INTRODUCTION. CLXXXV
jour. Quelques ouvrages ont aussi été imprimés par la Maison des Missions Etrangères qui est à Hong kong. Tous les livres catholiques, à une ou deux exceptions près, sont traduits ou abrégés du chinois ; la langue employée est le coréen vulgaire ; mais les termes techniques sont des expressions chinoises, simplement transcrites au moyen de lettres coréennes.
Les Missionnaires protestants américains, arrivés en CJorée depuis l'ouverture du pays par les traités, ont publié un livre de cantiques, quelques traités religieux et quelques traductions des évangiles et des épîtres. Les missionnaires anglais ne sont venus qu'en 1890 ; j'ignore si, depuis mon départ de Séoul, ils ont imprimé quelques livres coréens.
Cette longue revue de la littérature coréenne nous a montré des œuvres peu originales, toujours imbues de l'esprit chinois, souvent de simples imitations ; encore, dans les richesses déconcertantes de la littérature chinoise, les Coréens ont fait un choix : la philosophie, qui a été lente à les conquérir, a su se les attacher et, avec les théories cx)nfucianistes, sont venus naturellement tous les genres qui se rattachent à cette conception sociale et morale, rites et administration, histoire, poésie savante et raffinée. En dehors du
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confucianisme, les Coréens nont cultivé des sciences que celles qui ont une utilité immédiate, médecine, astrologie, art de la guerre, langues des peuples voisins. Si des ouvrages chinois étrangers aux genres que je viens d'énumérer, ont été reproduits, ce sont des œuvres dont le but est pratique ; la littérature religieuse même, taoïste et bouddhiste, n*a ]ias d*autre raison d'être que le motif tout pratique de mettre en règle avec les esprits ceux auxquels le confucianisme, trop froid, ne suffit pas. Les œuvres d'imagination sont peu importantes par le nombre et la valeur, moins encore par l'estime qu'en font les lettrés. Le rôle de cette littérature a été surtout social et moral, conforme à l'idée confucianiste qui a peu à peu dominé tout le reste ; toute influence étrangère a donc été lentement éliminée, surtout dans ces derniers siècles, oîi la Corée s'est tenue enfermée en elle-même ; la notion de ce qui est extérieur aux frontières, s'est presque totalement perdue, tout le monde s'est réduit, pour le Coréen, à ce que contient son étroite péninsule ; de la Chme classique, il a conservé un grand souvenir accompagné d'une reconnaissance attendrie, mais il a oublié, dédaigné dans son for intérieur, la Chine actuellement existante. Le territoire resserré de la Corée est devenu, pour le