‹ Bibliographie contemporaineChapitre 26 sur 143 · ARÉTIN · texte numérisé non relu

ARÉTIN

traduits pour la première fois. Première partie, Paris, Lisieux, impr. Motteroz, 1879, 3 vol. in-18, tirés à 350 ex. pap. vergé.

Cette première partie contenant : la Vie des religieuses : — la vie des femmes mariées et la Vie des courtisanes, est la traduction du : Ragionamento della Nana et délia' Antonia... Parigi (Venise), 4534, petit in-8.

La Nana moderne, qui étale si effrontément ses impudeurs et ses succès, aurait-elle volé à l'héroïne de l'Arétin, non-seulement son nom, mais encore ses vices embellis, mis... à la portée de tout le monde ? Quoi qu'il en soit, le parquet, dédaignant la Nana populaire, tirée à 100,000 exempl., poursuivit, pour outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs, la Nana ancienne, tirée à 350 ex., au prix de 100 fr., et la condamna, dans la personne de son éditeur, à 400 fr. d'amende, le 29 janvier 1880. I.a Couc d'appel a confirmé ce jugement par arrêt du 4 mars.

— ... Seconde partie, première journée (L'Éducation de la Pippa). Londres (Paris), 1880, in-18.

Cette seconde partie est traduite du Dialogo de M. Pietro Aretino, Torino (Venise). !536, petit in-8. Les Roueries des hommes et la Ruffîanerie, qui doivent compléter les 6 vol. in-18 annoncés au prix de 100 fr., paraîtront prochainement. Il ne nous appartient pas d'examiner cette traduction nouvelle, au point de vue de la condarnnation qui l'a tlétrie, ou plutôt recommandée à la curiosité des chercheurs d'érotisme, c'est l'aflaire de l'éditeur et du parquet et non la nôtre ; mais il nous est permis de l'apprécier au point de vue littéraire et... de regretter qu'on l'ait donnée. En effet, si le latin brave la pudeur, son fils harmonieux, l'italien, parle l'impudeur avec une élégance, une distinction, presque une certaine poésie qui l'excuse et qui, souvent, hélas ! l'embellit ; mais le français, intraitable et pudique, langue chaste et austère, loin d'atténuer la pen,«ée lascive et de voiler le mot risqué, les accentue et les souligne. Le livre, chaste en latin, léger en italien, devient obscène en français. C'est une fatalité linguistique qui tient au tempérament et au génie différents des peuples : le mot propre chez l'un devient le mot sale chez l'autre. Au reste, l'amateur de livres est un savant ou... le contraire ; s'il est savant, il abordera franchement le texte primitif et y trouvera des charmes de style et des nuances de pensée et de mots que la traduction la plus parfaite ne saura jamais rendre : tradutor, traditor ; s'il est le contraire, quel besoin a-t-il d'une traduction et surtout de passages scabreux traduits de {'italien en latin ? Un tirage restreint un prLx élevé, ne sont pas des barrières contre l'appétit sotadique ; au contraire, il ue les saute que mieux quand le livre a passé au rasoùt d'une condamnation. Que de livres seraient morts-nés si le parquet ne les avait dosés o'un puissant élixir de vie en les faisant condamner... à mort !..,

— CEdvres ctioisies, traduction de P.-L. Jacob, bibliophile (Paul Lacroix), précédées de la vie de l'auteur. Paris, Gosselin, 1845, in-12.

— PuT.iNA errante, traduction française. Lampsaque, 1760 (Bruxelles, Gay, 1871), gr. in-8, 24 grav. au trait.

Cette pièce, tirée à 100 ex., a également paru dans un recueil qui, sans façon, lui fait payer l'hospitalité, en lui empruntant cavalièrement le nom de son auteur : La Bibliothèque d'Arétin, conten. L'Ecole de» filles : — La Putain errante, d'Arétin ; — Marthe Le Hever, de Corneille Blessebois ; — Comédie galante de Mme la comtesse d'Olonne, de Bussy-Rabutin ; — Filon réduit à mettre cinq contre un, — etc. Cologne, Pierre Marteau, s. d. (vers 1680), petit in-12. 404 pp. Réimpr récemment en Allemagne, sous la fausse indication : Londres, 1803, in-18. Le cabinet de Vénus, Cologne, chez les héritiers du P. Marteau (Paris, vers 1766), 2 vol. petit in-12, 12 fig., est la éimpression de la Bibliothèque d'Avétin,

50 ARÉTIN. — ARGAUD-DEBARGES.

— Sept (Les) petites nouvelles de Pierre Arétiii, concernant le jeu et les joueurs, traduites en français et précédées d'une étude sur l'auteur et sur divers conteurs italiens, par Philomneste Junior. Paris, J. Gay, 1861, petit in-i2, 95 pp., portr. (Rouveyre, 1877, 8 fr.).

