ANALYSE DE U 67M.Y50.V DE ROLAXÙ
son gant droit. Ganelon s'avance pour le prendre, mais le laisse tomber à terre. Et les Français, aussi supei^sti-
fortiller, et plaça des comtes dans ses provinces pour les bien administrer et gouverner, et aussi pour repousser au loin ses ennemis. On dit aussi que renipereur Karlamagnus eut depuis plusieurs guerres. II remporta rarement la victoire, mais il conserva ses Et.its tout entiers jusqu'à la mort. Ainsi finit cette branche (de la Saga]. » = Nous croyons qu'il sera intéressant (M>ur nos lecteurs de connaître également la fin de la Keiser Karl Mac^is Kroxike. En voici l'avant-dernier chapitre: i- La nuit sui\'ante (après la mort d'Aude), Tange Gabriel vint à l'Empereur et dit : • Va-t'on au pays de Libye, et aide le bon » roi Iven ; car les Païens combattent rudement conlre son p;iys. » Dans la semaine de Pâques, TEmpereur rassembla une grande armée à Rome, et s'en alla vers le roi Iven. Le roi |»aien qui combattait conlre lui s*ap|»elait Gealver. Quand il apprit l'arrivée de l'Empereur, il marcha contre lui et combattit, et beaucoup d'hommes tombèrent des deux côtés. Ogicr le Danois frappa sur le casque du roi païen elle pourfendit jusfiu'à la selle. Et TEnipereur gagna une grande victoire en ce jour et dél.vra le pays du roi Iven. » Telle était peut-être la fin de la Chanxon de lioland dont le texte d'Oxford omet les derniers vers. = Dans le dernier chapitre de la Keiser Karl Magnuft Kronikey on donne un résumé très-rapide de la CUamaon des Saisneit que l'on relie de la sorte au lioland.
13° Galikn est la suite du Voyage à Jérusalem et à ConstaïUhwple. Nous avons vu plus haut qu'un poète parisien, de la pnMnière moitié du xiii* siècle, avait sans doute imaginé de donner, sous ce titre, une Suite à celte chanson du Voyage qui avait conqui» taiilde succès à la foire du Lendit. O premier Calien lut probabicnient innté par un de ces jongleurs français qui exploitaient alors le iionl de Tllalie, et il imi résulta un poëine franco-ilaliiMi (second tiers du XIII* siècle; ({ui u'e^t point parvenu jusipi'à nous, mais dont le résumé nous a été conservé par un compilateur italien du .\v* siècle, par l'auteur inconnu de celle Spagna en prose qui porte le titre de // Viaggio di Carlo Magno in Ispagna. = Le succès de ccilt^ liciion ne devait point s'arrêter là. Vers la tin du Xiii* siècle, un romancier français prit plaisir à allonger l'alfabulalion priuiilive du Galien t.'t à imcnler de nouveaux épisodes : de là en Galten en vers de douze syllabes, que nous ne possédons pas, mais que nous avons essayé plus haut de reconsliUur, grâce aux deux romans en pros* du nis. fr. 1470 de la Bibliothèque nalionalo, et de rincuiiable qui a pour titre : Oalien rhétoré (voy. pp. 3IU et suiv.». = l'armi les épisodes que nous avons restitués en vers, ligure « la inori de lioland b, et nous y renvoyons notre lecteur (p. '6ti). Il s'apercevra aisémtMit que cî récit est emprunté au faux Turpin et aux Keiiiainenienis, a.ix lioncei'auXj plutôt qu'à la Chanson de lioland. Voy. aus»i le Galeanl ou Calien, ein|»rnnté au ViaggiOy et où se trouve plus d'un trait éncTgi«]ue, tel que 1 émouvant épisode de Gahen qui est fait chevalier par Ucland mort (p. \\SS),
U" C'est dans la « Chronique rimée de Fehnax Gonzalez » que l'on trouve pour la première fois, avec un certain développement, la légende de IJ:'rnaid del Curpio, laquelle était depuis longl^'uips en formalion orali. L'auteur de la Chronique semble connaitre l'œuvre du faux Turpin, et c'est d'elle sans doute qu'il veut parler quand il dil,à l'appui de son récit : « Como diie la escrilura. » Voici, d'ailleurs, le résum • d»,' la Chronique espagnole : « Le roi Charles mande à Alfonse le Chaste qu'il veut conquérir TEspaguc. Fièro réponse d'AlfoiiS'j : « Je ne serai jamais tributaire des Francs. » Charles rassemble une armée, part, arrive à Foiitarabie et, como diie la escrilura^ sept des Pairs de Ciiarlemagne meurent dans la bataille. Mais le roi de France ne se décourage
Il PART. LinU I.
