‹ Bex et ses environs;Chapitre 3 sur 30 · LE GRAND HOTEL ET LES BAINS · texte numérisé non relu

LE GRAND HOTEL ET LES BAINS

L'Hôtel. — Béx ne comptait il y a quinze ou vingt ans que deux hôtels, l'un et l'autre modestes, et deux pensions : Y Hôtel de V Union, en face de l'église, l'hôtel de la Maison de Ville, la pension de Crochet et celle de Montchalet. L'affluence toujours plus grande des étrangers a nécessité la création d'établissements nouveaux, entre autres Y Hôtel des Bains, dans le village, tout près cle Y Hôtel de ï Union, et plus bas, en lace de l'avenue cle la gare, Y Hôtel Belle Vue, Ces établissements, tous recommanclables et bien tenus, n'ont pas tardé à être insuffisants. Une société cle capitalistes s'est fondée pour en créer un nouveau, qui, sous le nom de Grand Hôtel et Bains des Salines, rivalise avec ce qu'on trouve de plus confortable à Vevey et à Interlaken. M. Feller en est le gérant.

Le Grand Hôtel est au-dessus du village, à demi-heure de

la gare pour les piétons, quart d'heure pour les voitures. Le chemin que suivent ordinairement les voitures remonte l'avenue de la gare dans toute sa longueur, traverse le village, également dans toute sa longueur, et remonte l'Avançon, par la route du Bévieux , jusqu'à l'avenue de l'hôtel, qui prend à droite de la route. Un autre chemin, qui n'est guère plus long, quitte l'avenue de la gare à la première croisée à droite , va traverser l'Avançon au-dessous du village, et conduit à l'hôtel par la rive gauche et le quartier dit du Glarey. Ce chemin, qui évite les rues pavées , est plus pittoresque que le précédent. Il est très accessible aux petites voitures ; mais c'est surtout aux piétons qu'il convient de le recommander. Il offre de beaux points de vue sur les Alpes vaudoises, avec un premier plan très heureux, formé par les divers groupes du village de Bex.

Le Grand Hôtel est situé sur une des terrasses naturelles qui dominent Bex, au milieu d'un vaste parc, qui appartient à la société, et dans une situation telle qu'il n'a à craindre aucun voisinage gênant, La principale façade regarde l'occident et a vue directe sur la Dent du Midi. Cette admirable montagne a de tout temps frappé les voyageurs. C'est une des montagnes classiques de la Suisse, Isolée, dominant immédiatement la plaine, elle occupe tout l'espace compris entre le Rhône, le Val d'Illiez et la fissure par où s'échappe la Sallanche, qui forme en tombant dans la plaine la cascade de Pissevache. C'est un triangle, qui ne mesure pas moins de trois lieues de côté . Vue du nord ou du midi, c'est-à-dire de Vevey ou des hauteurs qui dominent Martigny, elle compte sept sommités rivales ; de

l'est, c'est-à-dire de Bex, on en voit une principale, celle qui s'avance sur la vallée, et une seconde à droite. Aucune montagne n'est plus riche de formes, aucune ne repose sur des bases plus larges , aucune ne s'élance en flèche plus hardie. Sa projection verticale est d'une puissance extraordinaire. Elle ne mesure guère que 3185m au-dessus de la mer, un peu plus que l'Oldenhorn, un peu moins que les Diablerets, le Titlis, le Piz Languard. De ces 3185m il faut en défalquer 409, qui indiquent la hauteur au-dessus de la mer du village de Massongex, situé immédiatement au pied. Il reste une hauteur relative de 2776m. Ce chiffre est considérable. Le Gervin, auquel la carte Dufour donne 4482m, ne domine Zermatt que de 2862m. Ainsi, tandis que la différence entre les hauteurs absolues est de 1300m, la différence entre les hauteurs relatives n'est que de 86m. Le Gombin, qui dépasse les plus hauts sommets de la chaîne bernoise et ne compte pas beaucoup de rivaux dans la chaîne pennine, est moins élevé par rapport au bourg de Saint- Pierre que la Dent du Midi par rapport à Massongex. Elle l'emporte de même sur la Bernina, le Tœdi, la Blumlisalp et l'immense majorité des pointes suisses. Il n'y a guère que quelques-unes des cimes du groupe du Mont-Rose et de l'Oberland, la Jungfrau, entre autres, dont la projection de la base au faîte soit plus forte que celle de la Dent du Midi.

