GOLDSMITH
vue. Ce roman, devenu classique, est Téglogue la plus dramatique et la plus naïve, c'est l'épopée de la vie domestique, le coin du feu, immortalisé par le génie. Cette histoire d'un curé de campagne, plein d'une douce bonté de cœur, d'une inaltérable sérénité d'esprit et d'une confiance inébranlable dans la Providence, est une délicieuse et piquante idylle terminée par un roman sentimental dont les sentiments les plus purs et les plus vrais exprimés avec une rare et simple élégance font excuser les invraisemblances. La facilité et la grâce du style, la vérité des principaux caractères, la simplicité des incidents, pourtant pathétiques et émus, de la délicieuse bonhomie des mœurs font du vicaire de Wakefîeld une des plus gracieuses et des plus honnêtes fictions imaginées par l'esprit humain. L'action est faible et peu variée, mais que de détails domestiques vrais et touchants et quel admirable tableau de la famille.
Un chef-d'œuvre comme celui-là est un brevet d'immortalité qui défie le temps et les critiques.
— Histoire d'Angleterre continuée jusqu'en 1815 par Gh. Coote et jusqu'à nos jours par le traducteur M«»e Alex. Aragon. Paris, Houdaille, 1837, 4 vol. in-8. (Fontaine, 1872, dem. v. 20 fr.)
— Ministre (le) de Wakefield, traduct. nouvelle précédée d'un essai sur la vie et les écrits de Goldsmith, par Hennequin. Paris, Brédif, 1825, in-8, 1 fig.
— Vicaire (le) de Waketield, traduit en français avec le texte anglais en regard par Gh. Nodier, précédé d'une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur par le même et suivi de quelques notes. Paris, Bougueleret, 1837, in-8, 10 fig. de Tony Johannot, grav. par Finden, fig. dans le texte de Marville, Janet -Lange, etc. vignettes, fleurons, culs-de-lampe, encadrements grav. sur bois par Andrew, Best, Lacoste, Prévost, 15 fr. (Rouquette, 1880, dem. m. 35 fr. ; 1881, dem. m. 30 fr.; Amand, 1870, dem. m. 29 fr.;Morgand etFatout, 1880, dem. m. 35 fr.)
Premier tirage des gray. de Tony Johannot»
— Traduction nouvelle par M^»» Louise Belloc, précédée d'une notice par sir Walter Scott. Paris, Gharpentier, 1839, in-18, 3 fr. 50.
Tradaction réputée la meilleure.
^ Traduction de Gh. Nodier. Paris, Hetzel, 1844, gr. in-8, fig. de Tony Johannot. (Foûtaine,1872, dem. m. 20 fr.; Lepin, 1880, dem. m. 30 fr.; Glouzot, 1885, dem. rel. 12 fr.)
Denzième tirage des fig. de Tony Johannot.
— Traduct. de Gh. Nodier, 4« édit. in-8. port. Paris, Blanchard, 1853, 2 part, et fig. de Jacques, (Rouquette, 1878, br. 4 fr.; 1880, dem. m. 10 fr. Morgand et Fatout, 1885, br. 50 fr.; Gougy, 1888i br. 6 fr.)
88 GOLLUT. — GOMART.
— Traduction nouvelle et complète par B. H. Gausseron. Paris, Quantin, 1885, gr. in-8, fig. en coul. 20 fr.
— ViCAR (The) of Wakefteld a taie. Paris, Renouard, 1800, in-12, 6 fig. de Monnet et 6 eaux-fortes de Lafitte. (Rouquette, 1881, dem. m. 300 fr.)
GOLLUT (Loys), né à Pesmes vers 1505, mort à Dôle en 1565, où il était avocat et professeur de littérature.
— Mémoires (les) historiques de la république séquanoise et des princes de là Franche-Comté de Bourgogne, nouv. édit. corrigée sur les documents contemporains et enrichi de notes et éclaircissements historiques par Gh. Duvernois, accompagnée de tables méthodiques par Emm. Bousson de Mairet. Arbois, Javel, 1845-46, in-8 à 2 colonn. 20 fr. (Bachelin-Deflorenne, 1876, dem. m. 15 fr.)
— Paris, 1856, g. in-8. (Ghossonnery, 1876, br. 7 fr.)
Même édit. qae la précédente. La première édit. a été publiée à Dôle, 1592, in-folio. GoUnt réclamait en fayenr de Dôle le titre de capitale de la Franche-Comté de Bonrgoçue, les magistrats de Besançon oatrés de cette prétention condamnèrent son livre au feu et en défendirent la vente sur le territoire sonmis à leur juridiction. L'antear 7 répondit par an mémoire intitulé : Défense contre le décret de la cité. Ce manuscrit est resté inédit et les publicatenrs de la nouvelle édit. ont eu le tort de ne pas le reproduire.
GOMARD (A. J. J. Posselier dit).
— Escrime à la baïonnette, ou Ecole du fantassin pour le maniement du fusil comme arme blanche. Paris, Dumaine, 1847, in-8, 36 pi. (Dorbon, 1882, br. 4 fr.- Dufossé, 1885, dem. rel. 6 fr.)
— Théorie (la) de l'escrime enseignée par une- méthode simple, basée sur l'observation de la nature ; précédée d'une introduction dans laquelle sont résumés par ordre de dates tous les principaux ouvrages sur l'escrime qui ont paru jusqu'à ce jour, etc. Paris, Dumaine, 1845, in-8, 20 fig. de Guérin, 7 fr. (Perrault, 1883, b. 40 fr.)
Cet ouvr. peu commun contient une bibliographie très complète de Tescrime.
GOMART (Charles), né à Ham, en 1805, mort en 1885.
— Essai historique sur la ville de Ribemont et son canton. Saint-Quentin, 1869, in-8. nomb. grav. et 1 plan, 6 fr. (Ghossonnery, 1876, br 5 tr.; Dorbon, 1882, br. 6 fr.; 1888, br. 5 fr.)
— Etudes Saint-Quentinoises. Paris, Laon, Saint-Quentin, 1862-78, 5 vol. in-8, plan et nombr. gravures sur bois, 37 fr. 50.
— Extraits originaux d'un manuscrit de Quentin de la Fons, intitulé : Histoire particulière de la ville de Saint-Quentin et Paris, 1856, 2 vol. in-8, fig. et plan. (Labitte, 1877, dem. v. 8 fr.;
— Ham, son château et ses prisonniers. Paris, Dumoulin, 1864, in-8, grav. et plan, 5 fr.
