II PART. LIVR. I CHAP. XXVI
I PART. LIVR.I
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6ri6 ANALYSE DE LA CHANSQfi DES SAISIES.
nique du moine de Sauit-Gall. Après, cette saveur de l'histoire, vous ne pourrez point supporter la fadeur du roman.... Pendant plus de trente ans, de 772 à 804, on vit le fils de Pépin traverser et retraverser l'Allemagne à la tête de ses armées bardées de fer. « Que de fer, que de fer ! d Trois guerres presque
tcmciit la chanson de Jehan Bodel, mais ne va pas plus loin que les noces de Baudouin et de Sebille. H raconte répisodc de « Saint-Herbert du Rhin > à la fia de la grande guerre, et non à son début. Il en place le théâtre à Tremoigne et suppose que les dames françaises profitent, pour se livrer aux garçon» do camp, du moment où Charles s*est lancé à la poursuite des Saisnes pour achever leur défaite. « Mais les dames qui demorerent — Les garçons mesmes enamerent — Et avec aus si se coucierent — Dont leur mari se courecierent. t (Vers y97()-9979.) C'est une vraie complainte.
h" Le Baudouin et Sebille qui se trouve dans la Keiser Karl àtagnus Krenike correspond sans doute à la dernière partie de notre Chanson des Saisnes. Il est probablement consacré à l'histoire poétique du règne et de la mort de Baudouin. 6* plusieurs Romances espagnoles sont consacrées à Baudouin et à Sebille. Nous allons citer la principale, dont le texte a été traduit par M. de Puymaigre: « Nuno Vero, Nuno Vero, bon chevalier éprouvé, j*ai à te demander des nouvelles de Baudouin le Franc. — Ces nouvelles, Madame, aisément je vous les puis donner. Vers le milieu de la nuit, nous avons fait une sortie ; nous avons rencontré beaucoup d'ennemis; nous étions peu nombreux et nous avons été mis en fuite. Baudouin a été frappé d'un grand coup de lance ; la lance entrait dans le corps, la hampe tremblait en dehors ; il mourra cette nuit ou demain de bonne heure. S'il te plaisait, Sebilla, d'être ma maîtresse? — Nuno Yero, Nuno Vero, faux et déloyal chevalier, je te demande la vérité, tu réponds par un mensonge ; car la nuit dernière, le Franc a dormi avec moi ; il m*a donné une bague, et moi je lui ai donné une bannière brodée. » {Romancero gènerai, l, iI3; Les vieux auteurs castillans. 11, 314. Cf. Mila y Fontanals, De la poesia heroico-popular castellana, p. 379.)
7" Dans ses ConquEvSTEs de Charlemaine, David Aubert s'est contenté de tracluire ou plutôt de délayer en prose le poëme de Jehan Bodel. a Comment les Sesnes menèrent guerre au noble empereur Charlemaine et barons de France quant ils sceurent la mort du duc Roland et Olivier^ etc., etc.. — Comment Charlemaiy\e fist fonder une abbaie de dames où la ruine Sebille se rendit. » (T. 11, du r*3(>l au ^559.)
8" Les Chroniques de France du manuscrit 5003 de la Bibliothèque nationale donnent une variante très-curieuse de la légende des barons Hcrupois... Charles est à Aix ; on lui donne le Irès-niauvais conseil d'exiger le tribut des Français; Naiiiies le déiourne en vain de cette entreprise dangereuse. Le duc de Bavière alors prévient les barons de France qui se rendent en armes à la cour de rEmpcrour. Charles entend le bruit de leur arrivée et se met aux fenêtres de son palais. « Qu'est-ce que ces gens armés? dit-il. — Sire, ce sont » les Français. Si vous voulez batailler contre païens, ils sont vôtres ; si vous » leur demandez le tribut, ils défendront leurs franchises l'épée à la main. — » Réconciliez-moi avec eux », dit en tremblant le pauvre Empereur. Et vile l'un fait des chartes uù il est dit que jamais « l'Empereur ne dcvoit reclamer droit sur le royaulme de France ». (Voyez le texte de tout ce passage dans V Histoire poétique de Charlemagney p. 329.)
surhumaines, celles de 772, de 776-778, de 782, n'enlè- " îiî! VJÎ; »•
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vent pas tout courage aux Saxons vaincus ; celte race de géants ne reçoit le baptême que pour se révolter de nouveau, ne se révolte que pour recevoir un faux baptême. Et à peine Tombre de Charles a-t-elle disparu de leur soleil, que ces Barbares se soulèvent une fois
de plus et provoquent un nouveau retour du roi des Francs. Batailles horribles à Siegburg, à Ehresburg, à Backholz, à Verden, à Detmold ; massacres des missionnaires ; rage des vaincus combinée avec je ne sais quelle hypocrisie sauvage ; torrents de sang versés, incendies et carnages au milieu de ces vieilles forêts ; cruauté féroce des deux partis fous de haine : voilà ce qu'on trouve a chaque page de ces annales sanglantes. Qui ne se rappelle ces mots épouvantables du moine de Saint-Gall, racontant sans indignation ce trait de Charles ? o: Il ordonna, dit le chroniqueur, de toiser avec les épées les jeunes garçons et les enfants mêmes, et de décapiter TOUS CEUX QUI EXCÉDERAIENT CETTE MESURE, i) Et
pourquoi cette impardonnable cruauté chez un si grand homme? C'est qu'il s'agissait pour lui de savoir si rOccident se civiliserait ou demcureiait barbare ; s'il deviendrait chrétien ou s'il continuerait à ployer le genou devant de stupides idoleiS. La Saxe invaincue, la Saxe non soumise, c'était la barbarie un jour ou l'autre victorieuse ; c'étaient les invasions indéfiniment prolongées; c'était l'Allemagne enfin qui, au lieu de s'incorporer à l'Empire romain, continuait d'être une forêt pleine de brigands et de sauvages. Voilà ce qui explique les implacables colères de Charlemagne, ce qui les explique SANS LES JUSTIFIER. Et nous disous que, malgré tout, cette guerre offre un grand spectacle, et que cette sorte de duel gigantesque entre Charlemagne et Witikind était un sujet essentiellement épique, véritablement digne