‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 125 sur 150 · DERNIÈRES ANNÉES ET MORT DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES ET MORT DE CHARLEMAGNE

Couronnement Looys (1" partie), etc.

Analyse Lcs Bventures de Huon de Bordeaux nous ont conduit

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Looys. jusqu aux dernières années de Charlemagne : il ne nous

' Fidèle au devoir que nous nous sommes imposé de fonder uniquement notre récit sur nos Chansons de geste, de ne jamais les fragmenter cl de les résumer, chacune à leur place, dans la geste môme à laquelle elles appartienneni, nous n'avons pas raconté, dans le présent volume, certains épisodes de Thistoirc poétique de Charlemagne qui se trouvent épars dans les chansons des autres cycles ou qui n*ont pas donné lieu à des Romans dont le texte soit parvenu jusqu'à nous. Mais nous croyons nécessaire de les résumer ici, rapidement et avec clarté. Nous tenons à être complet.

I. ÉPISODES DE l'histoire POÉTIOUE DE ChARLEVAGNE QUI SE TROUVENT DANS LES CUANSONS DES AUTRES GESTES. — DanS GARIN DE MONTGLANE, Ic héroS du

poëme est mis, dès la fm de ses enfances, en relation avec le grand Empereur. Un Ange apparaît au père de Garin et lui enjoint d'envoyer son fils à la cour de Charles. Le jeune homme part, armé de la terrible épée Florence. Il trouve le fils de Pépin en lutte avec les fils de la Serve, de la fausse Berte. L'impératrice, femme de Charles, se prend tout aussitôt d'un violent amour pour Garin, qui repousse noblement les avances de celte adultère et lui laisse, autre Jo.seph, son manteau entre les mains. L'Empereur, qui le croit coupable, entre dans une grande fureur et semble se radoucir un moment pour jouer gravement aux ccliecs avec celui que la Reine a indignement accusé. Mais l'enjeu est formidable : si Garin perd, il aura la léte coupée; s'il gagne, il sera roi de France. Notre héros, vainqueur, se contente de demander à Charles les fiefs de Montglane et de Montirant, qui sont encore aux mains des Albigeois. Puis, il se met en route et marche d'aventure en aventure. Le roman se termine par le mariage de Garin avec la belle Mabile. {Garin de MonUjlane est un roman de la décadence qui ne repose sur aucune tradition légendaire.)

Dans Almeri de Narbonne, Cliarles revient d'Espagne après Roncevaux. Tout à coup il apefçoit une belle ville dont la situation et la richesse le tentent. C'est Narbonne ; elle est au pouvoir des Sarrasins. « Qui veut prendre Nar- » bonne?» s'écrie alors le grand Empereur. Et il ajoute : «Celui qui s'en » rendra le maître en sera le gouverneur. » Tous les barons refusent, l'un après l'autre, un honneur aussi périlleux, o Eh bien ! c'est moi, c'est moi qui la • prendrai », dit Charles. C'est alors qu'Hernaut de Beaulande réclame cette gloire pour son jeune fils Aimcri, qui est à peine chevalier. Aimcri prend la

rosle plus qu'à raconter la mort du plus épique de nos grands hommes... Les Sarrasins paraissent décidément

ville et en reçoit rinvosliture des mains de l'Empereur ravi. Ce beau pocme peut passer pour une de nos plus anciennes et de nos meilleures chansons.

Dans les Exfanœs Gtillaume, on voit le roi de France demander à Aimeri ses quatre fils aiués pour les adouber chevaliers : « Je veux que vous me les ameniez » vous-môme », ditCiiarles. Mais, pendant qu'Ainieri les conduit à l'Empereur, les Sarrasins sont traîln usement avertis de son absence et en profitent i>our assiéj;«M' Narboniie. Le duc de Narbonne est lui-même attaque par sept mille autres païens non loin de Montpellier. C'est dans ce combat que se révèle pour la première fois le courage de Guillaume : il se jette sur les Sarrasins et délivre son père. Couvert de cette première gloire, il peut se présenter avec quelque fierté devant l'Empereur. 11 triomphe, sous les yeux de Charles, d'un champion de Bretagne qui avait déjà abattu quinze chevaliers. Voilà le Roi enchanté de notre jeune héros : il veut sur-le-champ Vadouber. Mais on ne trouve pas d'armes assez fortes pour le nouveau chevalier. Après do longues recherches, on finit par rencontrer une armure qui a été jadis conquise par Alexandre ; l:i large n'est rien moins que le présent d'une fée, etc., etc. Guillaume est revêtu de ces merveilleux garniments. Mais à peine est-il adoubé, qu'un messager arrive : « Narbonne va tomber au pouvoir des Sarrasins. » Guillaume part, traverse la France, arrive à Narbonne, et fait lever le siège.

