JL 7F
Otien toi ko ka.
Chansoit des ouvriers qui tassent la terre (pouk les
FOITDATIONS d'uNE MAISOX).
1 vol. petit in-8, 14 feuillets, mss.
Cette chanson populaire est naturellement en coréen et contient cependant beaucoup d'allusions aux choses chinoises ; elle est formée de strophes irrégulières, comprenant chacune une phrase plus ou moins longue et séparées par huit ou dix syllabes dépourvues de sens, qui sont une sorte d'harmonie imitative : elle a été écrite sous la dictée d'ouvriers qui ont travaillé, en 1890, au Commissariat de France, à Séoul.
CHAP. I : POfeîE. 246
" Camarades, le temps est beau aujourd'hui ; nous " tasserons bien la terre.
" Heï, heï y ri ; heï, heï ya.
" Nous allons en montant et en descendant, aux " endroits trop bas, nous frapperons doucement; nous " aplanirons les endroits trop hauts en frappant très '' fort.
** Heï, heï y ri ; heï, heï y a.
" Nous ne gagnons que deux ligatures et demie^^^ " par jour : pourrons-nous avec cette somme nourrir " notre famille ? o o, heï, heï ya.
" Lorsque nos parents nous ont élevés, heï, heï y ** ri, ils nous ont fait apprendre les caractères chinois, " avec Tespoir que nous deviendrions plus tard des " fonctionnaires ; même, ils nous les ont enseignés tous ** les joui'S ; mais nous n'avions pas d'aptitudes et nous " n'avons pas profité de ces leçons ; heï, heï y ri ; de ""sorte que nous sommes devenus des ouvriers et que ** nous vendons nos chansons pour cinquante grosses " sapèques, heï, heï y ri, heï ya ;
" Si aujourd'hui nous tassons bien la terre, demain " nous la tasserons encore mieux (parce que nous " serons plus habitués à ce travail), lieï, heï y ri ;
" Si demain nous travaillons mieux, peut-être le " maître nous donnera-t-il une récompense. Mais " qu'il nous la donne ou non, il faut soulever haut " les bâtons et frapper très fort, o o, y ri, heï ya.
** Le jour est long et il fait très chaud ; le temps
1. Deux ligatures et demie se coinpoi^eut Je einquaute sapèques.
246 LIV. IT : LITTÉRATCRE.
'* du repi> e<t encore éloigné, nous ne noos sentons '* plu^ aucune force, noos avons faim. Comment ** pourron*-noa3 terminer notre journée ?
** Frappons vite et ?H)alevons rapidement nos bâtons '* pour tiLs^ser le gol, o o, y ri ; heî, heî va ; ha ha, " heî vo, heî heî.
** Après avoir reçu ce soir cinquante grosses sapè- ** quef?, nous achèterons du riz, du boLs, de Thuile et du '' tabac ; aprè^ quoi, il ne nous restera pas même une " .sapè'jue jMjur acheter les acce^oires qu'on mange "avec le riz. Comment ferons-nous? quoi qu'il en *' soit, il faut soulever les bâtons et frapper fort.
** Quand les feuilles de bambous sont agitées par le '* vent, on croirait entendre la nuneur de cent mille ** hommes.
" Les fleurs de nénuphar, mouillées par la pluie, " sont auisi jolies que les trois mille servantes royales " lorsqu'elles se baignent.
" Dans la montague de Kou-ouelj Therbe reverdit '* au printemps.^*^
" Du i>avîllou de O hyt^wj^ la lumière du soleil ** paraît rouge, le soir. '^
" La i)îerre qui est là-bas, c'est l'endroit où Kang '* Hiai hontj^ péchait le poisson. Pendant les quatre- '' vingts premières années de 9ri\. vie, il vivait dans la *' pauvreté: cluiquejour, il portait son chapeau de jonc ** penché sur la tête et il plaçait dans l'eau sa ligue qui ** n'avait ni fil ni liameçon ; il attendait ainsi la venue