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BEX, LE VILLAGE

Bex est à une petite lieue de Saint-Maurice, à quatre cle Martigny et à dix de Sion; à deux lieues d'Aigle , quatre cle Villeneuve , six de Vevey, dix de Lausanne. Il est à 435 mètres au-dessus cle la mer, à 60 mètres au-dessus du niveau du

lac Léman, dont il est séparé par quatre lieues cle plaine, en pente insensible , et à 26 mètres au-dessus du lit du Rhône, pris en face, au point le plus rapproché, au bac cle Massongex.

Un torrent qui descend des plus hauts sommets des Alpes vaudoises, l'Avançon, traverse le village, situé au point même où le torrent se dégage des derniers contreforts de la montagne et se fait jour vers la plaine du Rhône.

Dans sa partie supérieure, le village est resserré et s'allonge au bord de l'Avançon; plus bas l'espace s'ouvre et le village se développe à droite et à gauche, au pied des coteaux qui dominent immédiatement la plaine.

Le principal groupe de maisons est sur la rive droite, à quelque distance de l'Avançon. C'est là qu'on trouve l'église, la maison d'école, la maison communale, les magasins les mieux achalandés et les maisons les plus modernes. De ce côté , Bex grandit rapidement , à cause du voisinage de la gare. Les constructions élégantes s'y sont multipliées depuis quelques années.

Les autres groupes sont plus rustiques. Quelques-uns ont des noms particuliers: l'Allex, à sept ou huit minutes de l'église, de l'autre côté de l'Avançon; Léchaud, qui, avec le Glarey, comprend la partie supérieure du village. Plusieurs ponts mettent en communication ces différents groupes semés sur les deux rives.

Bex n'a pas d'édifices, mais beaucoup de maisons bien bâties et qui dénotent l'aisance. Il y a clans les environs cle charmantes villas. Dans le village même, on remarque la Place, et plus bas la rue qui tend à la gare, avec l'église d'un côté

et, de l'autre , les hôtels de l'Union et des Bains. C'est la partie la plus animée de Bex. On dirait une petite ville de campagne, propre et gaie. Plus haut, au Glarey, au milieu de maisons rustiques , se trouve le Château, ancienne construction, entourée de beaux jardins, qui est actuellement la propriété de M. Grenier. Sous la maison communale, qui n'a rien de remarquable d'ailleurs , il y a une halle , dont les arcades longent la rue. L'église est spacieuse, d'un style simple. Le clocher en est assez élevé pour annoncer de loin le village au milieu des noyers. Il porte à l'entrée , sur le fronton, la date de 1501; c'est le seul reste de l'ancienne église, détruite par un incendie et rebâtie en 1813.

Les environs immédiats offrent partout de beaux ombrages, noyers , châtaigniers , qui enserrent le village et lui prêtent un charme particulier de grâce et de fraîcheur. Gà et là des jardins verdoyants séparent les maisons. Le groupe principal s'abrite en partie sous un rocher perpendiculaire, dont la paroi soutient les premières esplanades de la colline du Montet. Des chênes, aux rameaux noueux et tordus, s'avancent sur le bord du rocher et le surplombent. Il y a environ quarante ans qu'un enfant voulut les imiter. Il tomba, mais si heureusement qu'il en fut quitte pour quelques meurtrissures, malgré une chute de plus de 30 mètres. On le releva entre quatre ceps de vigne, aux échalas pointus et menaçants. Cet enfant , fils d'un ancien et respectable instituteur, bien connu à Bex, dirige aujourd'hui la principale école normale protestante de France, à Courbevoie, près Paris.

De Bex au Rhône s'étend une plaine dont la largeur est

d'environ une demi-lieue, et dont le sol, formé par les alluvions du fleuve et de deux de ses affluents, l'Avançon et la Grionne, est d'une remarquable fertilité. Aux champs de pommes de terre succèdent les prairies artificielles , les potagers , les champs de blé ou d'autres céréales. En amont du village , s'élèvent des collines , dont les versants les mieux exposés sont cultivés en vigne, tandis que les pentes qui regardent le nord ou l'occident sont en vergers ou en forêts. La richesse naturelle du sol a déterminé la vocation de la plupart des habitants de Bex. Ils sont campagnards et vivent du produit de leurs terres. Cependant l'industrie n'est pas absolument étrangère à Bex; elle tend à s'y développer de plus en plus. Outre les mines et salines, qui méritent un article à part, Bex possède de grands établissements de meunerie, une fabrique de pâtes d'Italie, des scieries de bois et de marbre, une papeterie, etc.