OOMBAULD. — G0MB0U9T. 89
— NoTicB sur Tabbaye de Saint-Martin-de-Lan (ordre de Prémontré). Laon, Gonquet, 1870, in-8, 48 pp.
— NoTiCB sur la fête de l'arquebuse en 1T74. Amiens, 1856, in-8, 23 pp. fig. CGhossonnery, 1876, br. 2 fr. 50.)
— PLANS,vues et reproductions relatifs à la ville de Saint-Quentin. Saint- Quentin, Doloy, s. d. in -fol. 26 pi. (Porquet, 1884, dem. m. 10 fr.)
— Siège de Saint-Quentin et bataille de Saint-Laurent en 1557, Saint- Quentin, Doloy, 1859, in-8, 1 carte géographique avec 1 plan de la ville, 1 fac-similé de la prise de la ville d'après Gérôme Cook, peintre de l'Espagne sous Philippe II et plusieurs grav. sur bois, 3 fr. (Dorbon, 1882, br. 2 fr. 50.)
— Siège de La Fère par Henri IV (1595-96). Amiens Lenoël-Hérouart, 1868, in-8, 46 pp.
GOMBAULD (Jean-Ogier de), né vers 1570 à Saint-Just-de- Lussac, mort en 1666. Bien qu*on le considère comme le sonnetiste le plus remarquable du xvn» siècle, Boileau a dit de lui :
Et Gombauld, tant loaé, garde encore U boutique ;
Et Golletet dans une épigramme manuscrite :
Gombanld n'approuve ancan lonnet, Et dit qu'on n'en saarait bien faire ; La raiion en est toute claire, C'eit qu'il n'en a jamais bien fait.
— Epigrammes (les^ nouv. édit. donnée aux frais et par les soins de J. V. F. Liber. Lille, impr. Béhague, 1861, in-12. (Morgand, 1882, pap. jonquille m. pi. 38 fr. ; Dufossé, 1885, dem. m. 10 fr.)
Ses epigrammes ont moins de fadeur 'et de préciosité que ses sonnets.
GOMBOUST (Jacques).
— Plan de Paris, dressé géométriquement en 1557, publié en 1652, avec le texte, les vues et les ornements qui accompagnent quelques exemplaires, augmentés d'une feuille d'assemblage pour faciliter les recherches, gravé en •fac-similé par Lebel et publié par la Société des bibliophiles français. Paris, Techener, 1858, in-fol. et texte in-12, 55 fr. (Porquet, 1867, br. 50 fr.; 1884, cart. 45 fr. Picard, 1888, cart. 35 fr.)
Le texte qui porte le titre de : Notice sur le plan de Paris, arec le discours sur l'antiquité, grandeur, richesse, gouvernement de la ville de Paris, par P. P. 1858, in-12, se trouve souvent seul. (Dorbon, 1888, br. 7 fr.). Cette notice est par Leroaz de Linoj.
— Rouen au xvn® sièôle précédé d'une notice sur quelques anciens plans de Rouen et sur la population de cette ville à diverses époques, par Ed. Frère. Paris, Tardieu, 1861, in-8, grav. 5 fr.
96 GOMMER. — GONCOURT.
GOMMER (P. d^), seigaenr de Lusancy.
-^ AuTOURSERiE (de V) et de ce qui appartient au vol des oiseaux, nouv. ' édit. revue et annotée par H. Ghevreul. Paris, Aubry, 1877, petit
Gstte rôimpreBsioii de réctil. or%. de 1604 a été Urée à 100 ezempl. F. de Gommer, seigneur de Brenil, frère de l'aateur a également collaboré à cet oarrage.
GOMONT (HO, né à Paris en 1815.
— Chevaliers (les) romains depuis Romulus jusqu'à Galba. Paris, Amyot, 1854, in-8, 56 pp., 1 fr.
GOMOT (Hipp.) né à Riom, en 1837, ancien ministre de Tagriculture.
^ Histoire du château féodal de Tournoël (Auvergne). Clermont-Ferrand, 188J, in-8, 3 fr.
— Marilhat et son œuvre. Clermont-Ferrand, 1884, in-8, 2 fr.
GONCOURT (EdnQond-Louis-Antoine et Jules-Alfred Huot de Goncourt), petits-fils de Jean-Antoine Huot de Concourt, député à l'Assemblée nationale de 1789 et fils de Marc-Pierre Huot de Goncourt, chef d'escadron, mort en 1834 ; ils sont nés, le premier, le 26 mai 1822 à Nancy, et le second à Paris, le 17 décembre 1830. Le plus jeune est mort à Auteuil, le 20 juin 1870.
Pour apprécier au moins impartialement ces deux frères siamois de la littérature, considérés par beaucoup de critiques comme des naturalistes, outrés jusqu'à l'immoralité, et par d'autres comme des stylistes maniérés et prétentieux, il est nécessaire de diviser leur œuvre tfn deux genres : le roman et l'étude biographique ou artistique. MM. de Goncourt, on le saijt, sont érudîts et peintres, collectionneurs et artistes, bibliophiles et graveurs à l'eau-forte. Ils excellent à prêter une âme et un esprit au bric-à-brac, après en avoir décrit ou plutôt peint le corps. Ils ont, comme ils disent, Vécritt^e artiste. Ils peignent une époque, le xviii® siècle, ce siècle, par excellence, des galanteries artistiques, littéraires, sociales, philosophiques et même religieuses, avec une variété de couleurs, une richesse de style et un luxe de documents et de recherches, qu'il est impossible de demander davantage à la plume la plus habile, à l'observation la plus fine et à la science la plus étendue. L'Histoire de la société française pendant la Révolution et sous le Directoire, la Révolution dans les mœurs. Portraits intimes du xviii« siècle, Sophie Arnould d'après sa correspondance et ses mémoires inédits. Histoire de Marie- Antoinette^ les Maîtresses de Louis XV, la
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Femme au xvni« siècle, réimprimée sous le titre TAmour au XVIII» siècle, PArt au xviii» siècle, embrassent, dans des études savantes et unes, toute l'esthétique psychologique, morale et artistique de cet éblouissant mais sceptique xviii^ siècle. Ils ont, pour ainsi dire, les qualités et les défauts du siècle qui est l'objet et le but de leur prédilection artistique et littéraire. Leur plume fine, déliée, spirituelle et galante est aussi maniérée et autant prétentieuse que leur burin : ils font toujours et en tout, en' littérature et en art, du Boucher, du Watteau. Leurs livres, à bien dire, sont les fêgendes de leurs eaux*fortes.
