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H IJTTÉHAIHE.
L* Chanton de Holand est la meilleure de t
Ïe est la m^illourc, parce qu'elle est la plus P. nitjna, le cenlrc véritable du cjclc carlovingien. Ne jias la connaître, c'est ignorer la poiisie chevaleresque. ■ Notre vieille épopée est it-tlrâ le Ijpc le plus parfait d'une poteie véribiblement primitive. Kul da stfle, nulle prâtenlion, nul effort : la rhétorique est abseAle. Chaqui^ Mrtonnage est, comme dans l'Iliade, orné d'une ëpilhMe dont son nom erl . Inséparable. On .-i dilil'HouiÈre que c'élait le ■ poëte de la constatnlian ■, rt i^n'ajanl vu certain j»iir, en ion esprit, Achille courir comme un cerf, il l'avait toujours appelé depuis tors : • Achille .iux pieds légers ■, mjme quand le 'hém* était assis. On en peut dire aulnnt do l'auteur inconnu de la Clùiuon de hoiand : c'est un poète enfant. Il rncante naivemcnt, nvpc une candeur toute elunnanlc et en ajoutant une foi entière i l'objet de ses récits. 11 cunslale. Ses narrations, d'ailleurs, sont courtes, substantielles, rapides. 11 ne erninl pas wns doute (te dramatiser son action et de mettre des discours sur les lèvres lii^ M héros; mais ces discours sont d'une brièveté énergique i-t enleuanle. La ~ rmule ne pénètre pas dans ce beau poQiue; tout au plus j est-elle admise suus forme acceptable de l'épitliËle liomériqne. Les • répélitioni de couplets < I ae prétentent que dans les passages les plus importants de l'action, et |e« Mal d'un naturel qu'on ne retrouvera jamais à ce degrû ddus aucun llw poème français. Rien d'inulilc. Quoi qu'en ait dit U. Brunetièrc, une elles toutes les parties de ce chcf-d'ogiiTrc. La
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Ô6i A>AL\SE l)E LA CIIAMSÙN UK HULÀXtI.
désigne Gaiieloii au roi de France. Le beau-pèi-e, le fm- ' ràtre de Roland, entre alors dans une rage inexprimable :
Mul, i la |>lu> bello de nos épopêei naliannloa. Du reslc. lî l'acliai) cl le sltlo ïoni lau, i'G)|irit ils tout le poëmc ofTrc In mSme iitiilé merv^illeuie. Au cliibul, BU milieu, i lu Un de notre chanson, les héros «ont revjius de la même majetU naturelle el lujels aux mêmes déraitlnncei. Le l^rpe d« Chnrletnagiic est cc^lui du roi clirétieii chez (|uî l'homme subsisle toajoun : le grand Empereur pleure volontiers, et sa Uille prodigieuse et \rs proporlions de son Ime nu iont nullement diminuées par ces magnifiques [aïbleiies. Roland n'est pas maint homme, et n'est pas moins ehrëlien ; c'est un saint M.iuriee français, c'est un Gwlefroy de Bpuillon Irigcndairc qui a été riiténl du GodeTroj de EtouiUon hiilorique. Nulle place dans ce cœur pour les petites urdcurideï'amour charnel; U belle Aude n'est nommée qu'une seule fuis dans la butaille, et c'est par Olivier, lou frère. Notre chanson est essentiel te ment militaire. C'est le poiimu où e»L le mieux -exprimée et condcnsfc In Féodalité, qui est d'origine gemunique el qui, une fois christianisée, a pu s'appeler la Chevalerie. A vrai dire, celle chanson, antérieure i la première croisade, est par excellence la chanson de la Croisade, plus qix'Anlioche, plus que Jemialem. J'ai dit ailleurs que celle œuvre était d' inspiration germanique : j'ai tuoin d'expliquer ma pensée. 'Jb persiste 1 croiro que nos Epopées sont nées d'habitudes germaniques ; que tous leiliérosj sont des Germains christianisés cl francisés ; qu'on y relnmvc sans peine, article par article, les principaux éléments des lois bii|;barcs, mail des luis barbares sanctilléea par rE^lise et transformées par la révnlutinn féodale. Le procès de Ganclon est tout ontier emprunté ■ ta législation, à U procédure germanique. Charlemagne est un roi germain ; son Conseil et set Court plénivrcs sont des instilutions germaines qui sont en voie de devenir très-rapidement de> institutions françHises. Qunnl A la cumparalson qne j'ai voulu faire entre cette poésie primitive de la France et celle Je la Grèce nnliquc, il me faut aussi donner i mes idées un commentaire que certaines i^ritiquei, venues de haut, ont rendu nécoss-ilrc. Quand j'ai loué la Chaïuon de Koland au point de la comparer à l'/finite, j'étais exactement animé du mâuiu esprit que H. Nalalis de Wailly, lorsqu'il a loué la Vie de uiinl Loua, par Jûnville, Hu point do U comparer aux œuvres des grands écrivains : ■ Sans avoir étudié l'an de plaire el d'intéresser, Joinvillc y réussit par un don naturel cl peut son) elTort se montrer simple ou sublime, gai ou pathétique, offrant ainsi aux maîtres eux-mêmes des modèles de tous les genres de bedutù. ■ Et je partageais, par avance, le scnliment de M. P. Rajna : ' Parmi les ntiinuments do la liltéralure romane naissante, Il en est très-peu qui me semblent autant mériter cette étude par laquelle on cherche le Beau sans les faux brillants ilei rhéteurs. Il est cerlaia que le Rolmid a beaucoup île caractères communs avec y Iliade. ■ L'auteur des Ëpoiiia fraafaiiea n'a pas voulu dire autre chose.