ANALYSE DE BERTE AUS GRASS PIES
mystérieux, vagues rumeurs qui se condensent bientôt en une légende complète. Tout paraît merveilleux dans
a. Fr. 14i7 (anc. 7534'). (In duxni^ siècle— 6. Fr. 778(anc. 7188), xiv« siècle. C*cst le seul manuscrit qui nous fournisse le texte du Charlemagne de Girard d'Amiens. — c. Fr. 12467 (anc. S. F. 428j, fin du xiii» siècle.— d, Fr. 24404 (anc. Lavallière, 52), commencement du xrv* siècle. — Un cinquième manuscrit («.) est conservé à la Bibliothèque de TArscnal, B. L. F., 175 (fin du xni* siècle). Nous ne parlerons pas ici de la copie de ce dernier manuscrit, qui a été exécutée au siècle dernier par Mouchet, et qui est aussi conservée à la Bibliothèque de TArscnal (Copies de Mouchet, 4). — Un sixième manuscrit (/*.) est à la Bibliotiièque de Rouen (B L. 53). Il appartenait au Chapitre de la cathédrale. — Dans sa Préface de la Chanson des SaisjieSy M. Fr. Michel signale un septième manuscrit : Catalogue de la Bibliothèque de feu Richard Heber (p. 10, n* 103) ; mais nous ignorons ce que le manuscrit est devenu. = Entre ces diflercnls textes, il n'y a guère que des variantes orthographiqurs dont on pourra se faire une idée en comparant les deux textes des manuscrits a et 6 :
La damo fu ou bois qin durement plom, Li danio fii el bois (lui durement ploura;
Gcz Icus oï huler ot li huanx hua ; Le$ leus o'i xiliev et le fiuan( hua.
Il esclaire forment el roidemenl tonna, Il espartoil forment et durement tonna.
Et pluet menuement, el grésille, el venta. Et plut menuemcnt, et grésille, et venta.
C'est bideus tans à dame qui conpaignie n'a : Ciert hidcus tems à dame qui conpaii|;nie n'a:
Damedeu et ses Sainz doucement reclama... Damcdeu cl ses Sainz doucement reclama...
(Ms. 1447.) (Ms. 778.)
= 5** Versions en prose. Il existe une version en prose du roman de Berte aus grans pies. Elle est conservée à la Bibliothèque de Berlin (mss. Gall. 130), sous ce titre : Uistoire de la reijne Berte et du roy Pépin ; elle paraît remonter à la première moitié du xv" siècle. En 1820, un érudit allemand, F. W. Y. Schmidt, publia à Berlin une analyse de cette rédaction en prose, dans ses Roland*8 Abentheuer, Mais, du reste, cette version n'a jamais été imprimée, et la vogue de la légende de Berte ne semble pas avoir notablement dépassé les limites du moyen âge. La popularité de Geneviève de Brabant a, depuis lors, remplacé celle de la mère de Charlemagne. = 6" Diffusio.n a l'étranger. Née fort tard, la légende de Berte a cependant conquis une certaine vogue : a. En Italie. La première branche du Cliarlemagne de Venise (Bibl. S. -Marc, manuscrits français, n** XIII) est consacrée à Beuvcs d'Hanslonnc et à Berte. Nous aurons lieu de revenir longuement sur le texte italianisé des difTérentes branches do cette singulière compilation. — Le sixième livre des Reali « tracta del nascimento di Carlomagno e de la scura morte di Pipino da dui sui fioli bastardi s. Les dix-sept premiers chapitres y ont pour seul objet les aventures de Berte. Enfin Ferrario (II, p. 174) cite un petit poème italien sur le môme sujet, intitulé : // padiglione del re Pippino. — b. En Allemagne. Dans son Karly qui fut composé