LXX INTRODUCTION
documents plus anciens, que, sous le règne de Keun syo ko (346 à 375), on commença à se servir de . récriture pour noter les faits qui se produisaient^*^: s'agit-il là seulement de l'origine des annales écrites? et ne serait^il pas bien invraisemblable qu'un royaume possédant l'art de l'écriture, eût existé plus de trois siècles et demi, sans que personne eut eu l'idée d'écrire le récit des événements importants ? Je serais, pour ma part, tenté de croire que l'écriture y était ignorée jusqu'à cette époque et qu'elle a ^été apportée par les missionnaires bouddhiques qui pénétrèrent alors dans toute la péninsule^^^ Ce n'est qu'une centaine d'années plus tard que les noms des rois du Pàik tjyei cessent d'être de simples transcriptions privées de sens en chinois et prennent l'aspect de noms de temple ; d'ailleurs les noms des particuliers, dans le Pàik tjyei comme dans le Ko kou rye, restèrent presque tous, jusqu'à l'absorption de ces états par le Sin ra, de pures et simples transcriptions.
D est vrai que les vieux livres historiques japonais ^^^
4È* {Sam kouk sa keui, liv. 24).
2. Le bonze Mârânanda, 0 f^fUJt PË» vint en 384 dans le Paik tjyei.
3« B 4>^ |2> Ni hon gi.
INTROBUCTTON. LXXI
font venir au Japon, en 285, le lettré Wa ni^^^ qui était originaire du Pâik tjyei et qui apporta avec lui le Loen yu et le Tshien tseu oen ; ce fait a été • accepté par la plupart des savants européens. Mais M. Aston ^^^ a établi combien les vieilles annales japonaises sont peu dignes de foi ; en particulier, il a montré que toute une période des relations entre le Pàik tjyei et le Japon a été interpolée par les anciens auteurs japonais, de façon à combler les vides de la chronologie demi-fabuleuse qu'ils trouvaient dans les traditions ; se rencontrant sur ce point avec le savant japonais Moto ori^% M. Aston rapproche de cent vingt ans, ou deux cycles, les événements de cette époque : Tintroduction des caractères chinois au Japon aurait donc eu lieu au commencement du V? siècle et cette date coïncide fort bien avec celle de l'emploi de l'écriture dans le Pâik tjyei. Quant au nom du Tshien tseu oen cité à cette époque, il ne fait pas difficulté, puisque cet ouvrage semble avoir eu une première rédaction, avant celle du VI? siècle qui est venue jusqu'à nous.
Le Sin ra, occupant le sud-est de la péninsule, était plus éloigné de la Chine que ses deux voisins ;