‹ Bibliographie coréenneChapitre 72 sur 413 · H, jmr. 2. 0g, myeng · texte numérisé non relu

H, jmr. 2. 0g, myeng

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de liberté que les autres ; il est employé surtout pour les éloges que Ton met à la fin des inscriptions. H serait long et peu intéressant de passer en revue les divers genres de la poésie coréenne ; partout on observe ces règles de parallélisme, qui exigent pour deux phrases symétriques même nombre de caractères, même emploi pour chacun d'eux, un mot jouant le rôle de substantif, de verbe, de particule, devant correspondre, dans la phrase opposée, à un mot ayant précisémœt le même rôle et présentant un sens ou analogue ou contrasté ; ce parallélisme est observé exactement, même dans un certain genre de prose qui devient ainsi intermédiaire entre la prose vraie et la poésie. Les licences laissées à l'écrivain dans quelques-uns des genres poétiques sont toujours assez étroites ; si les Chinois ont de siècle en siècle imposé des règles plus strictes à la poésie et ont, au grand détriment de l'inspiration, supprimé les libertés dont jouissaient les auteurs de l'antiquité et même ceux de l'époque des Tjiang, les Coréens, leurs émules, n'ont pas complètement imité cette sévérité et ils se soumettent plus volontiers aux préceptes plus larges des anciens âges.

L'estime où l'on tient la poœie, et spécialement les genres les plus stricts, est marquée par l'usage fréquent qui en est fait : une pièce de vers est l'une

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des compositions dans les examens par où Ton accède aux fonctions publiques ; il n'est pas de fête au Palais oii Ton ne présente au Eoi des adresses de félicitation en prose rhythmée, des odes, des compositions de divers genres ; on y chante aussi

des hymnes en vers ; quand on achève un édifice, la pose de la maîtresse poutre, donne lieu à la composition de pièces en prose rhythmée et en vers, souvent on les grave sur un tableau de bois qui est suspendu bien en vue dans l'intérieur du monument ; pour les funérailles du roi ou d'un membre de sa famille, chaque grand fonctionnaire compose une pièce de vers qui est écrite sur une bannière de soie blanche et portée dans le convoi ; une épitaphe, une inscription commémorative quelconque ne saurait se terminer sans une épigramme. Dans la vie privée, il n'est pas de banquet où les lettrés ne récitent et ne composent des vers, ne se livrent à des divertissements teb que faire des vers sur des rimes données, compléter une pièce commencée, construire une pièce avec des caractères donnés : une renommée de bel-esprit, d'élégance, à laquelle ni Chinois, ni Coréen n'est indifférent, s'attache à celui qui réussit dans ces jeux. Ces passetemps pénètrent même dans les solennités officielles : le Roi s'y livre avec les hauts fonctionnaires, après Iç

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sacrifice au temple de Gonfiicîus, et les po^es composées dans cette fête sont recueillies et imprimées. Il existe des collections en vingt-cinq et trente volumes qui ne renferment que les po^es échangées de la sorte entre les envoyés chinois et les fonctionnaires coréens chargés de les recevoir ; des recueils analogues existent pour les pièces faites à Féking par les mandarins chinois et par les envoyés coréens et annamites.

Un grand nombre de collections de chinoises ont été imprimées en Corée ; les recueils d'œuvres poétiques coréennes sont moins nombreux, parce que presque toujours les pièces de vers dues à un auteur coréen sont imprimées avec ses autres ouvrages ; elles forment souvent une bonne partie des œuvrœ complètes ; assez rarement, les poésies ont une édition séparée. Dans un grand nombre de traités, de lettres, de récits de voyage, la poésie se mêle à la prose ; les fonctionnaires coréens envoyés en Chine ont écrit une série d'odes et de pièces diverses au sujet des localités qu'ils trwersaient ; un autre auteur a exprimé en vers les sentiments que lui inspirait la lecture de Tancienne histoire coréenne ; certaines poésies enfin ont eu un rôle historique : ainsi, le Tyo eut tyei jpou

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(n? 2101) de Kim Tjong tjiJc^^^ dont les allusions ont suscite la persécution de 1498.

