LE COMBAT DU BUS XT DU MAL
mondes, terrifie le chacal maudit, de formidables aboiements. L'épervier à la vue perçante, la senti* nelle du matin, a poussé son cri, bat de l'aile. Il aiguise son bec pour le combat de la colère. Le cheval se dresse, frappe du pied l'Impur.
Les étoiles, au ciel même, sont en deux bandes ennemies. Mais l'oiseau, aux pieds d'or, couve de son aile le saint royaume d'Iran. En vain, au désert de Cobi soufflent, •sifflent les monstres, couleuvres à deux pieds, griffons, centaures, qui lancent le dévorant simoun.
La lutte est même an fond des êtres. Chacun a son esprit, son ange. Une âme lumineuse étincelle dans le diamant. La Sieur a son gardien. Tout, jusqu'au poignard, a le sien; sa lame vit... Et tout cela combat, se poursuit, s'atteint, s'exorcise, se blesse d'analhémes et de magique incantation. Les Dèves au corps d'airain, les Darwands aux replis de serpent, combattent au plus haut les blancs Fermiers, les Amschapands aux ailes d'or. Le choc de leurs armures résonne et retentit.
Spectacle merveilleux, mais nullement confus. De plus en plus il s'éclaire et s'ordonne. L'armée du Bien se serre et s'unifie.
Le premier des sept Amschapands, de moment eft moment, prévaut, éclate et resplendit. Toute lumière se concentre en lui. La nuit, vaincue et tou*
jours décrassante, 'circonscrite pins étroitement, fait avec Ahrimane. Heureuse religion de l'espoir! Non d'espoir inactif, de paresseuse attente, non de somnolent ascétisme ; mais la foi héroïque, de vaillante espérance qui crée ce quelle attend et veut, qui, parle travail, la vertu, diminue chaque jour Ahrimane, grandît •Ormuzd, conquiert et mérite l'unité de Dieu*
Faire la wàoh<e de Dieu, le faine vainqueur, le faire uni quel... Oh! belle chose! la plus haute, à coup sûr, que jamais rêvât Fâme humaine, et la plus efficace pour grandir dans la sainteté. Dire à chaque sflkm : « Je m'unis au grand Laboureur I j'étends le «champ du Bien, Je resserre celui de la Mort, du Mal, de la stérilité. » Dire à l'arbre qu'on plante : « Sois dans cent ans la gloire d'Ormuzd et l'abri des hommes inconnus I « Dire aux sources de la montagne qu'on évoque ou dirige : « Allez! Puissiez- vous de mon champ porter la vie en bas, aux tribus éloignées qui, n'ensachant Fauteur, diront : « C'est l'eau du Paradis. » — Voilà qui est grand et divin, unehaute société avec Dieu ,une belle ligue, une noble conquête... Vautre va reculant, vaincu, déconcerté. Ahrimane tout à l'heure n'est plus qu'un noir nuage, une vaine fumée, un brouillard misérable, moins, un point gris dans l'horizon.
Digne prix du travail! Dans le paresseux moyen