‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 110 sur 150 · LES REPRÉSAILLES · texte numérisé non relu

LES REPRÉSAILLES

Châtiment Jet Sarrasins.

Charles et la grande armée débouchent enfin dans la vallée de Roncevaux*. Mais quel spectacle ! C'est un vaste cimetière, un reliquaire immense : ce n'est plus un champ de bataille. Les yeux des Français se promènent sur les corps inanimés de vingt mille martyrs. L'Empereur arrache sa barbe blanche et, de douleur, vingt mille Français tombent en pâmoison. Ils ont là leurs fils, leurs neveux, leurs frères, leurs amis, leurs seigneurs*. Néanmoins il leur faut étouffer ce sanglot, comprimer cette douleur ; il ne leur convient pas de s'arrêter encore à contempler ces chers morts. Les païens ne sont pas loin sans doute : sus aux païens^! Mais, hélas! le jour s'éloigne, la nuit tombe, et la vengeance de Charles est devenue impossible. Il descend de cheval, se couche à terre, prie Dieu de faire un grand miracle pour la France et d'arrêter le soleil dans sa course* : (n Charles, chevauche )>, lui répond la voix de cet Ange qui s'entretient si souvent avec lui. (( Va; le jour ne te fera point défaut*^. » Et voici qu'en effet la grande main de Dieu arrête le soleil. L'Empereur, nouveau Josué, se précipite sur ces nou-

* Chanson de Rolandy éditions Th. Millier et Léon Gautior, vers 2397 cl suiv. •— • 2399-2422. - ' 2423-2431. — * 2413-2451. — '2452-2459.

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veaux Amalécites : il les poursuit, les atteint, les jette cHAP.'xxm. dans rÈbre, les bat, les noie, les tue^ « Et maintenant, i> dit-il, revenons à Roncevaux. » Le soleil alors recommence sa course, et la lune bientôt luit dans le ciel-. Ce n'est encore que le commencement de la vengeance. Les païens qui viennent de tomber ainsi sous les coups de Charlemagne et de l'cpée Joyeuse, ce sont ces Nubiens, ces Éthiopiens queMarsile,en s'enfuyant, avait lancés contre Roland. Quant à Marsile lui-môme, il précipite en ce moment sa fuite vers Saragosse; il y arrive enfin et s'y enferme, tout effaré. Il n'a plus sa main droite, que Durendal a tranchée ; il perd tout son sang, et se meurt de souffrance et de peur^ Dans Saragosse on n'entend que larmes et sanglots. On y insulte, on y renverse les images de Maliomet, d'ApolIin et de Tervagant*; on n'y a encore appris ni la fin de la bataille, ni la mort de Roland. 11 ne reste plus h ce peuple désolé qu'une espérance. Six ans auparavant, Marsile avait appelé à son secours l'Émir de Babylone, le vieux Baligant^. Celui-ci avait rassemblé les soldats de ses quarante royaumes, les avait embarqués sur une flotte immense, leur avait donné rendez-vous à Alexandrie, et d'Alexandrie les avait dirigés vers l'Espagne*'. Il y débarque au moment niome où Marsile et toute la ville de Saragosse se livrent au plus profond désespoir. Marsile salue dans Baligant le libérateur sur lequel il ne comptait plus et qui va sauver toute la /j^ï^vî/uV. 11 lui envoie les clefs de Saragosse et lui abandonne toute l'Espagne. L'Émir jette un cri de rage et se précipite à la rencontre des Français. Il veut détruire jusqu'au nom de Charlemagne : Marsile sera vengé''.

• Chamon de Roland, éditions Th. Millier et Léon Giiutifir, vers 2460-2^80.

— • 2481-2512. — » 2f)70-2r)7î). — » 2r>80-2.VJI. — ' 2000-2021. — ' 2022-2087.

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CHAP. XXIII

Pendant que ce nouvel ennemi court au-devant de Chaiiemagne et des chrétiens, qui ne l'attendent pas, l'Empereur accomplit, sur le champ de Roncevaux, un pieux et triste devoir. Un Ange l'a réveillé ce matin': les pleurs aux yeux, le désespoir dans l'âme, il s'est levé et, oubliant toutes ses fatigues, s'est traîné sur le champ de bataille. Il perd connaissance presque à chaque pas ; mais se relève chaque fois, plein d'un nouveau courage. Il désire tant revoir et embrasser le corps de son neveu Roland M

