I.u jcniic roi
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ù non ftccoiirs.
de tout un poëme dont la science contemporaine a restitué le titre : « les Barons Hernpois d. La dernière partie, celle que nous allons analyser, ne formait-elle pas aussi le sujet de toute une ancienne chanson, dont le titre pouvait être : le Roi Baudouin? Nous ne serions pas éloigné de le penser. Ce qu'il y a de certain, c'est (ju'arrivé à cet endroit de son poome, Jean Bodel luinicnic a Tair de commencer un nouveau roman dont il avait sans doute l'original sous les yeux : « Soigner, )> orantandez, qucDcxvos beneïe. — Geste chançon des )) Saisnes n'est pjis encor faillie ; — Ains commancent li •) ver.' )> Donc, Baudouin s'ondortdansla joie... et dans rinaclion.C'cstlc vieux Charles qui le réveille : a Orn'an- )) tandezpas trop a baisier vosiro amie'-. ^ Mais le jeune roi est trop heureux pour être sage : l'amour de Sebille lui fait tout oublier. Il sort enfin de sa léthargie amoureuse; mais, s'il prend ce parti, c'est que cent mille Saxons sont en armes à une lieue de Tremoigne, à une
* Cnaiison des Saisnes, couplet ccxiv. — - //;/'/.
ANALYSE DE LA C/MiV50iV DES SAISNES. 681
IIPART.LIVn. I.
CRAP. XXVI.
regrets do Scbiito.
heure de son palais. Il ouvre une des fenêtres du château, et aperçoit en effet Timmense armée qui est tout proche. Il s'indigne, il redevient fier*. Mais, hélas! trop tard.
Autour de Baudouin, pour défendre le pauvre jeune roi, il n'y a plus que quinze mille bacheliers. Les païens, au contraire, sont si nombreux, que, s'ils dormaient tous, Baudouin devrait mettre plus d'un mois îi les tuer*. On se hâte d'envoyer un messager à l'Empereur; mais Charles est bien loin et les Saisnes sont bien près. Avant le retour du messager, il faut engager la bataille.
Baudouin sait d'avance qu'il y sera vaincu, qu'il y , Le «evcu
* "^ ' ^ «^ do l'Empereur
mourra. Il s'avance fièrement au-devant de ce martyre, esi surpris
*> * par les païens.
et c'est alors que, pour la première fois, nous nous inté- conCÏ uS &!iww ; tessons vivement Ji son sort. Jusqu'à la mort de Gui- je C^dmiin; tecHn, il s'est montré fou, téméraire et lubrique ; le malheur ici le consacre et le grandit. On est touché de voir tant de jeunesse, tant de beauté si rapidement moissonnées. Ce jeune représentant de la France, qui va mourir loin de la France et loin de Charles, nous émeut presque aussi profondément que son frère mourant à Roncevaux. Sa résistance est vraiment des plus belles, et Roland n'eftt pas donné de plus superbes coups d'épée^
Le 14 septembre, jour où la sainte Église célèbre l'Exaltation de la croix, un messager arrivait au palais de Charles et lui annonçait la funeste nouvelle*. <r Bau- » douina cent mille païens devantlui. — Secourons-le», ditNaimes^ Ils partent, avec quelle ardeur! ils cheminent, avec quelle rapidité! Ils arrivent enfin; le vieil Empereur et le jeune roi tombent dans les bras l'un
' Chanson des SaimeSt couplets ccxvi-ccxxi. — * Couplets ccxxii-ccxxiii. — ' Couplets ccxxiv-ccxxxvi. — •Couplets ccxxxvi,ccxxxvn. —* Couplets ccxxxvii,