Le Grand Hôtel est bien placé pour faire ressortir cette puissance d'élancement. La distance est favorable , ni trop loin, ni trop près, et l'on est déjà un peu au-dessus de la plaine. Les montagnes paraissent toujours plus élevées lorsqu'on en domine la base , et qu'elles se dégagent de la

profondeur pour vous dépasser de toute la hauteur du ciel.

Trois arêtes d'inégale importance, partant toutes trois des bords du Rhône, vont soutenir ou former les sommets de la Dent du Midi. L'une, la plus éloignée, l'arête sud, est toute entière rocheuse; ses angles vifs, son aspect rude et sombre, accusent une roche granitique et qui ne se laisse guère entamer. D'un seul élan, elle s'élève au-dessus des chaînes reculées qui forment la ligne de l'horizon, puis elle continue son ascension sur le fond libre du ciel, et ne se repose un instant qu'après avoir profilé la noire silhouette du Salantin, tête sévère , nue , compacte ; ensuite, elle s'infléchit vers le nord, parallèlement à la vallée , reprend sa route aérienne , dépasse son premier élan, se brise, se déchire, entasse quelques sommets irréguliers et sauvages, et, par un effort suprême, le plus hardi, le plus énergique, se dresse soudainjusqu'àlacime. La seconde, prise entre les deux autres, n'est qu'une arête d'appui, un utile contrefort ; de maigres pâturages, des bois clair-semés sont suspendus à ses flancs ; elle monte par le plus court chemin jusqu'au pied des rochers supérieurs, où elle s'efface. La troisième, la plus rapprochée, n'est pas d'abord une arête vive, mais une croupe spacieuse, un large promontoire avancé sur la plaine , coupé de vallons et d'esplanades , et tel qu'on passe d'un versant à l'autre par d'insensibles transitions. Le sol ne se montre nulle part. On ne voit que noyers et châtaigniers. La houle du feuillage suit tous les mouvements du terrain, se dérobant dans les replis ondulés, étalant ses richesses sur la pente et se prolongeant en vagues fuyantes sur les terrasses aplanies. Tous les angles disparaissent sous les flots de

cette toison de verdure. Seule, la pointe d'un clocher perce les arbres, et trahit un hameau dans l'épaisseur de' la forêt. Plus haut, les châtaigniers cèdent la place aux hêtres, dont la verdure ne tarde pas à se mêler à celle des sapins ; puis viennent les pâturages , et c'est alors seulement que l'arête s'accentue. Elle gagne rapidement le sommet d'une pointe élégante, la Pointe de Veyrossaz ou la Petite Dent, verte, fine, élancée, qui contraste avec le dôme obscur du Salantin, après quoi, elle semble hésiter un instant , comme si elle cherchait une route pour aller à la rencontre de ses sœurs, puis elle s'élance à son tour, et d'un essor puissant, soutenu, mais toujours facile, elle fuit vers les profondeurs de l'azur, y découpe ses dentelures, y blanchit sous la neige éternelle, et s'incline enfin doucement pour rejoindre à perte de vue l'arête verticale du sud.

