réseau de grandes rivières. La fatigue, la tension nerveuse continuelle, et le coup que j'avais reçu sur la tête, avaient provoqué chez moi des attaques de fièvre et des frissons : tantôt j'étais brûlant, tantôt je claquais des dents à tel point que mon cheval effrayé me désarçonna plusieurs fois. Je délirais, je poussais des cris ou je pleurais. J’appelais les miens, je leur expliquais comment ils devaient faire pour venir à moi. Je me rappelle, comme dans un rêve, que mes compagnons m'enlevèrent de ma selle, me posèrent sur le sol, me donnèrent à boire de l’eau-de-vie chinoise, et me dirent, quand j’eus un peu repris mes sens :

— Les marchands chinois vont vers l’ouest, et nous autres nous devons aller au sud.

— Non, au nord ! répondis-je d’un ton sec.

— Mais non, au sud ! répliquèrent mes compagnons.

— Par Dieu et le diable ! m'’écriai-je furieux, nous venons de traverser le petit Iénisséi et l’Algyak est au nord !

— Nous sommes au Tibet, protestèrent mes compagnons. II faut que nous atteignions le Brahmapoutra.

— Brahmapoutra !.. Brahmapoutra !.…

Ce mot tournait et retournait dans mon cerveau en feu, y faisant un bruit et un bouleversement terribles. Soudain je me souvins de tout et j’ouvris les yeux. Je remuai à peine les lèvres et bientôt je perdis connaissance. Mes compagnons me transportèrent au monastère de Charkhe où le docteur lama me fit revenir à moi rapidement, avec une solution de fatil ou ginseng chinois. En causant avec nous de nos projets, il exprima des doutes sur la possibilité de franchir le Tibet, mais il ne voulut pas m'expliquer ses raisons.

Sie

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