On possède plusieurs versions du Département des Enfans Aimeri. Dans celle dums. de la Ribliolh. nat., fr. 14i8, on voit Reuves, Aïmcr et Guillaume envoyés par leur père à la cour de Charlemagne. L'Empereur leur fait bon accueil. A Beuves il donne la fille du roi Yon de Gascogne, la belle Helissenf; à Aïmer il confère la chevalerie, etc. = Le récit du ms. de la Biblioth. nat., fr. 24369, diflfere notablement du précédent. Guillaume, qui y tient beaucoup plus de place, est mandé à Paris par le \ieux Roi qui lui donne à gouverner le quart de la France et en fait son gonfalonier. C'est alors aussi que ses frères sont adoubés chevaliers, etc. = Une version en prose nous est resiée (Bibl. nat., fr. 1497), qui est évidemment calquée sur un poëme aujourd'hui perdu : c'est Hernaut qui en est le héros. Une série d'aventures tragi-comiques excitent contre lui la colère de l'Empereur; mais Charlemagne finit par lui pardonner et par lui confier, ainsi qu'à ses frères, les premières fonctions de TEmpire.

Dans le SiÉGC de Narbo.N'NE, dans ce poëme que nous avons jadis découvert (Bibl. naL, fr. 24369, etc.), Guibelin et Roumans sont chargés par Aimeri d'aller réclamer à Paris les secours nécessaires au salut de Narbonne. Ils arrivent en présence du roi Charles, qui les accueille et leur dit : « C'est moi » qui ai donné Narbonne à votre père; il est bien juste que je la lui con- » serve. » Par malheur, l'Empereur ne peut faire cette expédition en personne, à cause des Saisnes qui menacent l'Empire; mais il envoie au secours d'Aimer! la belle armée des Herupois. Cf., sur ces deux derniers poëmes, le Département et le Siège de Narbonne, les variantes importantes qui se trouvent dans la compilation italienne, / Narbonesi (éilit. Isola, t. 1", pages 115 et suiv.).

Les événements racontés dans le ConRONNEME.>(T LooYS touchent de si près à Thistoire de Charlemagne que nous les avons résumés dans notre texte.

Dès le début de DooN de Mayence, le héros de la chanson fait preuve d'une brutalité peu commune. 11 se refuse net à saluer TEmpereur. Charles s'irrite; mais Doon ne se soucie guère d'une telle colère et ne s'en montre que plus insolent encore : « Voulez-vous le comté de Nevers?» dit le pauvre roi tout tremblant à ce fou furieux. « — Non. — Voulez-vous la cité de Laon ? — Non. • Doon demande la cité de Vauclère, qui est au pouvoir des Sarrasins, avec la main de Flandrine, la fille de l'Aubigant. « Si tu me refuses », dit-il à Charle-

II PART. LTVR. I.

CHA/. XXIX

" cn"i^x.'' vaincus ; les Normands ne se montrent plus sur les

côtes de l'Empire ; les Saxons sont chrétiens ; TApo-

magnc, « je vais immédiatement te couper la tête. » Charlemagne s*indigne enfîn, et il eût dû s'indigner plus tôt. Un grand duel est décidé entre Doon et l'Empereur; il commence, il est terrible. Mais un Ange intervient qui met' fin au combat et ordonne à Charles d'aider Doon à conquérir Vauclère. Doon ne tarde pas à épouser Flandrine et engendre Gaufrey, qui fut père d'Ogîer. Mais il ne reste pas longtemps en repos. Voilà qu'une grande guerre s'engage contre Dancmon, roi des Danois. Les chefs des trois grandes gestes, Doon, Garin et Charles, y prennent part; tous trois sont faits prisonniers. Par bonheur ils ont .un puissant allié : c'est un géant, une sorte de Varocher énorme, un vilain, du nom de Robaslre, qui ressemble étrangement à Rainoart au Tinel, et qui rend d'inappréciables services à Garin, à Doon et à l'Empereur avec sa formidable cognée qui vaut bien des épées. L'impératrice Galienne envoie cent mille hommes au secours de Charles, qui revient à Paris. Quant à Doon, il a successivement douze enfants de Flandrine, qui, tous, feront un jour leur apparition à la cour de l'Empereur.

La chanson de Gaufrey est consacrée à l'histoire des douze fils de Doon de Mayencc, et surtout aux aventures de l'ainé. Il faut seulement noter qu'un des frères de Gaufrey, du nom de Grifon, engendre Ganelon, celui qui trahira la France à lloncevaux.

Nous avons longuement résumé dans notre texte Ogier le Danois et Rekaud

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