L'Illusion comque, arrangée par M. Edouard Thierry
M. Edouard Thierry a fait représenter sur le Théâtre- Français, le 0 juin 1861, un arrangement de cette pièce, qu'il a justifié lui-même de la manière suivante (Moniteur universel du 3 juin 1861) :
« N'y eût-il dans Yltlusion que ce cri d'orgueil, ou plutôt ce cri de bonheur jeté par Corneille à l'heure ou son génie se réveille et prend possession do lui-même, il me semble que la pièce valait la peine d'être reprise au moins une fois, et pour l'anniversaire de la naissance du grand ancêtre. Je l'ai cru et je le crois encore, puisque la représentation aura lieu jeudi prochain. » Malgré cette opinion favorable, M. Thierry a pensé que certaines scènes de l'Illusion ne pouvaient plus supporter la représentation, et les a remplacées par des fragments de Don Sanche.
816. Le Cid, tragédie de P. Corneille, arrangée par J.-B. Rousseau (?).
Un anonyme, que l'on a cru être J.-B. Rousseau, fit représenter le Cid en 1728, en supprimant le rôle de l'Infante et quelques vers qu'il jugeait inutiles à l'action. Ces changements furent dès lors admis par la Comédie- Rrançaise, et, malgré le respect dû à Corneille, le public a paru donner raison à Rousseau. Son arrangement a été reproduit dans le recueil suivant :
Pièces dramatiques choisies et restituées, par Monsieur*" [J.-B. Rousseau?]. Amsterdam, François Changuion, 1736. In-12, titre grav.
Ce recueil contient : Le Cid, par P. Corneille; Don Jnphet d'Arménie, par Scarron; Marianne, par Tristan l'Hermite; Le Florentin, par Champmeslé (et La Fontaine).
L'auteur de cette « restitution » a supprimé, dans le Cid, les trois rôles de l'Infante, de Léonor et du Page. Il a dû, pour opérer ce retranchement, faire de nombreuses coupures dans les autres rôles, faire disparaître notamment tous les passages dans lesquels Chimène s'adresse à l'Infante. Il a intercalé, au deuxième acte, en tête de la scène entre don Fernand, don Arias et don Sanche, les deux vers suivants :
Quoi ! me braver encore après ce qu'il a fait ! Par la rébellion couronner son forfait !
Les deux vers que prononce l'Infante au commencement de la dernière scène de la pièce :
Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesse Ce généreux vainqueur des mains île ta princesse.
Son! remplacés par les deux vers suivants, mis dans la bouche de don Fer«
Approche-toi, Rodrigue, et toi, reçois, ma tille, De la uiain de ton roi, l'appui de la Castille.
Ces vers sont imprimés entre guillemets dans l'édition que nous citons. Jusqu'à ces dernières années, ainsi que nous l'avons déjà dit (voy. ci-dessus, n° 10), ils ont été fidèlement récités dans toutes les représentations données au Théâtre-Français.