La Translatio Si. Landoaldi et sociorum (publiée par
(') Cf. un acte dans A. Van Lokeren, Chartes de St. Pierre, t. I, p. 20.
Henschenius, AA. SS. Boll. (1668), mars, t. III, p. 34-41; par Ghesquière, AA. SS. Belgii (1785), t. III, p. 344-349, et surtout par Holder-Egger, MGH, t. XV2, p. 601-610), et le Sermv de adventu et elevatione Si. Landoaldi et sociorum (MGH, t. XV2, p. 610-61 1), se rattachent à une lutte des plus curieuses au sujet de la possession de reliques entre les abbayes de St. Pierre et de St. Bavon, et dont nous avons déjà dit un mot à propos de St. Florbert.
Lorsqu après la retraite définitive des Normands, le comte Arnould le Grand restaura le monastère de St. Pierre (939), il dota le monastère d'un important trésor de reliques, c'est à dire d'une source importante de revenus. Les moines de St. Bavon à leur retour de Laon, à la même époque, n'emportèrent dans leur monastère restauré que les ossements de St. Bavon et de Se. Pharaïlde. Bien que les deux abbayes fussent régies, jusqu'à la mort de Womare, par un même abbé (980), les moines de St. Bavon ressentirent bientôt une intense jalousie contre leurs voisins et leur rivalité se manifesta de bonne heure par des dissensions.
Or, en 976 l'empereur Otton II rendit au monastère de St. Bavon, situé en Lotharingie, la villa de Wintershoven, dans le N. E. de la Hesbaye (MGH, Difilomata, t. II, p. 143). Le prêtre de l'église de Wintershoven, Sarabert, raconta aux moines gantois, lors de leur prise de possession, que son église renfermait, — outre les reliques de St. Landoald (f667), auquel elle était consacrée (*) — , les restes précieux de Ste. Landrade, abbesse
(*) S. Balau, Les Sources de l'Histoire de Liège (Bruxelles, ig'o3)> p. i35-T3g.
du couvent voisin de Munster- Bilsen, de Se. Adeltrude (*), qui porte le nom mutilé de la fille de St. Bavon (Aggeltrude), et de leurs compagnons Amantius, Ju lianus et Vinciana. Heureux de cette aubaine, les Bavoniens firent d'abord l'élévation de Landoald et de ses compagnons, puis, à la suite d'une vision, également celle de Se. Landrade (2) ; ensuite, ils firent transporter toutes ces reliques dans leur monastère (980). Se réjouissant des miracles opérés par ces reliques, ils demandèrent au mois de juin à Notger, évêque de Liège, de mettre par écrit les biographies de ces saints et l'histoire de leur translation. Celui-ci y consentit, mais fit rédiger l'écrit par Hériger, écolâtre de Liège (3).
Les moines de St Bavon fournirent à Hériger la matière du livre, et notamment tout ce que Sarabert de Wintershoven leur avait raconté au sujet des saints ; celui-ci avait prétendu d'avoir lu sur leurs vies un livre écrit d'une main très ancienne, mais tout maculé et qui aurait disparu lors de l'invasion magyare de 954 : c'est là une allégation ordinaire des faussaires du Xe siècle. Quant au sort des ossements, Sarabert aurait appris les différentes péripéties de ces reliques du prêtre Hildebrand, déjà décédé, et du vieillard Frangerus, encore vivant en 980.
Quant à la Translatio Sœ. Landradœ, elle semble savoir été rédigée, également d'après les renseignements de Sarabert, par Hériger (Analecta Bollandiana, t. IV, 192-194) ;
(*) F.X.de Ra.m,Adeltrudef dans Biographie Nationale (1866), t I, col. 64.
(2) S. Balau, Les Sources, p. 139-140.
(3) La Translatio d' Hériger a été employée par Philippe de l'Aumône dans sa Vita Si. Amandi, dans le Chronicon Si. Bavonis de Jean de Thielrode, et dans les Annales Si. Bavonis,
sa Vita, par Thierry de St. Trond (fi 107) n'est qu'une amplification de la narration d'Hériger (AA. SS. Boll., juillet, t. II, p. 625 et suiv.)
Il est hors de doute que Landoald fut l'objet d'un culte à Wintershoven, et que Landrade était honorée à Munster- Bilsen; seulement, la présence des reliques de cette dernière et de sa compagne Adeltrude à Wintershoven ne nous est connue que par la narration fabuleuse du prêtre Sarabert, et leur authenticité paraît donc sujette à caution. Mais il nous semble prouvé, et nous admettons avec Holder-Egger, — qui a démêlé cet imbroglio dans son intéressant mémoire Die Heiligençeschichte des St. Bavosklosters [n° 52], — que certainement Amantius, Julianus et Vinci ana sont les fruits de la fertile imagination du prêtre hesbignon (*).