GHAF. XXL
CIIAXSON UK IIOLWt).
lieux que les anciens Romains, s'écrient avec une fonde tristesse : « Ce message sera pour nous
pro- 1 ause J
a cause
pnint; il m relire al pverio de Marsylla rt ae décide à rmilrcr en Etpngni; par 1c« parti d'Atpe. C'eslen ce momcnl qac Btrimida va C0nc]uro, à Snr.i- Haue. une Hlliunce avve 1o roi MuiVile. Les Prancai* subinent une sernailo il6roul«i plus iPrrilile nncnrn que la première et qui,dan*lB pentéede H. Mila T FonttiwU, corresimiid à la iléruile très-bi> torique que les Fraiikt cuuycrent à Ronccvaui en l'an 8â1. (Voy. Hila y fonlanats, De la poeiia hrrako-poputar coMldlana, Bnrcrlone. 1874, pp. lU. 145.)
15' Ldcas DR Ti'V, mari en lïSO, cil l'auteur d'un CUronicon lUutuli, qui l'arrête à l'année 1ï3f>. Col liislorien cipagnol a, comme nom l'UTons iJil, donné plui de consislanco et de crédit à la légende de Uernard dcl Carpio. Cunime le dit Mil* j PonlanHli ; ■ llnnui rournit, lur ce hi^rot légendaire, une légende eompléle milée de dnles liisloriques et do traditioas Skvanlej. • D'a|>rto le Chroniean J/undt de Lucas de Tuj, que noui arum dû déji ana- Jyier plui tiaul Ip. 5S0 et n.i. le comte Sanclie (Sanctiui) eut pour fili Bernard, dont ta nitrc l'appelait Cliimine {Semrna\, el était mur du roi AtfatMe le Cliaite. Celui-ci lit enn.>rnier le comte ïu château de Luna et Cliïméne dxnt un monaitire. QuHnll Bernxrd,il le Ht élever atecunc grande ■allicitude.Mi que le JRune liéroi eut alleini Tige d'homme, il se diitingua entre taui par sa force, par la nohleiae de ton maintien, par ion coumgn et la prudence. Or, Cliarlcningne, aprâi avoir délivré du jnug larraiin le midi dei Caulei, apris avoir traversé les monti de Ronceviui et vaincu les Gollis et les EipagnoU de la Catalogne et de la Kavarrc, écrivit nu roi Alfonie pour le wiuimcr d'avoir à se soumettre. Bernard, intormi^ de» intentions de Chnrles, le liite de porter iccoursRUX Sarrasins contre les Frank s. L'Empereur assiège Tu delà, qu'il auriiil prise «ans la trahison de CaUlon. s'empare de Najeru et de Uonljardin, rt «o dispose it retourner dans le« Gaules. Il avait déjù passé avec «on avant-garde les déniés de Bonecvaux, en laissant à sa suite la partie la plus Torle de ion armée pour prul^er la retraite, quand il est attnqué par Manile, roi de Sarngosse, el par Bernard, aidés de quelques Nnvarrais. Roland, EggiUard el Anselme sont tni^s; mais Clinrte magne venge ensuite leur mort en massaeranl une Foule d'inlld^los de tout rang. Puis, il revient en Espagne par rAlara pour visiter le Inmheau de saint Jacques, et Airunse, sur su n conseil et avec Je consentement du pape Léon Itl, élève l'église de S^inl^acqnet, qu'il a tendée. à la dignité d'église métropulilaiiie. I)e retour en Franrc. Clmrlemagne j recu'l Bernard avec de grand) linnneura el muiirl ù Aix-ln-Chapellc. • (Miln y Fonlanali. Delà poeiia heroico-popuhr cailellana, BarcelnnI^. 1874, p. 147.)
