‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 101 sur 150 · III. VARIANTES ET MODIFICATIONS DE LA LÉGENDE · texte numérisé non relu

III. VARIANTES ET MODIFICATIONS DE LA LÉGENDE

La lég(.Mide de Honccvaux a élé rubjrl de récits presque innombrables dont nous allons pa$>er eu revui> les plus imj»orlants : 1" La Chronique du faux Turpin (entre les années IIOU el UIUk — î2" Le Huolandes Liel (vers IlôOj. — 3" Un vitrail de la calliiidrale de Chartres (lia du xii*^ siècle). — 4* lu passage d'une Vie de saint Gire (Xii'= siècle). — 5" La Kaisercronik (lin du XII* sièch?). — G" Le Koland en vers latins de la même époque. — 7" La Chronique de Tournai ((•«•mmenccmonl du xiii* siècle). — 8" Le Karolinus de Gilles de Paris, compo&é pour l'éducation de Louis Mil. — D' Le Hotnan de Hofice" vaux et les divers remaniemenls du Holand au xiir siècle. — 10* Etienne de Bourbon, frère prêcheur (t liOl). — ll^el li" La Karlamagnus-saga (xiii* siècle*, et la Keiser Karl Magnus Krouihe {\\° siècle). — 13* Catien, chanson de geste perdue, du xiii^' siècle. — 1 i' La Chronique rimée de Fernand Gonzalez. — 15' Lucas de Tuy en son Chronicon Mundi it liôO). — IG* Roderic de Tolède (t lii7), en snHerumin llispania gestarum Chronica. — 17*Alfonse X (t li8I), en sa Cronica général. — 18' Gagdon (xiii" siècle). — l'J' La Chronique de IMiilippc Mouskel (vers le milieu du xiii« siècle). — ÏÎU* Les Chro- 7Wiues de Saint- Denis. — tîh llumberl de Romans, dans son De tractandis in Cuncilio, écrit en 1^73. — !2-2"Le Huland anglais du xiii« siècle. --23« Quatre ra^mcnts néerlandais (deux du xili* siècle, deux du xiv'). — :24* Le CliarlC' magne de Girard d'Amiens (premier quart du xiv* siècle). — Sô" Le Karl Meinetj de la même épo<|ue. — :2G* Le Chronicon Sandi-Berlini, qui a pour

AN.VI,YSE DE LA CIlAySOy DE nOI.ANII. Sfif.

regards de la cour. « Je vois bien, dit-il avec colère, » qu'il faut que j'aille à Saragosse : qui va là, n'en

aiikiir Jean d"Yprp», mort en 1383. — 27* Ue Ramancet etpagnolai. — 38° La Spagna en ven (cnlfp 1350 et ISBO], — «g* U liotU di BoncavaUe, rpmanie. ment en ver» il« la Spagna m rima. — Xf-Si' Le» différentes ramilles de la Spagna en prose (fln du xn- ou W siècle). — 33' Le CharUmûgM el Aiwii, v* si^le. — 'M' Aaonicuf Chalcoeendiilas. un des historiens de la Bjsan- Unc i\y liêcle}. — 35' La Conquaile du grant CliarUmoigne de» Etpaigne», oii Fi<niiroJt(t478, etc.). —36» Le Camd* J/onfffaneincuniiblc. — 37" Les Con- I» de Charlemaigtie, dû David Aubcrt (Ii58). — 38'-.39» Les poFmr'<i !nï. ilorganle, fOrlamlo (urioso, etc. — 40" La BntailU de fioncci'otu', poëme populaire de In Bîbiiolhèqne bleue daraonf le (xvi* siècle), — 4r \:.\P!eui' dtt Aùtfdiru, de Jehan ManccI (xv* siècle).— iS' Les Neuf Preux, i^onijuintion on prose du xv siècle. — 13° Les CbTonxqaet de France, de Guillaume Crtlin (t 15S5]. — W La Chronique de Weiheiutephan (le m», est du HV siide, el Toriginal peut-élrc du iiï'). — AV Les Chronique» de France du ms. da la BibliaLh. nation. .■W03. — 46» Morgant le géant (t517-lS19). Rie., cle.

