‹ Bibliographie coréenneChapitre 73 sur 413 · JJR · texte numérisé non relu

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INTRODUCnON. CLXI

le roi Kong min, est traite en usurpateur. Les intentions morales sont encore plus marquées dans le Xouk tjyo po ham (n? 1897), le Kaing tjyang roh (n? 1903) et les œuvres qui s'en rapprochent : ces ouvrages, imites de la Chine, ont pour but déclaré de glorifier les vertus des rois de la dynastie régnante et de donner des exemples à leurs descendants ; peutêtre y trouve-t-on une certaine véracité historique, mais il faut nous rappeler qu'on nous montre seulement le beau côté de la médaille. Le récit n'y est pas continu ; ce sont des recueils d'actes vertueux, de paroles mémorables avec développements moraux, classés non par ordre chronologique, mais d'après les vertus qu'ils manifestent ; je ne pense pas que ces ouvrages aient un grand intérêt pour l'historien sérieux.

Un autre genre, au contraire, d'une grande valeur pour l'histoire critique, est celui qui est imité du CM ki (nS 2118) de Seu nia Tshien^^^ et des autres histoires dynastiques chinoises. Cette forme historique, remarquable pour l'ampleur et la précision, est faite pour jeter la plus grande gloire sur son inventeur ; un ouvrage de la sorte se rapporte toujours à une dynastie

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entière, à une longue période, et comprend essentiellement l'histoire des règnes, année par année ; des tables chronologiques ; des traités spéciaux sur Tétat des rites, des coutumes, des sciences, de Tadministration, de la géographie, du commerce, de la littérature ; les biographies de tous les personnages célèbres à un titre quelconque ; souvent enfin des notices sur les peuples étrangers avec qui la dynastie en question a été en rapports. Ce cadre est vaste et je doute que l'occident ait rien d'aussi compréhensif et d'aussi bien pondéré à mettre en parallèle : si l'auteur est de force à se conformer à un pareil plan, s'il est consciencieux et clairvoyant, l'œuvre acquiert une valeur considérable ; c'est ainsi que parmi les histoires dynastiques chinoises quelques-unes sont des monuments dignes de toute admiration. En Corée, le plus ancien ouvrage de ce genre est le Sam houh sa heui (n? 1835) qui commence un peu avant l'ère chrétienne et s'étend jusqu'en 935 ; il est dû à une commission de hauts fonctionnaires du Ko rye qui ont travaillé sous la direction de Kim Pou 8ik^^\ au commencement du XIS siècle ; l'abondance des documents anciens qui y sont cités, le ton simple et l'air de véracité qui y

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régnent, permettent de le considérer comme une œuvre de première importance. L'histoire de la dynastie de Ko rye a été écrite plusieurs fois sous cette forme, d'abord, au commencement du XV? siècle, par Tjyeng To tjyen^^\ dont l'ouvrage est perdu depuis longtemps, un peu plus tard par Tjyeng Bin tjf'^^ : son ouvrage, en cent-trente-neuf livres est extrêmement rare et je n'en connais pas d'édition en Corée ; j'en ai pu consulter un exemplaire à la bibliothèque de Tokyo. Enfin Hong Ye ha a écrit sous la même forme le Houi tchan rye sa (n§ 1863), moins considérable que le travail de Tjyeng Bin tji^ œuvre consciencieuse, mais qui ne repose que sur des documents de seconde main. Les Coréens ont écrit en outre sur l'histoire de leur pays un grand nombre de livres, dont les uns sont dus à l'mitiative privée, tandis que les autres ont été composés par ordre de difiEerents rois : généalogies, biographies, histoires des écoles philosophiques, des persécutions contre les lettrés, des conspirations, des guerres, surtout de l'invasion japonaise du XVIt siècle, des mœurs, du gouvernement, des relations avec les barbares, mémoires, journaux de différents person* nages : les documents abondent, naturellement de

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valeur fort inégale, mais susceptibles de servir de matériaux à une histoire précise et détaillée de la Corée depuis un millier d'années.