vers l'année 1230, le Slricker a donné un résumé rapide de l'histoire do Berte, et nous aurons lieu de citer tout à l'heure la Clironiquc'de Weihcnstephan, en prose allemande du xv* siècle, et la Chronique de Wolter, composée vers liCO, qui toutes deux ont raconté à leur luMèrc cette légende de la femme de Pépin. — c. En Espngne. Sanche, fils d'AlpbSv X, a fait composer vers' la fin du xiir siècle la célèbre Cran Conquista de ultramar : l'histoire de Berte y est racontée tout au long (liv. II, cliap. 43). C'est à propos d'un croisé descendant de Mayugot de Paris, fidèle conseiller de Charlemagne, que la Gran Conquista raconte le mariage de Pépin et de B^îrte, la substitution d'une serve àrMle princesse, etc. (Voy. Mila y Fonlanals, De la poesia heroico-popular custelkmaf p. 337.) Un auteur espagnol de la fin du xvi* siècle, Antonio de Eslava, a emprunté aux Reali la môme fiction, Va modifiée et en a
ANALYSE nt: IJKIITS M'S Cfl.l.VÏ flKS. M
vie, dans sa moit. El bien(ôt on nt se contculc plus
de Iranslormer le héros liii-nuînie : on veut encore
poe-
li lo flimeux roriun iiitiluli; : XoiJta ilt ianifrao, Jonl doux ùilltiona paruroiit 1609, rune 1 Pumpcluiio cl l'autre û SarsKOsse, etc. = T ËPiTtons IMPBlvltEs •S CB aOiAN, a. Ccï[ en 183i rjuc M. Paulin Pari» lli [inriillrc pour la preuiiùre ~ s le Roman do Bcrlc [Li liomam de Berle aut grani piét, ptieéiti ttiine ttUurlatioH t*r In Homan» dei doute paîri, par if. Paulin Pari», de la BMiolIlifUt du /toi, Paris, TiK^icner, 183S, in-S'). £n relisant auJDurJ'hui CDttc ^blietlloa, qui fi'asl put à l'abri de toute critiqur, il faut ic nppotor, pour e juste, <iuo «'était .là la prehiïhe de toutes nos ckânsom de ceste fIiAM(AUb( qui rMcvait en nuire lièele [e* hnnnciin de rimprcsiion. — b. En .ÎS7i, H. Aug. Scliokr a [lublidi Bruxelles une teconde édition du poSinetl'A- . «ans ee litre : • /.t Itoiimaai de Rtrte ou» grani piâ, par AdcnËi la Roi ; «Dinc publié d'iprïs le manuscrit de rAneual, mue notes et vjrianleî, etc. ■ Romptoir universel cl Nuquanlt, in-S"). = 8" Th^vaci iiont a; hjniiE ,\ t:it ■. — a. 6. Au svi" siick', le prisid<rnl Fauuhet asinl [.ni:' J'iiliiii'i .(/wivrei, p. 587), Pasquier nvait àlé plus loin dam s><s HkIit: hf ilf- Ui /Virm-H ; ■H avait publiû intxtema» la descriplion de Pari» qui se [mm • il, m-; Unie ,VI, •dinp. 3 el M. — C. Du Carge elle dans son nin<snrr.' te Ihim.m ■!■■ l!---iiim. ' •. L'tlMo'iTê lilliraire, dansieg lonies Vil MTit;, VIII i I717"i \ 'IT'iiii, ■ l'àlail MCUpécàpluHonr* reprises des Sd/irni-" 'i.yici,- ui n- !■ ikphi ,ir diilri' Bofine n'y fui pronoiici, qxVn ISM. .liins U- ("..ili.hï //i,i, -h.< .!.■ lii.iri>>ii ■.»,■
'fe(<[(w('«iJii. »w 1111- .!>.■/» /i. \ïi,p|,. nr, ^i^ajj -/-.CL'i.i'ii.i.i.,! ■1.1. iii.
Miglcmpi i1i-i I .'.. I~'^- i<..lli:.l <l..i.- ~iin f/iiloir^ iJe (J4wJ''"<.''f" '' ''' .'-::7Ht: lu Uihiiollitiiite >U • i. -■
.rbnmâ II
ni avait su trouver iIjihs l.i i proin, l'autre en vcr.<, iiililuli
i— g. En Wtyi. un des meilleurs .
yubliu à Uunicb ka huil premicn cli.ipi
tes Milangea Ui> Kl riiljit le Irûs-médÎDCre c( Irùs- ■ li'gi'nite lo anjel de deux draini iilélmile de Hongrie et let Deux Reitut.