Il y a des bergeries maniérées et bariolées comme dans Watteau, des amours gras et gamins et des jeunes filles chastement hypocrites comme dans Boucher, des pastels poudrés comme dans La Tour; c'est un style régence qui met du rouge, poudre à blanc sa perruque et cache ses rides vieillottes sous les facettes brillantes d'un esprit alambiqué. Dans ces livres précieux que d'attrayantes peintures, mais que de mauvaises rencontres à faire et de périlleuses connaissances à retrouver l Quel carnaval sans fin, que celui, oi!i au milieu d'images voluptueuses, de visages souriants, de noms consacrés par des légendes de galanterie et de plaisir, se travestissent et se croisent, se masquent et se déguisent le mari et l'amant, réponse et la maîtresse, l'honneur et la honte, la petite maison et le ménage ! Anecdotes assaisonnées de bons mots et d'épigrammes, amours faciles, gr&ces courtvêtues, fleurs artificielles, romans au musc, muses baignées dans le vin de Champagne, rien ne manque au tableau de cette société dont la corruption polie, la gr&ce moqueuse et la négation absolue qui caractérisent les sociétés prêtes à tomber en dissolution et en pourriture, annoncent la prochaine et suprême expiation. Ils ont chifTonné un peu partout et mis tout à contribution pour faire revivre ce pimpant xviii» siècle. Tous les tableaux du temps, toutes les estampes, les livres, les mémoires, les pamphlets et jusqu'aux brochures les plus inconnues, leur sont familiers, et ils s'en serrent avec habileté pour reproduire, à force d'investigations curieuses et des rapprochements ingénieux, le caractère d'une société si proche encore de nous par la date et si éloignée pourtant par les mœurs. Ces études, où les deux écrivains ont prodigué l'érudition la plus étendue et l'art le plus consommé pour reconstituer cette époque frivole et superficielle, toute de clinquant et de maniérisme, bien qu'elles fatiguent souvent par le scintillement continu du style, aux mille facettes toujours pareilles, par une exagération affêtée de mots et d'images et par .des effets trop voyants de couleurs, n'en resteront pas moins leur meilleur titre de gloire, une œuvre intéressante, curieuse, nourrie
de faits, pleine d'observations justes et fines, spirituelle et quelquefois vibrante et forte jusqu'à Téloquence. On se demande comment, j'allais dire, ces abbés musqués, disons plutôt ces deux marquis galants et frondeurs du xviii*» siècle, ont pu, dans un moment d'orgie littéraire sans doute, jeter tout ce luxe, tout cet esprit, toute cette science, toute cette distinction artistique, en un mot, dans la fange du naturalisme, et encore beaucoup de naturalistes nient et repoussent leur naturalisme et laissent Zola seul brûler du sucre sur leurs romans.
Dans leur premier genre, le meilleur, les Goncourt, s'inspirant de tout un siècle : estampes, tableaux, pastels, gravures, mémoires, brochures avaient eu en réalité pour collaborateurs. Boucher, Gochin, Eisen, Huet, La Tour, Moreau, Debucourt, Vanloo, les Mémoires secrets de Baohaumont, ceux de Saint- Simon» etc., mais dans leur dernier : roman et théâtre, ne s'inspirant que d'eux-mêmes et voulant être originaux, ils ne sont, en versant dans un naturalisme outré, que singuliers et immorauXé Comme le jugement que ma conscience littéraire me forcerait de prononcer sur leur œuvre romancière pourrait sembler trop sévère et même exagéré, je choisis quelques appréciations de nos critiques, plus disposés pourtant à être leurs admirateurs que leurs juges.
De Pontmartin, Souvenirs d'un vieux critique, 7« série, 1886, p. 225 : « La collaboration fraternelle, que dis-je ? jumelle et siamoise de MM. Jules et Edmond de Goncourt a été curieuse, touchante : elle tenait du phénomène. Par malheur, cette médaille bicéphale avait un revers. Depuis la mort de Jules, le plus jeune des deux frères, la littérature du survivant a tellement baissé, que, s'il n'était soutenu par la plus absorbante des coteries et adopté par l'école nouvelle, non pas tout à fait comme un ancêtre, mais comme un oncle à héritage, il ne serait plus coté. Pour ma part, dans le riche répertoire du roman naturaliste, je ne connais rien de pire que la Fille Elisa, la Faustin et Chérie... Le naturalisme s'évanouira de lui-même, comme se dissipent les miasmes c.hassés par un rayon de soleil. »
Merlet, Hommes et livres, 1869, p. 81 : « J'ai bien hésité avant de vous entretenir des faits et gestes de Germinie Lacerteux, qui ne mérite guère d'occuper les loisirs des honnêtes gens. Car le silence serait peut-être la plus sûre protestation contre les délits que condamnent Vart, le goût et la. politesse des lettres françaises. Mais ce roman fait tapage ; la notoriété de ses auteurs le désigne à l'attention publique, il a des prétentions humanitaires, il porte une cocarde. Résignons-nous donc à en dire un mot : notre franchise ne saurait blesser des écrivains envers lesquels on a le
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droit d'être sévère : car leur plume a quelque valeur jusque dans ses écarts, et Tattentat littéraire qu'ils viennent de commettre est aggravé par un talent incontestable. Je retrouve, en effet, ici une adresse de pinceau, que je ne puis méconnaître, en dépit de son fâcheux emploi. MM. de Concourt ont un style souvent bizarre et maniéré, mais qui leur appartient, et a le mérite de traduire énergiquement les sensations. Aux dons naturels d'une imagination qui reproduit avec éclat et relief les couleurs et les formes, à l'énergique vivacité du trait, ils associent l'entente industrieuse de tous les procédés qui s'apprennent dans l'école du réalisme pittoresque. Ils ont de la facture, un tour de main leste et expérimenté. Ils savent disposer un décor, faire valoir les accessoires, mettre en saillie des morceaux à effet, et détacher des hors-d'œuvre en pleine lumière. Moins soucieux de l'ensemble que du détail, ils esquissent, ils peignent, ils gravent, ils décrivent avec une vérité d'une si minutieuse exactitude que leurs croquis vivants et vigoureux font à l'imagination l'illusion de l'œil ; on croit voir ce qu'on lit. Ils sont peintres, et c'est à cette vocation qu'ils doivent leurs succès les mieux établis. Ces prétendus inventeurs du roman philanthropique, mais qui ne sont que de nouveaux propagateurs de l'art démocratique, passent, comme des valets de*cuisine, ces historiens des élégances passées, ces érudits de boudoir, le torchon poisseux de Germinie Lacerteux sur les dentelles qu'ils ont jusqu'alors si voluptueusement chiffonnées, sauf quelques premières pages du livre à peu près lisibles et quelques chapitres mêmes consacrés à la biographie de M**« de Varandeuil, où il y a de l'intérêt, on est comme suffoqué par les exhalaisons d'une atmosphère fétide. Aussi je ne sais comment affronter les dégoûts de cette analyse... Cette messaline plébéienne, une traînée, tombe de chute en chute au-dessous de la débauche même. Mais glissons sur ces chapitres que l'on croirait écrits par Parent- DuchéLtel et, dans un ouvrage spécial, dont les renseignements viennent de la préfecture de police..» Les yeux, l'ouïe, l'odorat et les sens les moins délicats ou les plus courageux se détournent avec une invincible répulsion de ce milieu impur, de cette orgie de réalisme brutal.
