BEX MONTRE UX DIFFÉRENCES
chiffre moyen. chiffre moyen. en faveur de Montreux.
Janvier. . . 0,2 1,4 1,2.
Février. . . 3,4. 3,9 0,5.
Mars. .... 4,4/ 4,9 0,5.
Avril .... 10,7 10,7 0,0.
Mai 15,4 15,7 0,3.
Juin 17,5 17,9 . 0,4.
Juillet. . . . 19,4 20,1 0,7.
Août 17,2 18,3. 1,1.
Septembre . 15,5 16,4. . 0,9.
Octobre. . . 9,6. 10,6 1,0.
Novembre . 4,4 5,6 1,2.
Décembre . 1,1 2.9. . 1,8.
On voit qu'il y a beaucoup d'analogie entre les deux climats. Au printemps, la différence est nulle ; elle s'accentue en été, pour atteindre son maximum en hiver.
Si, au lieu de prendre les moyennes générales, nous nous bornons aux observations du milieu du jour, nous arrivons à des résultats assez différents. Le mois de décembre est le seul où, pendant la durée des observations, la température du milieu du jour ait été plus élevée à Montreux qu'à Bex, et la différence n'a été que de 0,5 (5,2 contre 4,7). En janvier, il y a égalité (4,2). En février, Bex l'emporte de 1,3 (8,0 contre 6,7). En avril, la différence atteint 3,1 (17,3 contre 14,2) ; en mai, 3,0 (22,0 contre 19.0); en juin, 2,6 (23,9 contre 21,3); dans les mois
1 Les chiffres de Montreux ne représentent que six ans et demi d'observations, les résultats des derniers mois de l'année 1870 n'ayant pas encore été publiés.
d'été et d'automne, Bex continue à l'emporter, mais la différence diminue. La différence moyenne est de 1,4 en faveur de Bex. La plus forte moyenne mensuelle de Bex, à une heure après-midi, est de 28,4, en juillet 1869; à Montreux de 25,4, même mois.
Le soir et le matin, il fait , au contraire , plus frais à Bex qu'à Montreux, et la différence est assez sensible pour que la balance totale penche, comme on l'a vu, en faveur de Montreux.
Le climat de Montreux se distingue donc de celui de Bex par des variations de température moins sensibles. En revanche, il pleut à Montreux plus qu'à Bex, et le ciel y est plus couvert. Pendant ces sept années, il est tombé à Montreux, en moyenne, 1278 millimètres d'eau par an, tandis qu'il n'en est tombé que 893 à Bex. La différence est de près d'un tiers. Le nombre moyen des jours où il y a eu chute d'eau ou de neige est de 136 à Montreux , et de 108 à Bex , soit 28 de moins. L'étendue visible du ciel étant représentée par 100, la moyenne de ciel couvert est de 52 pour Bex et de 58 pour Montreux, différence d'autant plus forte qu'à Bex les montagnes sont beaucoup plus rapprochées, en sorte que les nuages qui flottent autour de leurs sommets couvrent une partie du ciel relativement plus grande. On serait tenté de conclure de ces données que le climat de Bex est plus sec que celui de Montreux. Il n'en est rien. Quoiqu'il tombe moins d'eau à Bex, l'air y tient en suspens un peu plus d'humidité. Soit 100 le point de saturation, l'humidité moyenne de l'air a été de 79 à Bex et de 77 à Montreux. Le voisinage des forêts explique probablement cette singulière anomalie.
La station météorologique de Bex étant installée au centre du village, c'est au village et non à l'hôtel que se rapportent les indications ci-dessus. Quoique les observations scientifiques fassent défaut, on peut affirmer en sûreté de conscience que le plateau où est situé l'hôtel jouit de tous les avantages du climat de Bex, sans en avoir les inconvénients. En été, la chaleur y est tempérée par la fraîcheur de l' Avançon ; il est rare qu'une brise légère n'y souffle pas, même dans les jours les plus chauds. En hiver, on n'y sent pas l'âpre voisinage de la plaine du Rhône, encore humide et froide, quoique fort assainie depuis quelques années. M. le docteur Gossy estime que, sur le plateau de l'hôtel, l'oscillation du thermomètre doit être dans chaque sens moins forte de plus de 2 degrés ; M. Rosset, dont l'opinion est d'un grand poids en pareille matière, partage entièrement l'avis du docteur Gossy.
Le village et l'hôtel sont également à l'abri des vents du nord. Le vent du nord-ouest , vulgairement appelé joran ou bise noire, s'y fait peu sentir, surtout à l'hôtel. En revanche, les environs de Bex sont exposés au fôhn, vent chaud du sud, qui règne surtout au printemps et en automne. G'est lui qui fait fondre la neige au mois de mars, et qui mûrit les raisins et les châtaignes en octobre. Il n'est pénible que quand il souffle avec violence, ce qui arrive quelquefois, mais ne dure jamais longtemps. Le brouillard est rare à Bex. Il arrive très fréquemment qu'il y règne le plus beau soleil, pendant que de Genève à Yevey ou à Villeneuve, on est enseveli sous une épaisse couche de vapeurs opaques. Le brouillard dit de la plaine, brouillard très, mince, qui se forme parfois le soir sur
le Rhône et sur les marais de ses rives, n'atteint jamais le village. Bex jouissait autrefois d'une assez mauvaise réputation sous le rapport des moustiques. C'était un peu comme en Valais. Il y en a encore aujourd'hui, mais pas beaucoup plus qu'ailleurs. Les travaux d'assainissement faits dans la plaine en ont fort diminué le nombre, et l'on en trouve d'autant moins qu'on s'approche plus des bases de la montagne. A l'hôtel, on peut se dire à l'abri de ce fléau.