1* La Cbronidce de Tiirpjk. qui reproduit une forme de la Iradilion épique antérieure p«ul-élrc â U Chatium de Roland d'Oxford, consacre k la dernière eipédilion d'Eapogni', k U bnlailln de Ronceviinx, û la mort de Roland, ses chapitres iix-ixx. dont noua allons donner un résumé... Charles descend en Calice el Tait passer au fil de l'épée Inus les Snrrasins lui ne veulent pas roir le bapûmc. Il crée le siège nrchiépiseopal de Composlellc el fait con- Jr, par Turpîn lui-m*me, la basilique de lu nou»elIe métropole. A celte ne, toute l'Espagne appartenait i Charles, et tous les propriétairea lui devaient quatre iiuiiinii par an. (Chap. xix : De Concilia Caroli el profeclione ejni ad Sanetum-Jacobum.j — Le faux Turpin s'arrête un instant pour osquis- ■er le portrait de Charles et mppcicr la légende do ses enraners, et il en ■ 'e rapidemi"nl au récit de la Iraliison de Ganelon. (Chap. xï : De ptrsnna tl fortiltidine Cnroli.) — L'Empereur, jojeux de posséder désormais toute l'Espagne et de la posséder en paix, retient A Panipelune el y Tnil reposer son armée. Or, il y avait alors à Saragosse deux frères, l'un nommé Mnrtîre et Taulre Beligand. Ces deux rois avaient été envoyés en Espagne par l'amiral > de Babylonc en Perse • . et feignnlenl de se soumetlro aux chrétiens. Charles leur députa Canelon pour les inviter rudement i reeevoir le baptême. Ils envoyèrent au roi des Frank* ■ trente sommiers chargea d'or et d'argent, quantité autres chargés du meilleur vin. et mille Sarrasines éclatantes de beauté'. Ganelon re(ut en mftme temps vingt charges d'or et, se laissant tenter par Bel or inUme, promit aux Sarrasins de leur livrer les meilleurs poîgniori de l'année chrétienne. Le traître, remarquez-le, n'a. dans la Chronique de Turpio, ■ucan grief contre Roland; il Inihil pour s'enrichir, il se vend, et n'a même f»t la eii«onstanco atténuante de la colère. • Harsire el Beligand sont tout « pr*la i se faire baptiser, dit-Il à l'Empereur, et vous ponve» partir en » France. ■ Plein de conllance, Charles donne le signal du cWpart. Mais les tVantais attirent sur leurs lâlcs un châtiment du ciel : ils se livrent i la déhe avec les femmes qu'ils ont amenées de Krnncc, el surtout avec les Sur- •ytàae* dont leur ont fait présent les rois de Saragosse. néanmoins, tous nn se randent pas coupables de «Ite fornication honteuse. L'arrière-gardr française fM Mudain attaquée par Harsire el Beligand A la lélc de einqunnlo inillo 'SamiiM. Toua les chrétiens périssent en marlyrs, sauf Roland, Turpin, C«- Heloo, Baudouin et Thierrr. (Chap. \nl : De prcdHione Ganelonia el (te btllo 1tvneitepalli> et depastione. pagnatorum CAriid'.l — L'auteur, ici, renient un peu sur ses pas el nous trantporie auprès du neveu de Charlemagne qui vil

560 ANALYSE DE LA CHANSOy DE MLANb.

i revient pas. Je vous confie mon fils Baudouin, qui » est votre neveu, Sire. Quant à vous, je ne vous aime

