‹ Bible de l'humanitéChapitre 8 sur 24 · LE COMBAT DU BIEN ET DU MAL · texte numérisé non relu

LE COMBAT DU BIEN ET DU MAL

tenait aux limites invisibles des eaux qui couraient sous la terre. Que d'intérêts il faut respecter là I D'une eau si rare, tous sont avares, jaloux. La vive tentation est partout, et les détournements faciles. Que la distribution des eaux soit régulière, c'est preuve de grande loyauté. On est saisi d'admiration lorsque, dans Hérodote, on lit que, de son temps, un immense système existait de quarante mille canaux qui couraient partout sous la terre. Ouvrage merveilleux, vénérable, de travail, de vie méritante, de moralité, de justice.

Que la Justice est bonne, riche de sa nature I Comme une source surabondante, elle déborde en humanité. De la Loi s'engendre la Grâce. Dans cette Perse qui semble exclusive, où la parenté, la pureté du sang, Porgueil de famille, de tribu, semblent très-forts, l'inconnu n'est point un hostis, comme Rome qualifie l'étranger. La fille errante, inconnue, qu'on amène, est protégée et garantie. « Tu chercheras son origine, son père. Et, si on ne le trouve, on ira au chef de canton. Vous nourrissez, vous tenez pour sacrée la femelle du chien qui garde la maison. Et vous ne nourririez pas cette fille qui vous est livrée l ? »

^ Oui, ce fut sans nul doute le jardin de justice

1 Anquetil, Avesta, H, 394.

où fleurissait l'arbre de vie. On s'associe de cœur à la défense de ce monde sacré, au grand combat du Bien, qui défendait ce paradis.

L'armée du Bien, faite à l'image de la Perse, divisée en tribus, marche sous sept Esprits, sept chefs, les brillants Amschapands, dont les noms même sont ceux de sept vertus : la Science ou le maître savant (Ormuzd)1, la Bonté, la Pureté, la Vaillance, la Douceur libérale, les Génies -de la Yie, producteurs, vivificateurs.

Les izeds, génies inférieurs, les férouers (on pourrait dire les âmes ailées, les anges) des justes, même ceux des bons animaux purs, forment l'immense armée du Bien. En face, le monde des serpents, des loups, des chacals, des scorpions.

Regardons la bataille dans le tableau grandiose | et fidèle qu'en fait Edgard Quinet * d'après les textes/ v mêmes :

Tous les êtres y concourent. Au bout de l'univers, le chien racré qui veille sur le troupeau des

1 Selon Eugène Burnouf, Ormuzd, Ahoura Mazda, ne signifie pas le roi sage, comme le croyait Ànquetil, ni le Vivant sage, comme le croit M. Bopp, mais le Maître savant. On ne peut, dit-il, passer grammaticalement du sanscrit asoura, vivant, au zend ahoura. Yaçna, 77, 81. Remarque capitale qui change entièrement l'idée qu'on se faisait de ce premier des sept esprits.

1 Quinet, Génie des religions, Ce livre étincelant formule en \ traits de feu l'intimité profonde de la religion et de la na- •; turc. {i

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