Ces documents, ainsi que les archives officielles, ont déjà été mis à contribution à diverses reprises par les Coréens eux-mêmes : au siècle dernier, le roi Yeng tjong a fait préparer une grande encyclopédie en cent livres, le Moun hen pi ko (nS 2112), imitée du Oen hieti thong khao (n? 2173) de Ma Toan Un^^\ mais relative seulement aux choses coréennes : l'astronomie, la géographie, les rites, l'armée, la justice, la condition de la terre et les impôts, le commerce, l'instruction, l'administration sont passés en revue depuis les origines les plus lointaines jusqu'en 1770 ; les documents sont tirés des histoires chmoises, des histoires coréennes, des ouvrages .spéciaux à chaque matière, des archives ; des discussions critiques souvent bien faites, des rapprochements intéressants indiqués, complètent l'ouvrage qui est dû à une commission nommée par le roi et constitue un monument de premier ordre pour l'étude de la Corée. Le Tai tong oun oh (n? 2108) est une œuvre du même genre et traitant à peu près les mêmes points,

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mais il insiste davantage sur la partie biographique et littéraire ; la disposition adoptée est celle d'un dictionnaire par ordre de rimes ; c'est Tœuvre d'un Président du Conseil Privé qui vivait au XVB siècle. Il existe quelques autres encyclopédies moins importantes.

En dehors de leur histoire nationale, les Coréens n'ont étudié que l'histoire chinoise et ils s'y adonnent avec un zèle qui fait tort aux autres travaux historiques ; ils en ont réimprimé presque tous les monuments, importants, histoires dynastiques, Thong Men kang mou (n? 2145), collections de biographies, et bien d'autres ouvrages moins considérables. Ils ont même écrit quelques œuvres originales, par exemple une suite au Thang kien kang mou qui s'étend de 960 à 1868 et date de la fin du XVII? siècle, et trois ou quatre livres intitulés " Miroirs ", qui racontent la vie des souverains chinois les plus célèbres et les proposent aux rois de Corée comme exemples à imiter ou à fuir. Les auteurs de la péninsule, dans ces demières œuvres, comme dans celles qui se rapportent à leur propre pays, ont mis la même clarté dans leurs plans, ont fait preuve de la même bonne foi, et souvent du même esprit critique : si bien que, jusque dans les parties qui touchent aux origmes coréennes, il est facile de distinguer le mythique du réel et que l'histoire

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sérieuse et vraisemblable remonte relativement j^us loin pour la Corée que pour aucun autre pays d^Bxtrême Orient.

Pour les Coréens, comme pour les Chinois, la géographie fait partie int^rante de Thistoire, dont elle est une simple branche au même titre que la biographie ; cette manière de voir s'explique facilement parce qu'il n'existe pas d'ouvrages de géographie pure. La littérature géographique se compose à peu près uniquement de relations de voyages, dans lesquelles le récit des événements tient une place au moins aussi grande que la description des localités, et de tp^^\ c'est-à-dire "notices, documents, mémoires": ces notices, relatives à une r%ion plus ou moms étendue, province, préfecture ou simple ville, ne se bornent pas à des indications de géographie physique et administrative, elles étudient aussi l'histoire, l'archéologie, les mœurs, la population, les hommes célèbres, les productions de la région ; ces monographies locales sont très détaillées et pleines de renseignements précieux. Très nombreuses en Chine, elles sont rares pour la Corée : la Bibliothèque Royale en

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possède quelques-unes pour chacune des huit provinces, pour les villes importantes, pour les palais royaux ; je n'en ai vu qu'une seule, le Tong hyeng tjap keui (n*î 2292), au sujet de la ville de Kyeng tjyou^^\ ancienne capitale du Sin ra : cette notice en trois volumes est tout à fait conforme aux modèles chinois. Le Ye ti aeung ram (nS 2228) en vingt-cinq volumes est un ouvrage analogue relatif à toute la Corée ; il a été composé par ordre royal en 1478 et réimprimé en 1530 ; je n'en ai pu voir aucun exemplaire en Corée, quoiqu'il en existe vraisemblablement encore quelquesuns ; des extraits, en assez grand nombre, s'en trouvent dans le Moun hen pi ho^ la bibliothèque de Tokyo possède vingt volumes d'un exemplaire de l'édition de 1580. Les Coréens ont quelques relations de voyages en Chine et au Japon et des itinéraires détaillés et exacts pour leur pays ; ils ont dressé un grand nombre de cartes de la Corée : l'une d'elles, qui date de 1861 et est composée de vingt-trois feuilles formant ensemble une surface de deux mètres soixante-dix sur six mètres trente, est un travail remarquable d'exactitude, et d'autant plus admirable qu'il a été fait par les seuls procédés indigènes.

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CLXTin INTRODUCTION.

