‹ Bibliographie clérico-galanteChapitre 20 sur 152 · LE COMMENT · texte numérisé non relu

LE COMMENT

Devant une délation, si peu mystique et aussi accentuée; il n’y à pas jugement téméraire à penser que mes délateurs, tout catholiques qu’ils se prétendent, eussent hésité, en pareil cas, à m'infliger un gros et productif procès en diffamation. Bien

que peu riche et malhonnêtement frappé dans le commerce qui +

me faisait vivre, je résistai pendant quelques jours, difficilement je l’avoue, à la tentation de faire aux pauvres l’aumône de ce procès. Il me souriait de forcer ces prêcheurs de charité, à la pratiquer, un peu malgré eux, dans cette circonstance. Si leur morale, toutes les fois qu’ils la soutiennent si malencontreusement, leur coûtait l’'aumône de quelques cents francs, il est probable qu’ils la prodigueraient moins ou qu’ils l’enseigneraient plus honnêtement. Insulteurs et calomniateurs par dessus le marché, n’ont-ils pas pour compléter le genre du malpropre fait le pire du métier, dénoncé avec le parti pris de nuire et de nuire en abusant de ce qu’il y a de plus sacré: l'honneur et la morale? Qu’aviez-vous donc contre moi, chanoine V. P°'"? Que vous ai-je donc fait, journaliste L. V'‘*? Je ne vous ai jamais tant connu, ni tant lu, que le jour où vous avez chargé le parquet de me forcer à vous connaître, et ce qui est autant désagréable, à vous lire. Vous n’étiez dans ma vie, ni grands ni petits, ni sots ni spirituels. vous avez voulu m'être dangereux et nuisibles, pourquoi? Je ne demandais qu’à vous ignorer. Il ne m'était jamais venu la curiosité de savoir, L.V*'*, si, dans l’égoût, où vous remuez tant de drôles de choses, vous étiez un ouvrier pour le bon motif, ou un ouvrier pour l’argent; si, en un mot, c'était pour le ciel ou pour la terre que vous vous donniez tant de mal, et que parfois, vous en faisiez tant. Pourquoi, un jour, m'avez-vous attendu au coin de cette sentine et m’avez-vous traîtreusement jeté dans toute cette boue? Sous le

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INTRODUCTION. XXIIT

prétexte anus et trop élastique de nettoyage, vous m’avez sali de la pire facon. Je vous le dis, si vous voulez qu’on croie à votre vertu, à votre honneur et à votre morale, faites-en les actes. Comment nommeriez-vous, vous qui ne nommez pas, mais qui attachez des enseignes au cou des gens, l'individu qui, le pied dans le ruisseau le plus fangeux, attendrait un passant inoffensif, et d’un coup bien calculé le couvrant d’immondices, crierait alors: Défiez-vous, prenez garde, c’est un malpropre, il va vous salir; — ou cet autre qui, ayant sa maison pleine de livres friands, très appétissants... et dans les coins, des camarades et des collègues qui font sur enfants et petites filles des choses, qu'on ne fait guère que là, dirait à un juge: Vous savez, vous êtes aveugle ou sourd, ou vous ne devez pas | ignorer, qu’à tel endroit, à cette enseigne. je ne nomme pas la F personne, il se passe des abominations... C’est là, vous entendez, mais je ne nome pas... Le juge remercie... (comment le nommeriez-vous ? en attendant que vous m’indiquiez le mot propre, mettons le clérical) et l’on tombe chez l’innocent, qui a bien du mal à prouver qu'il n’est pas coupable? Voilà mon cas, vous me dénoncez comme vendeur d’obscénités, de livres licencieux et ultra-licencieux ... et jamais mon officine, n’a abrité la centième partie des ouvrages clérico-galants décrits dans cette bibliographie, et jamais je n’enai vendu, ayant auà tant de saveur érotique, que Vénus dans le cloître, de l'abbé de Chavigny, les Jésuites mis sur l’eschafaut pour plusieurs crines capitaux commis par eux, pas le P. Jarrige, jésuite; etc. Vous avez tiré librement sur moi, à plein goupillon et à pleine plume, tout le venin de la délation cléricale la plus savante et la plus habile, et vous trouveriez bon que j’étouffe sous toutes ces ordures, sans vous les rendre? Un certain écrivain de votre connaissance, Déodat, était-il aussi diffamé et autant dénoncé que moi, quand il écrivait ces lignes: « Ils calomnient \ cemme s'ils n'avaient fait autre métier toute leur vie. Ils ont tort. Premièrement, c'est sot; secondement, ce n'est pas honnête; troisièmement, c'est périlleux. Je les avertis que je trouve qu "6 sont allés trop loin sur mon compte. Qu'ils n’y reviennent pas. Une autre fois, je les enverrai aux juges qui les feront taire. » Giboyer doit se souvenir de cet avis, mais Déodat qui l’a donné pour lui, le pratique bien lestement pour les autres,

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