Un chemin de fer qui, d'un côté, se dirige sur le Valais, de l'autre, sur Aigle, Villeneuve, Vevey et Lausanne, où il se relie avec toutes les grandes lignes suisses, passe dans la plaine, à douze minutes du village. La route qui conduit à la gare, naguère bien soleillée, deviendra une belle avenue ombragée. Il y a un buffet à la gare , et, en face, un restaurant.

Grâce aux progrès de l'agriculture et de l'industrie , ainsi qu'à la facilité toujours plus grande des voies de communication et à la renommée croissante de ses environs, la population de Bex augmente assez rapidement. En 1803 le cercle de Bex comptait 2298 habitants. Le récensement de 1860 en

accusait 3552; celui de 1870, 4628. La commune compte 3864 habitants , et le village 2640. Dans la bonne saison, la population est sensiblement plus forte , à cause des étrangers en séjour.

La contrée de Bex doit avoir été habitée dans des temps très reculés; on y a trouvé des antiquités appartenant à l'âge du bronze, fers de lance, poignards, colliers. On rapporte à Bex la mention que fait l'évêque Marius, clans sa chronique (574), d'un lieu nommé Baccis, près duquel les Francs livrèrent bataille aux Lombards et les défirent. Ce mot Baccis ou Baccus signifie, dans la basse latinité, un bac, et M. le baron de Gingins voudrait le rapporter plutôt au lieu où l'on passe le Rhône , en face de Bex, à Massongex. Les premiers documents positifs qui affirment l'existence de Bex sont du douzième siècle ; le plus ancien est de 1138.

« La seigneurie de Bex, dit l'auteur du Dictionnaire historique et géographique du canton de Vaud, M. Martignier, a été partagée en plusieurs coseigneuriages dans tout le cours du moyen âge. La plus ancienne seigneurie est probablement celle qui dérivait de l'église de St. Clément, patron du lieu, et relevait du siège épiscopal de Sion. — Les nobles de Bex ont été investis les premiers des droits de l'évêque ; ils figurent comme garants du traité conclu en 1179 entre l'évêque de Sion et le comte de Savoie, Humbert III. Ex parte comitisjuraverunt barones isti : Giroldus de Baz, Warnerus de Baz. — Girold de Bex, qui vivait au milieu du XIIe siècle, ayant réuni en sa main une partie des fiefs de Bex , qui étaient mouvants de différents seigneurs, fi,t bâtir le château de Bex, dont on voit

encore les ruines sur la colline de Chiètres, et fonda, auprès de l'église de Saint-Clément, le bourg deBex (burgum novum). Dès lors, Girold prit le titre de seigneur de Bex; il paraît avec cette qualification dans un acte cle 1177. Il relevait à la fois des évêques de Sion et des comtes cle Savoie. »

La fille de Girold de Bex ayant épousé Aymon delà Tour, d'une famille déjà puissante dans le Valais et dans le Chablais vaudois, la seigneurie cle Bex passa dans les mains des de la Tour. Plus tard, dès la fin du XIIIe et le commencement du XIVe siècle , on la trouve partagée entre les de Blonay , l'une des plus anciennes et des plus illustres maisons du Pays de Vaud , et les de Greysier , d'une famille du Genevois , de la maison du Faucigny. Les Tavelli en possédaient aussi une part.