do l'Allemagne, J. C. F. voB^retin, litres de la Cliron(w d" Weftnitc- .phan et quel<]UBS exlrnils do li Clironiiiue dlllrieli FiltrflP'ioi
Atllfite Sagf liher die Gfburl vnd Jugtnd Karli de* Gtoatn. ^- h. Cinguenf , tVdo i\»\ llittoire iUliroirt de Tllalie (p. 157), cnieura le sujet de
~' — '. D.iiisli Iroisième partie de ses Itolandi Abenihever (fler-
.|.r. 1 i)i;ipltre) F. W.V. Schmiilt analysa la Série en prose de la
.|Li'' .1 H'tllii. — / Jt. La publication do notre poënie lui-mËmc,
l>.M M . l'.iLiliii P«rii, donna lien i an article de H. Rajnouard dnns
k Juuiiuil iUm lai'iiiitt Ijnlu ISS'i, pp. 313-315], et A un opuscule de 9. Fr.
Ilkbel : fjunuii crif i^uc du ttomaji de Brrlr nui gram piêi | I83i, in-8*). —
t. L'antiée «livanle, le grand Ferilin^nd Woir. di'v.-iuçnni les progrès de In
inee, campam entre elles l<)ul>'« les légendi's reUtitet A la mêfc de Cliar^
i'dirr die ^llframùsiichen Ilelilriigriliditr av$ dem Kantlingiachea
M. Wicn. 1833, in-S*, pp. 37-"3|. —m. En 183», paraissait cl ion
ilvotre lii'ipf. r|r- Cr.ipelel), lo Mirade de Noitre Dame de Berte, Irmme
rog Pfpia qui lij fa dtangU: tt e*l i xxxn pertonnagn (in-IS, geili,) —
o. p. Mais rniinéc 1813 fui entre laules la plu» fiivorable ï noire vieux
n»n. Tandis qtie In itOFlcur Orvaso {Die grotxn Sagenkreife dn ilille-
lliffcri, Drende. m-S' pp. âtin et SSOj et KM. Idelcr et Nolte fGetfhiclitr
aitfranuitifdien national UtleTaliir, Berlin, iUi, t. Il, pp. 8!i-y|)
ii finir deux Notices bibliagrup biques 'pleines de détails un
i.iiï exccllenU, M. l'iiulin P.iris. en Frau.^e, cc»mrr:iit enfin
uni uvK.t.
f»\^ tt.
Ui ANALYSE MBEIITE AUS GRASS P!ÊS.
tiscîr louto sa fainillo. On remonte le coui-s du temps, et Ton \)vHi^ les plus brillantes couleurs aux physionomies
iifir, Nolicn coinplrlo do VHisloirf littéraire à Adcnet (t. XX, 675-718) et il Moirn poiMiio (ihiil., 701-7011). — q. r. Jacob Grimm, dans sa Deutsche Myihth lotfif ((;(nlliiigiM», IHÔi, iii-8'). s'ost éjriU'inont occupé de notre légende, et M. Siinrork ii rlioini fierté ht pieuse pour le sujet d'un de ces contes où il n voulu populariKrr nos nuritMinos (épopées {Karolingisches IleUtenbuch, Francfort, 1N.M)..- n. F.n 18.')!, un vul^^nrisAtcur, bien oublié aujourd'hui, M. CoUia i\n l'I.iiwy, publiait la Heine fierté au grand pied et quelques légendes de f'Jtnrlrmafinr ; iumih avouM la 7* édition sous les ycux# II y donnait (page 103) 1(1 Ir.Klurliun d'un « Kxtrait ib' la Chronique de Woltcr. s On no peut mieux doiiiw'r unn idéi* du htylo do M. CoUin de IMancy et de son système de vulgari«alion qu'fu citant h* passage suivant : « Bertho était un ange ravissant. FJb; (Milrnit dans sa dix-huilirmo année, avec ses épais cheveux blond cendré, ni'% ymx bleus pleins de tendresse, son teint frais et vif et cet embonpoint p'>l<;lé si gracieux et si attrayant dans une jeune fllle... Elle était si bonne, (\w, pour plaire à sou père, et nial^^ré ses répugnances modestes, elle consentait â Atre ror|uclt(\ mais de cetto ctxiuetteric seulement qui csit de la dignité ri d(! la ((rAce... » (!!!). — /. En IXGO, M. Uarlsch faif^ait entrer un fragment de la tirrte. d'Adenrt dans la première édition de sa Chrestomathie de l'ancien français (la seconde édition a paru en 187^, Leipzig, Yogel, gr. in-8*, p. 351, i\'ii\tri'% le IU4. dn la Bibl. nat. fr. 1 U7). — u. M. Gaston Paris, dans son Histoire poé* tu/urile (lluirh'matjne, a «bmué tout un chapitre à la mère de son héros (pp. !