L'herbe est rouge de sang, de sang chrétien, de sang de baron. L'Empereur écarte les hauts herbages et cherche avec angoisse celui qu'il aime. Enfin, ô bonheur ! il l'aperçoit sur le tertre, tend les bras vers lui et se hâte. Il contemple ce corps sans mouvement, ces grands yeux fermés, cette belle jeunesse éteinte. Il prend Roland entre ses bras, le serre sur son cœur, tombe pâmé. Cent mille Français tombent pâmés aussi: voilà comment Roland était aimé. Mais il faut ici laisser parler le vieil Empereur : <c Ami Roland, preux cheva- » lier, belle jeunesse, quand je serai dans la ville de i> Laon, des étrangers viendront de plus d'un royaume y> et me demanderont : « Où est le Capitaine ? î) El je y> leur répondrai qu'il est mort en Espagne. Il est mort, » lui, mon neveu, qui m'a tant conquis de royaumes. » Ah ! ils vont pouvoir maintenant se révolter contre moi, » les Saxons, les Bulgares, les Hongrois et tant d'autres » peuples. » C'est ainsi que Charlemagne môle sa douleur publique à sa douleur privée, si je puis ainsi parler ; c'est ainsi qu'il regrette à la lois dans Roland le fils de sa sœur et le soutien de son empire; il est oncle, presque père, mais il est empereur aussi, et ne peut l'oublier. Rien de

* Chanson de Roland, éditions Th. Mullcr et Léon Gautier, 2845-2854. — « 2855-2869.

plus naïf, ni de plus naturel que l'expression de ces "c^^.xxnl/'

doubles regrets. Tout éperdu de douleur, presque fou,

le roi dos Francs en vient à s'écrier : ce Seigneur Jésus,

» faites que mon âme aille rejoindre leurs âmes, faites

y> que ma chair soit enterrée avec leur chair. ^ Si ce

n'est pas là une douleur vraie, où la trouvera-t-on * ?

Charles, d'ailleurs, va bientôt en sortir : car on lui

annonce l'arrivée de Baligant. Il se lève, l'œil en feu,

jette un regard très-fier sur son armée; puis, d'une

voix formidable : <c A cheval, barons; à cheval et aux

» armes*! » La grande guerre va recommencer.

Nous n'entrerons pas, avec notre poète, dans l'énumération homérique de tous les bataillons païens et de tous les bataillons français^. Nous saluerons seulement le deuxième corps d'armée de l'Empereur, qui est composé des « barons de France » : c'est avec eux qu'est Charlemagne. Charlemagne est tout Français* : il est tout nôtre, et non pas Allemand. Il nous faut saluer aussi ces vingt mille Parisiens qu'un manusGrit de notre chanson nous montre dans l'armée impériale : « Tuit baceler et nobile conquérant^! » Cela dit, précipitons le récit des événements. Baligant et Charles se rencontrent : choc terrible. Une dernière, une formidable bataille va s'engager; mais visiblement Dieu est pour la France, Dieu veut venger Roland. Baligant a fait à son armée une harangue toute païenne : ce Si vous » êtes vainqueurs, je vous donnerai de belles femmes » et de bonnes terres. » Charles, au contraire, adresse à ses barons un discours sublime en sa brièveté : <t Vengez » vos fils, vos frères et vos hoirs qui sont morts à Ronj> cevaux. Vous savez que le Droit est pour nous. » Ces deux allocutions expriment heureusement le caractère

Chanson de Roland, éditions Th. Muller et Léon Gautier, 2870-2941. — * 2982-2986. — ' 2987-3130. — • 3084-3095.— • Manuscrit de Versailles.

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des deux peuples : la victoire n'est pas douteuse, et doit appartenir h ceux qui désirent autre chose que des femmes, des terres et du pillage. Et en effet, Charles est vainqueur, et Baligant en déroute*. Les Français ne s'arrêtent pas, accélèrent leur marche triomphale et entrent dans Saragosse^. Ils y détruisent toutes les idoles, ils y baptisent tous les païens. S'il en est qui refusent le baptême, on leur tranche la lête^.

Roland est vengé.

Ch5liment de Ganclon.

Depuis que le son douloureux du cor de Roland était parvenu aux oreilles de TEmpereur, depuis Roncevaux, Ganelon était prisonnier, Et quelle prison ! <( Charles l'avait livré à cent compagnons de sa cuisine, qui, tout d'abord, l'accablèrent de coups de bûton, lui arrachèrent poil à poil la barbe et les grenons, et lui donnèrent chacun quatre coups de leurs gros poings. > Après quoi, on l'enchauia par le cou, comme ces ouj^ (|ue les jongleurs faisaient danser sur les places, et c'est ainsi (pi'il suivit rarmoe victorieuse de Charles, depuis Roncevaux jusqu'Ji Saragosse, et depuis Saragosse jusqu'à Aix-la-Chapelle*. 11 eut aussi rinexprimable douleur de voir échouer tout le plan de sa trahison, d'assister à la ruine de Marsile, à la défaite de Baligant, à la prise de Saragosse, de voir mourir tous ceux avec lesquels il avait si habilement combiné la perte du neveu de Charles. Il vit aussi les pleurs de toute Tarmée française à Taspect de Roland mort; il vit les pâmoisons de Charles et les grands honneurs rendus

' Chanson de Holandy éditions Th. Miiller ot Léon Gautier. Au récit de cotte bataille sont consacrés k-s vers 3130-3034. — • 3635-3660. — » 3061- 3670. — * 1 81 i- 18-29.