En 1386, la part des cle Greysier passa entre les mains des cle Blonay. Bertholet de Greysier , le dernier du nom parmi les coseigneurs cle Bex, eut une vie assez orageuse et finit mal. En 1338 , il avait tué par le glaive Perronet, dit Court , de Lugrin, habitant de Bex. Fugitif et dépouillé de tous ses biens , il servit durant six années la maison de Savoie clans ses guerres contre le Valais et y perdit un fils. Enfin le comte Améclée VI lui accorda absolution entière pour son crime, qu'il expia en fondant et dotant un autel à Lugrin. Il fut réintégré dans tous ses biens et dignités. Mais sa vieillesse n'en fut guère plus heureuse. Endetté et incapable de satisfaire ses créanciers, il dut céder à Jean de Blonay tous ses biens, fiefs et seigneuries. Ce fut ainsi que les deux tiers de la seigneurie de Bex passèrent dans la famille

de Blonay. qui les conserva jusqu'en 1431. A cette date, mourut un autre Jean de Blonay. lequel ne laissa que des filles. La cadette, Marguerite, fut mariée à Antoine de Duin. fils de Jean de Duin, seigneur du château supérieur de Gonflans. C'est par elle que la seigneurie du château de Bex passa dans la maison de Duin. Bientôt le château de Bex prit le nom de ses nouveaux maîtres. Pierre de Duin en était le seigneur, lorsque se passa un événement qui laissa dans la contrée un souvenir de terreur. Bex fut envahi un dimanche matin (11 oct. 1464) par une bande d'environ 500 hommes , parlant allemand et venant de Frutigen . du Simmenthal et de la Gruyère. Ils avaient pris les sentiers de la montagne, et, débouchant par la vallée de l'Avançon. ils entrèrent dans le village au moment où tout le monde était à la messe. Ils étaient commandés par un ancien avoyer de Berne, le chevalier Nicolas de Scharnachthal. Ils pénétrèrent jusques dans l'église avant que l'alarme eût été donnée, et y firent grand scandale. Ils s'y bornèrent cependant à des menaces, l'un d'eux faisant le moulinet avec sa lance (vibrabat lanceam circum circa). Ils n'en voulaient pas à la population du village, mais seulement à un riche particulier, nommé Rodolphe Asperlin, qui devait à la république de Berne 6000 florins du Rhin. Ils cernèrent la maison d' Asperlin, la fouillèrent et n'y trouvèrent pas celui qu'ils cherchaient, non plus qu'à l'église. Rod. Asperlin venait, très à propos, de partir pour l'abbaye de Saint-Maurice. Furieux de voir leur entreprise manquée, ils livrèrent sa maison au pillage, sans oublier la cave, remplie des meilleurs vins du Valais. Ils buvaient avec des

écuelles, comme si c'était de l'eau, et faisaient un terrible vacarme, disent les témoins oculaires (elevaverunt sonum eorum et valde clamabant).

Pierre de Duin fit aussitôt convoquer toutes les milices de la contrée environnante, et se rendit de sa personne auprès du chef de la bande.

— Savez-vous la langue romande ? lui dit-il.

— Oui.

— Etes- vous noble?

— Je suis noble et chevalier.

— Dans quelles intentions avez-vous fait irruption sur les terres de S: A. le duc de Savoie?

— Je suis venu d'après les ordres de Messeigneurs de Berne et avec l'autorisation du duc votre maitre, pour m'emparer de la personne de Rodolphe Asperlin et le détenir comme otage, jusqu'au payement de la somme de 6000 florins du Rhin dus à Messeigneurs de Berne, et pour le paiement desquels nous n'avons pu obtenir raison ni auprès de l'évêque de Sion, ni auprès de Rodolphe Asperlin.

Pierre de Duin, entendant affirmer que le duc de Savoie avait autorisé cette brusque invasion, n'osa pas donner suite à la convocation de ses vassaux. Il offrit au chevalier de Scharnachtal de l'aboucher avec Rod. Asperlin et de lui donner douze otages , pris parmi ses gens ; mais le chevalier ne voulut rien entendre, et le pillage continua. Bientôt la bande avinée se livra à des excès de toute nature; plusieurs particuliers inoffensifs furent gravement maltraités, et peu s'en fallut que le seigneur de Duin lui-même ne payât de sa vie les efforts

qu'il faisait pour arrêter le désordre et protéger ses vassaux.