Il faudrait être une Germinie ou un Jupillon pour respirer, sans être asphyxié, ces miasmes dont le voisinage est délétère^ même à distance.
Non seulement, il n'y a pas une leçon sociale et un sentiment sympathique aux souffrances des déshérités, dans ce roman qui revendique les franchises de la science, mais c'est une, insulte faite aux classes populaires et une excitation au mépris des petits et des pauvres. Gomment ! ces avocats de la misère, qui a'impro*
visent patrons du peuple^ veulent intéresser & ses douleurs, aux cruautés de sa destinée sociale et chez les héros qu'ils choisissent dans ce but, je ne rencontre que la laideur, la débauche, l'ivrognerie et les types hideux de cette misère morale que Ton ne saurait plaindre parce qu'elle est un châtiment mérité!... Vous croyez faire acte de charité démooratique en nous découvrant ces basfonds oti les prisons recrutent leur personnel ! Non, le peuple a trop de bon sens pour vous savoir gré de vos bonnes intentions : il vous accuserait plutôt de l'avoir noirci par des peintures flétrissantes, dont il repousse la solidarité... Non, Part ne doit pas être l'asile des femmes perdues, l'hôpital des infirmités les plus repoussantes, un cabinet d'histoire naturelle oil l'on fait collectfon de monstres. Ce qui nous répugne en chair et en os, pensez-vous le rendre agréable en le détaillant au microscope ? Mais vous démontrez vous-mêmes, à chaque ligne, malgré votre vaillance, l'impossibilité ou l'inconvenance de ces tentatives, contre lesquelles se révolte la langue ^ançaise. Car vos pages les plus risquées sont précisément celles qu'on trouvera les plus timides, si on les compare aux originaux que vous êtes forcés d'affadir en nous infligeant leur portrait. Votre Jupillon, par exemple, croyezvous qu'il soit ressemblant? Non certes; car s'il Tétait, vous n'auriez assurément pas signé votre livre.
Aussi votre témérité n'a-t-elle pu se permettre qu'une ébauche pusillanime, oh balbutie une traduction approximative. En maint passage, vous en êtes réduits à sous-entendre, à paraphraser, à indiquer furtivement, ce qui ne saurait entrer dans le vocabuladre du réalisme le plus audacieux. Et pourtant, cela même nous paraît encore trop fort. Malgré tous ces faux-fuyants, nous tournons la feuille inachevée : notre cœur se soulève. Que serait-ce donc si vous aviez eu la logique de votre système ? Ce n'était vraiment pas la peine de se mettre en frais d'audace, pour se démentir par des circonlocutions, des adoucissements volontaires, des oublis calculés, des suppressions dont la réalité murmure et dont les vivais Jupiilons riraient fort à vos dépens.
Nous pourrions faire ressortir les invraisemblances de Faction, des situations et des rôles et les contradictions des caractères et des faits, mais il nous tarde de secouer le poids de ce mauvais rêve. Brusquons donc la conclusion en disant que le talent se diminue ou s'abaisse dans ces luttes stériles contre des sujets indignes dé lui. Germinie fut enterrée dans la fosse commune. Le livre qu'elle a inspiré doit nécessairement avoir le même sort. »
En lisant cette appréciation, un peu écourtée, dont Merlet fustige cette élocubration naturaliste, presque ordurière, où ae
doit pas être surpris, qu'en plein sénat, tout récemment, un sénateur ait protesté contre l'immoralité de la pièce tirée de ce roman et jouée luxueusement et effrontément par un théâtre subventionné par TÉtat.
Si leurs romans, longtemps inconnus du gros public, n'étaient enfin descendus dans la rue, qu'ils empoisonnent de leurs miasmes, et s'ils n'avaient envahi les masses qu'ils pourrissent, nous pourrions juger avec moins de sévérité les dangers de leur littérature voulue et préméditée. U n^y a de bon que les choses exquises, disent-ils quelque part, pourquoi n'en ont-ils pas fait la règle de leur système littéraire ? Mais peintres plutôt que psychologues, plus amateurs de style que curieux de phénomènes intérieurs, ils préfèrent le paradoxe à la vérité, un bon mot à un trait d^ caractère, un motif de tableau à l'étude d'une âme, la singularité au bon sens, les méfaits littéraires aux livres honnêtes et utiles. Le public les ignorait, ils ont voulu quand même et par tous les moyens s'imposer à son attention, ils ont jeté leur conscience littéraire par dessus les moulins de la fantaisie et se sont affiliés à la bande des révoUés de la littérature, j'allais presqu'écrire, des criminels. Pourquoi Luther fut-il hérétique? parce qu'il avait envie d'être pape, et qu'il ne pouvait l'être. Pourquoi Ârétin futil un écrivain erotique ? parce qu'il ne pouvait aspirer à être un écrivain honnête, même médiocre. Pourquoi toutes ces défaillances historiques, toutes ces apostasies littéraires, toutes ces singularités dangereuses, toutes ces révoltes et ces innovations étranges qu'on lit à chaque page dans l'histoire humaine ? sinon parce que l'homme a horreur d'être toujours le second et qu'il a l'ambition d'être le premier. Beaucoup de systèmes littéraires qui paraissent inexplicables n'ont pas d'autre raison d'être que celle-ci. Tout écrivain qui, honnêtement, peut se faire un nom eiune fortune^ dans les lettres, ne se jettera pas, par amour de la fantaisie et de la singularité, dans les délits littéraires ; il ne se fait criminel que pour satisfaire Une passion. Les Goncourt sont trop intelligents pour s'être déclarés naturalistes par amour du roman pittoresque et de l'écriture artiste, ils se sont faits tels, parce qu'ils ont pensé qu'ils trouveraient, dans cette exception,,, risquée, la célébrité qui les fuyait. Ils ramènent l'art d'écrire à la peinture. La plume est un pinceau destiné à reproduire toutes les perceptions et surtout celles de la vue. Le monde moral ne pouvant fournir à ce pinceau les accidents de la figure, de la couleur et de la ligne, ils peignent de préférence le monde physique qui, comme un immense atelier, leur offre les modèles qui conviennent à leurs goûts, ou plutôt qu'ils font poser le plus souvent en académie, La forme l'emporte sur le fond. L'une est le princi-