Les ouvrages géographiques sont en somme peu nombreux, bien que les gens du peuple et les nobles se déplacent facilement dans l'intérieur du pays : mais le Coréen ne s'intéresse pas aux réalités physiques qui l'entourent, la curiosité lui manque, l'importance de l'observation lui échappe ; les végétaux et les animaux, les phénomènes physiques ordinaires sont connus par la routine joumalière, il ne vient à l'idée de personne d'en chercher les rapports ; ^* cela est ainsi ", cette réponse suffit presque toujours ; et s'il s'agit d'une inondation, d'une épidémie, d'un de ces fléaux qui désolent de temps en temps une r%ion, on ne cherche pas d'autre cause que l'intervention d'esprits malfaisants et l'on recourt au sorcier pour les apaiser. L'esprit scientifique n'existe pas, bien moins encore qu'en Chine : car, si le Chinois use parfois d'une logique bizarre, du moins a-t-il fait preuve souvent d'esprit d'observation, voire d'esprit mathématique. Confucius ne s'inquiétait ni des questions métaphysiques, ni de l'explication des phénomènes extérieurs, l'homme était sa seule étude : les Coréens ont étudié la métaphysique à l'exemple de Tchmi Hi, sur tout le reste ils s'en sont tenus à la lettre du confucianisme. Aussi pour la bibliographie, l'épigraphie, la numismatique, l'agriculture, la sériciculture, l'histoire

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naturelle, les arts industriels, les beaux-arts n'ont-ils presque rien à opposer aux richesses chinoises : quelques listes de livres, peut-être un recueil épigraphique, deux réimpressions d'histoires naturelles chinoises, quatre ou cinq ouvrages sur Tagriculture, autant sur la sériciculture et sur la musique, et c'est tout. Encore est-il bon de remarquer que les traites agricoles et musicaux sont presque tous du XVS siècle et ont été composés sous l'impulsion de Syei tjong^ l'inventeur de l'alphabet, le prince le plus remarquable de la dynastie actuelle, dont on retrouve le nom dans toutes les branches d'études. L'iagriculture et la sériciculture sont une aJBfaire de pratique traditionnelle ; la musique, s'enseigne par une imitation mécanique et les sons s'écrivent aujourd'hui au moyen de lettres coréennes qui forment une harmonie imitative ; le dessin, bien que pratiqué avec succès ^^^ n'a domié lieu ni à un ouvrage théorique ni à un ouvrage d'enseignement.

1. J'ai déjà donné quelques indications sur l'art du dessin à propos des gravures qui se trouvent dans divers ouvrages. Il n'est pas inutile d'ajouter que, pour la couleur, la composition, l'ordonnance des masses, les artistes coréens sont bien supérieurs à leurs voisins de l'ouest et de lest. Les deux temples du dieu de la guerre, situés l'un à l'est, l'autre au sud de Séoul, possèdent, dans des galeries couvertes sur les deux côtés de la grande cour, des séries de peintures, semblables d|ins les deux temples et représentant les scènes principales de la vie du dieu ; la vivacité et l'hi^rmonie des

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Les mathématiques et Tastronomie sont un peu mieux partagées : des livres chinois ont été réimprimés aux XVIIS et XVIIII siècles ; on peut citer quelques ouvrages composés en Corée, Tun au XV? siècle par ordre du roi Syei tjong et les autres depuis 1850 par deux hauts fonctionnaires, Nam Pyeng kil et Nam Pyeng tchyeP^\ qui paraissent avoir eu des aptitudes toutes spéciales pour les sciences exactes, La divination, qui touche de près à l'astronomie, offre un grand nombre d'ouvrages, tant manuscrits qu'imprimés, quelques-uns en coréen, beaucoup en chinois, plus ou moins savants suivant la classe de lecteurs à laquelle ils s'adressent : les sciences occultes

couleurs, la disposition des masses dans les bataiUes, l'approfondisse, ment des lointains, toute la perspective témoignent d'une habileté remarquable, on ne sent nulle gaucherie et nul effort. Une bonzerie proche de Séoul, celle de Sin heung, $f^^» je crois, a des peintures d'un style analogue représentant des scènes àe Tenfer bouddhique Enfin, il existe à la bonzerie de Ryong tjyau, flj^^i un tableau de petites dimensions : le sujet est un ascète en méditation dans la forêt, la chair légèrement rosée, la barbe et les cheveux blancs du vieillard accroupi, mettent sous la verdure sombre une lumière surnaturelle, l'expression de la physionomie est d'une intensité remarquable : ce n'est plus de l'art coréen, c'est de l'art humain. Les artistes qui ont peint ces œuvres, sont des bonzes, m'a-t-on dit; mais on a oublié leurs noms et on ne sait ce qu'ils sont devenus.