Enfin les assaillants chargèrent leur butin, évalué à 20000 florins du Rhin, sur les chars qu'ils trouvèrent clans le village, et prirent la route d'Ollon , emmenant avec eux le chanoine Asperlin , fils cle Rodolphe , qu'ils avaient fait prisonnier , à défaut du père.

La bande bivouaqua à Ollon, sur la place du village, autour de grands feux. Bientôt ils eurent regret au bon vin qu'ils avaient laissé dans la cave de Rod. Asperlin, et ils décidèrent de le faire chercher. Les particuliers d'Ollon mettant peu d'empressement à leur fournir les chars et les chevaux nécessaires, ils les rendirent plus dociles à coups de fourchon. Il n'y a guère qu'une heure d'Ollon à Bex. Les chars furent bientôt de retour , et toute la nuit ne fut qu'une orgie , dont les contemporains nous ont conservé de pittoresques descriptions (bibebant immoderate et turpiter sic quod evomebant per carrieras). Le lendemain, ils se retirèrent par la vallée des Ormonts avec leur prisonnier et le butin. Le chanoine Asperlin ne fut remis en liberté que l'année suivante. (Voir sur cet événement et, en général, sur l'histoire de Bex au moyen âge, le Dictionnaire ci-dessus mentionné de MM. Martignier et de Crousaz.)

Cette visite des Bernois en annonçait d'autres. Pendant les guerres de Bourgogne, le Ghablais vaudois, quoique éloigné des lieux où devaient se livrer les batailles décisives, Grandson et Morat, eut particulièrement à souffrir. La duchesse Yolande de Savoie, alliée du duc de Bourgogne, lui envoyait sans cesse des renforts, qui passaient les Alpes par le Saint-Ber-

nard. Berne et le Haut- Valais, son allié, jugèrent nécessaire de fermer le passage. De là une série de campagnes qui tournèrent finalement à l'avantage de Berne, mais non sans des luttes sanglantes. Ces guerres de Bourgogne furent terribles; ce n'étaient que pillages, incendies, massacres, violences de toute nature. Partout où ils rencontraient une résistance sérieuse, les Bernois ne faisaient point de quartier. La frayeur des Allemands fut telle, dans ce qu'on appelle aujourd'hui le district d'Aigle, que la plupart des habitants se réfugièrent dans les montagnes et y passèrent des années. Les châteaux d'Aigrement, dans la vallée des Ormonts, de Saint-Triphon, près d'Aigle, et de Duin, ou de Bex, furent détruits pendant ces guerres. Il est à remarquer toutefois que la tradition populaire attribue la ruine de ces châteaux non aux Bernois, mais aux paysans. La tradition est surtout précise pour celui d'Aigremont. Si elle est exacte, comme le croit M. Juste Olivier (voir son Canton de Vand, 11,704 et sq.), les paysans auraient profité de l'occasion pour se venger et, si possible, s'affranchir. Quoi qu'il en soit, le 12 août 1476, six semaines après la bataille de Morat, fut signé le traité de Fribourg, qui donna à Berne et Fribourg les quatre mandements d'Aigle, Ollon, Bex et les Ormonts.

Berne seule jouit d'une autorité réelle sur cette partie du Pays de Vaud, qui, à la suite d'un arrangement entre les deux villes (1484) , lui appartint exclusivement, Elle en profita pour y introduire la réformation aussitôt qu'elle l'eut adoptée pour elle-même, en 1528. Il y eut bien quelque opposition. A Aigle, où prêchait Farel, la population se précipita

dans l'église, la première fois qu'il voulut en occuper la chaire, et la voix du réformateur fut couverte par les vociférations de la foule et de longs roulements de tambour. A Ollon, même tumulte. Les femmes allèrent le saisir dans la chaire, et le poursuivirent jusque hors du village à coups de pierres et de pots de terre. Aux Ormonts, la population déclara que « plutôt que de renoncer à la foi de ses pères, elle choisirait un nouveau souverain. » A Bex, les commencements de Simon Robert, compatriote de Farel , accouru de France à sa voix, ne furent guère plus faciles. Mais Berne avait la main ferme. Elle envoya pour soutenir les pasteurs un homme de guerre, Rodolphe Naegueli, qui punit sévèrement les fauteurs des troubles, destitua les magistrats communaux qui y avaient pris part, bannit les curés et les vicaires, proclama la déchéance de tous les prêtres de l'église romaine, et s'empara de tous les biens de cure, qui durent servir soit à l'entretien du nouveau culte, soit à l'assistance des pauvres et à l'instruction des enfants. Les mesures énergiques de Naegueli produisirent leur effet. Bex donna l'exemple de la soumission, et fut ainsi l'une des premières paroisses du Pays de Vaud où la réformation se trouva régulièrement établie .