paeott : Roland explore Je champ da balallle, rcoconlre un Sarrasin cl te lii- Il un nrbrc. Vtùt, ij inenln nu gominct de la monlagiic et aonnc do son car (l'ivoire. Cent cliHticiis ae rallîEiit i ce son bien connu el s'upprétenl â dùfendre leur clief mniirant. Le liâros ne ilésMpère paa : ■ Hunlrc-inaj où etl ■ la roi Harsirc •,ilil-il auSamuia qu'il axai! louli l'IicureaUàeliéAunarttre; I linon, tu vas maiirir. ■ Le païen, tremblant, l'ampreaie de désigner du doi|:t la roi de SaratcMse an neveu de Charlcinagnc ; ■ C'csl lui i|ue vous tojri * U-bai avt^c cet feu rond, sur ce deiiricr rouge. — Bien *, dit ttflland, et il se lance clam la mêlée, D'uri seul coup d'épée, il IrancUe en deux le roi Hui'sire el son cheval, ila quod pan Saracfni el equi ejta txddit ad dtx~ tram el atia ad lavam. Lea Sirrasini, éi>auvantés, s'enfuient; mais les cent chrétiens sont morts depuis longtenipg, et Roland agonise. Avec quatre Uaixs dans la corps et tout écrasé aaua une pluie de pierres, il se tralno jusqu'i l'entrée des ports de Sîzer et se jette sous un arhrr, près d'un perron de marbre. C'est \i qu'il faità son épée ces ndieux Ihéologiquos dont le pédantisme est vraiment intolérable : ■ Per te Saraeenî drstrunntur, getui perjti/a de*lniUur, lex cArislîani) <ixaltalnr, laut tiei el glana el eeteberrima fema ocquiritvr. QuoUei Zfomini notiri Jent Chriiti laiigiiinem per le vintHeavi! Quoi Judœoê ae perfidai pro chrÎKliame fidei exattattane deitruxi ! > 11 easaje, niaisen vain, de briser Durandal ; CfodiMbieepsiUiCMKeduciliir. (Chap. XXti : De paisUme Rolandi el morle i/artirii et fiiga Belligandi) — Alors Roland sonne encore de son cor d'ivoire, et ce suprBmo effort lui rompt les veines du cou. Charles elait à huit milles de lA, dans U plaine qui depuis l'est apjHslés le Val-Charlon. Il entend le cor de son neveu et vent lui parler secours; mais Cunolon l'en détourne. 0 tubdota consilia, Jndic pradilorU tradilUmi comparais/ Donc, Roland reste seul, el va mourir. Par bonheur, il s'était ce jour-M miSnie confessa de ses péchés et avait rcfu l'eucharistie. Il Diit i Dieu une dernière prière, un peu langue, si l'un songe â sa faiblesse el i son agonie. Il empoigne ensuite la cbair cl la peau de sa poitrine i l'endroil de son ccEur, et, dans un cri qui ne manque pas de beauté, emprunte les paroles de Job : ■ Avec cette chair, dil-îl, je verrai Dieu. > Puis, il bat i^ cDiilpe, et se met de nouveau à. citer les uintei Eeritures avec une fraîcheur de souvenir et une érudition qui étonnent ches un lui homme el en an tel moment : • Omnia terrriia invilacunt; nunc inlueor qaixl oculu* non t'îWil nw aurti atulivU, nec in cor fiominis atceadil quod praparavit Deui diligenlibni u. ' Il meurt cnlln, et so'U imo est portée par les Anges dan» l'étprnt-l Repos. Turpin, qui est un hooime lettré et prudent, ne veut pis d'ailleurs qu'on puisse lui demander comment il a pu savoir les détails exacts Se celle mort. Il a soin do placer auprès de Roland mourant un témoin da tes derniers moments, el ce témoin, c'est Thierri, qui s'élail cacbé pendant le eombht et avait heureusement survécu au grand désasire, tout exprès pour en pouvoir conter la nouvelle. (Chap. xxitl ; De taitcta tuba tt de Mm/ïnione el Iraïutlu Aolanifi.) — Le chapitre suivant est consacré A un éloge en vers du bienheureux Roland. Ces vers sont trés-ecclésias tiques : • Templorum cultor, recreans niodulamine cives, — Vulneribus patriic lld* medela fuit, — S|«t^ cleri, tutor viduarum, panisegentiim. ■ Etc., etc. (Chap. xxiv : De nobiJilale et moribua Rolandi.) — l'endnnl -que Roland mourait, l'F.inpereur était toujours au Voi-Cljarlon. et Turpin lui chantait la mesM des moris. C'était le 17 mai. Toul i coup rArehevéquc a une vision céleste, il entend soudain de beaux chants nngéliques. Puis, il voit une bande de chevaliers noirs qui semblent emporter avec un frémisseuiful jojoux je m' snU quelle proie précieuse : ■ Que

* ctiAiSsoy DE iiou.mj. se?

I» pas, dit-il en se tournant vei-s Roland : car c'est à K» vous que je dois ce message. Entendez-le bien : je ne

I^ttcfr-voui l>7 — Nous cmporlnns l'Snie île Hnrsirc en enfer. — Et eca ingel, là-liaill, que ront-îli? — lli parlent TAme de Rolanil au puraJi*. • ' imméilialeinent celte viiion i Charlemngne. Baudouin arrive lur :«M entrefaites : il monte le chevai deRalan<l,ctconllrme à l'Empereur la trille ■ouvclte de 11 défaite de Ronceraux, Toule l'armée alors se met en mauvf~ ment et reluiime aui ilirdés de Sizcr. On trouve le corps de Roland înanimA, Im bras en croix. Chartes se jetle sur lui et prunance une oraison funèbre que nos lecteurs connaissent dèji et qui est trop pri>tenlieiue pour élre touchnnte : < 0 bracbium deslerum corporis mci, turba optinia, JudK HacliHtiRo probilale «OfDpiratus, Samsoni assimilatas, Sauli Jonstbœ morlis fortmia consimf- )b, ele. • (Chap. ixv ; De vititmf, rurpjni epùcopi et de lamentatUme Caroli tuper morte Bolandi.) — Sur U champ de bataille se répandent alors les français de Charlcmagne, chercliant leurs parents et leurs nmis morts. Le «orps d'Olivier présente un sperlncle horrible ; il est lié à quatre pieux et i^car- |i«hé des pieds i te tête. L'Empereur est animé d'une colère qui le rend presque Ah. Il se jette i la poursuite des païens, les rencontre près de Samgosse, sur les bords de l'Ëbro, c^t le soleil s'arrête trois jours, sur l'ordre du Tout-Puis- Hnl, pour permellre aux chrétiens île venger la inurt de Roland. 11 ne reste

I plus qu't punir Ganelon. Un combat a lieu entre Pinabel et Thierri, et Gane- .■bn, vaincu dans la pprsonne de son ehumpion, est écariclé. (Chap. xxti : De i'koe guod mi ttetit xpatio trium dhrum et de quatuor miUihui Saraeenorum