16" Au livi'c IV, cliap. x, de sa Heram in IlitjMinîa ijrilarum Chnmiea, RoDBHic DE TOLËDK (t 12471 raconlu luuf au long la légende do Beni.ird dcl Carpio, celte légende qui, grAce ii l'imagination des poStes et des historien! espagnols, recevait tous les jours de nouveaux embellissements. Ëcoutei plulét Roderie de Toltde, écoutez-le el compares «on récit à celui de Lucas de Tuy : ce dernier vous paraîtra sec. — ■ Aironse, nprès un long règne, n'a pas ri'cnranti et se sont fatigué des grandeun. i Je suit loul prêt à vous remettre ma eou- 1 ronne. Venet • : voilà ce qu'il écrit a Chartemagne. Les grands du rnjauiue
apprennent cette abdicalion projetée ; ils en s ' *
forcent Alfonse à retirer les promesses qu'il a
lemagna est tnsti'ult rie ces nouvcllei dans 1
la guerre aux Sarrasins au delà des Pjrénécs i
instant de relard il se tourne contre Airtinsc et porto la coniternatiun parmi
les chrétiens des Asturies, de l'Alava, de la Blicaj'e, de la Havurre et de l'Ara-
goii, [I ciiinpe en un lieu appelé Hospllnviiltis cl s'cng;i|-e ilnus le v^il Cirlos.
indigné 'ui de France. Charmémo oli il tiisoit ÇaUtlogne. Sans u
ANALYSE Ht LA UIA.\SO^ fH HDLÀSb. STS
9 de grands mallieurs. » Le traître demande aloi-s congé à l'Empereur : Cliarles, aver, la majesté d'un
A ratsnt-^ardo marehenl Rolnnd, Anscin renfOiilre et leur Tail eubir iiiie songlanl d^railc île «on avanl-gardc, loniie du < fnnè». Il rcduutc siirloul Hornord et :
, Egglliiiril : AlTniiM >e porte :'■ leur déraile, Cliarica, nyant npprla cotLc r )>our rasieinlili^r ws «uliluli dUiruagiiic (|u= ce formidablo e
I forcées conlre lui. et qu'il va \e voir paraître A U t£te d'une armée (l'Arnlws, du cOté d'Aipe et de Scl^i. Mait les spprélieiisions de l'Empereur n'ont vraiment rien de fundé; car Bcrnsnl n'avait pa» un seul initaiit ijuitU Aironse dans »aa mouvcmenl contre l'avant-garde ciiaamie. Cliarlei, îrKlé et courus, i|uill£ alon l'Espagne pour rclourner en France. Il meurt i Aîi-la-Cliapelle et est «nierré dafii un sépulcre chargé d'cpibpliea pompemes où le récit de* év^^nements du Viil-Carlaa est luiesé en blanc conime pour cxprinii^r que l'on espérait assister l>ienldt à la vengeance da ce hon~ leux échec, • 'S Dans le chapitre II : De cicilafi&uï Hitpanitt a qaUiat k^kj- (tlw, Aoderic s'élève conlro les fables des jongleurs el contre ceux qui s'en servent : hùlrionum fabviit jiiAercnlrs. Il rétablit la vérité hislnrique; mnis, iluaiiné lui-même par les traditions françaises, il ajoute que Cliarlenlugnea bion pu lecomplir quelques-uns des exploits qu'an lui attribue > tandis qu'il était à b cour de Calofre • . = Au chapitre Xii, il mentionne les victoires hiilcriijucs