Comme les moines de St. Pierre avaient immédiatement répandu le bruit que c'étaient des corps de malfaiteurs, « malorum defunctorum ossa », et non de saints qui étaient arrivés à St. Bavon, les moines de ce monastère pour les confondre, ayant fait certifier les miracles arrivés lors de la Translatif) par l'archevêque de Reims, firent solennellement élever les corps de St. Landoald et ses compagnons d'abord, de Ste. Landrade ensuite, par leur diocésain, Liudulf de Noyon-Tournai, en 982. Alors un moine de St. Bavon composa un opuscule en deux parties, dont l'une est une amplification de la Translatio d'Hériger, l'autre le récit de l'élévation, dans laquelle il attaque véhem-
(!) Le savant professeur Mr Godefroid Kukth a récemment combattu l'opinion d' O. Holder-Egger, dans son Notger de Liège (Liège, igo5), t. I, p. 233-235, 333-338.
ment les détracteurs: c'est YAàventus et Elevatio Si. Landoaldi et sociorum ejus.
Outre les mémoires cités, on pourra consulter sur la valeur de ces documents hagiographiques, l^s biographies de Landoald et de Landrade par MM. H. Pirenne et G. Kurth, Biographie Nationale, t. XI (1890), col. 256-260.
56. Non content de cette victoire sur l'abbaye concurrente, l'énergique abbé Odwin (983-998) ht venir de Rome (*) par l'intermédiaire d'une pieuse Anglaise, Teta, les reliques de St. Pancrace qui arrivèrent à Gand en 985 ; voyez la lettre de l'abbé André de St. Pancrace dans Neues Archiv, t. VIII, p. 376.
57. Vers la fin de Xe siècle, quelques années après la restauration de St. Bavon, mais avant 1010, un moine de ce monastère écrivit trois livres de Mnacula et Translationes Si. Bavonis. Dans le premier, il traite des destinées du monastère en s'aidant des anciennes Vita de St. Amand et de St. Bavon, des Annales de St. Bertin et de St. Vaast, et de sources domestiques perdues ; le second livre raconte les malheurs des persécuteurs dusaint patron, et le troisième les grâces qu'il a accordées à ses vénérateurs. C'est le même moine sans doute qui composa le Carmen de S. Bavone, publié par Holder Egger, Neues Archiv. t. X, p. 371.
L'Elevatio Si Bavonis, faite l'an 1010, fut décrite fort peu après par le même moine de St. Bavon qui composa la première Vita Si. Macharii.
Enfin, comme les moines de St. Pierre avaient répandu le bruit que le corps de St. Bavon ne reposait pas dans le
{}) Cf. H. Vander Linden, article Odwin, dans Biographie Nationale, t. XI, col. 81.
monastère de ce nom, l'abbé Fulbert fit procéder à une nouvelle élévation en io58, dont la relation nous a été transmise par un troisième moine ; c'est la Secundo, Translata Si. Bavonis.
Les textes publiés par Mabillon, A A. SS. ord. Si. Benedicti, t. II, p. 406 4i5, sont incomplets; on consultera de préférence les AA. SS, Boll., oct., I, p. 2g3-3j3, ou les extraits de Holder-Egger, MGH. t. XV2, 589-597, où l'on trouvera encore aux pp. 608-609, un autre recueil de Miracles de St. Bavon du XIe siècle.
58. Non contents de posséder désormais les corps des saints de Wintershoven (980), de St. Pancrace (985), et de St. Liévin (1007), devant les déclamations de leurs puissants détracteurs de St. Pierre, les moines de St. Bavon se mirent en quête de nouveaux saints.
En 10 11 vint à St. Bavon un pèlerin du nom de Machaire, qui se disait avoir été archevêque d'une Antioche en Arménie qui n'a jamais existé ; il mourut quelques mois après, en 1012, et fut regardé comme un saint par les Bavoniens. Si quelqu'un avait pu douter jusqu'ici de l'authenticité de leurs reliques, désormais ils tenaient un corps dont personne ne pouvait nier l'identité. C'est pourquoi en 1014, sur l'ordre d'Erembold, abbé, un moine de St. Bavon, le même qui rédigea VElevatio Si. Bavonis, écrivit une courte Vita Si. Macharii (AA. SS. Boll.y avril, t. I, p. 875- 878 ; Holder-Egger, MGH, t. XV2, p. 6i5-6i6, extraits), qui raconte exclusivement tout ce qui est arrivé au saint à St. Bavon et les miracles qui s'y sont passés après la mort de l'étrange vagabond.