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pal, Tautre l'accessoire. Tous les sujets d'étude deviennent légitimes, sans distinction de bien ou de mal, de beauté ou de laideur. Ce sont néanmoins ' des paysagistes incomplets, il leur manque le sens poétique. Ils se contentent de reproduire les apparences sensibles, les contours, les surfaces, les jeux d'ombre et de lumière. Mais Texpression leur échappe. Ils ne font pas rayonner sous l'enveloppe Tesprit intérieur qui l'anime. Ils ne communiquent pas par le cœur avec Pâme des choses. Ils se défient trop du sentiment et de Tidée. Ils croient qu'on fait un tableau avec des combinaisons de substantifs^ mariés à des adjectifs. En rivalisant avec la peinture, ils ont essayé l'impossible : car tous les arts ont des tVontières naturelles que les violences faites à la langue française ne supprimeront jamaÎF. Dandys, passablement effrontés du matérialisme, ils affectent rironie d'un scepticisme infatué, le mépris de tous les problèmes qu'il faudrait aborder avec gravité, et le désabusement narquois d'une misanthropie ennuyée. Ils ne pratiquent guère que la philosophie du dégoût, que l'aigreur dédaigneuse d'esprits blasés qui prennent plaisir à ûétrir tout ce qui ressemble à un idéal. Peut-être, mais c'est une mince excuse, sont-ce des caprices, des boutades, des poses qui sont affaire de tempérament plus que de réflexion. Ils nous disent, en effet, dans une page des Idées et Sensations qu'il y a des jours où leurs nerfs sont agacés, oi!i ils éprouvent le besoin de pincer quelqu'un, de casser quelque chose; ils sont travaillés alors par une vague irritation qui cherche un dérivatif. Ces impatiences féminines, ces boutades nerveuses de rapin prouvent que ces écrivains sont plutôt les enfants terribles d'une secte littéraire que les prêtres convaincus d'un autel et les adeptes enthousiastes d'un art : ils font du métier. Ils sont coupables, mais les mœurs contemporaines sont leurs complices : les livres malsains pullulent, parce que les insanités sociales et morales surabondent. Les lecteurs malades appellent une littérature morbide. Le naturalisme est une expiation.
Brunetière, dans le Roman naturaliste, p. 323, leur conteste même le droit de se dire naturalistes : « On demande, écrit-il, à quel titre Edm. de Goncourt représente le naturalisme. C'est un problème ; il comporte deux solutions, la positive et la négative.
La positive serait que l'auteur de la Faustin eût fait quelquefois preuve ou des qualités ou des défauts d'un naturaliste.
La négative, que son prétendu naturalisme consist&t peut-être, et surtout, à manquer de naturel... Car n'est-on pas tenté de penser, quand on les lit de près, que ceux qui parlent tant de nature et de vérité sont précisément ceux qui s'éloignent le plus
de la nature et de la vérité ? qu'ils se servent du mot de naturalisme comme d'un mot de passe, qu'on emploierait sans autrement se soucier de l'entendre uniquement parce qu'il donne accès dans une coterie d'admiration mutuelle? et qu'enfin la doctrine, puisque doctrine il y a, ce que j'accorde, n'a justement contre elle que les œuvres qu'elle a produites et les écrivains qui les ont siguées? Si les romans de M. de Concourt étaient des romans naturalistes, il n'y aurait assurément qu'une voix pour condam nerle naturalisme ; mais ce ne sont pas des romans naturalistes; et quoi qu'il en puisse être de M. de Concourt, c'est incontestablement bien heureux pour le naturalisme.
Et comment, en effet, voudriez-vous que Ton atteignît le naturel et que l'on rencontrât la vérité, quand on écrit comme il écrit, plus attentif aux mois qu'aux choses, toujours préoccupé de quelque recherche de style, et de tout temps moins soucieux de voir juste que à^ renverser la tournure, ou de piquer l'adjectif, d'une manière qui se croit nouvelle, inimitable, unique? Un styliste, voilà ce qu'il est, avant tout, par dessus tout, voilà du moins ce qu'il veut être. Le styliste est un homme qui croit que la parole nous a été donnée pour elle-même ; que les mots, indépendamment de l'idée qu'ils servent à traduire, ont une valeur intrinsèque ; et que, si l'arrangement extérieur en est neuf, imprévu, surprenant, pour ne pas dire funambulesque, il importe après cela médiocrement qu'ils recouvrent une pensée juste ou fausse, ou même, si besoin est, qu'ils n'en recouvrent aucune. Les stylistes modernes sacrifient à des effets pittoresques, effets de couleur et de rendu, de sorte que c'est la façon qui va devant, la pensée qui vient derrière, la forme emporte le fond.
La littérature n'est pas de la musique, mais elle n'est pas non plus de la peinture. Il a une certaine habileté de main, mais cette habileté n'est pas toujours si grande, ni cette main si sûre d'elle-même, qu'il n'y ait bien de la maladresse et de l'impuissance parfois sous l'affectation do ce qu'il appelle son écriture artiste. Les impropriétés de termes, les inversions prétentieuses qui ne sont en réalité que des constructions barbares, des incorrections certaines et des solécismes formels familiers à M. de Goncourt, ne peuvent être considérées comme des nouveautés assez heureuses en littérature pour couvrir suffisamment, par la richesse de l'expression, la pauvreté de la pensée.
M. de Goncourt est aussi loin du vrai naturalisme par le procédé de sa composition que par la singularité de ses conceptions et Tétrangeté de son style. Non certainement, l'auteur de la Faustin, roman quintessencié, ou de la Fille Elisa, roman canaille, n'est pas un naturaliste. Il y a plus de réalité dans le
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roman-feuilleton du premier faiseur venu, dans les romans euxmêmes de Ponson du Terrail ou d'Em. Gaboriau que dans les huit ou dix volumes de M. de Goncourt. Et pas plus que de TamOncelIement de ses petits papiers sur le xviii» siècle, de ses trente mille brochures et de ses deux mille journaux (c'est bien je crois son chiffre) il n'a su dégager un livre d'histoire, pas plus de Tamassement de ses notes prises à coups de lorgnon, il n'a su tirer un seul récit, où il y ait toujours pour parler ce langage dont j'espère (dans mes rêves) qu'il emportera le secret avec lui, de la vraie humanité sur ses jambes.