d'Aironie i Naron et â Santa-Crislina , aana dire un mol, un seul mol de Bernard. Hais il revient \ celui-ci, en son chapitre XV, et rnconle comment il aida AlTonse le Grand i prendre Lencia et A remporter ses victoires près du Duero, el comment aussi, pour arrarhcr à la captivité suu vieux père aveugle, il se relira dans le cbïteau du Carpio el ravagea les fronlii^res du rnjraume avec le secours des Arabes, jusqu'à ce que le lloi se récniiciliilt avec lui et rendit la liberté d son père. Quelque temps apr^s. eut lieu une nouvelle attaque de* Sarrasins : Bernard v.iinquit un de leurs car|is de troupes A Valdemoro, tandis qu' A Ifunse triomphait AOrbigo du reste de leur armée. ï.\ ou le vit encore, au siégu de Zumora, venir cfllcaceineal au secours du Roi (chap. xvi), Vojr. llilu j Fonlanals, De la poetia heroieo-popular caatettaKa, pp. tU-tSU.J
l7*ÂLFa!tgEX, qui écrivait durant lasecondemoitiédu Mll'siècle, rappelle, en saCrOnkw geueral (II, I* 30; que, l'an de rinearnallon 7% (dix-seplième année du rigne il'Aironse le Chasle), la laur du mi épouM lecrâlcmenl le coinlc Sandia* (Sancho Diat) de Saldiini el que Beriiard naquit de celte union. Alfoiise, irrité du ce mariage secret, convoqua sa cour i laon et lll rnrermer Stndiaa au chitcau de la Luna et sa sieur dans un couvent. = Arrivé i l'an de l'IncamaLîon 809, la Cronica gênerai rapporte le céli-bre message oit Alfonsa oITrit un jour sa coui'onne A Charlemagne (t° 30 t'j et qui provoqua l'opposition des granilt du rujaume. Le roi est Torcé de revenir sur sa promesse et Cliarien, indigné, le somme llèrcment de te reconnaître pour vas^.il. Ilcrnard, pour résister à l'Empereur, s'allie nux A rabrs et à Mnrsile. CpM alors i|uc le roi Frunli vient assiéger Tudela qu'il auriiit prise sans la trahison de (iiiLduii ; c'est alors qu'il s'empare de Niijern et de Monle-Burdino IMniilrj.'irdiiin), l't il est facile de se convaincre que toute celle partie de U (',fu<ûr,i ./rfi-nl ni servilement calquée sur le récit do Lucas de Tuy. ■ M.n- m -> i>1.lic, dit N. tlil3,unc Gonrusion de l'auteur de ta 6'ronica, qui lui inirir ri.iiipi'n'ur «ti Espagne après qu'il a laissé des garnisons dans la |vi>s r 'mijin-. iin im- \n-ut s'expliquer un tel itinéraire que par rinlluancu de la ir^idiii.m liji^i^Mnle, d'iprè* laquelle les Franks furcnldéfails i leur arrivée en Espagnr, el non jias i leur départ. • Uuoi qu'il en toit, Alfonsc, A la télc d'une armée composée d'Asttuient, de Navarrais, de Gascons, d'Aragonais.d'Imbiluiili di' la Risi
e l'aide de Mai
sileet de
il-;!arde
II MRT. LIVR. I.
CHAI». XXI
pontife, se lève et lui donne sa bénédiction solennelle. Voilà Ganelon sur le chemin de Saragosse.