Condamné à la destruction par jugement du tribunal correctionnel do la Seine, le 22 mai 1863, ce petit ouvrage, traduit par Gust. Brunet, est presque déjà introuvable.

— Sonnets luxurieux, suivis des Doutes amoureux, avec leurs solutions, traduits de l'italien en français, pour la première fois, par A. P"**, précédés d'une notice bio-historicobibliographique sur l'Arétin, Rome, aux dépens des plus illustres cardinaux, mdxxiv (1871), in-i6, xxi-123 pp. et 1 S.

Tiré & 150 ex., dont 15 gr. pap. fort de Hollande,, 10 pap. jaune et 5 pap. cbine.

ARÉTIN (L') français, par un membre de l'Académie des dames (par Félix Nogaret), suivi de : Les Épices de Vénus, ou Pièces diverses du même académicien, Londres, 1803, in-18, 24 pp., 20 fig, libr. — Paris, à la librairie clandestine, 1829, in-18, 19 fig. de Borel, grav. par EUuin. — Bruxelles, 1830, in-<8, 63 pp., 19 lithogr. — Paris, à la librairie clandestine (Bruxelles), 1869, in- 18, 46 pp. 19 fig. par Borel, gr. par EUuin, prix : -15 fr.

Ouvrage libertin souvent condamné, et qui mérite de l'être.

ARÉTIN (L') moderne. Rome, aux dépens de la congrégation de l'index, -1834, 2 vol. in-18 (cat. Duquesne, à Gand, 1864, 2 fr. 50).

Ouvrage de l'abbé Dulaurens, fort curieux, L'ex-moine, censeur impitoyable des mœurs cléricales, promène sa fantaisie satirique dans la Bible, les usages religieux, les couvents, etc., et y récolte les anecdotes les plus singulières et les plaisanteries les plus vives. Voir dans un chapitre la naissance d'un certain Godmicbé, ses exploits libertins, etc.

ARGAUD-DEBARGES.

— L'Akt (L') de chier, poëme. Paris, jDidot aîné, 1806, in-8, 8 pp. — Réimpr. dans le Bibliophile fantaisiste, pp. 78 et suiv.

Facétie peu connue et pourtant très-spirituelle.

Heureux est le mortel qui, du monde ignoré,

Chie au gré de ses sens, dans un lieu retiré !

Pour moi, dans cet instant, bravant votre satire.

Je vais dans mon grenier m'appréter à bien rire.

A bien me déchirer je vous donne les droits ;

Canonnez, pétardez mes plus-faibles endroits... ;

Mais, quoiqu'à critiquer, tous droits vous soient donnés,

N'allez pas cependant, y fourrer voir» nez.

ARGENSON. — ARISTENÈTE. 51

ARGENSON (René-Louis de Voyer, marquis d'), né en 1694, mort en janvier 1757. Journal et mémoires publiés pour la première fois d'après les manuscrits autographes de la bibliothèque du Louvre, par E.-J.-B. Rathery. Paris, veuve J. Renouard, 1859- 66, 9 voL gr. in-8 (Gurmer, 1874, 54 fr., d'Haubersart, 1858, 52 fr.. Fontaine, 1877, 180 fr.)

Cette édition a d'autant plus d'intérêt que le manuscrit a péri dans l'incendie allumé par la Commune en 18*1.

ARGENT (L'), par un homme de lettres devenu homme de bourse (Jules Vallès). Paris, Ledoyen, 1857,in-18 jésus, médaillon argenté sur la couvert, (cat. raisonné de romantiques, Laporte, 1874, n» 22, 4 fr.).

Cuiieux : L'Actionnaire, son passé ; — M. V"entrn et son dîner ; — Géographie de la Bourse ; — Coulisses et coulissiers, etc.

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