Si la po&ie est sans cesse mêlée à la vie officielle et intime, ce sont les rites qui forment la trame de Texistence ; ce que j'ai dit plus haut du confucianisme et de la philosophie coréenne, permet de prévoir le nombre et l'importance des ouvrages qui se rapportent à cette matière. Non contents d'avoir réimprimé, commenté et expliqué les principaux rituels chinois, principalement ceux de Tchou Mi^^\ et d'avoir ainsi une littérature importante sur les rites en général, les Coréens ont composé, pour en régler la pratique, un grand nombre d'ouvrages originaux, aussi origmaux du moins que peuvent l'être des livres qui reproduisent les textes de prescriptions fixes et en déterminent l'application à la vie de chaque jour ; un grand nombre de ces œuvres coréennes, pour la plupart du XVII? ou du XIX S siècle, traitent en grand détail des rites privés, prise de la coiffure virile, mariage, funérailles, sacrifices : ce sont des guides nécessaires au confucianiste zélé pour l'accomplissement de ses devoirs ; des abr^s, quelques-uns en coréen, en ont

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été faits à l'usage du peuple. D'autres livres, peu nombreux, le Syang ryei hap hpyen (n? 1057) par exemple, sont destinés à établir ou généraliser en Corée d'anciennes œutumes chinoises. Les rites of- ' ficiels coréens, rites de bon augure, des réjouissances, de l'hospitalité, de l'armée, des funérailles, sont d'ensemble les mêmes en Corée qu'en Chine, mais diffèrent par les détails : aussi il n'existe, à ma connaissance, qu'un ouvrage chinois traitant de ces questions, le Ta ming tH U (n? 1052), qui ait été réimprimé à Séoul, tandis que plusieurs ouvrages importants et ornés de figures y ont été pubhés par ordre royal, pour régler exactement l'accomplissement des cérémonies. De plus, les solennités du Palais donnent lieu à la composition de forts volumes où l'on réunit au compte-rendu minutieux des fêtes, le texte des décrets et édits rendus pour la circonstance, des communications officielles échangées entre les fonctionnaires, des adresses et po^es présentées, des hymnes chantés ; on y joint le compte des dépenses faites ; ces ouvrages, presque toujours omés de planches, ne sont pas destinés à la publication, mais sont préparés simplement pour rester dans les archives ; cependant quelques-uns ont été gravés et des exemplaires en ont été distribués aux fonctionnaireSt

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L'administration est intimement liée aux rites, puisqu'elle applique d'antiques traditions sorties des mêmes principes moraux et sociaux ; si les rites pénètrent plus avant dans la vie de tout le peuple, l'administration dépasse les rites par l'étendue des matières qu'elle touche. Quoi qu'il en soit, rites et administration sont connexes et les guvrages qui se rapportent à celle-ci, offrent la plus grande ressemblance avec les rituels officiels ; comme ceux-ci présentent en Corée et en Chine des différences de détail assez considérables pour empêcher l'application à l'un des deux pays des règles faites pour l'autre, de même l'administration coréenne, ayant pris pour modèle celle des Thang, des Song et des Ming, s'en sépare cependant, par suite de la diversité géographique et économique. Aucun ouvrage administratif chinois n'a été réimprimé dans la péninsule, mais un grand nombre d'ouvrages coréens sont inspirés de modèles chinois : les plus importants (n? 1451 à 1461) sont les refontes successives d'un ouvrage sur les statuts de la dynastie régnante ; ce livre, divisé en six parties, correspondant aux six sections du service administratif, fonctionnaires, cens, rites, armée, justice, travaux, donne, avec la liste des fonctionnaires et de leurs attributions, un examen approfondi, historique et pratique, des

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principales questions ressortissant à chacun d'eux ; la première édition de cette œuvre remonte aux dernières années du XVt siècle, la plus récente est de 1865 ; un complément important y a été joint en 1866, sous le titre de « Règlements relatifs aux six Statuts " (n? Ié62) Plusieurs administrations ont été l'objet d'historiques très détaillés; celui de la Cour des Interprètes (n? 1694), le seul que j'aie vu, renferme les règlements de cette Cour, la biographie des personnages célèbres qui ai ont fait partie, les règles qui président aux relations avec les Chinois et avec les Japonais et les annales de ces relations depuis le milieu du XYIB siècle ; la demière édition est de 1882 et un supplément a été ajouté en 1889. Si l'on ajoute à ces ouvrages, préparés par des commissions ou par les administrations elles-mêmes, des recueils de pièces, de règlements et de précédents, les uns imprimés, les autres manuscrits, les uns officiels, les autres dus à des particuliers, on aura une idée à peu près complète de la littérature administrative en Corée.

Quant à la jurisprudence qui tient une si grande place en Europe, elle se distingue à peîae, en Corée et en Clûne, de raafninistration et des rites : bien rares sont les œuvres qui s'y rapportent ; les deux seules importantes sont le Code des Ming (n? 1777) appliqué

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jusqu'aujourd'hui en Corée, et un ouvrage en chinois et en ooreen (n? 1789) sur les expertises médico-légales post mortem ; ce dernier est aussi d'origine chinoise.