La Dent du Midi n'imite pas ces géants des Alpes, le Cervin, le Finsteraar, qui, debout au fond de hautes vallées, et reposant sur les plateaux où s'accumulent leurs glaciers, sont à peine plus nus au sommet qu'à la base. Elle s'élève au-dessus de chaudes et riches contrées, qu'elle enrichit encore en leur renvoyant les rayons du soleil qui se réfléchissent sur ses flancs. A ses pieds règne une végétation digne de l'Italie ; sur ses sommets reposent les neiges du pôle, et, entre deux, toute la série des possibles. Les produits et les phénomènes des zones les plus éloignées se sont donné rendez- vous sur ces pentes. Il en résulte un effet de profusion créatrice d'autant plus splendide que la montagne a des formes plus accidentées, des expositions plus changeantes, des terrains plus divers. Un tableau pareil est de ceux qu'on n'épuise pas. Et cependant on

n'y remarque ni embarras, ni encombrement, Chaque chose a sa place, et de cette surabondance naît un ensemble dont l'unité est aussi manifeste que la variété en est infinie. Un ordre ingénieux a présidé à la distribution de ces richesses. Les trois arêtes que nous avons suivies servent à les grouper. Séparées par des enfoncements obscurs, elles forment autant de plans successifs, ayant chacun leur série de teintes, leur gamme de couleurs. La distance contribue à en varier les tons. Chacune a d'ailleurs sa physionomie et sa beauté propres. Celle de Yeyrossaz, la plus rapprochée, cache son point de départ dans les plis de douces collines, qui reverdissent au printemps avec le luxe de séve des terres les plus fortunées ; celle qui sert de contrefort est alpine dès la base ; une paroi taillée à pic l'élève immédiatement au-dessus des forêts nourricières, et sa seule verdure est celle des pâturages et des sapins échelonnés ; celle du Salantin débute par l'âpre granit, dont la surface, travaillée par les glaciers d'autrefois et noircie par les siècles, nourrit dans ses fissures de vieux pins tortueux. Telles elles sont à l'origine, telles on les retrouve sur les hauteurs dénudées. La première reste flexible et gracieuse ; la seconde ne cesse pas de -se hâter vers le but ; la troisième persiste dans ses mouvements brusques et hardis. Seulement à mesure que, par des voies différentes, elles montent et vont se rapprochant les unes des autres, les contrastes se transforment en nuances délicates, qui se fondent et s'harmonisent. Evidemment, elles ont une visée commune. Si éloignées qu'elles soient au départ, elles ne dessinent qu'une montagne. Elles ont beau retomber sur elles-mêmes, se briser, s'attarder, elles convergent égale-

ment vers cette cime qui n'est qu'un point. C'est là-haut qu'est leur centre et leur but, là-haut qu'il faut qu'elles arrivent et que, l'œuvre achevée, elles se réunissent triomphantes.

Vue du Grand Hôtel , la Dent du Midi est fort bien entourée. A sa droite, se creuse une vallée latérale , fraîche et spacieuse, le Val d'Illiez ; à sa gauche, fort en arrière, apparaissent les glaciers du Trient, toujours calmes et purs. La verte colline de Duin, qui égaie les premiers plans de son bou quet de châtaigniers et de sa vieille tour romantique, contribue aussi à la faire ressortir et à l'encadrer heureusement. Et cependant, elle gagne encore à être isolée. Plus d'une fois le voyageur ira chercher dans le parc quelque noyer ou quelque châtaignier, dont les branches, recourbées en voûte, forment autour d'elle un berceau de feuillage. Il aura ainsi un tableau découpé par la nature , un tableau dont il ne se détachera qu'à regret. Le naturaliste y trouvera comme un abrégé de la création, et celui qui ne demande aux Alpes que les émotions de la poésie, ne se lassera pas de ce dessin pur et grand, qui fait concourir à la beauté d'une seule montagne toutes les ressources de l'architecture alpine et tous les degrés d'énergie vitale dont l'échelle se déploie sur une moitié d'hémisphère. C'est un monde couronné d'une cime1.

Le soir et le matin tous les regards chercheront la Dent du

1 Cette description est prise en partie de l'ouvrage dont nous avons publié jusqu'ici quatre séries, sous ce titre : Les Alpes suisses. Voir série II, pag. 206 et suivantes. Une remarque semblable pourrait s'appliquer à d'autres passages du présent Guide. Il nous suffira d'en avoir averti le lecteur une fois pour toutes.

