PLACE DES PIÈCES
Sur la quatrième case du premier rang de l’échiquier, celle opposée à sa couleur, se trouve placé le Roi; à côté de lui la Dame. Les Tours sont à la première case de chaque côté de ce rang; les Cavaliers entre les Tours et les Fous. Les Fous se placent sur la troisième Ciise de chaque côté.
Les huit pions occupent les huit cases du second rang. Les pièces des deux adversaires doivent se faire vis-à-vis, c’est-à-dire 1a Dame en face la Dame, le Roi en face le Roi, etc.
variétés.
Politique.
l.NNOCE.NT 111, pape en H98. On atlribue à ce pape une petite pièce de vers de 2 pages, existant en manuscrit, en Angleterre, sous le litre : Moralitas ex schaccario seu ludo scaccorum, au collège Saint-Jean-Rapliste à 0.\ford, sous le n® 176S, et dans celui de Saint- Bennet à Cambridge, n“ 1392; mais, selon Th. Ilyde, Shahiludium, p. 171», l’auteur de cet ouvrage ne serait qu’un simple moine anglais qui l’aurait écrit vers l’an 1400. (Twiss, Chess, 1789, t. II, p. 4, donne une traduction anglaise de cet opuscule.)
Cessoi.es (Jacques de). Jacobin Picard, du xm' siècle, est le premier auteur qui se soit avisé d’appliquer le jeu des échecs à la morale et à l’économie. Peu de temps après la publication du fameux livre de Gilles, de Rome : De Degimine prineipum, il fit paraître la SIoraHté des hommes nobles et des gens du peuple sur le jeu des échecs, écrit en latin, vers 1290.
Cessoles aurait lu attentivement le traité de Gilles, de Rome,elaurait eu l’idée d’appliquer aux piècesd’écbecs les instructions adressées aux personnes de toutes classes par le célèbre archevêque de Bourges ; il prit un jour pour texte de ses sermons les rapports qu’il était facile d’établir entre les rois, ministres, nobles, prêtres, magistrats et gens du peuple, avec le roi, la reine, les cavaliers, fous et pions des échecs. De là ressortaient des enseignements qui, sans doute, obligèrent le prédicateur à distribuer son parallèle en plusieurs discours. On lui fit de grands compliments
VaRIIÏTÉS.
de son procédé, et son traité de morale et de politique devint très en usage parmi les grands et les gens du peuple; il est vrai que l’on n’avait alors guère de meilleurs ouvrages pour l’insfitulion des mœurs. Les manuscrits en sont très-nombreux et généralement assez incorrects. La première édition du texte a paru sous le titre : Incipü solcUium ludi sihacchorum... Ego frater lacolus de Thessalonin. In-fol. de 39 feuillets, sans cbilTres, réclames, ni signatures, à longues lignes avec les caractères dont Nie. Ketelaer et Gérard de Leempt se servaient à Ltrecht en 1474. (Vente La Sema, en 180t, 140 fr.)
Les autres sont :
De 1479, imprimé à Milan, Paulin! de Suardis, infol. de 24 feuillets à deux colonnes non chifirés.
S. 1. n. d. (vers 1480), in-4 goth., signé de a b 's à h
S. 1. n. d. (vois 1480), pet. in-4 goth., 29 lignes à la page, signatures A. G. — M. J, G. en 1844, vendu 100 fr.
Mediolani, 1497, in-fol. — Panzer, t. II, n® o24. — Hain, t. IL
Viennæ Austriæ, Joh. 'Winterburgii (150o), in-4 de 32 feuillets, fig. sur bois.
Peu de temps après l’apparition du texte latin de Cessoles, deux auteurs français, Jean de Vignay et Jean Ferbon, traduisirent ce long sermon. La traduction de Ferron porte la date du 4 mai 1347, et celle de Vignay fut exécutée de 1318 à 1330, époque où Jean, fils du roi Philippe de Valois, avait le titre de duc de Normandie. Les deux traducteurs ne se doivent rien l’un à l’autre, leur travail est complètement différent.
