II. ÉLÉMENTS BISTORigrES DE LA CflAXSOff DE IIOIAND
On peut se lent inquemeiit établir les propositions suivantes ; VLa Chanson de Kamieit.ilelovtaTKiipopéeiinalionata.cellequialeptwdefondementthiiilnriguei. = t" La défaite de Roaetvaiix ett rètltemeiit du domaine de Vhiiloîre. Il eut tres-vrai qu'en 778. nu r^iour ilr la teiilt expéddion qu'il ait penonoeOemenl dirigée contre CEapagne, Charlemagne vit «on armée lut^iriu par la Gaicons datu le» itéfilèa oa part* ilea Pyrénées. Il rit encore Iréi-vrai qu'il v perdit la plupart de te» aulici, et notammeiU Hnland. pra!rectus llmitia Brilanuiri. CetCe défaite fut des plua gravei et > aitriita aîngulitreinenl t'eapil du H'ii ■• . L'histnricilé du personnage de Ruimiil est hors de doute, el ce n'eil
A\ALÏ&F. DE LA CIIA.SSO.V DE ROLASI). 5aa
il sf lève, furieux, indigné, terrible; il se débarrasse dos grandes peaux de marlre qui pendaient à son cou et '
pM sans graiiile 1
iscmbinncc que M. Analulc dn Bnrlliêlcmy lui a attribué .it reproduirons ci-dï^sous : > Comment nf pas rccoiinaltro iur us dcuier te guiiverncur dci Harclict de BroLngnc. \e hiros Ae l'uncicnno cliansnn? • (Charitmagne, pur Alpli, VéUult. Tours, Miiutc, 1877, p. MS.) =. Z° l.'ff>iutile de Roacevaitx a été raconté en détail par let hiatorieiu le* plui aisne* lie fol, jmr Eginhard |duiis sa l'ie dt CUarlemagae, % 9) ; par l'auteur
det Aniialps longlemin allribiitea à Eginhard (année 778], et par FAitronome limoiain jVita Hludovici). Nous avuna cili! in e-rtenio ces Irais textes, dunl l'iinporlilncc ot considi^rable (voy. p. iM et suiv.). Ou prûsiiine nue le champ de balaiJIo de Ronceiiiux était [dncc prts de U peiilc ctinpellc d'iliat^uula, cl
en doimous ici uu dessin .|uo- nous devons à l'obligeance de M. J. Quiat, = 4" (■« document, récemment dèeouiierl, permet d'affirmer que la [ iataUIe de Itoncevatix l'ett livrée le 15 août 7T8. Ce document, c'est l'L'pil-iidie '' cl Egglliard ■ qui cBl menlîannj par Eginhiird, nvi- An«"lm «l tliind- , comme un de* plus illustres raorti de Rancevnii:( -. r>i|ii<''i' <[.iii'^ l>' ni'.
l-hl. 48il de notre Hibiîothâque nationale, Elle a élé pubiu-.. ^-m- >i.l) hiI.t.
T ti^» \e ZeitKhfifl fir deattche* Alterlhum, nauy. siTu; IV,'.',|<|i -Jlii-J.sii On 'ouvera le texte dans la Romania (II, p. 147). Ctlii' |>iri .' iiii|iiir[;iril<! se inc par ci's deux ^-er» et par celte date : ■ Tu pielali', Deus, |irolirosa.
5di ANALYSE DE LA CUAXSOy DE liOLASU,
Il PART COAP
►."xL '' a])parait au milieu des barons, vêtu de son bliaut de * soie. Il est beau, il est fort, il attire sur lui tous les
(licite cuiicli, — Aggiardt famuli criinina toile tui • — Qui obiit die xviu Kaleudns scoipteiiibrias. lu pace foliciler. =^ 5* // f«f possible que la grarilé de ce désastre ait été atténuée par Eijinhard et par les historiens qui font suivi. Ronccvaiix a donné limi à un inouvcMiient poétique d'une telle intensité, que la victoire des Gascons a sans doute été plus complète qu'on n*a bien voulu le dire. Nos poètes sont peut-être ici plus près de la vérité que nos historiens. — (>" En 8âi, les Français furent de nouveau surpris et vaincus par les perfides Gascons dans les défilés des Pyrénées; les comtes Asinaire et Eble ij perdirent tous leurs soldats : cesl ce qui est encore attesté par plusieurs documents historiques (voy. les Annales attribuées à Eginhard, Si-i, édit. Teulet, I, 'i'i; l'Aslrononie limousin, VHa Illudovici, Pertz, II, 6â8j. On conçoit que cette nouvelle défaite ^it élé confondue dans Tesprit du peuple avec la précédente, et qu'elle ait ainsi augmenté, dans la tradition nationale, les proportions de la bataille où Roland avait perdu la vie. = 7' Les Sarra^ sitis vinrent peut-être en aide aux Gascons dans ces entreprises contre le roi de France. C'est une liypotliùse trcs-plausible, quand on songe au voisinage des Musulmans et des Gascons, à leur haine commune contre la France, à la communauté de leurs intérêts; mais aucun texte, arabe ni français, ne vient donner à celte supposition une consécration vraiment scientifique. = 8* La physionomie^ le nom, la trahison et la condamnation de Ganelon sont sans doute empruntés à la figure trés-hislorique de WenilOf archevêque de Sens, qui trahit la cause de Charles le Chauve jHjur embrasser /o parti de Louis le Germanique, et que Charles fil condamner au concile de Savonnieres en 85U (Annales Bertiniani, à Tannée 850;. = T L'action de la Chanson de Roland ne repose, pour tout le reste, que sur des fondements légendaires, yidis il faut ajouter que l'esprit de tout le poënie, vers par vers, est intimement historique, et que c'est le portrait le plus re:>scmblanl de la société féodale des x* et xi^ siècles.