En 1067, les os de St. Machaire furent solennellement élevés, et entre cette date et l'an 1073, sur l'ordre de Siger,
abbé de St. Bavon, un moine de cette abbaye composa un écrit beaucoup plus volumineux sur la vie du saint. Cette seconde Vita Si. Macharii est une amplification de la première ; le second auteur connaît sur les parents de Machaire, sur son prédécesseur homonyme à l'archiépiscopat d'Antioche, sur la prélature, vertus, voyages etc. du saint, une foule de détails dont le premier rédacteur avouait sincèrement ne rien savoir. Déjà le Bollandiste Henschen considérait cette seconde biographie comme très suspecte ; O. Holder-Egger a montré que c'était un tissu de mensonges inventés après coup pour la réclame de l'abbaye. On trouvera cet opuscule dans AA. SS. Boll., avril, t. I, p. 877-892, et par extraits dans Holder-Egger, MGH, t. XV2, p. 616-620. C'est la seconde Vita qui a été employée par les Annales Si. Bavonis et par Jean de Thielrode.
Pour plus de détails, voyez le Mémoire déjà cité de Holder-Egger, Die Heiligengeschichte, p. 63 1 et suiv. ; H. Pirenne, Biographie Nationale, t. XIII, col. 3-4
Les Productions hagiographiques de St. Bavon (2) peuvent donc être rangées chronologiquement de la façon suivante :
Cca 840. Vita Si. Bavonis.
Cca 980. Vita Si. Bavonis metrica.
(l) Les Vies de St. Liévin, de St. Amand et de St Machaire par le chanoine J.-J de Smet (Gand, 1857, 1861, 1867) sont aujourd'hui sans valeur historique.
(l) L'abbé Thierry de St. Trond (t 1007), étant moine, fut expulsé de son monastère, vint se réfugier à St. Bavcn et y rédigea quelques Vies de Saints, que nous avons mentionnées plus haut, nos 49, 54, 55 ; cf. Rodulfi Gesta abbatum Trudonensium, MGH, t. X, p. 2 55 ; Wattenbach, Gtschichtsquellen, t. II, p 149.
Ante ioio. Miracula et translationes Si. Bavonis. 1014. Vita Macharii prior. Elevatio Si. Bavonis prior.
1024- 1058. Vita Si. Livini.
1025- io5o. Epistola Livini ad Florbertum. io5o. Vita Sae. Pharaïldis metrica.
1060. Secunda Translatio Si. Bavonis.
1070. Elevatio Si. Macharii.
Post 1090. Translatio Si. Livini et Brictii. Carmen de Sto. Bavone.
59. De même, à I'abbaye de St. Pierre, il y eut un mouvement hagiographique fort intense, en partie antérieur à la période de la lutte avec les Bavoniens, et créé en partie par cette rivalité même. A la première manière se rapporte la Vita Si. Bertulfi et la Translatio Ss. Wandregiseli, Afisberti et Wolframni d'un anonyme, et à la seconde division, le Lantberti Libellus de loco sepulturœ Florberti.
Ce petit livre d'un moine de St. Pierre, peut-être nommé Lambert, est une protestation de ce monastère contre les prétentions de leurs confrères de St. Bavon, au sujet de l'ancienneté et de la primordialité de leur couvent et au sujet de leurs supercheries hagiographiques. Le moine cherche à prouver que c'est bien au Mont-Blandin que Florbert a reçu la sépulture, que c'est donc parfaitement son monastère qui a été fondé par St. Amand, et il dénonce en même temps tous les méfaits, toutes les falsifications commises par ceux de St. Bavon pour s'attribuer la sépulture, les reliques et la plaque tombale de St. Florbert. Cet écrit date de l'an 1079, et fut donc rédigé au plein de la lutte entre les deux couvents rivaux.
Le texte de cet important libelle a été imprimé par F. Van de Putte, Anniles abbatiœ sancti Pétri Blandiniensis, p. 26-
3o, et mieux par Holder-Egger, MGH, t. XV2, p. 641-644; cf. p. 1317.
60. En 940, Arnould le Grand chargea Gérard de Brogne de réformer le monastère de St. Pierre en couvent de Bénédictins ; mais tandis qu'il songeait au bien moral des moines, le comte ne négligeait pas leurs nécessités matérielles ; il les pourvut entr' autres d'une large provision de reliques.