Midi, aussi bien qu'à Interlaken ils cherchent la Jungfrau. Mais à l'heure où la lumière commence à fatiguer les yeux de son éclat, on sentira le prix des paysages plus modestes et plus reposants qui regardent les autres façades de l'hôtel , à Test et au nord. Une vallécule, dont on a profité pour un jardin potager, dégage la perspective. On est très près de la montagne sans en être écrasé. On ne voit pas les hautes cimes : Dent de Morcles, Muveran, Diablerets; on ne voit que les avant-monts qui les soutiennent de leurs gradins ; mais ces avant-monts ne manquent ni de caractère ni de pittoresque. Ici, se présente de face la (pente ardue, presque partout verdoyante, qui s'élève jusqu'aux arêtes crénelées de Ghâtilion et de Javernaz; là, fuient en perspective les monts de Gryon, dont le sommet se couronne d'une dentelure de sapins, et dont les larges versants sont semés de bouquets de bois , de vertes prairies, cle chalets, de maisons rustiques et de hameaux qui sourient au milieu des vergers et des moissons. Plus bas, c'est le Montet, qui d'un côté appuie ses forêts contre la montagne, et de l'autre s'incline vers la plaine en multipliant les terrasses et les ondulations. Entre ces versants opposés, les uns plus ardus , les autres plus riants , s'ouvre la vallée de l' Avançon, riche d'ombrages et toujours "animée par la voix du torrent. Il n'y a pas de ce côté d'objet imposant qui attire invinciblement le regard, mais des scènes variées, où la grâce des collines s'unit à la hardiesse des monts, et que l'imagination se plaît à peupler de rustiques et naïves idylles.

De jolis chemins sillonnent le parc de l'hôtel et ses environs immédiats. Je laisse au voyageur le soin de les chercher. Pour-

quoi lui enlever le plaisir de découvrir le promontoire qui s'avance sur la vallée de l'Avançon, ainsi que la facile promenade qui l'attend sur les pentes ardues de la forêt, derrière l'hôtel? Je ne dis rien non plus des pièces d'eau, des jets d'eau, des grottes avec cascades où il ira chercher la fraîcheur; quelques heures de séjour suffiront à lui prouver qu'on n'a rien négligé pour multiplier autour de lui les jouissances et les surprises agréables.

Quant à l'hôtel lui-même, on y trouvera tout ce qu'on peut attendre d'un grand établissement bien tenu. La chambre à manger, chauffée par un calorifère et par une cheminée, est au rez-de-chaussée. Elle regarde le nord et donne sur une pelouse plantée de vieux châtaigniers. A côté s'ouvrent trois salons, le long desquels règne un péristyle avec vue sur la terrasse et la Dent du Midi. Le premier est un salon de restauration, le second un salon de lecture, pourvu de journaux et de revues, le troisième est un salon de conversation. Plus loin, il y en a un quatrième pour les fumeurs, avec billard. L'hôtel compte 150 lits, distribués dans une centaine de chambres, dont plusieurs jouissent d'un balcon. Inutile de dire que tout ce qui est nécessaire pour les promenades , chevaux, ânes, voitures, est à la disposition des voyageurs. Il y a un bureau télégraphique dans la maison. Un petit bazar, installé à cent pas de la porte d'entrée, est assez bien assorti des articles courants qu'il est agréable d'avoir sous la main. Pour le reste, on trouvera à Bex de bons magasins. Plusieurs sont encore à l'ancienne mode villageoise. On en cite un , par exemple , où l'on peut se pourvoir de tout , depuis la viande de boucherie

jusqu'aux jouets d'enfants. D'autres, plus citadins, s'attachent sérieusement à une spécialité.