II d morte Ganelonis.j — Las quatre ctiapilres suivants sont consacré» au récit I 4* la sépulture do Roland el ries liiiros morts Ji Doncevaux. 4 Blaje est diW |, posé le corps de Itolund; A Belin sont ensevelis Olivier, Gondcbeuf de Frise,

lOgier le Danois, Garin de Lorraine et Arastaing, roi de Bretagne. A Bordeaux, '■11 cimetière de Sainl-Severin, reposent GaiDer de Bordeaux, Engclier d'Aqui- Uioe, Lambert de Bourges, fîerier, Gérin, Renaud de l'Aubépine, Gautier de Termes, Witlerin, Bcgue, et cinq mille outres. Hoel a son tombeau à Nanlec ,hTec les chevaliers bretons. Aux Aliscamps sont les corps d'Estoul de Langrcs, ,4» Salomon. de Sanuon, d'Hernaul de Beaulande, d'Aubri le Bourguignon, de Guimard, d'Bslourmis, d'Hatton. d'Ivoire, de Berard de Nobles, de Berengier, •4b Naimes le Btvarois, el de dix mille autres. (Chap. XXvti-XXX : De corporillm iMrtuonun aromatibut et late amditis. — De duobui cmmeterUi laero- ■'mneti», unoi^uif Arelalem, altero apiul Blavivm. — De lepultura Rolandi el îBKterorum fui apud Bdinum et in variii locU itpuiti lunl. — De hit fui se- 'jMfti lunl apwi iirbem Arelalem, in Aylii Campû.) — Dans le chapitre xxix, |B est un trait dont on ne s'«st pas servi jusqu'à ce jour pour démontrer le peu ;d'iatiquilé de In Chronique de Tiirpin. Cliarlemagnc (dit le lUux Turpin) 1)1*!» des ehanoitte» réguliers dans la basilique de Saint-Romain, i Blaje : ■ CAMONtCOS KKCtiLARËï UTBOMISEHAT. > Or las Chanoines régulier* n'ont fini qu'au xt' siÈcle. Saint Altmann, mort en 109t, fut l'un des premipra i en 'fcnder qtielquet communautés. Vers le même temps, le bienheureux Hildemare M créait i Arouaise, et Saint-Victor de Paris, au commencement du siècle mirant, fui uue iibbije de Clianoines réguliers. Les Prémonlrét en France, les Angleterre, ne sont Également que des Cbauoines réguliers, et ces distinctit de toute cette période i

il n'est pas étonnant que le faux Turpin

e institution qui préoccupait i

t parlé, dans sa n époque. = Nous

r celle leuvre apocrjpbe;

r»68 ANALYSE DE LA CllANSOS DE ROLAND.

"aiAH. xxî. '■ ^ vo"s aime pas. » Ces seuls mots préparent suflisam-

ment la trahison de Ganelon. Roland, « le chevalier

ces récits cnnn qui sont en grande pnrlic copies sur nos Chansons de gcsle, et qui ont eu tant d'influence sur notre littérature épique. Nous avons dit ailleurs, et c'est notre devoir de répéter ici, que tous les monuments de la légende rolandiennc peuvent, au moyen Age, se diviser en deux grande-s ramilles : ceux où l'on s'est inspiré de notre vieux poëmc; ceux où ron s'est inspiré du faux Turpin. Il est aisé d'en faire le partage, et nous l'avons fait dans notre Holand (voy. la 7*édit., pp. 370.371).

^ Le RuoL ANDES LiET est calqué sur le texte d'Oxford ; mais, s'il en reproduit exactement la légende, il n'en reflète point l'esprit. Le Ruolandet Liet est l'œuvre d'un prôtre, qui a sous les yeux un document militaire et qui veut l'imiter ecclésiastiquement , pieusement. Nous voulons donner ici, après M. Gaston Paris (1. 1., ii'i), un extrait de ce poëme allemand; mais nous placerons, en regard de Timitation allemande, l'original français :

« Cumpainz Rollanz. sunex vostro olifant ; Lo noble Roland parla, il leva «a main:

Si l'orrat Caries ki est as porz passant : > Si cola ne t'était pa« pénible, cher compa-

Jo vus plevis, jà relurnerunt Franc. » gnon, je to jurerais par sormcnt que Je no

— • Ne piarol [leu, çn H respunl RoUanz, sonnerai pas mon cor. U n'y a pas tant d^ Que (0 »cit Jit de nul hume vivant, païens que ce ne soit pourtant lonr dernier

Que pur paicns jà scie jo cornant. jour et, je le dis en vérité, ils font ju|^s de-

J.î n'en avrunt rcprore lui parent. vaut Dieu, et ainsi se purifieront par le «an;

Quant jo serai en la bataille grant des martyrs du Soigneur. Plaise à Dieu que

K jo ferrai e mil colps e set conz, je sois di^no do mériter ce nom : jo m'y sou<-

Do Durendal verrez l'urier sanglent. mettrais volontiers. Qu'il est ni heureuse-

Franreis sunt bon, si ferrunt vassalment ; ment, celui que Dieu a choisi pour inonrir Jà ril d'K!>paignc n'avrunt do mort guarant.n dans son service; il lui donne pour salaire le

(Vers 1070*1081. ) Royaume du ciel. Pour ces vilains païens je

ne veux pas sonner mon cor; ils croiraient que nous avons eu peur et que nous avons besoin de secours contre eux ; et ce sont le* pires gcnA du monde. Jo donnerai aujourd'hui leur chair en pAturo aux corbeaux, et leur joie sera vite passée. DiiMi veut ici montrer ses merveilles, et la bonne Dnrnndal fora voir sa vertu. *

Quelle quo soit rinfériorité du RuoUmdes Liot par rapport à notre Chanson de Roland, il est à désirer (lue le poilme aliemuiid soit bientôt traduit on notre languj».