En 944, Arnould y fit amener de Boulogne, — où les moines de St. Wandrille les avaient mis en sûreté durant l'invasion normande du siècle précédent, — les corps des Ss. Wandregisèle ('), Ansbert (2) et Wolfram (3). Un moine de Blandin, qui vivait à la fin XIe ou au début du XIIe siècle, en utilisant probablement un texte plus ancien et aujourd'hui perdu, mit par écrit le Sevmo de adventu SS. Wandregisili, Ansberti et Wulframni in monasterium Blandiniense, destiné a être lu en public le jour de l'anniversaire du premier (3 Septembre), et publié par Mabillon, A A, SS. ord. S. Benedicti,, t. V, p. 200-21 3 ; AA. SS. Boll.t juillet, t. V, p. 291-302 ; par extraits par Holder-Egger, MGH, t. XV2, p. 625-63i, 637, 671 (4).
Ce sermon, rédigé certainement sous l'influence du Lantberti Libellus , est un livre de polémique dirigé contre les moines de St. Bavon ; l'auteur a placé en tête de sa trans-
(*) Sur St. Wandrille, abbé de Fonteneîle (f vers 669), voyez une vie contemporaine dans AA. SS. Boll., juillet, t. V, p. 265-271.
(2) St. Ansbert, abbé de Fonteneîle (f 695), voyez AA. SS. Boll., février, t. II, p. 346.
(*) St. Wulfran(f 721), voyez A A. SS. Boll., mars, t. III, p. i45.
(4) Cf. un commentaire déjà vieilli de ce texte dans L. Cousin, Un itinéraire au X<? siècle (Mémoires de la Société Dunkerquoise, t. XVI, p. 220 et suiv.).
lation un sommaire tendancieux de l'histoire de St. Pierre emprunté à VHistoria Fundationis et au Liber Traditionum.
61. Peu de temps après (945), Arnould le Grand fit transporter de Harlebeke au Mont-Blandin les restes de St. Bertulphe, de Renty en Artois (f yo5) et de St. Gudwalus(1). Plus tard, sous l'abbatiat de l'abbé Folcardus (1070- 1088), le corps fut élevé, et un moine de St. Pierre composa à cette occasion, d'après une Vie ancienne (X esiècle) et une Translation antérieure (g5o) aujourd'hui perdues, une Vita Si. Beriulfi, Renticœ abbatis in Flandria, qui est plutôt une histoire de la translation des reliques et de leurs miracles jusqu'en 1073. Elle a été publiée par Mabillon, A A. SS. ord. Si. Benedicti (1672), t. III, Ie p., 45-64; Bolland donne un meilleur texte, AA. SS. (i658) feb., t. I, p. 677-688 ; Ghesquière, AA. SS. Belgii (1789), t. V, p. 453-489 ; Holder-Egger en a donné les extraits les plus importants, MGH, t. XV2, p. 633-641. Cl. F. X. de Ram, Hagiographie Belge (1867), t. II, p. 137-143, et Eug. Coemans, dans Biographie Nationale (1868), t. II, col. 342.
Nous allons énumérer maintenant quelques écrits hagiographiques, qui, tout en ne concernant pas directement le lieu de Gand, rapportent certains détails soit sur les monastères, soit sur les monuments de cette ville.
62. On sait que le célèbre ami et biographe de Charlemagne, Eginhard ou plutôt Einhart (768 1840) devint successivement abbé laïque de St. Pierre et St. Bavon (cca.814) (2), de St. Cloud et de St. Servais. Ayant fait cher-
(!) Sur l'évêque anglais Gudwal, VIIe siècle, voyez A A. SS. Boll. (1695), juin, t. I, p. 728, 729, t. VI, p. 84-87.
(2) Cf. B. Krusch, Praefatio ad Vitam Si. Bavonis, MGH, SS. rerum Merovingicarum, t. IV, p. 528.
cher, à Rome les reliques de St. Pierre et de St. Marcellin, il apprit, par une lettre de son notaire Ratleik, l'arrivée de ces restes suspects à Mùhlheim, plus tard Seligenstadt. Le 3 juillet 828, Einhart les ayant expédiées à St. Bavon, les reliques y furent reçues en grande pompe. C'est le savant abbé lui-même qui nous a fait le récit de la Translatio SS. Marcellini et Pétri, un des monuments les plus curieux du IXe siècle. Cet écrit hagiographique a été publié par les Bollandistes, AA. SS., juin, t. I, p. 181-206 ; par Teulet, Œuvres complètes d'Eginhard, t. I, p. 176 et suiv. ; par G. Waitz, MGH,t.XV, p. 238-264. On consultera sur la composition de l'ouvrage Ebert, Histoire de la Littérature latine au M. A., t. II, p. 11 3- 116; Wattenbach, Geschichtsquellen, t. I,p. 188- 189, et la biographie à* Einhart, par Fr. Kurze (Berlin, 1899, in-8°), p. 41-46.
