‹ Bibliographie anecdotique du jeu des échecsChapitre 4 sur 29 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

Anvers possédait, en 1847, un cercle d’échecs.

Bruxelles, en 1815, avait un cercle d’échecs assez renommé. En 1852-53, un autre cercle fut fondé place de la Monnaie ; le président de ce dernier cercle était M. Michael, alors le plus fort joueur de Belgique. Aujourd’hui les joueurs d’échecs se réunissent à la Taverne de Munich, rue d’Aremberg et au café des Mille Colonnes, place de la Monnaie. Les principaux joueurs contemporains sont MM. Rive, propriétaire de la Taverne de Munich, A. Bastin, de Stropper, Verachter, Cambier, Clairman, Solvyns.

Saint-Josse-ten-Noode, cercle des Canaris (cité dans V Illustration, 1864).

CHINE ET JAPON

L’échiquier chinois se compose de 64 cases, toutes de la môme couleur. Au milieu se trouve une large bande qu’on nomme ho, rivière qui divise le champ de bataille en deux camps de 32 cases chacun. Les pièces de chaque camp sont d’une couleur particulière, d’ordinaire rouge et noir, et se placent au point d’intersection des cases, et non sur leur surface, d’où il résulte que, sur l’échiquier, bien qu’il ne renferme que huit cases, on place neuf pièces par ligne.

Pour gagner une partie, il faut mettre en échec et mat le général ennemi {siang en chinois, le roi de nos jeux européens), lequel doit changer de place, comme chez nous, toutes les fois qu’il est menacé de prise (échec) par une pièce ennemie.

Voici l’ordre des pièces :

char cheval, éléphant, ofBcier, général, officier, éléphant, cheval, de

gnerre,

canon. canon,

soldat. soldat, soldat. soldat.

char

de

guerre

soldat.

CHINE ET JAPON

La mâme disposition est adoptée dans le camp adverse. Le canon répond aux cavaliers de nos échiquiers; il porte ses coups à distance, en passant par-dessus les pièces qui le séparent de l’objet attaqué : il faut même, pour qu’il puisse faire une prise, qu’il soit séparé de cette prise, par une pièce, soit de son camp, soit du camp ennemi, qui, comme disent les Chinois, lui sert d’affût, sans quoi il ne pourrait tirer juste et obtenir le résultat voulu.

Le roi, les canons et les chars ne peuvent passer la rivière; les soldats ne peuvent avancer que d’une case et font leurs prises en biais à droite ou à gauche; ils ne peuvent pas reculer.

Le jeu d’échecs se nomme ki en chinois et les amateurs de ce jeu ki-tsze. 11 existe plusieurs sortes de ce jeu : l’une d’elles, appelée tcei-Ai, a été imaginée, d’après les auteurs chinois, l’an 2200 avant notre ère.

Les Japonais appelent go le jeu des échecs.

Suivant la grande Encyclopédie japonaise, livre XVII, p. 1, l’empereur Yao inventa le jeu d’échecs appelé wei-ki pour servir à l’instruction de son fils. D’autres auteurs disent que ce fut l’empereur Chunqui inventa ce jeu dans le môme but.

On doit l’introduction du jeu d’échecs au Japon au fameux Ki-bi-kO, Cepersonnage, l’un des plus illustres de l’histoire ancienne du Nippon, naquit en 602. A l’âge de vingt-trois ans, il se rendit dans le royaume de Chine pour y faire ses études. De retour dans son pays natal, en 733, il y introduisit un grand nombre de sciences et d’arts chinois, notamment le syllabaire coiïnu sous le nom de Kata-kana et le jeu d’échecs.

L’Encyclopédie japonaise s’exprime à ce sujet dans

CHINE ET JAPON

les termes suivants : « La tradition rapporte que le jeu d’échecs fut originairement introduit au Japon par Ki-bi Sama. Or, ce Ki-bi Sama avait résidé dans l’empire chinois pendant vingt années. 11 revint à la cour du Nippon dans la septième année de l’ère impériale de la Paix-Céleste (en japonais ten-fei, 735 de Jésus-Christ). A cette époque l’empereur de Chine était Hiouen-tsoung et l’empereur du Japon Seï-mou *. »

En Chine on fait apprendre de bonne heure au.x filles à jouer aux échecs, avec le même soin qu’on leur apprend ailleurs à chanter et à danser.

Origines chinoises, extrait du Concum ou Annales chinoises :

« Trois cent soixante dijc-neuf ans après Confucius, Hung-Cochu, roi de Kian-Guan, envoya contre le pays de Shensi une armée sous les ordres d’un mandarin, nommé Hansing, dans le but d’en faire la conquête. Âpj'ès une campagne heureuse, les soldats furent mis dans les quartiers d’hiver. Là, souffrant du froid et n’étant pas accoutumés à une saison si rude, privés de leurs femmes et de leurs familles, ils commencèrent à s’impatienter et demandèrent hautement qu’on les ramenât dans leurs foyers. Hansing n’était pas un simple guerrier, c’était aussi un homme de génie : ayant rêvé quelque temps sur ce sujet, il inventa le jeu des échecs, autant pour amuser ses gens dans leurs heures de loisir , que pour accroître leur ardeur guerrière; car ce jeu est entièrement fondé sur les principes de l’art militaire. Le stratagème

1. Nous devons ce renseignement à l’obligeance de M, Léon de Hosny.

CHINE ET JAPON

réussit au gré de ses désirs ; le jeu plut aux soldats. Ces combats, où chaque jour ils se disputaient la victoire, leur firent oublier les désagréments de leur situation, Le général entra en campagne au printemps, et en peu de mois, il ajouta au royaume de Kian-Guan, le riche pays de Shensi, par la défaite et la prise du roi de ce pays, le fameux Choupaynen * ; à l’occasion de cette conquête, Hung-Cochu prit le titre d’empereur^ et Choupaynen réduit au désespoir, termina volontairement sa vie. »

Dans Hai-Piém, grand vocabulaire chinois, au mot Siangtirki, l’invention des échecs est donnée comme d’origine indienne, et ce jeu aurait passé en Chine sous le règne de l’empereur Vou-ty, l’an 537 environ, de l’ère chrétienne.

Le jeu d’échecs chinois ne le cède en rien, pour la beauté et la richesse des combinaisons, à notre jeu européen ; il paraît môme se prêter à des complications . plus grandes. La reine n’existe pas dans le jeu chinois, on y trouve à sa place deux ministres, ou officiers, ou fils du roi; sur la troisième ligne horizontale et devant les cavaliers se trouvent placés les deux artificiers (office existant encore dans les armées chinoises). Ces dernières pièces sont très-importantes et d’un jeu tout à fait original; elles marchent en ligne droite et à angle droit, comme nos tours, mais elles mettent en échec et prennent d’une manière toute différente. (Voir la Nouvelle Régence, 1862, p. 196 et suivantes.)

1. On cite, sur ce prince, des prodiges de valeur que les romanciers chinois se sont plu à exagérer.

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