3** Lo ViTR.viL DE LA CATHKDRAi.E DE CHARTRES (fin du XII* siècIe OU Commencement du xiii*'), dont nous avons longuoiiKMit parlé au sujet du Voyage à Jeru^ saJeniy roiifiTino en sa partie supérieure tout un résiuné de la Chronique de Turpin. C'est à (juoi <n\nl consacrés les médaillons 9-13 (voy. la figure de la p. 29t)). =-. C'est à tort, d'ailleurs, que M. l'abbé Blutcau avait cru voir dans le médaillon 1 1 le coml)at di* Roland contre Ferraj;us, au moment de l'entrée en Espagne : il s'agit on réalité du duel do Roland avec Marsib durant la grande bataille de Roncevaux. Le porsonMajîc du vitrail est, en efl*ct, armé d'un certain bouclier rond, et c'est le signe autjuel, suivant le faux Turpin, on reconnaissait lo roi Marsile. Le même vitrail existait à l'église abbatiale de Saint- Denis. = Cotte verrière n'était autre chose que la triduction en couleurs de certains documents que, dès la fin du xit' siècle, un moine de Saint-Denis avait voulu habilement intercaler au milieu de ses (iesta nova Francorum^ au milieu de celte première rédaction officie Ile des Chroniques de Saint-Denis. Et ces trois documents étaiiMil Mois apoi-ryphos : Vlter JeroHolimitanum^ VHistoria Tilpini et la Vie de saint Gilles (voy. p. 285 et suiv. ; 291, iii). Le lien de ces trois œuvres est trop visible.

ANALYSE DE LA CH.\XSO\ DE ilOLAXD. 569

gaillard », les accueille avec un éclat de rire, a Et je " » ifainie pas non plus Olivier, parce qu'il est le conipa- ""

i' Dans une Vie de taint Gire (saint Gilles), dans ce texte anglo-normand du \Ji* sit^cle que MM. le docteur Bos et Gaston Paris vont publier prochainement pour la I Société des anciens textes », la princi|Kile péripétie se passe longtemps après le désastre de Roncevanx, et saint Gilles rappelle à Charles le fameux miracle du soleil arrêté dans l«î ciel : c [Diexj vus mustra-il granl amur, — Quant pur vus fit de noit le jur, — En Roncesvals as porx passant — Por venger la mort de RoUant. ■ «Vers i09i-VU.)

5"* La Chronique des Empereurs, la Kaisercromk du xii* siCnrle, raconte la guerre d'Espagne tout autrement que la Chanson française et la Chronique de Turpin. Nous avons plus haut résumé ce récit, où Ton voit cinquante-trois mille soixantc*six jeunes filles venir en aide à TEnipereur aux délilés de Sizer, épouvanter les Sarrasins qui venaient dVxterminer toute Tannée française, les mettre en fuite et assurer la victoire de Charles qui, seul, avait survécu au massacre de tous ses soldats. (Voy. ÏHistoire poétique de Chnrlemagne^ p. !278.)

I? Le Roland en distiques latins suit la Clianson française, et non la Chi'th' nique de Turpin (G. Paris, 1. 1., p. 105). L'auteur inconnu <le ce poëmc médiocre fait mourir Turpin dans la bataille. Toutefois il raconte que Charles, après la conquête de toute TEspagne, voulait se retirer paritiquement en France, mais qu*il fut arrêté par Tambitionet Torgneil de Roland : « Je ne sortirai pas d*Es- » pagne avant d'avoir conquis Saragossi^ *, s'écrie le neveu de Charlemngne. On resta donc, et Roland mourut.