Puisque nous parlons du biographe de Charlemagne, signalons en passant que les Epistolœ de Einhart, retrouvées par K. Pertz à Laon, où les moines de St. Bavon les avaient emportées durant leur fuite devant l'invasion normande, donnent des détails sur le séjour d'Einhart à St. Bavon en 83o ; elles ont été publiées par K. Hampe, MGH, Epistolœ, t. V, voyez p. 116- 118, i3j ; cf. Translatio, MGH, t. XV1, p. 243 et 260. De même, c'est le lieu de rappeler ici que certains ont attribué à Einhart la rédaction de la dernière partie des Annales regni Francorum, de 801 à 829 ; la question est fort discutée, et on peut voir à ce sujet Wattenbach, Geschichtsquellen, t. I, p. 191-204, et Molinifr, Les Sources, t. I, p. 224, n° 745. Quoiqu'il en soit de leur auteur, elles nous font connaître le séjour de Charlemagne à Gand en 811, MGH, SS, t. I, p. 199; éd. F. Kurze, MGH, Ad usum Scholarum, p. i35.
63. C'est, nous l'avons dit, St. Gérard de Brogne (f v. 95g) qu' Arnould le Grand chargea de réformer les couvents de St. Pierre et de St. Bavon, lors du retour des moines, et de les soumettre à la règle bénédictine. La Vita S. Getavdi Broniensis a été composée par un anonyme, et d'après Dom U. Berlière {Revue Bénédictine de Maredsous, t. IX, 1892, p. 157-172) vers l'an io5o. Il faut s'en servir avec prudence, car elle est en partie composée de documents faux et à l'aide de la Translatio Si. Eugenii Bronii.
La Vita Si Gerardi, sl été publiée par Mabillon, A A, SS. ord. Si. Benedicti, t. V, p. 276 ; par les Bollandistes, AA. SS., oct., t. III, p. 3oo-32o ; et par L. von Heinemann, MGH. t. XV2, p. 655 673.
Sur le personnage, voyez Walter Schultze, Gérard van Brogne und die Klosterreform in Niederlothringen und Flandern, in Forschungen zur Deutsche Gesckickte, t. XX V, p. 221-271; E. Sackur, Die Cluniacenser in ihrer kirchlichen und allgemein geschichtlichen Wirksamkeit (Halle, 2 vol., 1888, in-8°), t. I, p. 121 et 365 ; Wattenbach, Geschichtsquellen, t. I, p. 387-389.
64-. La vie d'un autre grand réformateur monastique mérite d'être citée ici. C'est la Vita Si. Popponis, Stabulensis abbatis (t 1048). Saint Poppon, natif de la Lysgau, fut l'ami et le compagnon de Lausus de Deinze, le constructeur de la partie inférieure de l'église St. Jean, aujourd'hui St. Bavon.
L'ouvrage fut entrepris parle moine gantois Onulfus, mais fut réécrit par Everhelm, abbé d'Hautmont, plus tard abbé de St. Pierre, un peu avant 1059.
Cette vie a été publiée par les Bollandistes, A A. SS., janv., t. II, p. 638-652 ; par W. Wattenbach,
MGH, t. XI, p. 291-316. Sur le personnage, voyez Wattenbach, Geschichtsquellen, t. II, p. i32.
65. En 1060, les moines du grand monastère liégeois de Lobbes sur Sambre, promenèrent à travers l'Artois, la Flandre et le Brabant la châsse du célèbre St. Ursmar (1" 7 1 3) ; à Gand, les reliques de St. Ursmar furent déposées à Ste. Pharaïlde, à St. Bavon, à St. Pierre et à St. Jean. Un moine décrivit les miracles arrivés durant cet itinéraire, sous le nom de Miracula Si. Ursmari in itinere, dont le texte complet est dans AA. SS. Boll., avril, t. II, p. 563-578, et des extraits dans O. Holder-Egger, MGH, t. XV2, p. 838-852.
On trouvera encore quelques indications dans les Miracula Si. Eictrudis (f v. 687), écrits vers 11 37, par un certain Walbertus de Marchiennes, publiés dans les AA. SS. Boll., mai, t. III, p. 89-118, 1 18-140.