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e "était un honneur; : s’il Le était, dé par son cocher, ce n’était rien; mais s’il cocufiait son tapissier, son banquier, l'officier qui lui avait sauvé la vie
sur le champ de bataille, haro sur les baudets! ils
étaient des sots, les seuls, les vrais, les authentiques cocus! Un ministre de Louis XV, dit le
__ journal de police, surprenant sa femme avec le | pince de ** se retirait discrétement sur la pointe des pieds, et disait avec satisfation à un ani intime qu il rencontrait : « Ma femme fait une reprise à mon portefeuille qui avait lâché FL un point... et cela sans s’éncanailler ! » Etrange » époque, où le bourgeois se moquait en silence des cornes blasonnées des seigneurs, et où les
seigneurs riaient tout haut des cornes plébéiennes
des bourgeois! Plus d’un pourtant dut parfois se
| gratter le front, en ERendanr ces vers de Mone | rue |
ns Voir cajoler sa femme et n’en témoigner rien Se pratique aujourd’hui par force gens de bien... 2 :. Encore un coup, compère, apprenez qu'en effet Le cocuage n’est pas ce que l’on le fait, Qu'on peut le souhaiter pour de certaines causes, no qu'il a des plaisirs comme les autres choses.
“Sganrrelle, ou le Gocu imaginaire.
. En parcourant les longues et funèbres listes ie exécutions révolutionnaires, malgré moi, comme dans un cauchemar, il m’a semblé lire,
à côté des noms les plus titrés et des morts Les moins expliquées, cette note mystérieuse mais im- | phables guillotiné pour cocuage. Que de têtes, Jenen doute pre sont tombées sous le cou-
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peret de Samson, que parce que, vivantes, elles avaient fait tomber sur latête d’un mari des cornes. insolentes. La Révolution a été une revanche et une vengeance; ne cherchez pas dans les plis obscurs de l’histoire, la cause de telle ou telle mort : l’échafaud vengeait les cornes irritées d’un mari trompé, voilà tout. Les plaisanteries s’éteignent souvent dans le sang. Quand, dans une nation, les mœurs sont devenues assez libres, pour ne plus soulever que des rires, cette nation est usée: ou elle mourra, ou elle sera forcée de se retremper dans le sang. « Le sang, a dit J. de Maistre, est l’engrais des nations. » Heureux le peuple assez sage pour n’avoir pas besoin de cet engrais. Le cocuage, ce libertin effronté et railleur, est pour plus qu’on ne pense dans la pros périté d’une nation. La femme étant à plusieurs, l’enfant n’est à personne; il est une honte pour le père légal et un remords ou une gêne pour la mére. La reproduction de l’espèce, le recrutement de la société sont donc viciés dans leur source la plus pure : la procréation loyale et honnète. 2 - | :
Plus il y a de cornes dans un pays et moins il y a de prospérité. Car ce qui est vrai pour un individu, l’est bien davantage pour tous; le peuple qui fait lui-même, et non par procuration forcée, ses enfants, peut répondre ce que disait un paysan à son seigneur affligé d’un enfant malingre : « Pourquoi, Jean, votre enfant est-il si bien venu, grand et fort, quand le mien est si pâle ? — Et parguienne, Monsieur, parce que je les faisons nous-même. ; *
“le n'ai | pas tes de . Étératne étrangère, AURA point de vue du cocuage, elle a suivi, en tenant ei . compte du génie et du tempérament de chaque nation, la même marche, à peu de chose prés, que la littérature française. Les cornes, si je puis m’exprimer ainsi, sont farouches, vindicatives et meurtrières en Éspagne, rusées, galantes mais traitres en Italie, lourdes, joviales et insouciantes en: Allemagne, charnues, gourmées et grossières en: ‘Angleterre. Leurs : livres tiennent, sur cette matièr €; de c ce caractere général.
LE. cocu AGE MODERNE ÿ
où COCUAGE-FEMELLE.
Aujourd” hui, à à ce mot, cocuage, notre pudi- bonde société glouse des petits cris de nu effrayée, joue la comédie d’un chaste effarement,
remonte son col, ouvre son éventail, se voile un œil, en un mot grimace la peur et lhorreur de ce mot, mais a-telle plus peur et plus horreur de la chose que la vieille société gaillarde du … régent et de Louis XV ! La cultive-t-elle moins dans le secret du boudoir ? Je respecte religieu- “sement les cornes de tous en général et de chacun. en particulier, néanmoins en attendant que celui qui ne croit pas en avoir, les jette à la tête de ceux qui le coiffent, | affirme que les écrivains modernes parlent tout autant et mên.e plus de cette chose de leurs He Rue
seulement ne pouvant trouver le secret de leur gaité et de leur esprit, 1ls amorcent la curiosité par une immoralité d’autant plus dangereuse qu’elle est plus habilement voilée.
Quel livre, quel journal, quelle pièce, quel canard, etc., n’a son coup de plume ou plutôt son coup de corne contre les maris ? Partout on sonne contre eux, à toute volée, les cloches de Corneville. Où aller, où courir, où se cacher, où dormir sans trouver sur sa tête une porte St-Denis imexorable ? Nimium fortunah conjuges ! Trop heureux les infortunèés maris, s’ils n'avaient à redouter que ce vieil et égrillard cocuage, dont moult riaient nos facétieux pères et qu'ils n’eussent point à trembler devant un cocuage plus perfide et plus honteux : le cocuage moderne.On pouvait rire du premier, il était presque de bonne société, on ne peut que rougir du. second, il sent le mauvais lieu. Nos auteurs contemporains, à bout d’expédients littéraires à sensation, ont inventé, non, le mot est plus juste, enfanté une espèce nouvelle de cocuage : le cocuage femelle. Convaincus que les espèces connues et pratiquées jusqu’à ce jour, bien que nombreuses et variées, ne sufhisaient plus à la consommation, je veux dire aux émotions d’un public blasé, ils ont pimenté la chose et au lieu de rivaux ils ont donné des rivales aux maris. Monsieur pourra désormais serrer, sans crainte, Ja main de son ami, oublier son cousin dans le salon et laisser son valet promener son plumeau partout, il est garanti; mais, qu’il ait l’æl... sur amie ou sur la femme de chambre de made-