7* La Chronique de Tournai suit la Chronique de Turpin en y ajoutant quelques traits empruntés aux Chansons de geste. C'est ainsi qu'elle attribue la trahison de Ganelon à la grande haine qu'il portait à Roland : « Cestc cose fist por le haine que il avoit à Rollant. r.ar li rois Caries li avoit douée sa seror, quant li qucns Miles d'Angiers fu mors, li pères Rollant, contre la volonté Roi' lanl. Et par che monta grant haync entre Guenelon et Rollant. » Le chroniqueur anonyme introduit aussi dans son récit la scène du cor quo Roland refuse (le sonner, scène qui ne se trouve pas dans Turpin. « Dont ordonna Rollant ses bataille-. Oliviers li dist que il sonasl son cor; car li Rois n'e^loit pas si loiug que bien ne le pcuist oïr et, se il savoit le besoing, il le secorroit tantosi. Rolans dist que il ne corneroit devant çouque il en auroit niestier : car hontes li sambleroit se il requeroit aide devant cou ({ue il auroil asaié ses anemis. » Dans la Chronique de Tournai, le jeune frère de Roland, Baudouin, et son écuyer Thierri assistent à sa mort, et le miracle du soleil qui s'arrête est omis. En revanche nous y lisons, sur les événements qni précèdent la mort de Ganelon, des détails qu'on rencontre ici poiir la première fois et qu'on retrouvera dans les Remaniements du Roland : a Après ces roses, fist li Rois amener Guenelon por |lel faire jugier , mais il s'en volt escondire et dist qu«^ il s'en combateroit contre li milior chevalier de le cort. Dont sailli avant Gondrcbucs, li fil Goudrebuet de Frise, et dist que il avoit faite la Iraïson et que il le prouverat. Gueneles estoit de grant linage. Si requisont le Roi que il laisast Guenelon escondire ou avoir ta bataille. Li Rois l'otroia; dont s'alerent armer. Quand Gueneles fu montés^ il commenchn son cheval à porsallir ansxi com pour s'asaier et, quant U fu un poi ei^longné, il feri den enporom et s'en cuida fuir. Mais il fu ratains et remenés devant le Roi, » C'est après l'écartèlmient de Ganelon que le Chroniqueur place le voyage à Jérusalem et à Constantinople. (Le texte de la Chroni<iue de Tournai a été publié sans commentaires par M. d«» Reiffemberg, dans le tome 1" de son édition de Philippe Mousket, p. 40U473.)

PART. LIVR. 1

CBAP. XXK

BTO ASALV.SK DE LA f,7M,Vi'0iV M flOL.l.VO.

it giion de Roland. Et je déteste aussi les douze Pairs, K parce qu'ils aiment Roland. Je les hais, je les abhorre,

i' Le KAHOLiMis de Gillei de Pari*, eompoié pour réducalion du mi Louis VIII. est un pa^nii: Intin dont l'auteur a voulu demeurer Kcrupuleusemenl Adèle à lu Iradilion hïttorique e[ se borrie i r(>pruduire Egiiihord. El néanmoiiiB la Iradilïon épique de Roncevaux était si Tarte, qu'arrivé :'i c^t eadruil de l'Iiislaire de u>a héros, le po^te ne craint pas de Taire une additimi k Eginhnrd et de rapporter quelques détiiïls de la (irandc bataille d'aprè*

0° Si l'on veut RE Round ou, i

attribué spéciali viciitdcremïri)!

) Rehanigments bc LA Cbuison termes, de cette Tamille dâ textes auxquels ou » ni le nom de Honcevaux ou ilc Aomon de Roncevaux, il conr que rbarun île ces remaniemenli sa divisi' en deux parties

. Lii premitre s'étend jusqu'ui Kerbune t, etc. (3U83). 11 n'y a rien légende des reinaniemenli Je celle de I contentent de placeri Laon on l Parisli originale platait » Ail : île modifient

i vers du Roland d'Oxford : • Passent

ici qui dilTérencie eB»ntiellemEnl la 'ancienne rédaclioii. Les remanieurs se I Iliéltre de notre épopée qne la lersion douze Pairs, alténueiil

'.. délayent le vieui poëme. Uaii de tels ■ rajeunissements ■ n'adnignent que l'esprit et le style de l'épopée du xi* siècle, et ne touchent guère i sa lé);eiide. L'auteur du remaniement de Lyon cfTaen tout l'épisode de Baligant. mais c'est la seule originalité que nous ayons ici i signaler uhex nos rajeunisseurs. 11 n'en est pas de ni^me pour la seconde partie, el, A partir du vers que nous avons mentionné plus haut, les renia ni ements, les Roncemux présentent des caracltros qui les distinguent aisément iTe la version prinillivc. Li'S principaux de ces caracIËrcs sont : a. l'addilion de l'inlertninable L-piswIc de la fuite de Ganelan, et h. les développements coniidénbles donnés 311 rikit de la moit d'Aude, il est à peine utile d'ajouter que le texte dt Venise IV inlerrale, au coinmenecment de cette leeuade partie, tout un récit de la prise de Narbonne. ~ Itien, d'ailleurs, ne donnera mieux l'idée de nos Rrnianieinents que d'en oITrir un Tr.igmenl de quelque importance. Donc, voici, traduites pour la première Tois.les dernières (aismi du texte de Paris qui correspondent aux couplets ccsc-ccxcill du texte d'Oxford. ■ Charles dit i ses haroni : t Je veux ici, seigneurs, vous Taire une prière au nom de Dieu : —