Attardé du romantisme, si de Goncourt était un naturaliste, l'auteur de Tragaldabas en serait un. Qui le croira? Formé à l'école du mauvais xviii« siècle, pompadouresque et crébillonnesque, si de Goncourt était un naturaliste, l'auteur de la Nuit et le Moment, en serait un. Qui le prétendra? Faut-il absolument un mot pour le caractériser ? Il représente ce qu'il y a de plus contraire peut-être au naturalisme, à savoir, l'art de fabriquer industrieusement ces curiosités d'étagère où l'impuissance laborieuse d'imiter et de reproduire le réel, se tourmente, pour ainsi dire, se contourne en mille façons, et finit par s'échapper en mille invention^ fantastiques, presque toujours curieuses, ingénieuses parfois, mais naturelles, jamais ; ce n'est pas même le rococo, c'est le japonisme dans le roman.
Desprez,dans son Evolution du naturalisme,n'a que des éloges et de l'enthousiasme pour les deux frères et il les complimente de ce que les autres blâment, p. 73 : il énumère leurs titres au succès, leur triple effort dans trois voies nouvelles : l'étude d'après nature et récriture pittoresque substituées dans le roman aux fantaisies et aux grisailles du passé; l'observation des menus détails, des mobiliers et des costumes, introduite dans l'histoire ; la vie d'autrefois, en un mot, racontée par les choses d'autrefois qui semblent en avoir gardé l'odeur ; enfin, Tintroduction en France du Japonisme, toute une manière nouvelle, révélée aux peintres contemporains par les imagiers subtils et délicats de leddo, l'abandon de la perspective classique pour une perspective plus naturelle, du détaillisme excessif pour la reproduction unicolore des formes lointaines se détachant comme des taches sur les toiles violettes du plein air.
« Les deux frères ont encore un mérite plus grand à mon gré. Ils incarnent l'esprit français au xixe siècle, ou, pour parler plus exactement, l'esprit parisien. Cet esprit pénétrant jusqu'au tréfond des choses et des êtres, s'échappant en saillies fines et légères, c'est la Blague d'Anatole, mais une blague nuancée, une blague délicate... Les de Goncourt sont surtout des écrivains de
ville. Ils comprennent et rendent la nature, mais ils n'ont pas pour elle les idolâtries jalouses des vrais naturalistes, mais ils gardent de secrètes préférences pour les odeurs et les tableaux compliqués des grandes capitales... Ce caractère très net de modernisme raffiné qui aurait dû attirer et retenir Tattention du public dès le début, devint, au contraire, un obstacle... Il fallut entasser volumes sur volumes pour triompher de l'indifférence, et encore n'en triompbèrent-ils que par un scandale littéraire : Henriette Maréchal, et que par une immoralité, appuyée de bien d'autres : la Fille Elisa. »
Que conclure de ces critiques, presque contradictoires, sinon que chacun juge d'après ses goûts et ses passions et surtout d'après la doctrine de son église? Les romantiques n'osent les avouer, les réalistes les trouvent trop littéraires pour les revendiquer et les naturalistes trop abâtardis pour ne pas les rejeter hors du naturalisme. Excommuniés par ceux-là mêmes, dont ils se rapprochent le plus par leurs excentricités littéraires, ils sont condamnés à la singularité, et ce qui est plus grave, n'ayant plus la prétendue excuse de l'art pour Part et de l'étude documentaire, à l'immoralité ordurière. Oui, leur immoralité, présentée avec ce cynisme de langage et cette dépravation exceptionnelle du choix des personnages et de leur caractère, a une nuance particulière de malpropreté et d'inconvenance morale. Ils choisissent leurs héros dans ce qu'il y a de pis, avec cette aggravation spéciale qu'ils les font parler et agir comme quelques-uns, seulement et heureusement, agissent et parlent. L'ouvrage qui ne peut que faire du mal, sans l'excuse d'une nécessité artistique, littéraire, religieuse ou morale, est une mauvaise action, est un délit. Les^ romans et les pièces de théâtre des frères de Goncourt sont de mauvaises actions, sont des délits littéraires. Leur autre bagage littéraire, malgré le mérite des recherches, la curiosité des documents et l'étrangeté artistique de leur style, ne pèsera pas assez, dans le jugement de la critique pour les faire acquitter du reste.
— Actrices (les). Paris, Dentu, 1855, in -32, 50 c. — 2e édit. Paris, Dentu, 1856, in-32, 50 c. (Baur, 1874, br. 4 fr. ; Rouquette, 1878, dem. m. 10 fr.)
La denxième édit. est la même que la première.
— Amour (1') au xviii« siècle. Paris, Dentu, 1875, in-16, frontisp, gravé, texte encadré, 3 eaux-fortes de Boilvin, 5 fr. (Lepin, 1880, br. pap. whatman,25 fr. ; Rouquette, 1882, br. 8 fr.; 1884, pap. whatman, br. 30 fr.; Porquet, 1884, pap. holl. br. 13 fr.; Gonquet, 1888, pap. what. br. 40 fr.; Brasseur, 1888, pap. whatm. br. 25 fr.)
Tiré à petit nombre, pap. teinté, 12 fr.; pap. hoU. 10 fr. et pap. whatman, 15 fr ; c'est on tirage à part d'an chapitre de la Femme aa xyin<* sièole.
— Art (r) du dix-huitième siècle. Paris, Dentu, 1859-1875, 12 livr. in-4 avec portraits et eaux-fortes grav, par Ed. et Jules de Goncourt, 60 fr. (Sainte-Beuve, 1870, 10 liv. br. 63 fr.; Morgand, 1882, dem. m. 450 fr.; Fontaine, 1883, br. 400 fr.)
Ces études, tirées seulement à 200 ex. contiennent : les Saint-Aubin, 1859, 4 eauxfortes ; Watteau, 1860, 4 eaux-fortes ; Prudbon, 1861, 4 ; Boucber, 1862, 4 ; Greaze, 1863, 4 ; Chardin, 1864, 4 ; Fragonard, 1867, 4 ; Debucoart, 1866, 2 ; La Tour. 1867, 4 ; les vigaettistes ; Gravelot, Cochin, 1868, 4 ; les yignettistes ; Eisen, Moreau, 1869- 70, 4. Notules et additions, 1875> 4. Ces livraisons se vendaient 5 fr., mais se vendent aujourd'hui de 20 à 30 fr. Ces études, on ne peut le méconnaître, ont mis en vogue ce stjle lé^er et frivole mais absolument français du xyiii* siècle. Jusque dans ce maniérisme mignard et galant où le coloris sauve les incorrections du dessin, on admire le caractère spirituel, fin et frondeur de la nation française.