de Charlemagiio el In incl en déroute dans les défllés du Yal-Carlos : Rolaud 5 péril avec plusi(Mir5 des guerriers les plus illustres. Cependant le bruit s'était répandu que Bernard et Marsile devaient attaquer rarrièrc-garde ; mais cette nouvelle n'était pas fondée : car (dit Alfonse X qui reproduit ici rafTabuIation <le Uoderic de Tolède) Bernaldo siempre estuvo en la debaniera de lo* Frawcexes. A la suiti; de ce désastre, Charlemagiie bat en retraite. C'est .iprès cette victoire des Espagnols el dos |)aïens que Bernard apprend, pour la première fois, le secret de su naissance v\ rcinprisonnement de son père. Il réclame à Alfonse la nn'se en liberté de D. Saiidias. Sur ces entrefaites, meurt Charleniagne, et Tauteur de la Cronica, de plus en plus fnlèlc aux données de Bodc* rie de Tolède, nie les conquêtes ({u'on attribue en Espagne au roi des Franks. Il s;^ prend alors à raconter les luttes héroïques d*Alfonse contre le roi de Mérida el ses victoires » à Naron et, près de la rivière de Ceya, a Benavcnte; à Zaniora rt près du Dueru ». Victoiro de BiM'iianI près de Polvorega et de Valdcnioro. -: L'an 81-i de rincarnation, on apprend qu(^ D. Bueso, a alto home de Francia », est entré en Espfignc avec une grande armée : Alfonse marche contre lui et le bal à Orcejo, en (distille, on Bi^rnard tue Bueso, de sa propre main. Et Bernard de réclamer toujours la liberté de son père, et le Roi de la lui promettre toujours, t*t de ne jamais tenir sa promesse. Fatigué de ces parjures, Bernard quitte Alfonse. = En 815, grandi», cour plénière à Léon : Bernard n'y parait pas, et lo lîoi deinoure inflexible. Le héros se montre enfln devant Alfonse, mais c'est pour lui rappeler amèrement tous les services qu'il lui a rendus cl comment il lui a sauvé la vit» à la bataille d.e Benavente. Ces reproches ne font qu'exciter plus vivement la colère du Roi, qui menace Bernard de Tcnferm:'r comme son père. Mort d'Alfonse le Chaste, auquel succèdent Bamire I*^. puis Ordoùo 1*", et enfin Alfonse le Crand. Celui-ci bat les Maures à Lcnzn et près de Duero. Bernard prend part à toutes ces batailles, mais sans amais pouvoir obtenir la liberté de son père. En 8il (?), cour plénière à Saragosse : Bernard s'approche de celte ville avt^c trois cents chevaliers et met en déroule les chevaliers du Boi. 11 fonde \o. château du Carpio, dont il jn-end le ntun, ri m» cesse désormais dr ravager b's torres royales avec l'aide dos païens. C'est alors scuIimumiI (Hi'Alfoiisi*, ému par l'S supplications de tous ses sujiUs, consent à délivrer le roiute Sandias. M:iis, hélas! il est trop lard : le vi«'ill.inl est mort dans sa prison. Sur l'onlrr du Boi, on revêt le cadavre d'habits souipUnnix cl on h\ place sur son cheval, comme s'il était vivant. Bernard, Irès-joyousemeiit, cr»urt au-devant <le son père, lui baise la main, s'aperçoit qu'elle est glacée et (|uc son i»ère est nioit. Pleurs et diMiil innnense. = Tels sont les faits «pie la Cronica yencral tnUnci comme véridiquos; mais elle en signale d'autres <|ui ne lui paraissent |)as mériler la même confiance. Ainsi réfute-t-elle roj)iiiion de ceux (|ui, in sus canttires de gesta.îoui de Bernard i\\\ fils de don Sandias et doua Tiber, s(Dur de Charlemagne. Ainsi se refuse-l-<*lle à aihnettre qu » Clijulemagne ail pris Saragosse sur Marsile avec l'aide il'Alfonsi? el de c ; trop fameux Bernard, dont l'Empereur aurait fait un roi d'itali»'. Ce sont là des faits douteux, dit la Cronica, et qu'on ne trouve pas dans les livr.'s anciens. 11 en est de même de la restitution, par Alfonse, des prisonniers fjiits ;\ Boncinaux. « yo\), non, dit-elle, tout etda >• n'est pas croyable; car Charlemagne, t«nit aussitôt après sa défaile de Bo:i- )» cevaux, retourna en Allemagne, où il mourut. » (Mila y Fontanals, De la pnesia lieroico-popular aislelhmUy Barcelone, 187 i, pp. 151-154.) El voilà quelle est la forme la plus c«»mplèlc de la légende de Bernard del Carpio, de ce rival de Uoland»qui fut imaginé par la jaliuisie el la fierté des Espagnols.