■ Condamnez Ganelon à quelque mort horrible — Vx orilonnci, je tous en

■ supplie, que le traître meure sur-le-champ. ■ — Girard le guerrier prit alors 1.1 parole, — Cirard de Viune, l'oncle d'Olivier : — • Par ma foi, Sire, je m'en I vais vous donner un bon conseil. — Vos terres sont Iris-vaslei, clîea ont • une étendue immense. " Faites lier Ganelon .ivec deux grosses cordes —

■ El qu'on le mène i travers votre domaine, comme un vilain ours; — Qu'il

■ y soit rudement déchiré i coups de Touets — Et, lorsqu'il sera arrivé su liea ' fine d'avance, — Failes-liii tout d'abord orracher deux membres du corps. " — Puis, qu'on le dépèce membre par membre. ■ — ■ Vuili, répondit Charles,

ANALYSE DE LA CHANSON DE ROLAND. 57i

> je les défie, i^ Ce délire, cette folie furieuse, sont apaisés par l'Empereur qui conserve, au milieu de tout ce bruit

» ua terrible jugement. — Mais c'est trop de longueurs, et je n*en veux point. » « P<ir ma foi, Sire, s*écrie Beuves le vaillant, — Je vais vous proposer un

• plus horrible supplice. — Qu'on fasse un grand feu d'aubépines — Et qu'on 0 y jette le misérable, — Si bien qu'en présence de tous les vôtres — U meure « d'une merveilleuse et hprriblc façon. » — « Grand Dieu ! dit Charles, c'est B un rude supplice, — Et nous le choisirons... — Si nous n'en trouvons pas a de plus dur. ■

j* C'est le tour de Salomon de Bretagne : — « Nous avons, dit-il, imaginé » une mort plus âpre encore. — Faites venir un ours et un lion — Et livrez-

• leur le comte Ganelon. — Ils se chargeront de son supplice et le tueront a très-horriblement. — Il ne restera de lui ni os, ni graisse, ni chair. — Tel 0 est le sort que méritent les traîtres. » — « Bien dit, s'écrie l'Empereur : » Salomon a bien parlé. — Mais, à mon gré, c'est encore trop de lenteurs. »

c Sire Empereur, dit Ogier le vassal, — J*ai trouvé quelque chose de plus » affreux. — Qu'on jette Ganelon au fond de cette tour — Où ne pénètre point » la clarté du soleil. — U sera là, tout seul, avec les bêtes qui sortiront de

• terre — Et qui, de toutes parts, à droite et à gauche, — Viendront l'assaillir > et lui feront grand mal. — Que, pour tout l'or du monde, on ne lui donne ni

• à boire ni à manger. — Quelle honte, quel supplice ! — Puis on l'amènera m devant le palais principal — Et on lui permettra de manger, à votre beau B festin, — Des mets assaisonnés de poivre et de sel. — Mais qu'on ne lui 9 donne rien à boire, ni eau ni vin. — Et alors, dans une épouvantable

• angoisse, — Il mourra de soif, tout comme Roland à Roncevaux. » — ■ L'ad- B mirable idée ! dit Charles. — M&is je ne veux pas que ce traître pénètre >» ainsi chez moi. — Seigneurs, ajoute l'Empereur, francs chevaliers loyaux, » — Ce supplice m'irait bien, mais j'en sais un qui est plus douloureux encore.

• — Qu'on attache Ganelon à la queue de plusieurs chevaux, et qu'il soit » écartelé. — Oui, que mes comtes et mes vassaux aillent là-haut, — Que mes » barons sortent tous, et ils vont assister au supplice du traître. » — A ces mots, prévôts et sénéchaux s'emparent de Ganelon.

M («harles le roi a fait publier son ban : — « Que tous s'en aillent au dehors » de la cité. » — L'Empereur lui-même est monté en selle sur une mule — Et s'en est rapidement allé. — Les bourgeois sont là, qui désirent vivement assister à ce spectacle. — Suivant le commandement de Charles, — On traîne Ganelon hors de la ville — Et tous y sont allés après lui. — Voilà ce que l'on fait du traître. — On y a conduit je ne sais combien de bons chevaux, — Quatre fortes juments qui, en vérité, — Sont très-sauvages et cruelles. — Charlemagne ordonne — Qu'un garçon monte sur chacune d'elles. — Aux quatre queue's on a noué les pieds et les mains de Ganelon. — Puis, les quatre cavaliers éperonnent leurs montures. — Dieu ! voyez, voyez la sueur couler sur le visage du misérable. — « Maudite, peut-il se dire, maudite l'heure où je suis né ! « — Un tel châtiment est juste, puisque Ganelon a trahi les barons — Dont la douce France est orpheline. — Les cavaliers ont la bonne idée — De faire aller leurs quatre chevaux de tous les côtés — Pour quol'infàmc meure plus horriblement. — Que vous dirai-je enfin ? Us l'ont tant et tant écartelé — Que l'àme s'en va, et les Diab'.es l'emportent. — Charles le voit, et il en remercie Dieu en son cœur : — « Soyez béni, mon Dieu, dit le roi, — Puisque j'ai pu venger le » très-sage Roland, — Olivier et les douze Pairs. »