Un mot encore sur l'eau de source qui alimente le jet d'eau et les fontaines du parc. Elle provient des montagnes de Bex, les plus riches en bonnes eaux qu'il y ait en Suisse. Dans le voisinage du vallon des Plans, à deux lieues au-dessus de Bex, il sort de terre une quantité vraiment phénoménale de sources abondantes, toutes plus limpides et plus fraîches les unes que les autres, de l'eau de cristal. Plusieurs ont une température qui, dans les jours les plus chauds de Tété, ne dépasse pas 5 ou 6 degrés centigrades. C'est d'une de ces sources, une des meilleures et des plus riches (1500 litres par seconde) que la société du Grand Hôtel a obtenu la concession.^ Une conduite souterraine , de 9 kilomètres, l'amène jusqu'à l'hôtel. Grâce aux forêts qui recouvrent les flancs de la montagne et qui y entretiennent une fraîcheur perpétuelle, grâce aussi à la pente et à la rapidité avec laquelle cette distance peut être franchie, l'eau des sources des Plans arrive à l'hôtel avec une température qui n'est que de très peu plus élevée que sa température primitive. Le plus beau des luxes est celui de l'eau. Tous les hôtels ne peuvent pas se l'accorder; à Bex, il est poussé jusqu'à la profusion.

Les bains. — C'est à l'obligeance de M. le docteur Cossy, médecin des bains, que nous devons les détails suivants. Nous citons textuellement :

L'établissement des bains est relié à l'hôtel par une aile ou galerie couverte. Il est destiné principalement à l'exploitation

médicale des eaux minérales provenant des salines (eau salée proprement dite et eaux mères) et de l'eau froide.

La source froide, destinée à l'hydrothérapie, ainsi qu'aux autres usages des deux établissements réunis, est magnifique. D'une pureté rare, d'un volume considérable, elle offre à son point de captage, dans la montagne, la température invariable de + 4 V2 R- A son arrivée aux bains , sa température est encore de + 6 lj2 R.

Les eaux salées, proprement dites, celles qui contiennent encore tout leur sel de cuisine, sont amenées directement de la saline, par des canaux, jusqu'aux baignoires. Leur quantité peut suffire aux plus grands développements que Ton puisse prévoir. Elles sont froides, et quant à leur composition, une très récente analyse (1870) de M. le professeur Bischoff, de Lausanne , a fourni les résultats suivants :

Eau : 1 litre.

Grammes.

Chlorure de sodium 156.668

» de potassium 2.654

y> de magnésium . ... 1.077

Sulfate de calcium 6.759

» de strontium 0.019

» de magnésium 1.018

Carbonate de magnésium .... 0.505

Silice 0.016

Phosphate de fer et d'aluminium . . 0.039

Chlorure de lithium 0.012

A reporter, 168.767

Grammes.

Report, 163.767

lodure et bromure de magnésium . . 0.004

Acide borique (non dosé) —

■ Ammoniaque et matières organiques . 1.475

Somme, 170.246

Ces eaux minérales rentrent, comme on le voit, dans la classe des eaux chlorurées sodiques fortes, bromo-iodurées. Elles s'adressent directement au lymphatisme sous toutes ses formes, et vu leur trop forte minéralisation, elles doivent, pour l'usage médical, tant intérieur qu'extérieur, être coupées avec l'eau simple, chargée ou non, suivant les cas , d'acide carbonique.

Il en est de même des eaux mères des salines, c'est-à-dire

du liquide concentré, d'une activité remarquable, qui reste

après l'extraction du sel de cuisine clans les chaudières qui

ont servi à l'évaporation. En voici l'analyse.

Eau mère : 1 litre.

Grammes.

Chlorure de magnésium 142.80

» de calcium 40.39

» de potassium 38.62

» de sodium 33.92

Bromure de magnésium 0.65

lodure de magnésium 0.08

Sulfate de soude 35.49

Silice 0.15

A reporter, 292.10

Grammes.

Report, 292.10

Alumine 0.39

Carbonate de chaux, traces .... —

Fer, traces —

Matière organique indéterminée . . —

(Analyse de Pyrame Morin, de Genève.)

La construction du bâtiment des bains destiné à exploiter médicalement les éléments indiqués ci-dessus, a été étudiée avec le plus grand soin.

