‹ Bibliographie coréenneChapitre 244 sur 413 · L.O.V.— Coll. V. d. Gabelentz · texte numérisé non relu

L.O.V.— Coll. V. d. Gabelentz

Gravé à Syek Umg^ '^ JH (quartier de Séoul) en 1863 (?) ^%.

Les caractères coréens sont employés dans ce volume pour les expressions sino-coréennes, ce qui rend rintelligence du texte difficile, même pour les Coréens.

L^n certain nombre de ces chansons sont tirées du recueil précédent ; d'autres sont du genre \a m, ^ f^. Je citerai la suivante :

Tchyoun myen kok (feuillet 24).

Le sommeil au printemps.

"Je me suis éveillé très tard en un jour de prin- " temps et j'ai ouvert ma fenêtre de bambou : au dehors,

1. JVVrw /#/#/!#, en sino-coréen Nam houn, est le nom d'un paLùs de rErapereur C7ioe/i, ^ (2255-2205); l'auteur anonyme compare la paix qui règne en Corée, à la tranquillité du palais impérial.

(•^•t-f) (A/tJ3r<it) {X m n)

" les fleurs épanouies retiennent les papillons, qui ne " les quittent qu'à regret ; les saules de la montagne, " rangés le long du ruisseau, se penchent au-dessus de " ses méandres. J'ai bu deux ou trois tasses de vin " non fermenté, et ma rêverie m'emporte aux jardins " des saules en fleurs : je vais sur un cheval blanc " harnaché d'or, les fleurs parfumées tombent sur mes " vêtements, et la lumière de la lune baigne la cam- " pagne ; parfois je me repose, et parfois je me pro- " mène : mes»pas sont ceux d'un homme ivre.

*' Dans une maison aux tuiles bleues et aux colon- ** nés rouges, je vois une jeune femme au coreage rouge, " avec une jupe bleue : je pousse à demi la fenêtre et "la charmante enfant lève vers moi son visage en " riant, j'entre auprès d'elle et, assis sur un tapis de " soie, je chante :

" Je sens un vif amour pour toi : si tu meurs, tu " deviendras une fleur et je serai un papillon ; même " après le printemps, nous ne nous séparerons pas. " Mais ce souhait se r4alisera-t-il ? L'amour n'est " pas épuisé que déjà il faut se quitter : l'oiseau se " baigne dans le fleuve et n'y laisse pas de trace, le " papillon est emporté par la tempête."

"Je veux partir, et je reviens près d'elle: déjà le " soleil est au-dessous de l'horizon, mon cheval hennit " d'impatience ; faut-il donc la laisser?

" Hélas I la femme est une ennemie: mon cœur est " pris par elle, je ne saurais plus vivre ; mon âme est " abattue et le courage me manque. En vain, je ferme " solidement ma fenêtre et je cherche le sommeil: tou- " jours, son visage, délicat comme une fleur, brillant

242 lAV. IV : LTTTÊRATDRK

" comme la lune, se forme devant mes yeux ; je crois " voir le mur de sa maison et sa fenêtre de soie. " Maintenant l'aube paraît: la rosée, sur la feuille de " nénuphar, est pareille à la larme tombée de ses " yeux, quand nous nous sommes quittés.

" Pendant trois veilles, le sommeil me fuit ; à la " quatrième veille, je m'endors et je revois en rêve " celle à qui je pense : je veux lui dire la peine qui " m'accable ; mais, avant d'avoir parlé, je me suis ** réveillé ; je croyais voir encore près de moi son " visage rose et ses tempes de jade : mais mon œil ne " découvre que les nuages et les montagnes qui me ** barrent l'horizon. La lune qui brille, éclaire nos " deux cœurs : mais la mer qui nous sépare, refuse de " porter les bateaux.

" Je ne puis la voir et le temps fuit comme le cours " d'un ruisseau ; hier, les fleurs de la deuxième lune " étaient encore rouges, les voilà tombées sur le sol, ** et l'automne est proche. Voici des oies sauvages " qui passent en criant, peut-être m'apportent-elles " des nou velles de la bien-aimée ; mais je n'entends " plus que la pluie qui tombe des nuages.

" Séparation douloureuse dont le terme est ignoré ! " Combien je voudrais être la lune qui, du haut de " la montagne, éclaire sa maison I ou le bois de sa " guitare, pour reposer sur son sein ! Quand la mer " deviendrait la terre, quand mon cœur serait desséché " et n'aurait plus de larmes, autais-je jamais assez dit " la désolation de ma vie ?

" Allons, j'ai repris courage: désormais, je ne veux "chercher que la renommée et les fonctions".

Comme exemple du genre si lyo, ^ PI, je citerai les strophes suivantes tirées du recueil Kà koh otioi ryouj feuillet 36 :

" Quel est le chanteur, sinon le coucou ? Quelle est " la verdure, sinon le bosquet de saules ? Au village " des pêcheurs, quelques maisons se cachent dans la " fumée du soir. Une cigogne blanche, qui a perdu " sa compagne, est errante sous les derniers rayons.

** Le ciel s'obscurcit sur la plaine immense des " vagues-: je vais au pont des saules échanger pour du ** vin les poissons que je tiens enfilés à une corde. Un " étranger vient me parler des destins de l'humanité ; ** mais je lui montre en riant la lune qui vogue au- " dessus des roseaux empanachés : je m'enivre au bord " de l'eau et je ne songe pas au temps qui s'écoule.

'*Les hommes d'autrefois ne reviennent plus à Zo " î/atïfir, ^ ^/^^ Gt ce sont d'autres hommes qui res- " pirent la brise parfumée ; chaque année les fleurs " sont semblables, chaque année les hommes sont " différents : si les fleurs sont toujours semblables, " pleurons sur la fragilité des hommes !

" Au temps où le vent printanier est tiède, je veux **me transformer en papillon tigre (papilio machao), ''je veux rechercher les parfums de toutes les fleurs: " il n'est au monde rien de comparable à ces délices".

L'auteur de cette petite pièce est Pdk Hyo koan, surnom Kyeng hoa^ nom littéraire Oun «a, ^b ^ ^

Page 1