« Barons, dit Charles, tous mes vœux sont accomplis, — Puisqu'il est mort, » celui qui m'a ravi tout mon orgueil. — C'est lui, c'est lui qui m'a enlevé

• Roland et Olivier, en qui j'aimais tant à me reposer. — C'est lui aussi qui

II PART. LIVR.I

CHAP. XXI

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CIUP. XXI.

sa (lignite paternelle et royale. Il met aux mains du nouvel ambassadeur « le bâton et le bref y> ; il lui tend

» a perdu les douze Pairs, — Et jamais plus, en ma vie, je ne les reverrai de t mes yeux... »

iiy Ètiennk DE Bourbon, frère prêcheur (t 1261), a écrit un Recueil d'anecdotes (Biblioth. nation., lat. 15970) dont M. Lecoy de la Marche a récemment publié de longs extraits pour la Société de Phistoire de France (1878). Ce compilateur, qui n*est pas sans mérite, a connu la Chronique de Turpin et quelquesunes de ros Ciiansons de geste. Il cite VHistoria Karoli Magni que dicitur rie Boncevalles (P* 162 et 168), ou en deux mots : Vllistoria Karoli (c'est Turpin) pour tout ce qui concerne la victoire de Roland contre Ferragus (f^ 399 v*, -iiT», 487 V, 529 v) ot son combat contre Marsile (P* 362, 374 \\ 375 v% 383. 384 v», î)96). D'après l'énumération précédente et d'après la liste des autres sources auxquelles est remonté Etienne de Bourbon, il est facile de se convaincre qu'en ce qui touche à la légende rolandienne, les gens d'Église n'avaient guère entre leurs mains que des documents latins. (Cf. la Chaire française au xiii* siècle de M. Lecoy de la Marche. Paris, Didier, 1868, pp. 361 et 143.)

11*-12*' La huitième branche de la Karlamagnus-saga a pour titre : lioncevaux. L'auteur y suit d'assoz près le texte d'Oxford ; mais la lutte de Charles contre Baligant et la bataille do Saragosse y sont complètement passées sou^ silence. On sait que la « Karlamagnus-saga » ne nous est point parvenue dans son intégrité et qu'elle comprenait plusieurs autres branches qui, par bonheur, nous sont conservéees dans la Keiser Karl Magnus Kronike^ œuvre danoise très-populaire du xv* siècle. Or, la première de ces branches ailditionnellcs est intitulée : « le Roi Vivien ou Iwein », et sert de commentaire à ces fameux vers de la dernière tirade de Roland : ■ Caries, semun les oz de tuu emperie. — Par force iras en la tere de Bire, — Rei Vivien si succurras en Iniphe. • (3994-96.) Il s'agit d'une guerre contre le païen Ccalver. dont Ogicr triomphe. (Voy. Histoire poétique de Charlemagne, pp. 152 et 277.) — Nous allons citer ici le XM* et dernier chapitre de la « Karlaniagnus-saga » afln de donner une idre de celte traduction, souvent fort abré^^ée, de notre vieux poëmo : « Lorsqiie le roi Karlamagnuscuiliabité chez lui quoique temps et qu'il so fut reposé de ses voyagos, il fit dresser le pieu (symbole des convocations génénilos ot surtout des levées d'armes) dans toutes ses terres et paroisses «'t fit convoquer tous les combattants en chef (hôfding) de ses États, avec tous le» hommes valides et capables de porter les armes, afin qu'ils eussent à venir vers lui pour délibérer snr ce (ju'on devait faire du comte Guinelun, lequel avait trahi Roland et les vingt mille hommes morts avec lui à Runzeval. Et quand tout ce monde fut réuni dans un même lieu, l'afTaire fut exposée et racontée par des hommes sa;;es et ensuite portée, devant l'Assemblée générale. Alors tous ces hon:!mes se déclarèrent incompétents pour juger une pareille cause, et l'on ne put arriver à aucune conclusion pour celte fois. Mais il arrivn, comme toujours, que h\ duc Naimesen vint à se lever en face «le cette multitude, et hur fit une lonj^ue harangue loul p.H'liculièremeni habile. 11 termina ainsi son discours : « Mon avis est que le comte Guinelun doit mourir de la mort » la plus épouvantable et la pire qu'on pourra troiiver. » Cet avis parut juste au roi Karlamagnus et à toute l'assemblée. Alors, l* comte Guinelun fut retiré du cachot où il avait été jusque-là gardé dans les fers, depuis que Roland et sou compagnon étaient partis pour Ronceval. Puis, le traître fut attaché entre deux chevaux sauvages qui l'entraînèrent tout autour du pays de Franks, jusqu'à ce que sa vie finît ainsi, jusqu'à ce qu'un seul de ses os ne restât plus attaché à l'autre dans tout son corps, et ils étaient eux-mêmes en morceaux. Après cela, le roi Karlamagnus fit rendre libres ses États ; il les fit

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