— £• ÉDiT. Paris, Rapilly. 1873-74, 2 vol. in 8, fig. 20 fr. (Morgand, 1882, pap. hoU. br. 30 fr.)
Les exempl. pap. holl. se vendaient 30 fr.
— Paris, Charpentier, 1881-82, 3 vol. in-18, 10 fr. 50.
Ces études divisées en 3 séries contiennent : l*"* Watteau, Chardin, Boucher, La Tour ; 2" Greuze, les Saint-Aubin, Gravelot, Cochin ; 3' Eisen, Morcaa, Debucourt, Fragonard^ Prudhon.
— 3e ÉDiT. revue et augm. Paris, Quantin, 1881-83, 2 vol. in-4, 40 fig. 160 fr. (Rouquette, 1884, br. 80 fr.)
Ces 2 vol. ont été publiés en 14 fascicules au prix de 12 fr. Tnn et comprennent : iw Watteau ; 2" Chardin; 3* Boucher; 4«' La Tour; 5« Greuze ; 6», 7« les Sdint- Aubin ; 8« Gravelot ; 9"» Cochin ; 10« Eisen ; 11"» Moreau ; 12« Debucourt, 13» Fragonard ; 14» Prud'hon.
— Catalogue de l'œuvre peint, dessiné et gravé par P. P. Prud'hon. Paris, Rapilly, 1876, in-8, portr. 12 fr. (Rouquette, 1884, dem. m. 16 fr.)
Cet ouvr. est d'Edm. de Concourt.
— Catalogue raisonné de l'œuvre peint, dessiné et gravé d'Ant. Watteau. Paris, Rapilly, 1875, in-8, port. 12 fr.
Ouvrage du môme.
— Charles Demailly. Paris, Librairie internationale, 1868, in-18, 3 fr. — Charpentier, 1876, in-18, 3 fr. 50. (Porquet, 1885, un des 25 ex. pap. holl. br. 2 fr. 50.)
C'est la réimpression d'an roman paru en 1860, chez Dentu sous le titre des : Hommes de lettres. Il y a deux parties : la première, toute de verve, de folie rageuse, d'excentricité spirituelle, elle a la prétention de peindre les jonrnalistes d'il y a trente ans ; Grindu, Mollandeuz, Malgras, physionomies tintamaresques du Palais-Royal ; la deuxième, un drame qui, par sa vérité poignante et vécue, est de tous les temps ; Charles
Deraailljr, un poète qui, fou d'amour d'uae actrice bête, l'épouse, et doyient fou... du malheur d'avoir été incompris et trompé par elle. U y a dans cette partie un» parade dialoguée qui ne manque ni de verve, ni de malice ; Vif-Argent ! pouvez-vons me dire na peu ee que c'est que la littérature ? — Bourgeois, c'est une industrie de luxe. — Pouvez-vous me dire un peu ce que c'est que l'Académie ? — C'est l'immortalité en première instance — Et la postérité? — Bourgeois comme qui dirait la cour de cassation. — Vif-Ardent, pourriez-voos nous dire ce que c'est qu'un livre ? — C'est quelque chose comme un homme. Ça a une àme et ça se mange aux vers. — Qu'est-ce qu'un poète ? — C'est un monsieur qui met une échelle contre une étoile et qui monte en jouant du violon. — IJn journal ? — Trois sous d'histoire dans un cornet de papier. -— Et un journaliste ? — Un homme de lettres à la journée.
— Chérie. Paris, Charpentier, 1884, in-18 j. 3 fr. 50. (Dorbon, 1886 br. 6 fr.)
Ed. de Concourt est seul l'auteur de ce livre qui est bien plus une élude médicale qu'un roman. U déclare, dans sa préface, que celui-ci est le dernier du dernier des de Concourt, tant mieux, car celui-ci est aussi malsain, sinon plus, que les autres. Chérie est une névrosée qui a les allumements de tous les désirs dépravés et les tourmentes inassouvies de tous les rêves voluptueux qui brûlent et dévorent sa chasteté in^ volontaire. C'est une curieuse, une affamée de tous les vices cbarnels et de toutes les bestialités odieuses. Clest encore une épave canaille à ajouter au musée erotique «les immoralités littéraires. Si vraiment, après ce dernier crime, il a brisé sa plume, les honnêtes gens lui en sauront gré.
— Collection de Concourt, reproduction par la photographie des dessins de Saint-Aubin, Baudoin, Boucher, Bouchardon, Fragonard, Freudenberg, Greuze, Moreau, Nattier, Van Loo, Watteau, etc. Paris, Braun, s. d. gr. in-folio, 109 pi. photograph.
— Du Barry (la), nouT. édit. revue et augm. d^ lettres et documents inédits tirés de la bibioth. nationale, de la biblioth. de Versailles, des Archives nationales et de collections particulières. Paris, Charpentier, 1878, in-18jés. 3 fr. 50.
La première édit. a été publiée sous le titre les Maîtresses de Louis XV.
— Duchesse (la) de Châteauroux et ses sœurs, nouv. édit. revue et augm. de lettres et documents inédits tirés de la biblioth. nat. Paris, Charpentier, 1889, in-18 jés. 3 fr. 50.
La première édit. a été publiée également dans les Maltresses de Louis XV, la der-> nière a été tirée à 50 ex. pap. holL
— EAUx-fortes de Jules de Concourt, notice et catalogue par Ph. Burty. Paris, Delagrave, 1876, in-fol. eaux-fortes.
— En 18...Paris, Dumineray, 1851, in-18,3 fr. (Monselet, 1871, br. 8 fr. 50.)
La police impériale crut voir, dans ce premier roman des frères de Concourt, une allusion au coup d'état . de décembre et s'empressa de l'interdire ; il ne méritait ni cette attention, ni l'honneur d'une nouvelle édition faite tout récemment, avec préface d'Edm. de Concourt.
— Nouv. édit. Paris, 1884, in-18, portr. des auteurs. (Sapin, 1888, br. 3 fr. 50.)
— Faustin (la). Paris-, Charpentier, 1882, in-18, 3 fr, 50. (Gonqnet, 1884, br. 4 fr.)