Dès lors, l'histoire de Bex se confond avec celle du Pays de Vaud. Il dépendit d'un gouverneur bernois résidant à Aigle, et dont le gouvernement comprenait Ollon, Bex, Aigle et les Ormonts. Il ne parait pas que cette contrée ait eu moins à souffrir que les autres des agents du gouvernement bernois. Lorsque, en 1613 , dans un moment de justice et de sagesse, Berne se décida à examiner cle plus près les plaintes inces-

santés de ses sujets vauclois, le gouverneur d'Aigle, Pierre de Werclt, fut banni et condamné à une amende cle mille couronnes. Cependant la mauvaise administration des gouverneurs ne contribua pas seule à répandre de bonne heure à.Bex et aux environs des idées de liberté et d'indépendance. Le voisinage du Bas-Valais, et les relations journalières des habitants des deux rives du Rhône y contribuèrent beaucoup. Le Bas-Valais était sous la domination du Haut- Valais, et en supportât le joug impatiemment. Il se souleva en 1790. Peu s'en fallut que son exemple ne fût immédiatement suivi par les populations de Bex et d'Aigle; elles prirent dans les années suivantes une part très active aux mouvements qui devaient avoir pour résultat l'affranchissement complet du Pays de Vaud et sa constitution comme canton indépendant. Ce fut à Bex néanmoins que le gouvernement bernois trouva le plus fidèle et le plus héroïque de ses défenseurs, Frédéric de Rovéréa, descendant d'une ancienne et noble famille, qui possédait encore des fiefs importants aux environs de Bex à la fin du siècle passé. Officier distingué, brillant et résolu, il combattit contre les Français à la tête de la légion, appelée la légion fidèle, et ne posa les armes que le dernier, plusieurs jours après la chute de Berne. Les mémoires qu'il a laissés sont une des sources les plus importantes pour l'histoire du canton de Vaud et de la Suisse toute entière pendant cette période de crise. Il en est peu cle plus intéressants. Rovéréa est un des écrivains les plus originaux qu'ait produits notre pays.

La continuation des luttes politiques entre le Bas et leHaut- Valais a entretenu longtemps encore à Bex et aux environs

une certaine excitation politique. En 1844 , entre autres, les Bas-Valaisans y furent activement soutenus par les sympathies de la population.

Bex est aujourd'hui le chef-lieu d'un cercle (le canton de Vaud est divisé en soixante cercles) qui comprend deux paroisses, Bex et Gryon, et quatre communes, Bex, Gryon, Lavey et Morcles. Le cercle de Bex a nommé jusqu'ici quatre députés au grand Conseil. Le chiffre de 4500 habitants ayant été dépassé, il en nommera désormais cinq. Bex fait partie du district d'Aigle, dont la population totale s'élève à 17 911 habitants. C'est à Aigle que réside le préfet et que se réunit le tribunal du district.

Aujourd'hui, Bex est en pleine voie de développement. Les étrangers y sont toujours plus nombreux et l'industrie plus prospère; la population augmente et le prix des terres hausse rapidement. Si le chemin de fer du Valais réussit jamais à franchir le Simplon, Bex réunira tous les éléments de prospérité. C'est grand dommage que la gare ne soit pas de moitié plus rapprochée du village. La compagnie de l'Ouest, lorsqu'elle a construit le chemin de fer, espérait, en suivant la voie la plus directe, rendre impossible la concurrence de la ligne projetée sur l'autre rive. Elle n'y a pas réussi; mais elle n'en a pas moins sacrifié à cette espérance l'intérêt de grands et riches villages, qu'elle aurait pu desservir dans des conditions bien autrement favorables.

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