ANALYSE DE LA CHANSaX DE ROLAND. fâl

aux douze Pairs. Ce lui fut un supplice presque aussi dur que son supplice maléiiel, qui cependant était horrible. Objet des mépris brutaux de toute une armée et de tout un peuple^ il attirait les yeux de tous : lorsqu'on arriva à Aix, on l'attacha à un poteau devant le palais de l'Empereur, et on lui fit subir la torture d'une longue éternelle exposition. Tout paraissait trop doux contre celui qu'on accusait avec raison d'avoir fait périr vingt mille Français, d'avoir été vingt mille fois homicide. Cependant, au milieu de tant de hontes et de douleurs, Ganelon, battu, conspué, ensanglanté, agonisant, Ganelon gardait tout son orgueil. Le poète nous le présente avec un corps gaillard et un beau visage, ne désespérant pas de sa cause, en appelant à la justice des barons, protestant de son innocence*. Et un vers de notre chanson Hut énergiquement comprendre toute l'influence que pouvait encore exercer cette espèce de génie dévoyé : « S'il fiist leials, bien resemblat banm^. »

L'Empereur toutefois ne peut point, d'après les idées barbares, prononcer seul la sentence contre un si grand coupable. Il doit rassembler son Conseil, consulter ses barons: c'est leplacituni palatii dont notre vieux trouvère va nous donner une très- exacte et trèsvivante description^. Et c'est encore ici l'occasion de faire remarquer combien nos poèmes sont profondément germaniques. Dans toute la procédure qui va être suivie contre Ganelon, vous chercheriez en vain quelque élément romain ou celtique : tout est emprunté au droit germain le plus pur. Voici les barons qui se réunissent autour de Charles*; voici les parents de Ganelon qui, au nombre de trente, viennent assister

* Chanson de Roland^ éditions Tli. Muller cl Léon Gautier, 3768-3778. — « 3764. — • 3742-3795. — • 3793.

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l'accusé et assumer la responsabilité de tous ses crimes*; voici le tribunal qui délibère. Hélas! ces conseillers du Roi ressemblent un peu aux honnêtes gens de tous les pays et de tous les temps : ils sont animés des meilleures intentions, mais ils ont peur. Ils ont peur de la famille de Ganelon; ils ont peur surtout de Pinabel, qui est le chef redouté de ces félons. Les chevaliers d'Auvergne ont le courage de leur poltronnerie- : d Roland est mort, disent-ils. On aura beau » faire, on ne le ressuscitera point. Que l'Empereur, y> POUR CETTE FOIS, fassc grâce à Ganelon. j> Cette merveilleuse logique entraîne tous les autres conseillers, qui, d'ailleurs, ont répété à Charles... exactement les mêmes paroles : « Roland est mort, on ne le y> ressuscitera pas. Faites grâce à Ganelon, qui désor- » mais vous servira avec amour et féauté. d L'Empereur leur lance un regard terrible : a: Vous êtes des y> traîtres et des lâches ^. d Mais, ici, devant la volonté de ses barons, il est désarmé, il balbutie, il ne peut rien. C'est un de ces traits auxquels on reconnaît la haute antiquité de notre Clianson de Roland : dans nos poèmes postérieurs, Charles est un véritable tyran qui n'eût consulté les Français que pour la forme, et qui aurait plutôt égorgé le coupable de ses propres mains.

Donc, Ganelon est sur le point d'être rendu à la liberté. Il est certain qu'il eût fait assez rapidement oublier son grand crime, au milieu de ces chevaliers aussi poltrons à la cour que vaillants à la guerre. Il eût fini par remplacer Roland dans les bonnes grâces de ces barons qui tout à Vheurc étaient frémissants contre lui. Mais, par bonheur pour la justice et par malheur pour l'accusé, il y avait près de Charles un chevalier, un

' Chamon de Roland^ éditions Th. Muller et Léon Gautier, 3780-3785. — « 3796. — ' 3797-3811.

seul, qui ne voulut pas laisser s'accomplir le scandale d'une telle impunité : c'était Thierri, c'était le frère du duc Geoffroy d'Anjou*. A première vue, on l'eût pris pour un homme vulgaire. Il était maigre, grêle, sans apparenee ; mais il avait un grand cœur. « Ganelon est i> un traître », s'écrie-t-il à haute voix devant tous les barons. Puis, il fait appel au jugement de Dieu et défie les parents de l'accusé à un combat singulier^ Pinabel relève ce défi^ Pinabel qui est un traître, lui aussi, mais qui possède les deux grandes qualités chères aux peuples primitifs : car il sait à la fois bien se battre et bien parler*. Le duel s'apprête : Pinabel et Thierri se revêtent de leurs armes, Dieu va se prononcer ^.