Edit^ orig. d'an roman dont les audaces et les singalarités de la facture sealevèrent les discussions les plus passionnées. C'est l'histoire passionnante d'ane comédienne sortie d'on né sait qaelle boue, et montée par un talent, venu on ne sait comment, à l'apothéose de la gloire ; c'est la dissection d'un cœur qui sacrifie l'amour de la réputation i l'amour égoïste de son amant et qui regrette les joies de la seène. Pourtant la Fanstin n'est ni une femme ni la femme, c'est un instrument qni yibre an souffle de l'art ou de l'amonr, rien de plus. Le cœur et la conscience n'existent pas. A côté de cette passion crue et nue de la cabotine déséquilibrée, il y a une description, ou plutôt l'autopsie, poussée jusqu'à l'infamie, jusqu'à la dégradation la plus immonde, des plaisirs mystérieux... d'un antipbysique. Ce lirre est le manuel de l'hystérie géniale de l'artiste, et à ce titre il complète la série qui va de Charles Demailly à Chérie, cette série étrange qu'on classera dans les monstruosités dangereuses de la littérature.
— Femme (la) au xviiie siècle, Paris, Didot, 1862, in-8, 5 fr. (Sainte- Beuve, 1870, un des 8 exempl. pap. holl. br. 31 fr.; Dorbon, 1881, br. 5fr.; 1888, br. 12 fr.)
— Nouv. ëdit. Paris, Charpentier, 1877, in-18. 3 fr. 50.
Cette deuxième édit. est augmentée d'un chapitre TAmonr qui a été tiré i part sous ce titre.
— Fille (la) Elisa. Paris, Charpentier, 1877, in48, 3 fr. 50. (Porquet, 1885, dem. m. 5 fr. 50.)
Edit. orig. de ce roman qui provoqua dans l'opinion publique et la presse on éclatement de colères. Il fut insulté par les littérateurs et signalé au mépris public par les tribunaux. Dans son horrible netteté, dans son écœurante nudité et dans sa plus dégoûtante crudité c'est l'exhibition effrontée et impudique d'une fille de maison et d'une fille hystérique qui tue, par honte d'elle et par raffinement de passion sensuelle, son amant de cœur, un pauvre diable de soldat. L'auteur nous dit qu'il a parlé comme un médecin, comme un savant, comme un historien, si c'était vrai, son livre ne se fAt pas vendu. C'est la critique la plus sévère qu'on puisse lui faire. Le publie n'enlève avec auûint d'empressement que les ouvrages malsains qui affriandent et pimentent ses appétits de curiosité. Une étude poignante des souffrances des femmes condamnées, qui expient leurs crimes ou leurs vices dans les prisons, termine cet ouvrage et rachète un peu, par sa philanthropie énergique et courageuse, les immoralités du livre. U y a là une leçon sévère pour les législateurs et pour la société ; ils ont le droit de châtier, mais non de torturer.
— Frères (les) Zemganno. Paris, Charpentier, 1879, in-18 jés. 3 fr. 50. (Lefilleul, 1880, pap. holl. br. 20 fr.; Dutossé, 1881, br. pap. holl. 12 fr.)
Tiré i 100 ex. sur pap. holl. Dans ce livre poignant et vraiment humain, Edm. de Concourt, veuf de son frère mort en 1870, a idéalisé, à son insu peut-être, dans l'union passionnée des deux clowns, qui se complétaient l'un par l'autre, sa tendre affection pour son frère. « Ces deux êtres étaient arrivés à n'avoir plus à eux deux, fait presque unique dans les amitiés humaines, qu'un amour-propre, qu'une vanité, qu'nn orgueil qu'on blessait et qu'on caressait à la fois chez tous les deux. »
— Gavarni, l'homme et l'œuvre. Paris, Pion, 1873, in-8, iv-430 pp. portr. de Gavarni par Flameng et fac-similé, 8 fr. (Dorbon, 1888, br. 6 fr.; Sapin, 1888, br. 4 fr.)
— Nouv. édit. Paris, Charpentier, 1877, in-18 jés. 3 fr. 50. (LefiUeul, 1880, pap. holL br. 15 fr.; Porquet, 1885, pap. holl. br. 6 fr.)
Tiré à 60 ex. pap. de holl.
— Gewiinie Lacerteux. Paris, Charpentier, 1865, in-18 jés. 3 fr. 50. (Asselineau, 1875, pap. vergé, br. 13 fr.)
Première édit. de cette viviiiection naturaliite de l'hystérie d'ans servante. Les de Goncoart ont étudié eetto maladie morale aatant que physique sous toutes ses faces et tons les degrés de l'échelle sociale. Ce sont décidément des spécialistes en névrose, mais dans aucun de leurs romans, ils n'ont atteint l'émotion vraie et fait vibrer la pitié comme dans eelui-ei. C'est, comme ils le disent, presque une grande étude vivante, sérieuse et passionnée de l'enquête sociale.
— Nouv. édit. Paris, Lemerre, 1876, in-16, frontisp. gravé, 6 fr.
Tiré à 25 eiempl. pap. holl., cet ouvr. un des plus remarquables des deux frères a été souvent réimprimé. La pièce, tirée de ce roman et jouée à l'Odéon a soulevé, jusqu'aux protestations du Sénat, et amené à la tribune, pour la défendre, Loekroy, fils d'un comédien, auteur dramatique.
— Henriette Maréchal, drame en trois actes en prose, précédé d'une histoire de la pièce. Paris, Lacroix, 1865, in-8, 4 fr. (Sainte-Beuve, 1870, br. 21 fr. ; Baur, 1874, br. 3 fr. 50.)
Première édit. de cette pièce qui croula sous les sifQets. On prétend que cette chute éclatante visait bien plus la princesse Mathilde, l'amie des auteurs, que les auteurs eux-mêmes. Il y a peut-être an peu de cela, mais Tin succès qu'elle a obtenue tout récemment sur la scène de l'Odéon, prouve qu'un nouveau public, en confirmant l'arrêt du premier, a entendu et voulu condamner les hardiesses bizarres des auteurs. Georges Caralier, surnommé Pipe-en-Bois, à cause de sa figure anguleuse qui en avait un peu la silhouette, fut l'adversaire le plus acharné de cette pièce et lui consacra même une brochure, assez rare, qui n'e»t pas sans esprit: la Vérité sur Henriette Maréchal, par Pipe-en-Bois. Paris, 1866, in-8.
2o ÉDIT. Paris, Lacroix, 1866, in-18, 126 pp.