On brode sur soie, au Palais, des paravents représentant des paysages, qui sont exécutés avec une très grande finesse et présentent une grande ressemblance de style avec les peintures dont j'ai parlé.

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jouent, en effet, un grand rôle dans la vie du Coréen ; remplacement d'un tombeau, le site et Torientation d'une maison, le choix d'un jour pour des funérailles ou pour un mariage, l'horoscope sont du ressort du devin ; et pour peu qu'un homme soit timoré et superstitieux, il n'est pas de petit fait dans la vie, jusqu'à tailler un vêtement et prendre un bain, qui ne soit soumis aux règles de l'astrologie. La cour donne l'exemple, le calendrier officiel est rempli aux trois quarts d'indications sur les faits et gestes des esprits, une administration spéciale, le Bureau d'Astrologie, recrutée par des examens spéciaux, prépare le calendrier et détermine pour chaque circonstance les directions et les jours fastes et néfastes. Et cependant, malgré l'importance des sciences occultes en Corée, presque tous les ouvrages qui les concernent sont venus de Chine.

H reste encore trois branches d'études, l'art militaire, la médecine et les langues, oii les Coréens, poussés par la nécessité pratique de se défendre, de soigner les malades et de s'entendre avec leurs voisins, ont été plus originaux ; ils y ont porté les qualités d'ordre et de clarté qui leur sont naturelles. Dès l'époque du Sin ra, on cite le titre de deux traités militaires, on en trouve un sous la dynastie de Ko rye ;

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SOUS la dynastie régnante, Syei tjong, Moun tjong, Syei tjo^^^ ont composé eux-mêmes ou fait composer un assez grand nombre d'ouvrages ornés de planches et ont fait imprimer les sept classiques militaires de la Chine. L'invasion japonaise de 1592 ramena à ces études n^ligées pendant plus d'un siècle ; on imprima quelques ouvrages chinois. Au XVIIIS siècle, Syouk ^jongy Yeng tjong^ Tjyeng tjong^^^ publièrent des éditions d'anciens ouvrages et en firent composer de nouveaux qui furent imprimés avec le plus grand soin. Enfin, récemment, plusieurs œuvres nouvelles ont vu le jour et on a réimprimé un ouvrage chinois de la première moitié du siècle, relatif à l'armement moderne, aux canons, bateaux à vapeur, etc. : ce Uvre est orné de gravures finement exécutées. Dans le présent ordre d'idées, les Coréens se font gloire d'avoir inventé une nouvelle disposition tactique et des jonques de guerre à double pont, où ^les archers tirent à couvert et qui sont armées de coutelas dissimulés sous de la paille : ces " bateaux-tortues " ont fait le plus grand mal aux Japonais en 1592. Les études militaires sont oi^^isées sur le même plan que les études httéraires et donnent accès à des grades analogues.

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lOTBODUCnON. CLXXin

Pour la médecine, la Corée s'est mise à Técole de la Chine dès le VU? siècle, elle lui a emprunté ses livres, des examens ont été institués. C'est sous la dynastie de Ko rye que l'on trouve pour la première fois l'indication d'ouvrages composés par les médecins royaux. Au XV? siècle, lors de la réforme administrative accomplie par la dynastie nouvelle, les examens réorganisés portèrent encore sur des ouvrages chinois ; dès cette époque, ^urtant, quelques-uns de ces livres furent traduits en langue vulgaire, ce qui indique une diffusion plus grande des connaissances thérapeutiques. Sous le règne de Syen ijo^^\ la médecine prit un développement indépendant ; ce prince paraît s'être intéressé spécialement à ces études, il fit graver plusieurs ouvrages chinois importants et encouragea les travaux de He Tjyoun^'^\ l'auteur du Tong eui po ham (n2 2517), ouvrage général en vingt-cinq volumes, et du Htài mn ijip yo (n? 2506), traité sur la gestation et sur l'accouchement ; le premier de ces ouvrages a été fort apprécié en Chine et y a été râmprimé. Depuis cette époque, plusieurs œuvres moins importantes ont été composées par des médecins coréens ; on trouve, en particulier, un grand nombre

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