Le combat n'est pas de longue durée, et le champion de Ganelon tombe mort sous le premier coup de Thierri ®. C'est alors que les barons n'ont plus peur des traîtres et relèvent la tête; c'est alors, mais alors seulement, qu'ils manifestent leur colère, leur indignation contre Ganelon; les chevaliers d'Auvergne eux-mêmes réclament la mort, non-seulement du félon, mais de toute sa famille dont le sort est juridiquement lié avec le sien. Il n'y a plus là-dessus qu'un cri dans toute l'armée. On commence par pendre haut et court les trente parents de Ganelon"' : rigueur horrible, et dont on ne trouve pas d'exemples même dans les plus anciennes rédactions de nos lois barbares. Puis, on s'empare de Ganelon, et on lui fait subir le supplice épouvantable réservé aux traîtres, et plus tard aux régicides, aux Ravaillac et aux Damiens : on l'écartèle. Quatre chevaux sauvages emportent les membres déchirés et pantelants de celui qui a livré Roland ; on voit partout sur l'herbe les traces de ce sang maudit. D'ail-

* Chanson de Roland, éditions Th. Mullcr et L. Gautier, 3806 et 3815 et suiv.— • 3824-3837.—' 3838-3844.—* 3784.—» 3850-3872.— • 3873-3946.— ' 3947-3958.

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leurs, le repentir n'a pas pénétré urt instant dans cette âme que l'orgueil a perdue et que l'orgueil remplit jusqu'à la fin. « Gmnes est mort cume fel recréant. » Il meurt en désespéré, et ce dernier trait complète sa ressemblance avec Judas *.

Fin

de la Ctiamon

de Roland.

On pourrait croire que la chanson se termine ici, et ce serait en effet sa conclusion la plus logique. Mais nos vieux poètes sont profondément étrangers aux règles de la rhétoriijuc ancienne : ils sont avant tout simples et naturels. Un classique n'eût pas manqué de s'arrêter h la mort de Ganelon; l'auteur de Roland pousse plus loin son récit : « Quand l'Empereur, dit-il, a fait sa justice, — Quand sa grande ire s'est un peu calmée — Et quand il a fait baptiser la reine Bramimonde, — Le jour s'est passé, la nuit est venue. — Le Roi se couche dans sa chambre voûtée. — Saint Gabriel lui est venu dire de la part de Dieu : — « Charles, rassemble toutes » tes armées, — Va par force jusqu'en la terre de Bire, » — Tu secourras le roi Vivien dans Imphe, — Dans la » cité qu'assiègent les païens. — Les chrétiens te réclaj) ment et t'appellent à grands cris. » — L'Empereur voudiait bien n'y pas aller : — (( Dieu ! dit le Roi, que y> ma vie est peineuse! » — Il pleure de ses deux yeux et

tire sa barbe blanche- » Ainsi se termine notre

poëme. Et je dis que cette fin est bien plus émouvante que les conclusions classiques de tant de poëmes classiques. Elle a d'abord l'avantage de préparer directement une autre chanson, une autre épopée. Puis, elle nous fait bien naïvement, bien naturellement com-

' Chanson de Rolamly éditions Th. Mullcr et Léon Gautier, 3960-3974. — » 3988-4001.

ANALYSE DE GAYDON

prendre que la vie est une lutte perpétuelle, et que les empereurs eux-mêmes n'ont pas droit à Tinaction. Voilà Charlemagne de retour dans son empire après une expédition de sept ans, après une guerre qui lui a coûté toute l'élite de son peuple, où des flots de sang humain ont été répandus, où Roland est mort, où Turpin est mort, où les douze Pairs sont morts. Il respire dans sa chère ville d'Aix : « Ah ! je vais donc enfin me reposer » un peu. y> Et tout aussitôt une voix d'en haut lui crie : « En avant, en avant ! y> Non, je ne pense pas que le fameux : « Marche, marche! d de Bossuet soit d'un effet comparable à ces derniers vers de notre Chanson de Roland^ qui nous laissent sur le spectacle du vieux Charles, de ce grand Empereur tout en larmes et s'arrachant ses cheveux blancs.... parce que Dieu ne lui laisse pas un seul jour, une seule heure de repos !

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