Le premier étage contient spécialement ce qui est relatif à l'application des eaux minérales. Il comprend:

1° Vingt cabinets de bains, bien installés, précédés chacun d'un vestiaire, et munis de baignoires en fonte émaillée, de calibres divers. Deux cents bains par jour peuvent être donnés sans difficulté.

2° Une grande salle cl inhalation des eaux salées. L'appareil de pulvérisation, placé au centre, se compose de seize becs et de trois candélabres, d'où l'eau, brisée , s'échappe en quelque sorte à l'état de fumée.

Le rez-de-chaussée comprend :

1° Deux salles de douches, une pour chaque sexe. Chacune d'elles est meublée de cinq appareils complets pour l'emploi de l'eau à toutes les températures intermédiaires entre + 6Va R. et + 40 R. La pression est d'environ 12 mètres. Citons la douche à haute pression (système d'Aix) pour le massage, la douche en cercle, la douche filiforme, destinée à Yaquapuncture.

2° Le compartiment des étuves {bains russes), avec son vestiaire, sa grande douche, à volonté tiède, chaude ou froide, sa piscine d'eau froide et ses stalles de sudation et de repos.

3° Les locaux (bains turcs) destinés à l'emploi du calorique sec et rayonnant, composés : d'un grand vestiaire, d'une salle à + 30 degrés (tépidarium) , d'une autre salle en forme de coupole, dont la température peut être élevée à + 65 degrés (caldarium), d'un local comprenant une douche, à volonté tiède, chaude oufroide, et une piscine froide, enfin de stalles de repos.

4° Enumérons encore Yhydrofère pour les bains de poussière d'eau minérale, les bains de siège à température et à pression variées , la douche ascendante, les douches de vapeur, les douches et bains à' acide carbonique, les baignoires destinées aux bains médicamenteux (bourgeons de sapin, etc).

La buvette est située à l'extrémité du large promenoir (Trinkhalle) qui occupe le rez-de-chaussée du bâtiment entre l'hôtel et les bains. Elle est à trois robinets. Là, suivant les indications, les malades pourront boire soit l'eau froide simple, soit l'eau salée ou les eaux mères, gazeuses et titrées.

Un dépôt d'eaux minérales diverses, en bouteilles, est annexé à cette buvette.

Telle est rénumération rapide des moyens de traitement que réunit le nouvel établissement de bains des salines de Bex, Aux éléments minéraux, qui à eux seuls ont suffi pour assurer ailleurs le succès de bains célèbres, il joint tout ce qui est nécessaire pour faire la cure hydrothérapique complète sous toutes ses formes.

Climat. — Bex est une des quatre-vingts stations météorologiques instituées en Suisse par les soins de la Société helvétique des sciences naturelles. M. Rosset, instituteur, chargé de faire les observations, s'en est acquitté avec la plus consciencieuse exactitude. Les instruments ont été vérifiés à Berne, et l'installation en a été surveillée par M. le professeur Ch. Dufour. de Morges. On peut donc envisager comme parfaitement authentiques les chiffres que nous allons donner , et qui nous ont été communiqués par l'observateur lui-même. Au reste, chacun peut en vérifier l'exactitude en consultant les publications officielles de la Société helvétique des sciences naturelles. M. Rosset se fera un plaisir de les mettre à la disposition des voyageurs qui désireraient plus de détails.

Les observations ont commencé le 1er décembre 1863 , et sont encore aujourd'hui continuées régulièrement. Elles se font trois fois par jour, à sept heures du matin, une heure après-midi et neuf heures du soir. Elles accusent pour une période de sept ans une moyenne de 9,9 centigrades. Les moyennes mensuelles, calculées également pour la période entière, oscillent entre 0,2 (janvier) et 19,4 (juillet).

Une station météorologique toute semblable ayant été installée à Montreux, on peut aujourd'hui établir une comparaison certaine entre les deux localités. La moyenne pour Montreux est de 10,8, soit 0,9 de plus qu'à Bex. Les moyennes mensuelles y ont oscillé entre 1,4 (janvier) et 20,1 (juillet).

Voici, au reste, le tableau des résultats obtenus mois par mois. 1

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