La traduction de Ferron porte souvent le nom de
variétés.
Vignay; celle erreur vienl de la célébrilé de ce dernier que les copislcs jugeaienl convenable de nommer pour donner plus de valeur à leurs manuscrils.
La Iraduclion de Jean de Vignay esl dédiée à Jean, duc de Normandie; celle de Ferron à un seigneur Berlrand Auber de Tarascon. Les manuscrils de ces deux Iraduclions sonl forl nombreux el souvenl ornés de vignelles el de miniatures.
Antoine Vérard imprima à Paris, en 1304, une mauvaise copie de la traduction de Vignay, suivie de l’Ordre de chevalerie et d’un Dialogue entre Mèlibée et Prudence. Un exemplaire sur vélin se trouve à la Bibliothèque impériale. Une deuxième édilion aurait été faite par le même en 1314. Michel-le-Noir publia aussi à Paris, en 1305, une édition de la traduction de Vignay; on y trouve à la fin un Traité de chevalerie.
Beauchamp, dans ses Recherches sur les théâtres, 1733, t. 1, p. 234, regarde à tort la Moralité des échecs de J. de Cessoles comme faisant partie des anciennes pièces dramatiques, dites Moralités.
L’ouvrage de Cessoles a été traduit dans presque toutes les langues européennes; quelques-unes de ces traductions sont de grande valeur comme curiosité typographique.
La Bibliothèque impériale possède, sous les n«‘ 7068, f>* 140 à 207; 7072, 33 f»% 71 à 100 ; - 7690; — 7330; — 7386 ; — 7387 ; — 7388 et 7389, des traductions de la Moralité du jeu des échecs de Cessoles.
William Caxton est l’imprimeur du The game and playe of the chesstranslatcd out of the french. Fynysshid the last day of marche, the year of our lordGod a Thousand foure hondred, etc. (1474), in-fol. de 72 feuillets.
VARIÉTÉS. 2fi9
dont les pages entières portent 31 lignes, âg. sur bois. C’est la première édition. Cette traduction anglaise est faite sur la traduction française de l’ouvrage latin de Ccssoles ; on la regarde comme la première production typographique avec date, imprimée à Westminster. M. Dibdin croit qu’elle doit avoir été faite dans les Pays-Bas, et pour justifier son opinion, il fait observer qu’on n’a pu trouver jusqu’à présent les mêmes caractères dans aucune édition de Caxton, tandis qu’au contraire on les reconnaît dans les deux éditions du Recueil des Histoires de Troye qu’a données Caxton dans les Pays-Bas ou à Cologne.
Cet ouvrage a été vendu, avec 6 feuillets manuscrits, 54 liv. 12 sh. à la vente Alchorne, soit 1,365 fr., et 60 liv. 10 sh., vente Hodgson, en 1855 (avec la table et 2 feuillets manuscrits). M. Georges Walker dit, dans le Palaméde, 2“ série, qu’il a été vendu, dans une vente de Londres, au prix de 80 guinées (plus de 2,000 fr.). Le British Muséum le paya une somme beaucoup plus élevée.
La 2® édition, s. 1. n. d., in-fol. de 84 feuillets à 24 lignes à la page et 2i figures sur bois (les mémos que celles de la P® édit.), a de plus une préface de Caxton au commencement du volume; elle est aussi trèsrare.
A lu vente Willett, un exemplaire a été adjugé 173 livres 5 sh., soit 4,331 fr. 25 c.; à celle de Inglis, 31 liv. 10 sh., soit 787 fr. 50 c. .
Une réimpression fac-similé du The game of the Chess, de W. Caxton, a été faite à Londres, en 1860, pet. in-fol., au prix de 25 fr.
Conrad de Ammenliusen donna, en 1337, une tra-
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