ANALYSE DE LA CHANSON DE ROLAND, hll
Ganelon, certes, ne cherche que Toccasion de se vendre aux Sarrasins ; mais Tauteur du Roland^ contrairement
18* Dans le poëmc français de Gaydon (xili* siècle), Tliierri apparaît près de Roland mourant, qui le députe à TEmpcreur. Et c*est ce môme Thicrri, vengeur et continuateur du neveu de Charlemagne, qui reçoit dans le pocme le nom de < Gaydon », parce qu'un geai vint merveillpiiscment se poser sur son heaume lorsqu'il prit en main la cause de Roland et lutta contre Pinabcl, champion de Ganelon : ■ Quant je ocis Pinabel le félon, — A icelle hore oi-jc Thierris à non ; — Mais pour un gay m'appelle-on Gaydon, — Que sur mon hiaume s'assist, bien le vit-on. » (Gaydon^ éd. Guessard et Luce, Pré/acc, p. ii.) D'après les premiers vers de cette chanson de la seconde époque, Ganelon aurait subi le supplice du feu, et non pas relui de l'écartèlement. f Ganc mon frcrc fist ardoir en un ré — Sor Rochepure et tout discipliner. » C'est ainsi (v. io et 46) que Thibaut d'Aspremont, le traître, s'exprime sur le compte de l'Empereur, qu'il veut mettre à mort.
19^ Philippe Mouskes, lorsqu'il écrivit sa Chronique rimée, avait évidemment sous lesyeux un exemplaire des Chroniques de Saint-Denisoù avait été intercalée la Chronique de Turpin. 11 ne fait guère que la délayer en y mêlant à peine quelques traits empruntés à d'autres documents latins. Olivier est écorchc entre quatre pieux, comme dans la légende latine (vers 7270-7:279). Nainies assiste à la déroute, et c'est Ogier qui décide Roland à sonner son cor (vers 7467-7479). Tous les personnages nommés par Turpin, en son chapitre des Sépultures, prennent, dans Philippe Mousket, une part importante au combat : c'est Lambert de Bourges, c'est GaiÔer de Bordeaux, c'est Arestain de Bretagne, etc. D'après une tradition que nous avons déjà eu lieu de constater, le Danois Ogier meurt à Roncevaux (8063-8067). Le frère de Roland, Baudouin, et son écuyer, Thierri, apparaissent près du neveu de Charles à sa dernière heure. Roland fait des adieux, aussi longs que touchants, non-seulement à son épéc, mais i son cor; non-seulement à Charles, mais à tous ses compagnons l'un après rautre, et notamment à Ogier. Ses adieux à la France sont curieux : t Tièrc plentive et franco — De bois, de rivières, de prés, — De vins, de B cevaliers doutés, — De pucelles, de hièlcs dames, — De vous est grans dious 9 et grans dames! » (Vers 8063-8067.) Après ces hors-d'œuvre trop longs et ces rajeunissements trop élégants, Philippe Mouskes se remet héroïquement à copier Turpin, et à le copier servilement. 11 ne s'en écarte que pour raconter des prodiges empruntés à d*autres textes latins. Tel est le miracle des Aubépines : l'Empereur reconnaît le corps de ses soldats à une aubépine qui e-^t sortie tout en fleur de la chair de chacun de ces martyrs; sur chacun des païens, au contraire, s'est élevé un arbre noir : « Quar à chascun Français asist — Une aubespine florissant — Et li païen furent gisant — Lait et hideus, et sor cascun — Ot un sek arbre noir et brun. » (Vers 8618-8621.)
!fO° Les CHRO?fiQUES DE Saint-Denis, elles aussi, elles surtout, ne font guère que traduire mut par mot le faux Turpin, comme on pourra s'en convaincre par l'extrait suivant : « Lors prist Rollans, li glorieus martirs, h pel ot la char d'entour ses mameles à ses propres mains, einsi com Tierris qui prcsnns estoit raconta; puis, il commença à dire à grans soupirs : « Diex Jhesu-Cris, finis de ■ Dieu le vif et de la beneoite vierge Marie, je regehis de tous mes sens et do I toutes mes entrailles, et crois que tu, qui os mes rnemberres, règnes et vis sans » fin, et que tu me resuscileras de torreau dcrrenier jour et que je te vorrai, é Dieu et mon Sauveour, on ceste nioie char. » Et tant comme il disoit reste parole, il prist par trois fois sa pel et sa char forment à ses mains et dist ces niaismes paroles par trois fois : « Et cost mien oil to verront. » En la fin de ccsle glorieuse confession se parti Tierris de Rollans, et sa benooite amc so III. 37
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