Dans les ouvrages rituels et administratifs, comme dans les œuvres historiques, scimtiôques, linguistiques dont j'ai encore à parler, le but pratique que se propose l'auteur, l'oblige à user d'un style plus simple et plus précis que celui des livres purement littéraires : il n'est pas possible, pour énoncer un fait ou formuler un précepte, d'emprunter aux ouvrages classiques des termes qui risqueraient de n'être pas compris ; la nature du sujet exige que l'on appelle les choses par leur nom, de façon qu'aucun vague ne subsiste dans l'esprit du lecteur. Les écrivains coréens s'y sont résolus, et presque toutes les œuvres de ce genre sont claires et bien disposées ; la recherche et l'élégance ne reprennent leur empire que dans les préfaces et les postfaces, et dans les dissertations dont l'auteur coupe quelquefois l'exposé des faits.

L'histoire, à laquelle j'arrive à présent, a, dans la société confucianiste, un rôle gouvernemental des plus importants, complément de celui qui est attribué aux fonctionnaires appelés censeurs : ceux-ci ne prennent aucune part directe au gouvernement, mais ils ont le

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droit' de discuter tous les actes du pouvoir, de faire connaître au souverain les fautes des fonctionnaires, de lui adresser des remontrances sur sa propre conduite ; leurs fonctions, analogues à celles des inspecteurs dans les administrations européennes, mais plus élevées puisque leur blâme peut atteindre l'Empereur même, leur assurent une situation prépondérante et entourée de respect : c'est ce corps des censeurs qui, avec quelques autres institutions, telles que la solidarité des lettrés entre eux, l'existence de corporations et d'associations de tous genres, sert de contre-poids à l'absolutisme théorique du souverain et ne lui laisse qu'une puissance effective bien plus restreinte qu'on ne l'imagine. Gomme le censeur porte un jugement sur les actes du souverain régnant et le lui fait connaître, l'historiographe doit, dans sa conscience, peser ces mêmes actes, formuler son opinion dans les annales qu'il rédige et la r^rver, pour que la postérité en prenne connaissance : ces annales sont tenues secrètes, celui qui les écrit n'en connaît que la partie qu'il rédige lui-même ; le résultat de ces travaux est conservé en plusieurs exemplaires, mis en lieu sûr, et il servira à écrire l'histoire de la dynastie, quand celle-ci aura disparu. B ne faut pas, en effet, que le jugement de l'historiographe soit faussé par le désir

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de œmplaire au prince pu par la recherche de la faveur publique ; il ne faut pas non plus que le souverain voie ses fautes, celles de ses ancêtres, dévoilées aux yeux de ses sujets ni que ceux-ci perdent le respect dû au dépositaire du mandat du ciel. Ce principe est tellement ancré dans l'esprit des Coréens que plus d'un historiographe a mieux aimé se laisser exiler, a été ferme devant des menaces de mort, plutôt que de consentir à montrer au roi ce qu'il avait dit de ses actes. C'est par suite des mêmes idées que les annales de la dynastie régnante écrites par des particuliers ne peuvent être imprimées : on tolère généralement qu'elles circulent en manuscrit. L'historiographe travaille pour l'avenir seul, il amasse les documents d'après lesquels la postérité jugera les souverains, pour honorer ou maudire leur mémoire ; et le souverain, en lisant les actes de ses antiques prédécesseurs, apprend à y distinguer le bien et le mal et à régler ses propres actions.

Des divers genres historiques, celui qui correspond le plus complètement à cette conception et qui agrée le mieux au goût coréen, c'est celui qui imite le Thang kien kang mou (nS 3146) de Tchou Hi. Parmi les ouvrages de ce genre, l'un des meilleurs est le Jbn0 houh hton^ ham tyei hang (n? 1861) de Hong

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Ye ha^\ auteur du XVIIS siècle ; il relate Thistoire de la Corée depuis les origines fabuleuses jusqu'à la chute du royaume de Bin ra. Les événements sont disposés année par année ; le récit est coupé par endroits de dissertations morales où l'auteur flétrit le crime, exalte la vertu, s'eflForce de découvrir et de soutenir la légitimité : c'est par suite de ces préoccupations morales que Eonp Ye ha place les £aits qui concernent le Faik tjyei et le Ko kou rye en annexe à l'histoire du Sin ra ; ce royaume, foncjé le premier, est le seul légitime à ses yeux et les deux autres, sans être tout à fait des états rebelles, n'ont cependant qu'une existence de fait, et non de droit C'est pour les mêmes raisons que les historiens ont retiré le titre royal à Sin Ou^^^ et à Stn Tchyang^^\ successeurs du Roi Kong min^^\ et les regardent conmie des usurpateurs. Porté à ce point, le souci de la légitimité fausse l'histoire : et» pour ma part, malgré les motifs donnés par les historiens, je ne vois pas bien pourquoi le Sin ra est le seul état légitime, à partir de la chute du royaume semi-légendaire des Ma han^^j ni pourquoi Sin Ou, adopté comme ûls et désigné conune successeur par

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