Î23tiit', voy. aussi pp. HWi-KU) et 18i, 185). Il nous y promet une nouvelle édition du lloiiian jadis publié par son ]ière, et prend rengagement de traiter à cette orcahion « Ins dilférentes questions qui se rattachent à cette légende». Dans la dernière partie de ce beau livre (Vérité et f^oésie, p. -i^'i). M. Gaston Paris applique h Uerte lo système mythiiiuc des Allemands, et, suivant lui, la mère tU*. riiarlctna^ue représente sans doute « l'épouse du soleil, captive ou méconnue pendant la durée de Tliiver, mais rentrant avec la saison nouvelle dans les droits qu'elle n'aurait jamais dû perdre s. — v. x. Attaquée par nous (Epopées p'ançnineSf 1"u4ii|ian, II, p. 10), cette explication a été très-vivement admise et défiMidue par BH-lt. Uarlsch ({{evue critique, 1867, p. 50:2). — »/. La légende de iU'rte a été l'objet di* )>lusieurs articles de la flomania. En juillet 1873, M. Cas- ^ ton i^iris y a analysé les recherches que M. Pio Itajna avait publiées l'année précédente sur les lieali di Francia (Bologna, Romagnoli, in-8*). U y combat rofijuion du savant italien « essayant d'établir que l'auteur des Reali avait connu le poëmo d'Adenet », et ajoute que, suivant lui, a des œuvres aussi récentes n'ont exercé aucune influence sur le dévelo|q)emcnt de la poésie épique en Italie » (I. 1. p. 3()3). — i. Un an plus tard (1871), M. Aug. Scheler publiait à Bruxelles une édition nouvelle de la Derle d'Adenet, en prenant pour base le manuscrit de l'Arsenal. — aa. La même année, M. Mila y Fontanals, dans son beau livre : f)elapoenia heroico-popular castellana (Barcelone, in-S**), exposait les modilirations que la Gran Gonquista de ultramar avait fait subir à la légende de Bcrte (p. 333 et suiv.). — bb. Vers le même temps, M. Muss^ifia nous mettait à même de comparer l'œuvre d'Adenet avec un poëme qui lui est antérieur d'environ ({uatre-vingts années; il publiait, dans la fiomania de juillet 1874 et de janvier 187."), le texte de la Derla de U gran pié, de ce poëme franco-italien qu'un manuscrit de la Bibliothèque de Saint-Marc à Venise (n? XIII) nous a heureusement conservé. Nous lui consacrerons plus loin une Notice particulière. — ce. Enfin le fascicule de la fiomania de janvier 1876 (p. 115 et suiv.) renfermait un compte rendu par M. Gaston Paris de l'édition de Sche- IiT. =n i>* VALKrn UTTKRAIRE. Le Uonian d'Adenet est le meilleur de nos
AXM.VSK DE REItTE AVS GHANS Plês. Il
fde'ses pères. Sa naissance, en particulier, est l'objet des "" Fplus étonnants commentaires, des récits les plus élon-
rouan* do la décadence. Rica d'Iiéroïiiuc, rien de primitir; mala des sonlimenU dâlienlcment rpnilui; une singultim purelâ de «lyle qui n'ul pas dépourvue do toute priilenlion ; de< descriptiani inléresHnli^a, bien qu'un peu ïoasuc»; loutps Ici qualités et luui lei dérauls d'unis civiliialian d^jà trop «vaneé*. Cf. l'opinion de foril, Wolf, dan» la l'réfiieo de i'édiliun do DerUfitir Scljelor, page vu,