‹ Bible de l'humanitéChapitre 10 sur 24 · LE COMBAT DU BIEN ET OU MAL · texte numérisé non relu

LE COMBAT DU BIEN ET OU MAL

âge, Satan grandit toujours. Nain d'abord, si petit qu'au temps de l'Évangile il se cachait dans les pourceaux, il grandit en Tan 1000, et grandit tellement qu'en 1300, 1400, il a enténébré le monde, le tient noir sous son ombre. Ni le feu, ni l'épée n'en peut venir à bout. Pour les amis de Zoroastre, c'est exactement le contraire. A travers tant de maux, travailleurs résignés, le Guèbre, le Parsis, ont cru de plus en plus qu'Âhrimane pâlissant, sous peu, va défaillir, et fondre absorbé dans Ormuzd.

Du premier jour, celui-ci révéla qu'il était le vrai roi du monde, le futur vainqueur, le seul Dieu. Par quoi ? Par sa bonté immense. Il commença la guerre par vouloir sauver l'ennemi, il pria Ahrimane d'être bon et d'aimer le bien, et d'avoir pitié de lui-même. Depuis, sa Grâce infatigable le somme à chaque instant de changer, de se convertir, défaire son salut, d'être heureux.

Un homme, certainement indulgent pour l'Église

■ du moyen âge, Jean Reynaud, avoue ici loyalement

que, de la Perse à elle, il y eut un étrange progrès,

terrible, en sens inverse. L'idée de l'enfer éternel I

! d'un Dieu dont la vengeance jamais ne s'assouvit I

l d'un Dieu qui, pour bourreau, a l'imprudence de

choisir justement celui qui abusera le plus de ce métier, l'Immonde et le Pervers qui se régalera des tortures, y trouvera un exécrable jeu!... Conception étonnante, propre directement à ensauvager l'homme, à Y affoler, et qu'on peut appeler une éducation pour le crime.

Quand on songe combien l'homme est un être imitateur, on doit bien regarder au type divin qu'on lui propose et qu'il suivra certainement. Un Dieu bon et clément fait des hommes doux et magnanimes. S'ils combattent, ils savent que c'est pour le bien de l'ennemi même. Ce méchant qui plus tard ne sera plus méchant, est moins haï dès aujourd'hui : il sera le bon de demain. Que la guerre continue, c'est chose secondaire ; le grand, l'essentiel, c'est la suppression de la haine et radoucissement des cœurs.

Nombre de grands esprits d'aujourd'hui l'ont senti, et se sont, sans détour, ralliés à cette foi, qui J est évidemment la vraie, qui vit immuable et vivra, j «t Je prétends, dit Quinet, qu'il n'est point aujour-i d'hui d'idée plus vivante en ce monde. » I

Tout cœur d'homme ici se ralliera. Tous, le matin, le soir, sans hésiter, répéteront les plus antiques hymnes de YYaçna (30, 31, 47) sur la conversion d'Ahrimane et de l'unité définitive :

« Ormuzd, fais-moi la grâce, la joie de voir celui

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