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UNE PAGE DE L’HISTOIRE DU BOUDDHA

: 26 Bogdo Khan régnant actuellement sur la Mongolie extérieure est tibétain. Il appartient à une pauvre famille qui vivait dans les environs de Sakkia Kure, dans l’ouest du Tibet. Dès sa plus tendre enfance il eut une nature orageuse et inesthétique. Il était enflammé de l’idée de l’indépendance mongole et brûlait de rendre glorieux l’héritage de Gengis Khan. Ceci lui donna tout de suite une grande influence parmi les lamas, les princes et les khans de Mongolie, ainsi qu’auprès du gouvernement russe qui chercha toujours à l’attirer de son côté. Il ne craignit pas de se dresser contre la dynastie mandchoue de Chine et obtint toujours l’assistance de la Russie, du Tibet, des Buriats et des Kirghiz, qui lui fournirent de l’argent, des armes, des soldats et l’aide de leurs diplomates. Les empereurs de Chine évitèrent d’entrer en guerre ouverte avec le Dieu vivant, de peur de provoquer des protestations des bouddhistes chinois. À un certain moment, ils envoyèrent au Bogdo Khan un habile médecin empoisonneur. Le Bouddha

vivant, cependant, comprit immédiatement la nature de ces attentions médicales, et, connaissant le pouvoir des poisons de l'Asie, décida de faire un voyage pour visiter les monastères mongols et tibétains. Il laissa, pour le remplacer, un Hubilgan qui devint l’ami du docteur chinois et lui demanda le but de sa visite. Bientôt le Chinois mourut, pour une cause inconnue, et le Bouddha vivant revint dans sa capitale.

Un autre danger menaça le Dieu vivant. Ce fut quand Lhassa décida que le Bogdo Khan avait une politique trop indépendante au Tibet. Le Dalaï Lama commença à négocier avec plusieurs khans et princes, le Sain Noyon Khan et Jassaktu Khan, prenant la tête du mouvement, et les persuada d’accélérer l’émigration du Bouddha dans une autre forme humaine. Ils arrivèrent à Ourga où le Bogdo Khan les accueillit avec les plus grandes marques de joie et d’estime. On leur prépara un grand festin et les conspirateurs étaient déjà prêts à exécuter les ordres du Dalaï Lama. Cependant, à la fin du banquet, ils éprouvèrent certains malaises dont ils moururent au cours de la nuit. Le Bouddha vivant renvoya leurs corps à leurs familles avec tous les honneurs dus à leur rang.

Le Bodgo Khan connaît toutes les pensées, toutes les actions des princes et des Khans, la plus insignifiante conspiration ourdie contre lui-même, et le coupable est d’habitude aimablement invité à venir à Ourga d’où il ne repart pas vivant.

Le gouvernement chinois décida d’en finir avec la lignée des Bouddhas vivants. Cessant la lutte contre le pontife d’Ourga, il imagina l'intrigue suivante pour arriver à ses fins.

Pékin invita le pandita gheghen de Dolo-Nor ainsi que le chef des lamaïstes chinois, le houtouktou d’Utaï, ces deux personnages ne reconnaissant pas la suprématie du Bouddha vivant, à venir dans la capitale. Ils décidèrent, après avoir consulté les livres bouddhiques, que le Bogdo Khan actuel devait être le dernier Bouddha vivant, la partie de l’esprit du Bouddha qui demeure chez les Bogdo Khans ne pouvant s’arrêter que trente et une fois dans le corps humain. Bogdo Khan est le trente et unième Bouddha incarné depuis l’époque

d'Undur Gheghen et avec lui, par conséquent, se termine la dynastie des pontifes d’Ourga. Cependant, en apprenant ceci, le Bogdo Khan lui-même fit quelques recherches et découvrit dans les vieux manuscrits tibétains qu’un des pontifes tibétains était marié et que son fils fut un Bouddha incarné. Voilà pourquoi le Bogdo se maria et a mâintenant un fils, jeune homme énergique et capable, de sorte que le trône religieux de Gengis Khan ne restera pas vacant. La dynastie des empereurs chinois a disparu de la scène des événements politiques, mais le Bouddha vivant continue à être le centre de l’idée panasiatique.

Le nouveau gouvernement chinois de 1920 mit en état d'arrestation le Bouddha vivant dans son propre palais, mais au commencement de 1921 le baron Ungern traversa le Bogdo OI sacré et S’approcha du palais par-derrière. Des cavaliers tibétains tuèrent les sentinelles chinoises à coups de flèches, les Mongols pénétrèrent dans le palais, enlevèrent leur dieu qui, immédiatement, souleva la Mongolie et réveilla les espérances des peuples et des tribus de l’Asie.

Dans le grand palais du Bogdo, un lama m'a montré une cassette spéciale, recouverte d’un tapis précieux, où sont gardés les bulles du Dalaï Lama et du Tashi Lama, les décrets des empereurs russes et chinois et les traités entre la Mongolie, la Russie, la Chine et le Tibet. Dans cette même cassette se trouve la plaque de cuivre portant le signe mystérieux du Roi du Monde et le récit de la dernière vision du Bouddha vivant.

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